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Mosquito Show – Bruno Cathala, des toucans, des caméléons et des moustiques

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Mosquito Show – Bruno Cathala, des toucans, des caméléons et des moustiques

Mosquito Show – Bruno Cathala, des toucans, des caméléons et des moustiques

Réparons tout de suite une injustice : Mosquito Show est conçu par Bruno Cathala ET Andrea Mainini, auteur turinois qui a quand même sa petite notoriété – on lui doit Sails of GloryWay of the PandaOriginBattlestar GalacticaOrigin. Si je me permets de mentionner Bruno Cathala dans le titre et pas Mainini, c’est que le nom du Français évoque immédiatement quelque chose dans notre imaginaire socioludique (Mr. JackImaginariumKanagawaGold RiverOkiyaKingdominoAbyssFive Tribes7 Wonders Duel…) et que l’on reconnaît quelque chose de son esprit dans Mosquito Show (une logique à la Kameleo ou Queenz), bref qu’il me paraissait plus évocateur dans un titre, en espérant que cette introduction permettra de réparer un peu cette offense initiale !

Au moins aurez-vous compris qu’on a affaire avec Mosquito Show à un jeu intriguant déjà par le CV de ses auteurs, et m’attirant à titre personnel d’autant mieux qu’il s’agit du premier jeu de Flying Games que je présente sur VonGuru. Or l’éditeur m’intrigue depuis un certain temps par ses œuvres spécifiquement imaginées pour deux joueurs, revendiquant une grande accessibilité (8 ans et plus et des parties de 15 minutes), utilisant pour figurines des objets que l’on peut aller jusqu’à appeler des jouets tant ils sont grands et joliment peints, et pourtant vendus 20 euros à peine, Mosquito Show n’étant que le dernier venu d’une gamme initiée par Little Big Fish, puis continuée avec deux Bruno Cathala (seul), les remarqués Ice Team et Jurassic Snack, avant Jurassic Snack II/Jurassic Brunch, prévu cet été.

Développés avec l’aide (notamment artistique) d’Origames, tous les Bruno Cathala/Flying Games sont illustrés par la talentueuse Camille Chaussy (MicropolisL’Île de PanVia Magica), une artiste que j’aime beaucoup qui, avec ses traits assez ronds et ses couleurs saturées participe à donner à la gamme l’allure très agréable à l’œil d’un dessin animé.

 

Combat de toucan, de caméléon et de moustiques

On déploie avant toute chose le cadre du duel, une jungle constituée de 16 buissons disposés en carré de 4 par 4, aux intersections desquels se trouvent 9 mares.

Sur chaque mare, on pose aléatoirement et face cachée trois des 27 jetons Nénuphar. Les nénuphars au sommet des piles qui ne sont pas fleuris sont retournés face Moustique visible.

Enfin, les deux belligérants choisissent une couleur (bleu ou orange) et prennent le Caméléon et le Toucan correspondants, et placent l’un de leurs deux animaux sur un buisson libre du plateau, puis l’autre.

Et c’est tout.

Une mise en place éclair, qui permet d’apprécier le poids et la joliesse du Toucan et du Caméléon de chacun, et qui a l’intelligence de commencer déjà la partie : comme on le verra, la position des moustiques visibles fait grandement varier l’intérêt des mares, et le placement de ses deux animaux est doté d’une portée tactique évidente, faisant d’emblée fumer (gentiment) le cerveau.

Je regretterais simplement une organisation curieuse des règles, le placement des animaux étant présenté comme une « première phase », la deuxième étant le déplacement… alors qu’on ne place ses animaux qu’une seule fois, au tout début de la partie, ce qui en ferait plutôt la dernière étape de la mise en place, avant de mouvoir ses animaux l’un après l’autre, ce qui en fait le seul véritable contenu des tours ! Heureusement, les règles sont assez clairement écrites, assez concises et assez bien illustrées pour que cette curiosité n’entraîne aucune confusion.

Un tour consiste ainsi à « activer » l’un de ses deux animaux.

Le Caméléon mange le moustique supérieur d’une mare adjacente (donc de l’une des quatre mares autour du buisson où il se trouve), puis il se déplace orthogonalement sur un buisson libre. Si le jeton était face cachée (face Nénuphar en fleurs visible), on le retourne en le prenant (sans pouvoir changer d’avis).

Le Toucan se déplace en diagonale d’autant de cases qu’il le souhaite, mais en ligne droite, donc sans jamais sauter au-dessus de plus de trois mares, et il mange tous les moustiques au sommet des mares traversées.

Dans les deux cas, il est essentiel que l’animal puisse manger un moustique. Si ce n’est pas possible, on ne peut l’activer.

Une fois l’animal déplacé, on applique l’effet du moustique (ou des moustiques) mangé :

  • un moustique gris permet de déplacer un jeton au sommet d’une mare vers le sommet d’une autre mare (y compris si elle est vide).
  • un moustique bleu permet de déplacer un de ses animaux sur n’importe quel buisson libre.
  • un moustique rouge permet de choisir l’animal que son adversaire déplacera quand ce sera son tour. S’il ne le peut pas parce que l’animal serait bloqué (faute de pouvoir manger un moustique), il passe son tour et l’on peut rejouer !
  • un moustique blanc permet de défausser un jeton au sommet d’une pile (y compris s’il s’agit du seul jeton de cette pile).
  • un moustique doré n’a pas d’effet.

Si à la fin de son tour certains jetons de la jungle sont sur leur face Nénuphar sans fleur, on les retourne face Moustique visible, puis c’est à l’adversaire d’activer un animal.

La partie s’achève par la victoire de celui qui a collecté neuf moustiques dorés ou de celui qui a bloqué son adversaire, l’empêchant de mouvoir ses deux animaux. J’apprécie particulièrement ce deuxième cas de figure, assez probable et assez fréquent pour qu’on le cherche activement, ce qui confère à Mosquito Show bien plus de tension que s’il ne s’agissait que d’amasser les moustiques dorés.

Vous aurez observé que durant chaque partie, on utilise l’intégralité des jetons Moustique, de sorte que l’on peut en retenir la fréquence de partie en partie pour optimiser ses coups. On y est même invité par un livret de règles précisant, pour chaque couleur de moustique, combien on en trouve en tout et combien cachés sous les nénuphars. Cela permet de constater la relative rareté des moustiques gris/bleus/rouges/blanc, présents 4/3/2/1 fois à peine, avec un de chaque sous un nénuphar, une rareté propre à la mémorisation et au calcul.

 

Mosquito Showpublisher show

Mosquito Show attire irrésistiblement l’œil par ses superbes figurines de caméléons et de toucans, plus proches du jouet que du meeple ou du standee attendu, invitant ainsi au plaisir primaire de la manipulation de ces objets lourds et colorés. Alors que l’on pourrait a priori croire (comme la couverture le laisse supposer) qu’un joueur contrôlera les caméléons, l’autre les toucans, chacun dispose en fait d’un représentant de chacune des deux espèces, et doit ainsi conjuguer leurs particularités pour optimiser la consommation de moustiques et éviter les blocages.

Il est ainsi très tentant de compter surtout sur le toucan, capable assez souvent de manger deux à trois moustiques en un seul tour (contre un seul pour le caméléon), mais ayant moins le choix de la couleur des moustiques, et plus vite sujet à se retrouver coincé. Mosquito Show propose naturellement des moustiques dont la capture provoque un effet, une manière de conférer variété et vie aux parties, mais en quantité très limitée, de sorte que les moustiques dorés (apportant la victoire) sont toujours les plus nombreux, mais que l’on recourra avec plaisir aux moustiques d’une autre couleur pour trouver plus de latitude… ou diminuer celle de son adversaire.

C’est que l’autre condition de victoire est le blocage des deux animaux de son adversaire, et elle se déclenche bien plus souvent qu’on ne le croirait, dans un titre très taquin. La présence de quelques moustiques face cachée (se dévoilant quand on choisit de les capturer) et l’indication dès les règles du nombre de jetons de chaque type dans le jeu iront jusqu’à offrir une portée tactique bienvenue, la victoire ou la défaite se jouant régulièrement sur de bonnes ou de mauvaises décisions.

Sous ses dehors de jeu gentillet et sans doute un peu chaotique, Mosquito Show s’avère ainsi un jeu de duel très joliment calculatoire, excellente introduction tant mécanique qu’économique à un Cairn par exemple, accessible, chafouin et très agréable à manipuler, une réussite inspirant une grande curiosité pour le reste de la gamme !

 

 

Ludum

 

 

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