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Ludum : après trois box de jeux de société, faut-il s’abonner ?

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Ludum : après trois box de jeux de société, faut-il s’abonner ?

Ludum : après trois box de jeux de société, faut-il s’abonner ?

Ludum, c’est la nouvelle proposition d’une box de jeux de société trimestrielle, dont nous vous avions déjà présenté le concept, la première boîte et la deuxième.

On y choisit une catégorie (« Party », « Easy », « Discovery », « Total », avec le contenu des trois précédentes ou « Marmots ») et on reçoit deux titres, les mêmes pour toutes les box, sans savoir lesquels avant d’avoir ouvert les colis.

Un concept original, demandant tout de même une certaine confiance, et qui, originellement, s’adressait surtout aux néophytes en « jeu de société moderne » qui chercheraient à enrichir leur ludothèque d’oeuvres de qualité sans réellement savoir comment, mais intègre toujours plus d’incontournables très récents, susceptibles d’attirer également les connaisseurs (à condition qu’ils n’aient pas déjà acheté tous les jeux très médiatisés des deux derniers mois) par la qualité de la sélection et pour le plaisir de la surprise.

La box comporte en outre un jeu original, à découper et bricoler soi-même, ainsi qu’une revue présentant les jeux qu’elle contient, et des approfondissements sur une mécanique, sur une oeuvre classique, sur un auteur… dans la lignée de ce qui est publié dans la partie « Blog » du site de Ludum, et qui est souvent fort intéressant – ils se demandaient par exemple récemment où acheter ses jeux pendant le confinement, proposaient de nombreux premiers avis sur des titres très divers… Les auteurs sont vraiment investis dans le domaine socioludique et le montrent dans un contenu pédagogique et passionné.

En outre, l’abonnement permet d’accéder à des tarifs préférentiels sur la boutique Ludum, souvent très intéressants.

Très convaincu par la sélection de la deuxième box de Ludum, notamment Queenz dans la Family Box (désormais « Easy Box »), l’incontournable It’s a Wonderful World dans la Discovery Box et le jeu original Échek de Léandre Proust dans la revue, j’attendais avec impatience de voir si Ludum saurait garder le cap et ainsi s’établir solidement dans le paysage socioludique avec sa troisième sélection…

 

Marmots Box, la nouveauté Ludum

La Marmots Box (35 euros) est une nouveauté pour Ludum qui, pour proposer deux jeux adaptés aux enfants de 4 à 8 ans, s’est judicieusement associée au très chouette blog Plateau Marmots dont c’est la spécialité.

N’ayant pas commandé cette box, je ne pourrai réellement m’étendre sur leur qualité, mais peux constater que Plateau Marmots et Ludum ont choisi deux jeux très remarqués, dont le premier apparaît même comme LE jeu pour enfants du moment.

Fabulia est en effet conçu par Marie et Wilfred Fort eux-mêmes. Si le couple a récemment reçu le Kinderspiel des Jahres pour La Vallée des Vikings, il n’avait même pas réellement besoin de ce coup de projecteur tant sa réputation dans la production de jeux pour enfants est solide.

Il s’agit d’y vivre 10 histoires, ou de profiter du superbe matériel illustré par Evgenia Smolentseva et édité par Lifestyle Boardgames (Queenz, Elastium, Giraffomètre) pour un bac à sable enchanteur, et donc inventer les siennes, toujours en votant pour la meilleure trame dans une sélection de cartes, que l’on glisse dans les pages du livre.

Qui de mieux placé pour en parler que Plateau Marmots eux-mêmes, qui concluent leur avis détaillé par ces mots :

« Plongez dans le narratif avec un jeu qui met l’accent sur les personnages autant que sur l’histoire ! Wilfried et Marie Fort signent ici un jeu formidable, une gigantesque source d’émerveillement pour les enfants que nous sommes tous restés. Quel que soit son mode de jeu (compétitif, coopératif ou kid friendly, Fabulia reste simple, fluide, ouvert, agréable, et évoque une douceur sucrée chargée d’imaginaire. On adore, inévitablement, et on s’emploie déjà à créer de nouvelles histoires et de nouveaux modes de jeux. Une excuse, évidemment, pour ouvrir la magnifique boîte encore et encore. Du narratif, du vote, des illustrations somptueuses et une idée très originale… que demander de plus ?  »

Hors box, vous trouverez Fabulia pour 23 euros 50 sur le site de Ludum, ou 20 euros 79 avec l’abonnement.

 

 

L’autre jeu de cette Marmots Box était le Zoo Run de Florian Sirieix (ImaginariumCowboy Bebop), illustré par Davide Tosello (Victorian MastermindsOrbis) et édité par Loki, la gamme pour enfants de iello. Un jeu d’observation et de pose de cartes, dans une course animalière compétitive ou collaborative, incluant même un mode solitaire !

L’avis de Plateau Marmots souligne encore la réussite du titre :

« Avec Zoo Run, Loki signe sans doute l’un des jeux les plus réussis de son jeune catalogue. Plutôt original grâce à une mécanique astucieuse et rapidement assimilable, il propose deux expériences de jeu complémentaires pour une durée de vie impressionnante. Certes moins flamboyant que Monsieur Carrousel et moins explosif que Little Battle, il tire néanmoins son épingle du jeu grâce à sa configuration coop’/compétitif qui permet de renouveler le plaisir de jeu… mais aussi de jouer en solitaire avec une toute petite boîte. Pour tout vous dire, on n’en attendait pas tant de ce jeu, occupés que nous étions à surveiller les autres. Mais loin d’être anonyme, c’est pourtant lui qui au final nous bluffe le plus et que les marmots réclament sur la table. On apprécie vraiment cette double utilisation de la mécanique originale, proche sans être identique, ce qui permet de maîtriser les deux jeux en quelques minutes de partie. Une petite merveille d’équilibre, simple et sans prétention qu’on ne peut donc que recommander à 200 %. »

Hors box, vous trouverez Zoo Run à 15 euros 99.

 

Party Box

La Party Box (27 euros 99) comporte deux jeux d’ambiance.

Conçu par Thierry Saeys et Yves Hirschfeld, Association 10 Dés est l’un des jeux malins d’Act in Games (Feelinks – Révélations). Mobilisant entre 2 et 8 joueurs dans deux modes, compétitif et coopératif, il s’agit de lancer 10 dés sur les 24 que comporte la boîte, chaque face indiquant un mot différent, et de dégager une connexion des mots ainsi obtenus, une idée assez enthousiasmante !

Cette fois, laissons la parole à l’un de mes blogs ludiques préférés, Vin d’jeu, l’un des rares que je consulte très régulièrement et dont je respecte vraiment les avis, surtout sur les jeux tactiques/experts :

« Association 10 dés mêle subtilement un jeu de rapidité à un jeu intellectuel de jeux de mots. Si vous êtes un as des lettres et que vous arrivez à trouver des associations de mots excellentes, encore vous faut-il être rapide avant qu’un adversaire ne vous prenne un mot. Si vous êtes un as de jungle speed et que Lucky Luke est de la gnognotte à côté de vous, encore vous faut-il assez de neurones pour trouver des associations justes que vos partenaires trouveront. L’association de ces deux mondes font d’association dix dées un jeu à part et très sympa à jouer surtout à partir de 4 joueurs. »

 

 

Hors box, Association 10 dés est vendu 21 euros.

L’autre titre de cette Party Box était le Taco Chat Bouc Cheese Pizza de Dave Campbell, illustré par Ana Panco (dont le nom n’apparaît nulle part dans la boîte, pas même sur BGG, scandaleux !), édité par Dolphin Hat Games et localisé par Blue Orange. Un jeu de réflexe où il s’agira de dévoiler à tour de rôle une carte en prononçant l’un des mots du titre, et de taper dessus aussi vite que possible si la carte représente bien le mot énoncé… tout étant bien entendu fait pour que certaines images se ressemblent, donc pour nous faire hésiter puis punir nos hésitations !

Cette fois j’emprunte les mots de Ludigurl, une référence pour le jeu d’ambiance et familial !

« Taco Chat Bouc Cheese Pizza c’est ça : un jeu totalement frénétique et loufoque provoquant des tonnes de fou-rires qui vous fera passer de super bon moments en famille ou entre amis. Après seulement un tour, il y a eu cette petite étincelle magique qui a tranformé un simple jeu de défausse en un instant mémorable. C’était vraiment excellent, toutes les générations réunies à rire et s’amuser ensemble autour d’un jeu simple et prenant. Les parties se sont enchainées sans que l’on voit le temps passer, n’est-ce pas là le signe d’un bon titre ?  Il est accessible, rapide à jouer et vous fera passer des moments incroyables grâce à des parties dynamiques et terriblement drôles. Seul inconvénient ? Vous entendrez partout Taco Chat Bouc Cheese Pizza même après plusieurs jours ^^ j’ai bien dit que vous deviendriez fous ! Vous l’aurez compris il est totalement validé et n’est pas prêt de nous quitter. Vraiment, ne passez pas à côté, FONCEZ ! »

Hors box, Taco Chat Bouc Cheese Pizza est vendu 9 euros 90.

 

 

Easy Box

L’ex-Family Box (34 euros 99) redouble cette fois un peu la Party Box avec deux jeux rapides, accessibles et survolté pour l’un, extrêmement taquin pour l’autre.

Flash 8, c’est le taquin de Joan Dufour, illustré par Sabrina Miramon et édité par le Scorpion masqué (Zombie Kidz Évolution et Décrypto, bientôt Master Word), que je présentais déjà ici. Le principe en est très simple, puisqu’il faut faire glisser des palets dans un cadre afin de reproduire les configurations plus ou moins complexes apparaissant sur des cartes, tout cela avec la joliesse matérielle attendue de la part d’un tel éditeur.

Je concluais ainsi mon article :

« Après Décrypto et Zombie Kidz Évolution et avant Word Master (un Mastermind avec des lettres), le Scorpion masqué parvient à réinventer même le taquin, au point de réconcilier avec ce genre ludique le traumatisé que j’étais, grâce à son habituel soin éditorial et mécanique, aboutissant à une adaptation fraîche et matériellement très séduisante de ce qui n’était qu’un casse-tête solitaire.

Pourtant, Joan Dufour ne cède pas aux sirènes de la réinvention ameritrash : Flash 8 ne propose notamment pas d’autre interaction que les cartes que l’on peut compléter alors qu’un autre les convoitait, et jamais volontairement – il serait suicidaire de regarder ce que font les autres, comprendre quel schéma ils tentent de reproduire, et compléter l’objectif plus vite qu’eux !

C’est sans doute tant mieux : on imagine trop facilement des cartes octroyant des pouvoirs (retirer un électron, en remplacer un par un autre, en échanger deux, etc.) pour bouleverser notre partie et celle de nos adversaires, au détriment de la simplicité extrême des règles, de leur parfaite intuitivité et du rythme essentiel à un jeu simultané. Y perd-on en ambiance ? Essayez une partie et vous verrez qu’un jeu n’a pas toujours besoin de permettre aux joueurs de s’embêter pour créer une ambiance aussi électrique qu’amusante ! »

Hors box, Flash 8 est vendu 19 euros 80, ou 18 euros 62 avec l’abonnement.

 

 

L’autre jeu de l’Easy Box était le Boss Quest de Christophe Lauras, illustré par Christina Weinman et édité par Débâcle Jeux, du jeu « d’enfoirés » comme on les aime, et que je présentais déjà ici. En demandant des armes, on tente de se rapprocher de la santé d’un boss sans la dépasser, mais au risque qu’un rival n’altère notre armement, la santé du boss ou les règles pour le battre en activant un sort… ce qui arrive très souvent ! En outre, avec son mode solitaire et ses nombreux modules, il promet de bien renouveler vos parties.

« Boss Quest peut être décrit un peu à la va-vite comme un Blackjack vidéoludique, où il faut s’approcher autant que possible de la valeur en points de santé de différents boss sans la dépasser. Des cartes Arme d’une valeur de 1 à 7 remplacent les dés, et pour s’assurer que l’on agira rapidement, le jeu récompense par l’attribution d’une modification de règles les joueurs au fur et à mesure qu’ils estiment avoir complété leur main. S’il reste très aléatoire, il l’habille ainsi très bien thématiquement et enrichit astucieusement le stop-ou-encore d’une part tactique… particulièrement agressive.

C’est que Boss Quest est avant tout un jeu où vous aimerez vous taquiner les uns les autres. En laissant une place au hasard et au bluff grâce à la carte que chacun garde secrètement devant lui, il ne vous autorise jamais aucune certitude de victoire, et vous invite continuellement à saper les chances de vos rivaux, à bouleverser les règles de façon à leur retirer toute chance de rester dans la compétition. On tente bien entendu de deviner ce qu’ils peuvent cacher… pour rire énormément au moment de la confrontation avec le boss, que l’on soit tombé juste ou non, le plus important étant évidemment de s’amuser de l’ambiance particulièrement électrique suscitée par le titre.

Ce primat du plaisir est renforcé par les quatre modules de Boss Quest, qui ajoutent considérablement à sa variété et à son interactivité jubilatoire, avec une générosité inattendue de la part d’un jeu d’ambiance à 20 euros ! »

Plus précisément, vous le trouverez sur Ludum à 17 euros 99, ou 16 euros 63 avec l’abonnement.

 

 

Discovery Box

La Discovery Box (39 euros 99) est celle qui m’intéresse le plus, qui correspond le mieux à ce que je cherche et j’aime dans le jeu de société, et dont je suis donc, chaque trimestre, le plus curieux.

En l’occurrence, après le choix très inspiré de It’s a Wonderful World, Ludum a à nouveau tranché pour « l’un des jeux dont on parle », l’une des coqueluches des blogs ludiques et des joueurs ces derniers mois, l’incontournable Nidavellir. Pour son grand retour, Serge Laget signait chez Grrre Games (pourtant plus habitués aux petites boîtes visant l’ambiance) un passionnant jeu où l’on incarne des chefs de guerre nains tentant de constituer la plus puissante armée en conciliant différentes spécialités au mieux et en recrutant de redoutables héros.

Un petit bijou que je présentais longuement ici, concluant en ces termes :

« Dernière oeuvre en date de Serge Laget, Nidavellir est un jeu d’enchères cachées et de collection, deux mécaniques auxquelles j’ai habituellement quelques réticences, si finement associées et pensées ici que le jeu m’a passionné. C’est déjà qu’aucune carte n’est mauvaise, toutes s’ajoutant aux autres de la leur classe pour renforcer (parfois exponentiellement) les points qu’elle apporte, et si l’on en avait encore aucune parce que l’on ne misait décidément rien sur cette couleur, c’est encore une aubaine, chaque rangée de cartes d’une collection différente octroyant un puissant avantage. Tout dans Nidavellir est pensé pour être satisfaisant, pour conférer sans jamais s’avérer punitif, frustrant ou long un sentiment de puissance croissante, dans un captivant travail d’équilibrage donnant pleinement son sens à chaque action, et plus généralement à chaque mécanique. Il est difficile de décrire sans trop rentrer dans les détails tout ce qui fonctionne dans ce jeu, et à quel point il faut dépasser ses légitimes réticences face à un manuel de règles trop touffu pour se laisser séduire par son accessibilité et sa très grande richesse, et même par une thématisation fantasy qui sait ne pas être trop pesante, si soignée qu’elle pourrait laisser espérer une extension ! »

Hors box vous trouverez Nidavellir pour 31 euros 50, ou 27 euros 89 avec l’abonnement, et croyez-moi, c’est le genre de titre assez accessible et pourtant fin dont toute ludothèque peut avoir besoin pour séduire les publics les plus divers !

 

 

Nidavellir était complété par Conspiracy, la petite boîte située dans l’univers d’Abyss et conçue par les deux auteurs du jeu de base (Bruno Cathala et Charles Chevallier) pour en émuler les sensations, produisant un jeu de cartes bien moins minimaliste qu’il en a l’air. Voici comment je concluais l’article que je consacrais au jeu il y a un mois :

« Conspiracy ne cherche pas à remplacer Abyss, il n’a aucunement l’ambition de faire « mieux » qu’un grand frère que rien ne rend encore archaïque, ni ses mécaniques variées et fluides, ni son matériel toujours superbe. Mais il est évident qu’il se présente comme un Abyss « familial », nettement moins cher, nettement plus accessible, dont il reprend plus franchement les idées de collection de seigneurs et de lieux ou le stop-ou-encore afin d’en faire quelque chose qui ressemblerait presque à un casse-tête, avec une idée de construction géométrique notamment, et de nombreux paramètres à prendre en compte.

C’est qu’il n’est pas objectivement possible de subir un mauvais tirage dans Conspiracy, ou de léser ses adversaires, et que l’on est constamment dans une pure quête d’optimisation, du meilleur choix possible afin de réaliser le maximum de points en s’adaptant un peu aux cartes piochées, et en tirant intelligemment profit de nos actions précédentes et de ce qui nous est accessible. Avec l’élégance à laquelle on reconnaît une oeuvre de Bruno Cathala, le jeu nous immerge ainsi habilement dans un système de règles extrêmement aisé à appréhender, et délicieusement exigeant dans les décisions qu’il nous impose de prendre dans l’élaboration de notre puzzle sénatorial. »

Hors box, Conspiracy est vendu 13 euros 50.

 

 

Total Box

Pour 89 euros 99, la Total Box propose le contenu des Party, Easy et Discovery Box, soit une économie d’une douzaine d’euros – et bien plus si on prend en compte l’économie réalisée sur les jeux individuellement en acquérant les box.

La revue et le jeu original de Ludum

Comme pour la deuxième box, toutes celles de la troisième vague de livraisons comportent la même revue d’une vingtaine de pages.

Les jeux des quatre box y sont longuement et joliment présentés, en plus d’être assortis d’un lien vers la règle audio réalisée par Ludum eux-mêmes, et de quelques conseils, plus ou moins dispensables selon les jeux, toujours appréciés.

J’ai en outre particulièrement apprécié l’interview du formidable Théo Rivière (après celles de Cynthia Rebérac et Bruno Cathala dans le précédent numéro), détaillant son parcours avant de devenir auteur de jeux à plein temps, expliquant assez généralement un processus de création classique et le sien, et faisant quelques jolies annonces sur ses sorties prochaines, Arkeis bien sûr, dont vous savez à quel point je l’attends, Detective Charlie, un jeu d’enquête à scénarios pour les enfants chez Loki et The Loop chez Cath’up Games (PharaonFertilityWild Space), qu’il désigne comme son titre le « le plus gamer jusqu’à présent », particulièrement intrigant, non ? Rassurez-vous, le contenu de l’interview, comme l’ensemble des articles de la revue, est également lisible sur le blog de Ludum !

 

 

Deux pages présentent le jeu culte qu’est Dominion, une les « mentions d’honneur » du trimestre (pour HadaraTeam 3Welcome to Las Vegas et Monster Café), tandis qu’Olivier de Plateau Marmots récapitule les quatre jeux nominés à l’As d’or enfant de 2020 (remporté par Attrape Rêves) et consacre deux pages à exprimer sa vision du jeu pour enfants et sa démarche de sélection pour Ludum, sa quête de jeux qui éveilleraient l’enfant sans frustrer le parent, évitant à tout prix à l’adulte de se sentir obligé de mal jouer puis de perdre pour produire du bonheur factice chez son jeune adversaire.

Enfin, comme chaque trimestre, la revue contient un jeu original à découper. Rassurez-vous, comme au numéro précédent, le verso est occupé par des pages publicitaires, donc aucun scrupule à avoir, et le jeu est conçu par Léandre Proust, Responsable Territoires Francophones de Lucky Duck Games (que nous interrogions longuement ici sur le catalogue extraordinaire de l’éditeur) et auteur réputé pour sa gamme gratuite de « micro games » en cut and play, dont Kubruss fait partie. N’hésitez pas à faire un tour sur son tipeee (où Kubruss est d’ailleurs téléchargeable), la découverte de son parcours et de son engagement pourrait fortement vous inspirer le désir de le soutenir dans son activité de création !

Illustré par Vianney Carvalho, Kubruss est un jeu de duel, accessible à partir de 6 ans pour des parties d’un petit quart d’heure. On nous recommande de coller la page avec les éléments de jeu sur le carton, puis de découper le plateau de jeu et les 14 pions ainsi solidifiés, une jolie manière de le recycler !

Chaque joueur reçoit 7 poupées russes de sa couleur, 4 petites (recouvrant une case), 2 moyennes (deux cases) et une grande (quatre cases).

À tour de rôle, on pose une seule de ses poupées en jeu, sachant qu’une grande poupée peut en recouvrir entièrement une petite ou une moyenne, et une moyenne, une petite, qu’elles nous appartiennent ou soient celles de notre adversaire.

Si l’on ne peut pas jouer parce que les règles de placement ne le permettent pas, on passe son tour, et l’adversaire aura naturellement tout intérêt à ne pas nous débloquer afin de continuer de jouer seul autant que possible !

En effet, la partie s’achève quand tous les blocs ont été posés ou que plus personne ne peut jouer. Le vainqueur est alors celui dont les poupées recouvrent le plus de cases du plateau (les poupées recouvertes ne comptant pas). En cas d’égalité, l’avantage va à celui qui possède encore le plus de petites poupées ! Et en cas de nouvelle égalité, celui qui n’a pas commencé remporte la partie.

Si Kubruss peut paraître basique à première vue, par son matériel et ses règles, on se surprend à y trouver quelques subtilités qui montrent l’auteur minimaliste aguerri, notamment l’étroitesse du plateau (un quadrillage de 4 par 5 à peine) qui crée de la tension autour de chaque coup, la possibilité de recouvrir ses propres pièces, contre-productive dans l’idée et justement habile pour leurrer son adversaire, et l’égalité en faveur du nombre de petites poupées, un critère intéressant pour inciter à ne pas jouer de façon trop « bourrine » quand une égalité est si vite arrivée !

 

 

Précisons enfin qu’après le bloc-notes pour Escape from the Asylum dans la deuxième box de Ludum, la troisième box contenait un sous-bock aux couleurs de Boss Quest. Comme je ne cours pas après les goodies, mais apprécie ceux qui sont utiles pour le jeu auquel ils correspondent ou pratiques en dehors, la modestie de celui-là (en comparaison du précédent) ne m’a pas déplu, et j’aime infiniment mieux cela que de recevoir une carte promotionnelle pour un jeu que ne comporte aucune box, et qui n’aura alors d’autre utilité que de remplir un carton de goodies constitué dans le très hypothétique espoir que je me procurerai un jour les titres en question ou pourrai les offrir à un ami qui les posséderait.

Ludum, d’excellentes surprises pour une ludothèque d’incontournables

Après une première boîte en demi-teinte et une deuxième boîte très réussie, tant dans sa revue, dans sa sélection que dans son jeu original, la troisième transforme l’essai ; elle confirme l’ambition de toujours faire mieux et la passion de Ludum.

Les huit jeux paraissent assez incontournables dans leur catégorie, avec une mention spéciale pour l’association de Nidavellir et de Conspiracy dans la Discovery Box et Fabulia dans la Marmots Box, particulièrement judicieux, prouvant une recherche soignée des titres importants du moment, afin de satisfaire aussi bien les néophytes qui peuvent ainsi très vite se constituer une excellente ludothèque que les connaisseurs, avec des œuvres récentes dont ils n’ont pu manquer d’entendre parler, et qu’ils n’ont peut-être pas encore eu le temps d’acquérir.

On pourra s’étonner que tous les articles de la revue existent déjà sur le blog de Ludum, de même que le « jeu original » est déjà disponible gratuitement en print and play sur la page tipeee de Léandre Proust. J’aime cependant mieux cela qu’une artificielle exclusivité, et louerais plutôt les auteurs de ne pas créer un contenu réservé aux abonnés des box, aussi nombreux soient-ils, mais de rester dans une dimension de partage. Cela ne m’a ainsi pas du tout empêché de profiter des textes dans la revue, probablement lus avec un autre œil que si je les avais découverts en ligne, et pouvoir me contenter de découper le jeu sans l’imprimer est toujours bienvenu.

Surtout, cela accroît la sensation d’avoir affaire à des « sommeliers du jeu de société », auxquels on ne demande pas d’inventer mais de recommander, de réunir ce qu’il y a de meilleur à droite à gauche pour le proposer avec expertise et pédagogie à nos papilles, un défi parfaitement relevé avec cette troisième box, qui assoit décidément Ludum dans le paysage socioludique.

 

 

Si leur démarche semble vous correspondre, vous avez jusqu’au 2 juillet pour vous rendre sur le site de Ludum et commander votre box surprise ! En attendant, sachez que durant tout le mois de mai, les frais de port sont offerts à partir de 60 euros avec le code ADOMICILE, tandis que tout lot comportant au moins un jeu de la catégorie prix vert bénéficiera d’une remise de 5 euros avec le code ENVERT, cumulable avec le précédent. De quoi égayer un peu la suite du confinement, et une première phase de déconfinement qui s’accompagnera aussi de son lot de frustrations !

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