L’avis de Lucile « Macky » Deloume : L’Appel de la forêt, au bord des larmes pendant 1h40

À l’image de Soul, j’ai profité des vacances de fin d’année afin de me poser un peu devant la télévision et de visionner quelques films et séries. Mes parents ont une offre limite indécente de plateforme de streaming, jusqu’à pousser le vice avec Canal+ et OCS. J’en ai donc profité pour regarder l’Appel de la forêt, film tiré du livre éponyme de Jack London, ou The Call of the Wild pour son titre original.

Dans mon top des films de Noël, je vous parle CHAQUE ANNÉE des films Chiens des neiges et Balto. Des chiens, de la neige, il ne me faut pas plus pour accrocher, et ce depuis toute petite, (allez savoir pourquoi) alors quand mon père à lancer myCanal ce soir-là, me faisant découvrir un film dont je n’avais pas du tout entendu parler avec un chien et de la neige, j’étais déjà conquise.

Mais voyons ensemble ce que vaut l’Appel de la forêt, sorti début 2020 (oui, déjà !).

 

Omar Sy pour la première partie

Histoire de vous resituer un peu, surtout si comme moi vous n’aviez encore jamais entendu parler de ce film, voici de quoi vous aider :

« La paisible vie domestique de Buck, un chien au grand cœur, bascule lorsqu’il est brusquement arraché à sa maison en Californie et se retrouve enrôlé comme chien de traîneau dans les étendues sauvages du Yukon canadien pendant la ruée vers l’or des années 1890. Buck va devoir s’adapter et lutter pour survivre, jusqu’à finalement trouver sa véritable place dans le monde en devenant son propre maître… » 

Oui, dès le départ, on a de la peine pour Buck. Même avant d’être arraché à sa famille, ce dernier, toujours plein de vie, fait bêtises sur bêtises, ce qui lui vaut de rester dehors, sans qu’il ne comprenne pourquoi. Une fois kidnappé, il fait face à des connards sans nom qui le maltraiteront. Faisant partie de ces gens avec une grande empathie pour les animaux (et les innocents en général) (et trop peu pour les humains, bien conscients de leurs conneries), je me suis très vite attachée à Buck. Mais sur la planète, il n’y a pas que des connards, il y a aussi Omar Sy, a.k.a. Perrault, un homme chargé de transporter le courrier. Voyageant à travers les montagnes et les lacs gelés avec son amie Françoise, Perrault découvre vite les grandes qualités de Buck et une grande complicité naît alors entre les deux.

L'Appel de la forêt

C’est d’ailleurs Perrault qui va redonner confiance à Buck. En lui-même, mais aussi, un peu, en l’humain. Il se méfiera toujours des matraques (et il a bien raison !). Buck apprendra également beaucoup sur lui durant cette période. Lui qui ne semblait pas avoir « les codes du chien », trop habitué à l’humain, toujours à faire des bêtises, ne connaissant pas « sa place », ne sachant pas vivre avec des semblables, va se révéler à lui-même, mais aussi à ses compères.

Malheureusement, le télégraphe commence à se mettre en place, si bien que Perrault perd son travail, et doit vendre son attelage. Une nouvelle déchirure pour le petit cœur de notre fidèle Buck donc, mais aussi pour notre petit cœur tout sensible de spectateur.

 

Et Harrison Ford pour la seconde

Voilà Buck abandonné une nouvelle fois. Cette fois-ci cependant, il n’est pas seul. Il se retrouve avec tous ses compagnons d’attelage (ou presque), mais pour éviter de spoiler, on vous dira juste qu’il croise de nouveau la route de Thornton, un personnage somme toute classique : attristé par la mort de son fils et par sa séparation d’avec son épouse, Thornton vit en reclus dans une cabane. Il semble cependant avoir besoin de compagnie et voit en Buck le compagnon idéal car comme lui, la vie ne l’a pas épargné.

Son feu fils avait un rêve : voyager par delà les montagnes pour trouver de nouvelles terres sauvages. Les voilà donc partis dans un voyage aux paysages magnifiques, aux forêts enneigées aux milles surprises. Ici, en pleine nature, loin des Hommes (sauf de Thornton), Buck va continuer de trouver sa voie.x. Mais trouvera-t-il sa place ?

L'Appel de la forêt

Une fois n’est pas coutume, il est très difficile de ne pas spoiler. Mais au final, je retiendrai de l‘Appel de la forêt que : les animaux sont extraordinaires (mais ça, ce n’est pas nouveau), que les Hommes sont des cons dans la majorité, même si certains au très grand cœur sortent du lot et que par conséquent, le spécisme a encore de très longues heures devant lui…

 

Alors, on aime ?

Oui, on aime ! C’est un film léger, avec une bonne histoire qui fait pleurer, un animal doux et attachant, des acteurs au top, bref, une recette qui fonctionne pour moi, tout simplement. Si jamais vous voulez pousser un peu plus, n’hésitez pas à vous plonger dans le livre.

Je me permets une petite parenthèse. Chaque année, ce sont environ 100 000 chiens et chats qui sont abandonnés, dont 60 000 lors des grands départs en vacances en France, uniquement lors de cette période ! Je voulais donc vous rappeler que prendre un animal, c’est pour la vie et qu’il est aussi possible d’adopter des animaux en refuge (et pas de les acheter). Quant à l’argument du manque de place et de temps à accorder à un animal (qui est totalement recevable), sachez qu’il est aussi possible de faire des dons (hey c’est déductible des impôts !) afin d’aider ces animaux, et les bénévoles, dans leur quotidien.

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Plutôt habitué aux déceptions chez Disney (et Soul ou Mulan étaient loin d’être des exceptions à cette triste règle), j’ai simplement refusé d’aller voir L’Appel de la forêt au cinéma à sa sortie, tout en étant bien sûr conscient qu’il s’agissait d’un film réalisé par la Fox avant son rachat, désormais acquis par le studio de Burbank et en portant en fait déjà initialement l’empreinte.

La bande-annonce me paraissait mettre l’accent sur les sentiments faciles, quelques effets spéciaux pas fameux, de l’humour insupportable parce qu’il en faut, bref promettre un de ces grands films familiaux qui ne vaut guère qu’en famille parce qu’on se satisfait au moins d’avoir satisfait des enfants, un parc d’attractions un peu gentil et creux… Et puis il y avait de la concurrence au cinéma début 2020, quelques semaines avant d’apprendre qu’on ne profiterait pas de sitôt de blockbusters dans les salles obscures, voire des salles obscures tout court…

Comme absolument tout le monde, la frustration des cinémas fermés m’a davantage poussé vers les plateformes, et quitte à avoir un abonnement MyCanal, autant en profiter pour voir l’un des films les plus récents disponibles. Bon, la semi-déception Togo chez le concurrent/frère Disney+ n’était pas pour me rassurer, mais allons, pourquoi pas…

 

L’Appel de la Forêt n’a pas été une révélation – je connaissais l’argument, le roman de London étant tout de même un grand classique, et mes craintes concernant les effets spéciaux étaient tout de même fondées, tant ils sentaient le studio, et semblaient même parfois tenir du décor de théâtre plus que du vrai SFX de blockbuster de 2021 à 150 millions de dollars (hors promotion, donc à environ 200 millions). Je n’en fais pas une généralité, quelques panoramas étaient très réussis, enfin globalement ce ne sont pas les scènes mettant l’accent sur l’image (y compris les scènes d’action donc) qui m’ont emporté…

Et pourtant… j’ai beaucoup aimé, au point de l’avoir gratifié d’un 7/10 sur SensCritique alors qu’il y a une moyenne de 5,9, un cas exceptionnel où je donne une meilleure note à un film Disney que la moyenne des autres spectateurs !

Le reproche général le plus récurrent porte sur l’animation de Buck, évidemment numérique (quand on a fait Le Livre de la jungle et Le Roi Lion en tout-digital, pourquoi irait-on entraîner un chien ?) mais d’après de la motion capture sur humain, pour un effet à la fois très peluche mais aussi très anthropomorphisé qui tarde à fonctionner.

 

La démarche est cependant volontaire : Buck est d’abord un personnage de cartoon, animal farceur que sa famille adore mais tente d’éloigner des sites où il pourrait occasionner des dégâts, un Beethoven plus qu’un Croc-Blanc. L’histoire de L’Appel de la Forêt est précisément sa mue progressive vers un état sauvage lui correspondant mieux, et donc l’abandon progressif de cet anthropomorphisme marqué, une très jolie idée esthétique pour coller au thème !

Par ailleurs, la dimension Disney a pu être épinglée. Il est évident que la frontière entre film familial et film pour enfants est mince, et que Disney simplifie souvent beaucoup pour séduire le jeune public, avec un avatar de l’appel de la forêt répétitif et peu subtil (ça reste mieux que le phénix de Mulan, mais on est dans le même registre), un méchant incarné par Dan Stevens absolument ridicule de manichéisme (décidément sa carrière sur le grand écran ne lui réussit pas, dommage quand on a fait quelque chose d’aussi grandiose que Légion), une violence largement tempérée par rapport à la source (autant le roman que les films précédents)…

On peine décidément à comprendre comment un réalisateur qui a écrit ou co-écrit La Belle et la bêteAladdinLe Roi LionMulan (les vrais à chaque fois, pas les lives), Dragons… s’est ici contenté de laisser le scénario à Michael Green, c’est-à-dire Monsieur Green LanternCovenantBlade Runner 2049Jungle Cruise, Le Crime de l’Orient-ExpressLogan… pas que des grandes réussites, c’est le cas de le dire ! On comprend que l’écriture des situations ou des personnages n’ait pas été aussi percutante dans ce film que le seul fait qu’ils et elles soient là.

 

 

C’est que justement, en acceptant l’accessibilité de cet Appel de la Forêt, on n’en admire que davantage ses moments de force. Souvenons-nous déjà que la structure du roman, reprise fidèlement ici, est déjà très audacieuse, puisque l’histoire passe son temps à nous attacher à des personnages (la famille initiale, Omar Sy, Harrison Ford, donc tout de même un concept et des acteurs au capital sympathie assez incomparable) pour nous en séparer et ne simplement jamais les revoir, une belle manière de nous rappeler que tous les arcs ne se closent pas dans la vie, et que beaucoup de personnes qui ont pu compter n’y reviendront pas.

Une belle leçon, servie dans un grand film d’aventure endiablé et pourtant contenu dans le temps inhabituellement court d’une heure quarante, de quoi mériter le détour. Peut-être justement parce qu’il ne s’agissait, finalement, pas d’un vrai film Disney, pourrais-je ajouter si j’étais taquin (oups).

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