Ludum : présentation de la box d’été 2023, bilan et interview !
Cela fait exactement 4 ans que je suis l’aventure Ludum, depuis leur première box de jeux de société, et que je constate avec une grande curiosité et assez d’admiration leur volonté d’offrir toujours plus et toujours mieux aux ludistes, dans une perspective qui ne semble pas être celle d’un grossissement horizontal pour commencer à prendre des parts de marché aux concurrents, mais d’une ambition de diversification assez totale qui pourrait aboutir à faire de Ludum un vrai carrefour des ludistes – et pas seulement un concept de box adossé à une boutique.
En 4 ans, j’ai eu maintes occasions de les présenter et de présenter leur concept, y compris avec ses légères inflexions, notamment en chroniquant plusieurs de leurs box afin de vous montrer à quoi vous pouvez vous attendre et de vous aider à déterminer si ce concept est fait pour vous ou non. Et il me semblait que cette rentrée était la bonne occasion de faire un bilan, donc non seulement de parler en effet de leur dernière box (la n°16 d’été 2023), mais d’en profiter pour revenir sur les différentes formules, et plus généralement sur ce qu’est Ludum aujourd’hui, sur les diverses manières dont l’entreprise est présente dans le monde ludique et dont elle pourrait vous parler.
Une fois n’est pas coutume, l’article commencera par l’interview de Fabien et Vincent. Leurs réponses complètes, mais aussi honnêtes, fournissent des éléments de compréhension de leur démarche, leur fonctionnement, leur background, leur philosophie et leurs goûts, tant de points dont il vaut mieux laisser parler les premiers concernés que de les raconter moins bien et plus faussement moi-même (et qu’il vaut mieux placer en ouverture afin d’éviter à ma fainéantise de les répéter platement).
(Mentionnons par transparence que comme vous vous en doutez, cet article a été possible avec le concours de Ludum, plus précisément grâce à l’envoi de deux des jeux de leur sélection de l’été – vous pouvez lire ici mon analyse des cadeaux aux influenceu.se.r.s et leur impact sur notre objectivité.)

1. D’où vous est venue l’idée de l’abonnement Ludum ? Que pensiez-vous apporter aux propositions concurrentes ? Vous envisagiez-vous d’abord comme une boutique en ligne ou comme une offre de box surprise ?
Fabien : À l’origine (mais au moins 4-5 ans avant la création de Ludum), on voulait monter un bar à jeux avec Vincent, mais à ce moment-là on avait des engagements professionnels et personnels qui nous ont empêchés de nous lancer.
En 2018, les planètes se sont alignées et on s’est retrouvé tous les deux disponibles pour travailler un projet commun. On a finalement rapidement abandonné l’idée du bar à jeux, car entre-temps de nombreux avaient ouvert un peu partout.
L’idée de travailler dans le monde du jeu de société est restée par contre, et on a voulu réfléchir à une offre qui pourrait permettre aux néophytes de franchir facilement les portes du jeu de société moderne, en partant du principe qu’il était parfois compliqué pour un joueur n’ayant connu que le Uno et le Monopoly de franchir la porte d’une boutique spécialisée. L’idée des box est venue assez naturellement. On s’est beaucoup inspirés du Petit Ballon (une box de découverte de vins) pour la création de notre concept et on n’avait absolument pas conscience qu’il y avait déjà une autre offre de box sur le marché (on s’en est rendus compte quelques mois après notre lancement), du coup on pensait juste amener une concept de découverte innovant dans le monde du jeu de société.
Et du coup, à l’époque l’idée était vraiment de se concentrer à 100% sur notre offre de box de jeux, la partie boutique était secondaire avec une sélection de 200-300 jeux max et avait surtout été créée pour nous permettre de proposer notre garantie zéro doublon avec un peu de choix de jeux d’échange.
Vincent : Notre volonté profonde était surtout d’apporter un regard nouveau et différent sur le monde du jeu. Montrer patte blanche, à l’image du site, créer un endroit accueillant et réconfortant pour plonger dans le monde ludique, même avec des connaissances limitées ou inexistantes. L’évolution du site s’est faite dans cette logique : les abonnements, la boutique et le développement blog ou plus récemment de notre guide d’achat.
Au-delà de l’idée des abonnements ou d’une boutique, Ludum.fr c’est surtout la matérialisation d’une envie commune de monter un projet entre potes autour d’un sujet passionnel et de pouvoir le partager au plus grand nombre.
2. Votre concept central est donc de proposer des jeux de société surprise dans une catégorie choisie par l’acheteu.se.r, accompagnés d’une revue, le tout pour un prix légèrement inférieur à ce que coûterait l’achat volontaire de ces jeux séparément dans une boutique. À qui diriez-vous que vous vous adressez ? Qu’est-ce que vous répondriez à celleux qui estiment que le risque n’en vaut pas la chandelle, par exemple par rapport aux Mystery Box de Matagot bien plus « rentables » ?
Fabien : Pour le coup, même si nos box offrent en effet la possibilité de faire une légère économie par rapport au prix d’achat en ligne, nous n’avons jamais imaginé nos abonnements comme une offre discount qui permet d’avoir des jeux moins chers. Nos box s’adressent à ceux qui découvrent, ou qui veulent explorer le monde du jeu de société. On teste chaque trimestre plus d’une centaine de nouveautés et on essaye dans chacune de nos sélections de proposer les meilleures sorties et de faire découvrir des mécaniques innovantes au fil des saisons. En gros, c’est l’offre parfaite pour commencer à se constituer sa ludothèque et voir quels jeux sont à notre goût et quels jeux ne le sont pas ou pour continuer à rester à la page sans avoir nécessairement besoin de suivre toute l’actu ludique.
Du coup à l’inverse, si vous jouez depuis longtemps et que vous avez chez vous plus de 300 jeux dans votre ludothèque, nos abonnements ne seront certainement pas adaptés pour vous (sauf si vous aimez les surprises) car vous savez déjà ce que vous aimez et n’avez pas besoin de nous pour vous proposer des nouveautés. On pousse d’ailleurs régulièrement certains de nos abonnés déçus de ne pas avoir reçu tel ou tel jeu dans leur box à mettre fin à leur abonnement et à se tourner plutôt vers notre Pass Ludovor. En gros pour nous, nos box sont une offre découverte (autant pour découvrir le monde du jeu que pour découvrir Ludum), elles se veulent qualitatives avec un gros travail de sélection, mais elles se veulent généralistes aussi avec une volonté de trouver des thèmes et des mécaniques qui plairont au plus grand nombre.
Vincent : D’une manière générale, on s’intéresse peu à ce que font le reste des acteurs, nous n’avons jamais cherché à récupérer des clients chez untel ou untel. Sur l’ensemble des sujets, on essaye d’apporter ce que nous ne réussissons pas à trouver ailleurs. Nous ne sommes liés à aucun distributeur ou éditeur, on ne fait pas nos choix en fonction de conditions commerciales ou d’offres de déstockage, on essaye juste de proposer les meilleures nouveautés du trimestre dans un format pour un tarif contenu et surtout de partager le pourquoi de nos choix dans le magazine.
3. Pouvez-vous me dire combien de boîtes de chaque vous avez vendues par exemple lors de l’édition précédente ? Ou au moins me dire lesquelles vous vendez le mieux et lesquelles le moins (que l’on se rende compte du public des box, si les familles sont plus intéressées que les experts par exemple) ? Cela correspond-il aux attentes que vous aviez initialement ?
Fabien : Alors je n’ai pas encore les chiffres pour l’édition de juillet (on fait pas mal d’envois en décalés avec les vacances de certains abonnés), mais voilà ceux de la box d’avril 2023 :
- Party Box : 200 abonnés
- Easy Box : 300 abonnés
- Discovery Box : 390 abonnés
- Discovery Plus : 160 abonnés
- Marmots Box : 80 abonnés
- Junior Plus : 50 abonnés
Pour un total d’environ 800 abonnés (ne cherchez pas un compte rond avec les chiffres du dessus, de nombreux clients sont abonnés à plusieurs box).
En termes de chiffre, on est bien en dessus de ce que l’on attendait initialement. On a d’ailleurs pendant un moment eu plus de 1200 abonnés mais on s’est confrontés à ce moment à un problème que nous n’avions pas anticipé. On s’est retrouvés en effet à demander plus de 600 exemplaires pour notre Discovery Box et on s’est heurtés au refus de nous servir de certains distributeurs sur des jeux avec des petits tirages (3000 exemplaires) par peur de ne pas pouvoir servir toutes les boutiques. C’est une des raisons qui nous a poussés à nous concentrer aujourd’hui plus sur le développement de notre boutique que sur la promotion de notre offre de box.
Vincent : Clairement on ne compte pas sur les box pour faire vivre l’équipe, nous n’avons donc plus d’objectif de volume, qu’on en fasse 300 ou 30 000 ça ne changerait finalement pas grand chose. En revanche, c’est maintenant un des brins principaux de notre ADN et c’est l’expression de notre expertise et de notre passion. Ce qui nous ravit dans cet exercice c’est principalement le retour des abonnés qui généralement dépasse de loin nos attentes.
4. Comment choisissez-vous vos jeux ? Avez-vous des partenariats privilégiés avec des éditeurs/distributeurs, qui vous enverraient par exemple les jeux qu’ils jugent pertinents pour que vous fassiez vos choix, ou vous arrive-t-il de prospecter de nouveaux éditeurs/distributeurs quand un jeu vous plaît ? Auriez-vous une anecdote à ce sujet ?
Fabien : Alors on travaille aujourd’hui avec 99% des distributeurs français qui proposent 99% des jeux de société modernes édités en France (en version boutique, je mets Kickstarter à part). Du coup, chaque trimestre on se pose pour identifier toutes les sorties à venir et faire une première shortlist. On exclut ceux pour lesquels le prix de vente public est trop élevé pour pouvoir être intégrés en box et ceux pour lesquels le thème est trop clivant. Une fois cette première liste réalisée, on prend contact avec les distributeurs afin de confirmer les dates de sortie et que le jeu sera bien en stock à temps pour notre prochaine box et on en profite pour leur demander si on n’est pas passés à côté d’une future pépite 🙂 Et ensuite, tout au long du trimestre, les distributeurs nous envoient des démos ou proto des différents jeux que l’on a demandés ou parfois pas, pour que l’on puisse les tester.
Il arrive parfois que des éditeurs indépendants nous contactent pour nous présenter leur jeux, mais c’est des cas plutôt à la marge. Par contre, on sait rester à l’écoute des joueurs et voici du coup une petite anecdote, plutôt récente 🙂
Lors du dernier festival de Cannes, nous avons eu l’occasion de tenir un petit stand afin de présenter notre Pass Ludovor et nos box de jeux. Le hasard a fait que notre stand s’est retrouvé juste à côté du celui de Aspic Games, l’éditeur de Brigands, qui est distribué par Jeu Délire avec qui on ne travaillait pas. Tout au long du festival, on n’a pas arrêté d’entendre des joueurs et de voir de nombreux clients dire du bien de Brigands. Tellement que l’on a décidé à un moment de fermer notre stand pendant 1 heure pour pouvoir aller le tester ! On a immédiatement été conquis… et quelques mois plus tard on faisait découvrir le jeu à tous nos abonnés dans notre box d’avril 🙂
Et pour finir pour la partie sélection des jeux dans la box, après que l’on a réussi à tester toutes les nouveautés du trimestre il reste une dernière phase très importante pour nous : c’est de confronter les jeux que l’on a shortlisté suite à nos tests à un public plus large. On organise alors des soirées de découverte dans des bars à jeux, ludothèques et avec des associations de joueur afin de pouvoir confirmer que notre sélection pourra plaire au plus grand nombre.
5. Ludum s’est immédiatement lancé avec beaucoup de professionnalisme, un site très propre, une offre solide qui n’a pas tant changé dans le fond… Quel est votre background ? Combien de temps vous a-t-il fallu pour préparer Ludum et décider que le moment était venu de vous lancer ?
Fabien : On a un double avantage avec Vincent, c’est que l’on vient tous les deux à l’origine du monde du web et de la relation client dans nos anciennes expériences professionnelles. C’est d’ailleurs dans le cadre du travail que l’on s’est connus initialement avant de devenir amis. Donc en lançant une offre d’abonnement sur internet on savait ce que l’on faisait et en plus, on savait que l’on travaillait bien ensemble et que notre association avait de grandes chances de bien se passer.
Une fois que l’on a validé le concept de Ludum, après de nombreuses réunions autour de nombreuses bières, tout est allé très vite. Globalement je dirais qu’on a confirmé notre concept global en novembre 2018, en février 2019 on allait au festival de Cannes pour la première fois pour nouer des partenariat commerciaux avec les distributeurs du secteur et en avril la société était officiellement créée. Ensuite, on a travaillé pendant 3 mois sur la création de notre site (Vincent principalement sur le côté technique et moi sur le côté contenu) et en juillet 2019 on ouvrait officiellement la boutique et on commençait à communiquer sur notre première box qui a été expédiée en septembre.
Tout s’est enchaîné assez vite et naturellement, le déclic n’a pas vraiment eu lieu sur le côté mise en place de Ludum, où on maîtrisait déjà tous les deux de nombreux aspects techniques à mettre en place. C’est la définition de l’idée globale de ce qu’était Ludum qui a été plus longue, une fois qu’on a été convaincu tous les deux de la pertinence de notre idée, on a « déroulé ».
Vincent : Nous ne sommes plus tout jeunes (surtout moi) et en effet on pas mal roulé notre bosse pour le compte de grosses marques. Au fil des années, on a acquis du savoir technique, mais surtout on s’est réconfortés autour de valeurs fortes. Valeurs souvent portées par nos anciens employeurs mais étrangement jamais appliquées complètement. Globalement en tant que professionnel, j’estime qu’il est essentiel d’offrir à son public l’expérience que l’on souhaiterait avoir soi-même en tant que client. Nous, on aime les gens passionnés, accessibles et attentionnés, donc depuis le début on travaille en ce sens et on persévère pour que cela se ressente le plus possible.
6. Règles audio, vraie partie blog du site, Pass Ludovor, jeux « + » à ajouter aux box… Vous semblez fourmiller d’idées pour apporter toujours un petit quelque chose de plus. Une nouveauté que vous pourriez nous teaser ?
Fabien : Alors, ce n’est pas vraiment une exclu mais on a refait entièrement graphique le magazine pour la dernière box de juillet :
https://ludum.fr/pdf/MAG16.pdf 🙂 Une nouvelle patte graphique pour le rendre plus moderne après 4 ans d’existence ! Par contre, fini les règles audio… c’était une bonne idée mais cela demandait un temps fou à Vincent pour les enregistrer et les monter, pour au final très peu d’écoutes. Pour la suite, on a pas mal d’idées mais on n’a pas encore fixé exactement ce sur quoi l’on a envie de bosser, potentiellement ça pourrait être de la vidéo, le développement d’un média, une refonte de notre offre de box, l’édition de nos propres jeux…
Vincent : Pour le moment, on est surtout concentrer sur la refonte complète de notre site, qui a besoin d’un petit coup de frais comme notre magazine 🙂 On espère pouvoir lancer ça début 2024 !
7. Quels sont vos jeux préférés de ces derniers mois, que vous ayez ou non pu les inclure dans les box ?
Fabien : Alors, je vais volontairement ne pas citer de jeux qui pourraient être dans la box d’octobre pour éviter de spoiler 😉 Mon gros coup de cœur de ce trimestre c’est Expéditions (https://www.ludum.fr/jeux-de-societe-strategie/expeditions-4395), le nouveau jeu de Stonemaier dans l’univers de Scythe qui va sortir en septembre prochain. Parmi les sorties depuis le début de l’année, j’ai comme beaucoup été complètement et définitivement séduit par Earth. Et sinon je prends toujours beaucoup de plaisir, surtout l’été à jouer à des petits jeux malins comme Trio, Mind Up…
Vincent : En termes de mécaniques et de plaisir de réflexion et de jeu j’ai été définitivement conquis par Revive, même si j’adhère vraiment pas du tout à la direction artistique du jeu. J’ai aussi passé pas mal de temps sur la réédition de El Dorado, j’étais passé à coté de la première version et j’adore ce jeu, tactique, simple, accessible facile à partager avec tout type de joueur. Pagan a aussi bien marqué mon début d’année, très friand de jeu de duel avec ma compagne, je trouve que celui fait particulièrement honneur aux joueurs. Et pour finir, en tant qu’admirateur de Bruno Cathala, j’ai un peu honte d’avouer que je n’avais jamais pris le temps de jouer à Five Tribes, ben maintenant c’est fait, résultat je n’ai envie de jouer qu’à ça !
Les box trimestrielles – Fonctionnement
À la base de Ludum, il y a donc un système d’acquisition de jeux de société surprise, malproprement intitulé « abonnement » (puisqu’en fait vous commandez seulement la prochaine box, sans reconduction automatique). Ainsi l’équipe sélectionne-t-elle chaque trimestre les nouveautés les plus marquantes pour les intégrer à divers formats de box propres à satisfaire autant de personnes que possible.

Vous aurez mesuré que chaque mot ici est important : vous ne savez pas quels jeux vous allez recevoir mais avez seulement la garantie qu’ils sont récents et correspondent à une catégorie précise (ambiance, famille, initié, enfants). Comme vous l’avez lu, ne cherchez pas forcément à acquérir ainsi des jeux moins cher que leur prix officiel – vous ne les payerez pas plus cher, mais l’économie assez faible n’est pas le but recherché par Ludum, d’autant qu’économiser quelques cacahuètes sur un jeu que vous n’avez pas choisi est fatalement d’un intérêt modéré. Et comme vous vous en doutez, cette sélection doit pouvoir intégrer des box dont le prix est fixe (vous ne recevrez donc pas deux gros jeux par exemple) en plus d’être un peu subjective, Fabien et Vincent sélectionnant les jeux qui leur semblent les meilleurs au sens le plus large, du futur incontournable hyper-médiatique à la pépite que l’on pourrait manquer sans leur expertise.
Ils l’ont ainsi bien rappelé : une box Ludum n’a pas réellement d’intérêt si vous êtes déjà si expert.e que vous êtes au courant de tout et acquérez toutes les nouveautés dès leur sortie. Même s’ils ont une politique 0 doublon pour remplacer un jeu que vous recevriez alors que vous l’aviez déjà, quand le risque est grand de déjà posséder le jeu (ou de ne pas le posséder volontairement parce qu’il ne nous intéressait pas), et que la surprise sera dans tous les cas nulle parce qu’on connaîtra forcément les jeux par cœur à force de nous renseigner, on passe fatalement à côté du charme de la proposition Ludum.

Pour être plus concret, la Party Box (2 jeux d’ambiance) coûte 37 euros 99 ; la Easy Box (2 jeux familiaux) 39 euros 99 ; la Marmots Box (2 jeux enfants) 39 euros 99 ; la Discovery Box (2 jeux initiés) 49 euros 99. Vous pouvez y ajouter un supplément de 20 euros pour bénéficier du Junior+ (1 jeu pour les 8-12 ans) ou de 35 euros pour le Discovery+ (formidable bonus stratégique).
Tout « abonnement » inclut gratuitement le Pass Ludovor (sur lequel je reviens dans la partie sur la boutique) et le magazine Ludum Mag (sur lequel je reviens dans la partie… Le magazine).

Les box trimestrielles – Contenu
Jetons déjà un œil au contenu des dernières box avant d’en arriver à la dernière de cet été :
Comme vous le voyez, ces sélections témoignent tout de même d’un certain bon goût, avec quelques incontournables extrêmement médiatisés (Akropolis, Kites, Trio, MindBug, Earth, Super Mega Lucky Box, Dodo), quelques autres jeux dont il a tout de même été pas mal question (After Us, Les Tribus du vent, Clefs magiques, Maudit mot dit…), d’excellents titres qui auraient mérité un succès encore plus important (Brian Boru, Galileo Project, même Dinosaur Island Rawr’n write voire le fort chouette Wonder Woods…). Que l’on soit en accord avec l’ensemble des sélections ou pas, je pense qu’il faudrait faire preuve de beaucoup de mauvaise foi pour les juger mauvaises, platement mercantiles – on pourrait a priori croire qu’une telle box servirait juste de passe-plat pour les mêmes distributeurs – ou trop subjectives, et ces sélections prouvent au contraire une très grande variété des partenaires et des types de jeux, avec beaucoup de très bonnes pioches.
Par exemple, à titre très subjectif, si je regarde chacun des jeux qui ont pu moins me convaincre (Disc Cover, Fun Facts, Dessino Presto, Écosystème, Tatsu), je dois bien reconnaître qu’ils correspondent simplement à des genres où je suis devenu très difficile parce que je possède déjà quantité de jeux similaires avec lesquels je les compare fatalement en leur défaveur (puisqu’en faveur des « originaux » que je connais et pratique déjà), mais qui ont tous leurs défenseu.se.r.s, de sorte que je ne peux décemment égratigner ces choix. Le hasard implique forcément qu’on peut tomber sur des jeux que l’on apprécie moins, le tout étant de constater que ces choix ne sont pas mauvais en soi (donc n’altèrent pas la confiance que l’on peut avoir en Ludum) et d’évaluer les risques pour déterminer si ces box sont pertinentes pour nous ou pas. Je constate par exemple que les Discovery+ appartiennent systématiquement à mes jeux préférés, que je trouve les jeux des Easy Box très satisfaisants et suis plus tiède sur la moitié des Party Box – eh bien je ne commanderai jamais de Party Box ou de Marmots Box, et les laisse volontiers aux personnes davantage ciblées que moi.

Ces constats se confirment-ils avec la box 13, du moins pour les jeux que je connais (c’est-à-dire pas Gang of Dice, Mind Up, la Marmots Box et le Junior plus) ?
Si je n’ai pas d’affection particulière pour Vers l’infini mais pas au-delà, je dois dire que je ne suis de toute manière pas particulièrement porté sur les jeux d’ambiance, et que dans sa catégorie (celle des TTMC ou Top Ten), il n’est peut-être pas tout à fait à la hauteur de ses modèles mais se défend bien, avec une vraie originalité éditoriale pour un prix honnête (22 euros 50 sur Ludum hors Pass Ludovor), et tombe plutôt bien puisque malgré la déferlante de jeux exploitant des mécaniques proches, il n’est redondant avec aucune des box des derniers trimestres.

Pour Sur les traces de Darwin, je me permets de citer la conclusion de mon propre article (en vous invitant à vous y reporter pour un avis plus complet et l’interview très intéressante des deux concepteurs) : « Sur les traces de Darwin est d’abord une association de talents étonnante, puisque le jeu est conçu par l’auteur d’un jeu lexical d’ambiance, un auteur de jeux experts et un éditeur de jeux plutôt experts dont il est de très loin le titre le plus familial. Ils semblent avoir redoublé d’attention afin de réussir cette incursion vers un nouveau public sans céder à la tentation d’une trop grande complexité ou aux sirènes de la sur-simplification, livrant en effet un produit matériel, marketing et ludique abouti et mûr.
Il se signale déjà par son matériel soigné, puis par sa volonté didactique extrêmement poussée, bien loin de ce que l’on attend ordinairement d’un jeu de draft 8+ au thème ordinairement plaqué. Il marque ensuite par son équilibre judicieux entre choix et liberté, esquivant la triple frustration d’un trop grand aléa, de stratégies trop orientées ou de trop nombreuses possibilités tactiques – écueils dans lequel sombrent plus allègrement d’autres titres visant un marché comparable.
Ces qualités en font un parangon du jeu-passerelle, accessible aisément à un public jeune/néophyte qui saura en saisir progressivement mais rapidement les astuces pour s’initier au « jeu de société moderne », tout en continuant d’offrir une expérience légère mais courte et satisfaisante une fois cette transition vers des titres toujours un peu plus complets effectuée (quand d’autres deviennent vite – et presque par vocation – obsolètes), notamment parce que la variété de son scoring estompe à merveille la trop habituelle sensation de répétition, et prolonge le plaisir qu’il y a à manipuler et observer un jeu aussi bien édité et potentiellement pédagogique. »

Bon, « plutôt » très très bonne pioche alors…
D’orge et de blé est l’un des meilleurs jeux de duel des derniers mois, un challenger dans une catégorie fourmillant décidément de merveilles – j’ai décidément hâte de voir la coupe des duellistes 2023 et où il se placera dans cette compétition acharnée !
On y retrouve toutes les qualités d’un jeu à l’allemande sous une forme condensée, pour vivre en une trentaine de minutes à peine une expérience mêlant différents types de draft, gestion de ressources, des cartes pouvant être utilisées de trois manières différentes… et tout cela avec une ergonomie impeccable et toute la tension que l’on peut espérer d’un véritable jeu de duel dans une interaction plus ou moins indirecte extrêmement prégnante et des choix relativement punitifs. Par exemple toute ressource collectée en excès… est donnée à votre adversaire ; ou lors des années fructueuses vous donnerez votre main de cartes à votre adversaire après chaque carte jouée, tandis que lors des années de sécheresse, vous récupérerez en main les cartes posées pour leur action de récolte lors de l’année fructueuse précédente, de sorte qu’une carte utilisée sans une bonne anticipation peut s’avérer un encombrement voire bénéfique à votre adversaire. Ainsi, sous des allures tristement vieillottes se dissimule un jeu très malin, surprenant régulièrement par ses twists modernes.

Judicieusement, Ludum nous explique que le jeu a été choisi pour compléter Le Clan des loups – économiquement bien sûr, mais surtout parce que Le Clan des loups serait meilleur à partir de 3 personnes, et qu’il fallait donc éviter de trop frustrer les duellistes. Une démarche d’autant plus louable que le jeu est tout à fait jouable à 2, sans aucun alourdissement mécanique.

Le Clan des loups est régulièrement présenté comme du meute-building, une appellation fantaisiste plutôt prometteuse dont il ne faudrait néanmoins pas exagérer le poids puisque l’on améliore le déploiement (nombre de loups déplacés par action), la vitesse et la portée du hurlement des loups au fur et à mesure de la partie en construisant des tanières sur le carte centrale, tanières qui libèrent les emplacements du plateau où elles recouvraient les valeurs supérieures de déploiement, vitesse et hurlement. On est ainsi bien plus proche d’un arbre d’actions améliorable à la Evergreen ou mieux encore Scythe et Brasil: Imperial que d’un deckbuilding, et globalement cette amélioration sera assez peu asymétrique, puisque même si l’on n’améliore pas tout à fait la même chose au même moment que les autres, ces variations restent assez minimes, contrairement donc aux jeux comparables que je viens de citer. Je ne fais pas cette précision comme critique du Clan des loups, seulement pour éviter qu’on nourrisse une fausse idée du jeu en entendant parler de meute-building parce que je m’étais moi-même créé des attentes assez différentes.
L’autre mécanique originale du Clan des loups est la gestion des tuiles Terrain, puisque vous disposez toustes de cinq tuiles face à vous que vous retournez pour vous rendre sur le lieu indiqué, le verso étant différent du recto. En en retournant deux identiques, vous posez des tanières, transformez une tanière en antre ou hurlez sur un loup solitaire pour le remplacer par un nouveau loup de votre meute, tandis qu’en en retournant trois identiques, vous dominez un loup ou une tanière adverse pour la ou le remplacer par l’un de vos pions. Ce qui est donc l’action la plus agressive d’un jeu de contrôle de territoires déjà très interactif, mais une possibilité d’agression intéressante précisément parce qu’elle est très coûteuse en plus d’être visible : en regardant les terrains de l’adversaire avant son tour, vous pourrez vous demander s’il a les moyens de vous dominer et s’il en a l’intention.

Alors que la plupart des jeux de société initiés paraissant de nos jours prônent une interaction très indirecte (ce qui n’est pas du tout un reproche), Le Clan des loups a donc l’originalité de revenir à du contrôle de territoire, très interactif voire agressif, avec un système très lisible (grâce aux illustrations mais aussi aux meeples et aux indications sur les plateaux), et même si la mécanique des tuiles Terrain ne m’a pas bouleversé par son élégance, elle porte efficacement un ensemble fonctionnel, parfois même très agréable quand on sent qu’on effectue une action intéressante méritée, parce qu’on l’a bien planifiée et que l’on parvient à exploiter ses actions bonus et les améliorations de sa meute au mieux.

Le jeu de la Discovery+ était Darwin’s Journey, un jeu qui m’attirait singulièrement parce que conçu par Simone Luciani lui-même (Tzolk’in, Marco Polo, Grand Austria Hotel, Newton… excusez du peu !) avec son complice régulier Nestore Mangone, parce qu’édité par Thundergryph (connu au moins pour sa qualité d’édition, par exemple avec Tang Garden) et pour son thème – même si, Luciani oblige, on s’attend bien à son abstraction, au moins rehaussée par l’édition. Sur l’édition justement… c’est plutôt une déception, le souci d’ergonomie ayant supplanté tout souci de joliesse. Au moins ce Darwin’s Journey ne cherche-t-il pas à séduire trompeusement une cible qui ne serait pas la sienne, c’est un eurogame expert, et même matériellement il ne peut décidément parler qu’à des eurogamers – assurément déjà séduits à l’idée d’avoir un jeu aussi lourd (aux deux sens du terme) pour 45 euros.
Darwin’s Journey, c’est de la pose d’ouvriers (évidemment), assez classique dans sa forme (on place à son tour des ouvriers dans de nombreuses zones fonctionnant très diversement) et dont évidemment je n’aurai pas la lourdeur fastidieuse de détailler tout le potentiel, mais multipliant les idées malines : sur la spécialisation des ouvriers, les spécificités des zones, leur intrication avec le thème (découverte de spécimens et livraison au musée, piste maritime autour des trois îles/pistes terrestres…), la majorité des enveloppes, le draft des cartes Équipage, les objectifs du Beagle différents à chaque phase (et mis en place aléatoirement au début de la partie), la modification de l’ordre de tour (une mécanique que j’apprécie toujours énormément), les nombreux combos…
Je n’en ai joué que deux parties, et pour un jeu aussi foisonnant, c’est peu : même au début de la seconde j’étais encore un peu perdu entre toutes les actions possibles puisque Darwin’s Journey a le mérite de ne pas du tout être scripté (même si bien sûr quelques voies s’avèreront plus inévitables que d’autres). Mais ce désir d’y revenir pour tenter d’autres départs et d’autres midgames, et plus généralement pour sentir que je progresse dans la compréhension de ses finesses, sont quelques très bons signes établissant le jeu comme l’un des experts auxquels j’ai vraiment aimé jouer dernièrement – et confirmant que décidément, les Discovery+ de Ludum sont toujours systématiquement excellents, même si celui-ci peut surprendre par une difficulté à laquelle les choix précédents n’avaient pas tout à fait préparé, donc prudence, tout en imaginant bien que l’on n’ira jamais plus loin.

Ludum Mag
Toute box contient une revue, anciennement Faites vos jeux et désormais plus directement intitulée Ludum Mag – à mon avis une bonne idée, inutile de découpler des initiatives intimement liées au détriment de l’effet de marque. Loin d’être une simple brochure publicitaire, ce Ludum Mag extrêmement propre comporte 28 pages bien pleines ! Il s’agit déjà pour l’équipe de présenter chacun des jeux présents dans les différentes box, avec petit récapitulatif technique, mais aussi rapide explication des règles pour donner une idée même superficielle du fonctionnement du jeu – on sent que c’est encore une partie en maturation, d’autant que la possession du jeu fait que vous n’avez pas forcément besoin de ce récapitulatif light plus justifié sur un blog que dans les box -, avec quelques conseils (un peu dispensables, mais donnant une patte humaine au texte) et surtout une assez longue partie plus éditoriale où l’on nous explique les motivations derrière le choix de ce titre précis, avec une vraie subjectivité dans le bon sens du terme, c’est-à-dire qu’une anecdote pourra être mêlée à un affichage des goûts personnels ou à une considération plus générale sur le monde du jeu. J’aime beaucoup. Et accessoirement, cela rappelle la sincérité de leur démarche, en légitimant même les choix que subjectivement on pourrait ne pas aimer, sans pouvoir leur reprocher un choix plus marketing que passionné.

En outre, la revue contient des « mentions d’honneur », des jeux testés par l’équipe, qui pour des raisons ou d’autres n’ont pu intégrer les box mais qu’il s’agissait de mettre en avant tout de même, belle manière de rappeler qu’on est entre vrais passionné.e.s, avec une envie de parler toujours plus de toujours plus de jeux. Curieusement, il peut y manquer le prix voire un QR Code/lien hypertexte permettant d’acquérir ces jeux dans la boutique de Ludum, puisque la revue est également disponible gratuitement en ligne, même si l’on ne se plaindra pas forcément de l’effacement commercial au profit du ludique. Notons d’ailleurs que tous ces jeux jouissent d’une rapide présentation personnelle, pas juste le résumé par l’éditeur, encore une preuve très appréciable d’implication.
Un long article de deux pages rentre ensuite plus précisément dans un sujet, ici le jeu de cartes et ses différentes formes à l’occasion de la sortie de Lorcana – tiens, mon article d’analyse du prochain Philimag parle aussi de JC² (et non pas de JCC, lisez-le et vous saurez pourquoi !), de Magic et Lorcana, les grands esprits se rencontrent (ou sautent juste sur le sujet porteur et évident du moment, mais chut). L’énormité du sujet fait qu’il s’agit d’un vaste survol plutôt que d’un article de fond, mais cela remplit son office de montrer la diversité du monde des cartes aux néophytes – même si je reste en désaccord sur l’emploi du mot deckbuilding pour qualifier la construction du deck avant la partie, grrr (oui c’est une querelle de chapelle qui fait presque office de marronnier dans le monde socioludique).
Un article de deux pages aborde ensuite une œuvre du panthéon, en l’occurrence Abyss, encore une belle occasion de témoigner de la passion des fondateurs en parlant d’un jeu décorrélé de l’actualité, donc choisi librement et traité avec un plaisir manifeste.
Enfin, ce Ludum Mag comporte un jeu de démo, en l’occurrence… pas moins qu’un scénario exclusif d’Enquêtes Express, le tout à fait chouette jeu d’Antonin Boccara, se situant en plus dans le chouette univers de Celestia. Voilà un vrai bonus qui peut enfin donner en effet envie de découper son magazine !

Outre le magazine, notons la volonté de Ludum de s’identifier aussi comme blog, avec une partie dédiée sur leur site, ce qui peut étonner de la part d’une boutique normalement condamnée à une relative « objectivité promotionnelle ». C’est une bonne surprise donc de constater que l’on y présente les jeux de façon assez circonstanciée, mieux que sur bien des blogs, y compris en soulignant des points faibles, ce qui peut en effet aider une personne cherchant à se faire un avis avant achat à se décider ou non pour le jeu. Je ne me serais ainsi pas attendu à ce que des notes soient données aux jeux – même si l’on se doute que le positionnement de Ludum n’a pas vocation à leur faire émettre des avis trop négatifs – y compris un 15/20 à Unmatched par exemple, et avec plusieurs avis par mois, écrits manifestement en dehors de tout sentiment d’urgence (la fameuse urgence qui peut biaiser l’avis des influenceu.se.r.s et compromettre la qualité de leurs productions), on a bien affaire à un acteur grandissant de la blogosphère et inattendu.
La boutique
Comme vous l’avez lu dans l’interview, Ludum ne se pensait pas initialement comme une grande boutique. Pourtant, force est de constater que sans avoir la force de frappe ou le stock de Philibert, ils ont quantité de références, avec toutes les sorties attendues dès le premier jour (y compris les mêmes précommandes que les plus gros), des soldes intéressantes (auxquelles il m’est déjà arrivé de céder)… Bref quand on cherche un jeu où une bonne affaire en ligne, Ludum appartient désormais pleinement aux boutiques auxquelles jeter un œil.

Ludum a d’ailleurs la bonne idée de s’assortir d’un Pass Ludovor donnant droit à des réductions plus ou moins intéressantes sur la quasi totalité de son catalogue, une judicieuse manière de fidéliser la clientèle parce que le bénéfice paraît assez évident et rapide… à condition de favoriser Ludum. Ce pass coûte 9 euros 99 par trimestre ou 29 euros 99 par an… mais accompagne aussi gratuitement toute box achetée (pour un trimestre à chaque fois) ! Sachant que Ludum offre déjà la livraison à partir de 30 euros, voilà une offre rapidement intéressante. Quelques bonus un peu plus accessoires viennent parfaire l’offre, passages plus obligés mais assez variés pour témoigner d’une réflexion autour du Pass Ludovor et de l’envie d’en faire une ancre solide du projet Ludum autour de laquelle créer quelque chose d’un peu plus fort que l’inscription à des ventes privées : un concours par mois pour gagner un jeu coup de cœur, une grosse vente privée annuelle, un accès anticipé aux diverses promos, des remises mensuelles supplémentaires, et la promesse d’autres surprises encore.
Ludum est une proposition pleine de surprises, je pense que vous l’avez vu dans l’article, et aussi distancié que je puisse chercher à être, je n’ai pas non plus cherché à cacher mon enthousiasme quand il me paraissait mérité par une démarche ou une autre, et particulièrement face à la diversité de ce que Ludum prétend être – et parvient à être avec une qualité croissante, très très loin d’être « l’autre abonnement à des box surprise » auquel il pouvait se résumer initialement. Ludum ne révolutionne rien, il n’est pas le nouveau TricTrac, il n’est pas encore un acteur incontournable et majeur du marché, mais il concentre davantage d’activités que quiconque en essayant (et parvenant presque toujours) à apporter à chacune sa plus-value, tout cela avec une vraie sincérité de ludistes passionnés… et une indéniable ambition qui porte ses fruits, au moins en termes de propreté et qualité de la proposition, qui rend extrêmement curieux de la suite mais satisfait déjà beaucoup au présent.