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Thanos Rising : Avengers Infinity War, le jeu de société officiel !

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Thanos Rising : Avengers Infinity War, le jeu de société officiel !

Thanos Rising : Avengers Infinity War, le jeu de société officiel !

 

La semaine dernière, nous présentions l’éditeur états-unien USAopoly, spécialisé dans les adaptations socio-ludiques de franchises célèbres liées au cinéma, à l’animation, bref assez généralement au divertissement geekHarry PotterSamurai JackZeldaDragon BallL’Étrange Noël de Mr. Jack, Rick and Morty… sont de la partie, que ce soit dans les 200 variations de CluedoTrivial Pursuit, RiskMunchkin, jeux d’échecs ou Monopoly, ou dans des jeux plus neufs, cherchant sincèrement à transformer en mécaniques ludiques l’esprit et l’histoire d’une licence intéressante. Ce qui n’exclut pas une volonté de capitaliser sur cette licence, ne soyons pas naïfs : quand Warner, Nintendo ou Disney placent leur confiance dans une société, c’est rarement pour le seul bien-être des fans, mais cela n’exclut pas nécessairement le désir de leur offrir des produits soignés. Nous avions donc vu avec Hogwarts Battle que les adaptations d’USAopoly pouvaient mériter notre attention, en témoignant d’une ambition mécanique singulière pour une franchise aussi mainstream que Harry Potter. Voyons ce que cela donne quand l’éditeur s’attaque à la grosse franchise du rival, les Avengers de Disney, et plus précisément le film Infinity War himself. On se souviendra que j’avais été peu sensible à la proposition cinématographique de Marvel, il n’empêche que ma déception venait aussi de mon affection pour les comics de Jim Sterlin et de mon sentiment que le potentiel de l’histoire aurait pu être mieux exploité, de sorte que cela renforce ma curiosité quand on me parle d’un jeu de société où il s’agirait d’empêcher Thanos de récupérer les gemmes !

À grosse licence, gros prix, et Thanos Rising n’échappe pas à la règle, puisque le sien est légèrement en-dessous de 50 euros. Naturellement coopératif (et je trouve très scène la multiplication récente des expériences coopératives), il oppose deux à quatre super-héros de 10 ans et plus au Titan fou dans des batailles acharnées d’une heure environ.

 

Thanos Rising

Un matériel cosmique ?

L’une des grandes difficultés quand on pense à l’adaptation d’un film comme Infinity War est matérielle, puisqu’il faut rendre la bataille épique de très nombreux héros à travers la galaxie pour empêcher un super-vilain redoutable de trouver des artefacts. Globalement, Thanos Rising s’en sort très bien, dès la boîte, à l’illustration superbe de Rick Hutchinson. Ce qui frappe dès son ouverture, c’est la grande statuette de Thanos, sur laquelle on ne manquera pas d’être partagé, entre des finitions très imparfaites et l’agréable surprise qu’un jeu de société n’ayant absolument aucun besoin d’une telle figurine ait la générosité de l’intégrer pour le seul plaisir de l’immersion. Les héros n’étant représentés que par des cartes, leur face-à-face avec un Titan qui ne démérite pas cette appellation est assez impressionnant.

Avant toute chose, on dispose le plateau Gant de l’infini aux six extrémités duquel on pose les six gemmes d’Infinité (en plastique transparent coloré, fragile mais fort joli). Les huit dés de pouvoir, le dé de Thanos, le dé de gemmes de l’Infini et les compteurs de dégâts sont placés à portée des joueurs. Puis on met en place la zone de déploiement au centre de laquelle trône la statue du Titan fou. Les joueurs choisissent (ou se font attribuer aléatoirement) une base qui correspond au camp avec lequel ils se battront : le Wakanda (sous la direction de Black Panther), le Sanctum Sanctorum (Doctor Strange), Knowhere (Gamora) ou le complexe des Avengers (Captain America).

Une fois les chefs de groupe récupérés par leurs propriétaires, on mélange le deck contenant les autres héros et les dix sbires de Thanos. On en pioche les neuf premières cartes pour les déployer tout autour de Thanos. Après quelques minutes d’installation, il ne reste plus qu’à découvrir quel est le dernier joueur à avoir vu un film du MCU et à le désigner comme premier joueur.

Thanos Rising

Sauver l’univers, mode d’emploi

Thanos Rising est un jeu familial. Cela n’exclut pas du challenge, mais rassure normalement sur la longueur des règles, en l’occurrence quatre pages à peine, dont la moitié est occupée par des illustrations, des exemples et un résumé : comme pour Hogwarts Battle, on ne peut nier un certain talent à USAopoly pour concilier accessibilité et jeux intéressants, tant thématiquement que mécaniquement.

La zone de déploiement autour de Thanos est composée de trois secteurs, chacune correspondant donc à trois cartes. Le joueur actif prend d’abord son jeton d’équipe et le pose sur l’un des trois secteurs de son choix, ce qui lui permettra d’interagir avec les trois héros ou méchants présents dans ledit secteur.

Il lance alors le dés de gemmes, et pose un cube de la couleur du résultat sur la gemme correspondante. Si à la fin du tour, il y en a cinq sur la même gemme, Thanos la récupère et l’insère sur son gant, ce qui lui octroiera un pouvoir supplémentaire, typiquement celui d’infliger ou de soigner des dommages. Il faut donc espérer que le nombre de cubes progressera de façon à peu près égale, chaque gemme obtenue par Thanos rendant naturellement la partie plus difficile.

Au super-vilain de lancer le dé Thanos, avec quatre résultats possibles : sa statuette peut être amenée à tourner vers le secteur suivant dans le sens des aiguilles d’une montre ; dans le sens contraire des aiguilles d’une montre ; tous les pouvoirs des sbires dans les secteurs où Thanos n’est pas présent sont activés ; on relance le dé de gemmes. Après avoir appliqué l’effet du dé, il attaque tous les héros de son secteur, et si le joueur actif a posé son jeton d’équipe dans le même secteur, il attaque également tous les membres de cette équipe, dans quelque secteur qu’ils soient. L’attaque consiste à infliger un dégât à chaque héros, chacun ayant un nombre de Points de Vie différent, entre 4 (Rocket) et 7 (Hulk). Et s’il y avait dans ce secteur des sbires de Thanos, ceux-ci attaquent également en appliquant leur pouvoir, de l’addition d’un dégât à un nouveau lancer de dé.

 

Thanos Rising

 

Comme dans le film, Thanos a l’initiative, et le fait sentir. Heureusement, il est temps de riposter en lançant les dés indiqués sur sa base. Le Wakanda permet par exemple le lenacer de trois dés rouges et un dé bleu, sachant que le nombre et la couleur des dés peut varier en fonction des pouvoirs des personnages : en l’occurrence, Black Panther permet par exemple le lancer d’un dé bleu ou vert supplémentaire si son propriétaire possède un autre héros de sa faction dans son camp. Ces dés permettent soit d’attaquer des ennemis, soit de recruter des alliés. Plus précisément, le joueur choisit une seule des trois cartes du secteur, voit quels symboles elle exige, et attribue des dés si les résultats le permettent. Si aucun de ses dés ne correspond aux demandes des cartes, il le retire de la partie pour ce tour-ci. Dans tous les cas, il relance les dés restants et tente de les attribuer à leur tour, que ce soit à la même carte ou à une autre, et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il ne possède plus de dé.

Si tous les dés exigés par un héros lui ont été attribués, le héros est recruté dans l’équipe du joueur, même s’il appartient à une faction (une couleur) différente, ce qui le soigne également de toutes ses blessures. Rocket demande par exemple deux faces Combat, une face Technologie et une face Cosmique. Si toutes les exigences en dés d’un sbire de Thanos ont été remplies, il subit une blessure et le joueur reçoit un jeton bonus pour tout ennemi qu’il aura réussi à blesser ce tour-ci. Ces jetons bonus à usage unique peuvent être utilisés pendant n’importe quel tour, et correspondent à un symbole pour le recrutement ou le combat, ajoutent un dé ou ôtent des marqueurs.

Et le tour est fini, il n’y a plus qu’à récupérer son jeton d’équipe, à remplacer les ennemis vaincus et les héros recrutés par de nouvelles cartes et à passer la main au joueur suivant.

Les joueurs perdent la partie quand Thanos a récupéré les six gemmes, tué dix héros ou tous les huit héros d’une même équipe, mais la remportent quand il sont parvenus à vaincre le nombre d’ennemis fixés à l’avance, sept pour une première partie « facile », jusqu’à dix pour plus de challenge, sachant qu’on peut également augmenter la difficulté en octroyant à Thanos un peu d’avance dans sa collecte des gemmes en début de partie, avant qu’enfin les héros puissent intervenir. Cette conclusion est à vrai dire presque décevante, il aurait été plus agréable et immersif d’avoir un décompte d’ennemis à tuer avant de gagner (une réglette par exemple), ou on aurait pu imaginer qu’après la mort d’un certain nombre de sbires, il faudrait vaincre Thanos lui-même… Mais on peut aussi se rappeler que Thanos Rising n’adapte jamais que Infinity War, et que la victoire n’est donc qu’une survie prolongée, quand un deuxième jeu pourrait nous faire vivre la conclusion du combat !

 

Thanos Rising

Thanos Rising, le poids de la destinée

On l’aura compris, Thanos Rising est essentiellement un jeu de hasard : hasard des dés, hasard des cartes déployées… ce qui est au fond le choix le plus judicieux pour rendre tout à fait rejouable ce jeu familial. Mais le résumer à cet aspect serait négliger ce qui fait sa force, la montée en puissance des Avengers au fur et à mesure de la partie. Chaque héros recruté permet de lancer et relancer des dés, soigner des héros, piocher des jetons bonus, illustrant parfaitement l’adage selon lequel l’union fait la force – qui n’a naturellement jamais été aussi vrai qu’à ce moment de la saga des Avengers. Après des débuts difficiles où ils ne maîtrisent rien et se font écraser, ils prennent petit à petit le contrôle de leur destinée, tentant de transformer le hasard en opportunités, et chaque incident en chance, en quoi le jeu imite très bien le film, et d’une façon d’autant plus satisfaisante que le matériel est séduisant. Je n’ai pas encore essayé d’autres jeux USAopoly que Hogwarts Battle et celui-là, mais cette manière de donner une nouvelle vie à des franchises par des systèmes apparemment très simples, et au fond très finement thématisés, m’inspire fortement l’envie de continuer d’explorer ses propositions ludiques !

 

 

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