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Le Hobbit : La bataille des Cinq Armées – Critique

Le Hobbit : La bataille des Cinq Armées – Critique

Le Hobbit : La Bataille des Cinq Armées – Critique

Le Hobbit : La bataille des cinq armées est sorti il y a maintenant presque une semaine, et à l’occasion d’un tel film la cleek est allé le voir pour vous donner une critique la plus juste possible. Cette critique sera au maximum indépendante au livre afin de laisser la mise en correspondance disponible à explorer sur l’ensemble des trois films. Dans cette critique, j’aborderai tout d’abord la cohérence du scénario, je parlerai ensuite de l’impact de Bilbon Sacquet – Bilbo Baggins puis j’enchainerai sur la cohérence acteur-personnage pour enfin me concentrer sur l’impact de la 3D sur un tel film.

Mais avant toute chose, voici la bande annonce :

Un scénario étrange avec des incohérences inhérentes

Pour ce troisième volet de l’adaptation du roman de J.R.R. Tolkien, le Hobbit, Peter Jackson a mis le paquet, il a notamment truffé le films de petites références à sa précédente trilogie. Mais avant de les évoquer, je vous propose de replacer le film dans la chronologie. Le Hobbit : La Bataille des Cinq Armées se passe directement après la sortie de Smaug d’Erebor, suite à l’attaque de la compagnie de Thorin Oakenshield/Ecu de chêne. Le grand Dragon est parti pour incendier toute la vallée au sud d’Erebor tandis que les nains récupèrent leur demeure ancestrale et leurs trésors. C’est à ce moment là que ce troisième film reprend et nous transporte dans une nouvelle épopée.

Tout au long du film Peter Jackson nous fait voyager de lieu en lieu tout en faisant monter la grandiloquence, tout commence donc dans Lacville où Bard réussit à tirer sa flèche noire d’une manière peu conventionnelle pour en arriver à une plaine immense rivalisant avec celle où se déroule la bataille du Gouffre de Helm, moment emblématique du Seigneur des Anneaux : Les Deux Tours. Mais le réalisateur ne se contente pas que de cette simple bataille et ses préambules, il insère sa touche avec l’histoire autour de Tauriel et la libération de Mithrandil a.k.a Gandalf. Revenons sur ces deux points avant de parler de la mort de Smaug.

À la fin du deuxième film nous voyions Gandalf se faire capturer par les séides du Roi Sorcier d’Angmar et mis en cage. La Bataille des Cinq Armées montre bien Gandalf dans cet état, mais lors de sa mise à mort apparaissent Saroumane le Blanc, Dame Galadrielle et Elrond. C’est alors que s’en suit un combat entre les trois protagonistes et les Naz’Gùl et un bannissement un peu trop facile. On ne comprend pas comment ils arrivent, ni pourquoi une dissension apparaît entre eux. Cet interlude fait penser à l’utilisation d’une recette qui marche mais n’est ni plus ni moins un ajout pour attiser les fans et gagner de l’argent, ce combat n’a aucune valeur dans l’ensemble des six films par son irréalisme et sa rapidité d’exécution. Pour autant Peter Jackson se rattrape correctement en faisant un clin d’œil à la corruption déjà présente dans le cœur de Saroumane et l’affaiblissement de Dame Galadrielle dû à l’utilisation de son objet  » un peu trop cheaté « . Dès lors, elle est priée de se retirer en Lothlorien, Lorien en commun. Cette scène quoi qu’étrange aura permis de mettre en place les protagonistes du Seigneur des Anneaux mais n’apporte rien au Hobbit qui est censé être centré sur Bilbon. Je n’ai pas besoin de rappeler qu’au début c’est Bilbon qui est censé écrire le livre de ses récits, et qu’il n’est en aucun cas au courant du retour de Sauron d’après les cinq précédents films de Peter Jackson.

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Gandalf sauvé

Passons maintenant à l’utilisation abusive de Tauriel dans ce dernier opus. En effet, le développement de ce personnage est accentué dès les premières minutes lors de l’adieu poignant de Kili. Tauriel sera au centre de bon nombres de dénouement et sa dernière discussion avec Thranduil sera déchirante. Peter Jackson signe là un personnage auquel on peut soit s’attacher, soit détester. Pour autant ce personnage n’est pas tout à fait inutile car il permet de parler de Legolas d’un côté que l’on ne connait pas et Tauriel permet surtout à ce dernier d’être envoyé vers un certain Grand-Pas en fin de film lorsque Thranduil comprend les sentiments qui habitent le cœur de son fils. Bien qu’intrusive Tauriel a su s’imposer comme un personnage important. Elle permet en outre de contrebalancer la violence d’une guerre par ses sentiments et permet d’atténuer l’horreur des évènements primaires.

En commençant par la mort de Smaug, Peter Jackson donne une suite logique au deuxième volet de la trilogie du Hobbit, mais son interprétation de la mort n’augure rien de bon pour la suite du film. Pour autant, c’est le seul moment de guerre totalement improbable qu’il nous servira. En effet, tuer Smaug avec un flèche noire en plantant deux morceaux d’arcs dans un bois gorgé d’eau pour tirer une flèche de baliste, cela semble infaisable. C’est pourtant ce qu’il se passe, et rien ne permet de justifier une telle action, Bard n’est pas un surhomme, juste une personne sortant de l’ordinaire. Dès lors le spectateur est sûr que la suite du film n’en sera pas moins épique.

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Smaug à Lacville

L’histoire d’un personnage qui n’est pas tant présent

Le Hobbit, titre éponyme, est censé être centré sur Bilbon, mais dans ce troisième film, Peter Jackson a choisi de laisser le héros passer un peu à la trappe pour se concentrer d’avantage sur la bataille et tous les évènements qui en découle et/ou la déclenche. Pour autant le film n’en perd pas tout son sens, en effet, les retournements de situations majeurs sont bels et bien dus à notre petit hobbit qui n’est pas joufflu lui. En effet, si Thorin change d’avis c’est grâce aux actions de Bilbon, si le piège d’Azog n’est qu’à moitié effectif, encore une fois c’est grâce à Bilbon. Mais cela se limite malheureusement à ça.

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Un héros pas si éponyme

Dans La Bataille des Cinq Armées, le spectateur aura tôt fait de déterminer que l’histoire tourne autour des émotions de Thorin et du triangle amoureux Legolas-Tauriel-Kili. Ce premier passe par plusieurs phases et le public en vient souvent à se demander si ce n’est pas lui le héros principal, de même lorsque la fin arrive avec le déballage des émotions de Tauriel, le spectateur est persuadé d’assister à un film sur ses relations amoureuses. Dès lors ce film était-il vraiment utile à la trilogie du Hobbit, ou bien le sujet n’était-il qu’un moyen pour développer une épopée ? J’aurais tendance à dire non et oui. Certes le film n’était pas nécessaire en tant que soi, mais cela fait écho au cinéma traditionnel qui n’est pas centré sur un seul personnage mais sur la globalité d’un scène, donc oui le film était nécessaire, et oui il a permis d’épiloguer sur une épopée. Ainsi, même si ce troisième film n’est pas centré uniquement sur Bilbon, le titre n’en reste pas moins légitimement éponyme.

L’interprétation des personnages

Dans ce film, beaucoup de personnages sont présents, et il n’est pas rare que dans un tel cas certains soient mal interprêtés et que cela se sente par le public. Pour autant, tous font passer des émotions que leur status et leur actions soutiennent et s’accordent dans la globalité des évènements. Bien entendu, certains se démarquent dans leur interprétation, et c’est le cas de Thorin-Richard Armitage, de Thranduil-Lee Pace et surtout de Alfrid-Ryan Gage.

Comme je l’ai déjà dit dans la partie précédent, ce film donne l’impression d’être tourné autour du personnage de Thorin tant ses émotions sont décortiquées. Richard Armitage a eu fort à faire dans ce film tant les transitions dans le caractère du personnages sont importantes pour le flux de la bataille et les émotions du reste des nains. Thorin est comme une ancre partie à la dérive et Richard Armitage arrive à changer un personnage qui était jovial dans les deux premiers films en un personnage antipathique et vénal. L’impression est d’avoir un deuxième Gollum dont son précieux serait l’Arkenstone. Pour autant Richard Armitage arrive à faire une transition entre son personnage et son ancienne vision de la vie dans la scène de l’or maudit sans équivoque. Son jeu est propre, il communique les tourments de ses ancêtres et la loyauté de sa vie de vagabond. L’acteur nous marque avec une prestation qui restera dans la tête des spectateurs.

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Plus qu’une interprétation

Parlons maintenant de l’interprétation de Thranduil par Lee Pace. L’acteur est connu pour avoir récemment joué Ronan dans Les Gardiens de le Galaxie, mais il était Thranduil déjà avant. L’acteur nous donne une interprétation du Roi des Elfes des Bois, calme et juste. En effet, Thranduil représente la vengeance froide et le calme tranquille, c’est un chêne qui ne se brise pas. Pour autant Lee Pace arrive à transmettre l’inquiétude du bien être de son peuple lorsqu’il déclame les repli de troupes tout en gardant son impassibilité. L’acteur étant plus jeune que Orlando Bloom qui lui joue Legolas, on ne peut que saluer l’exploit de paraître plus vieux dans le film, c’est autant un boulot du maquillage qu’un jeu d’acteur dans sa façon de se mouvoir. Le seul bémol que l’on pourrait attribuer à Lee Pace est lorsqu’il parle de ses sentiments en fin de film avec Tauriel. Cela reste néanmoins détourné donc en accord avec le personnage.

En dernier lieu vient l’interprétation de Ryan Gage en tant qu’Alfrid, a.k.a le sbire du Maître de Lacville. Vous ne vous rendrez peut-être pas compte de son impact sur le film tant son rôle est ingrat, mais c’est bel et bien lui qui vient contrebalancer les directives de Bard et humanise les rescapés de Lacville. Il est le seul homme vénal, et se tiendra à ce rôle de poule mouillée tout du long, si vous regardez attentivement ses expressions faciales vous remarquerez même qu’il accentue ses paroles avec des grimaces. Pour moi, ce personnage est emblématique, il représente tous les humains qui ne sont pas fleur bleu. Ryan Gage signe ici le petit home malingre parfait que tous sauront détester.

Un film en 3D, mais une 3D peu utile

Dans cette dernière partie je vais vous expliquer pourquoi à mon sens la 3D n’est pas primordiale pour ce dernier opus du Hobbit. En effet dans un dernier film où le centre de l’attention est la bataille, les floutages du premier ou de l’arrière plan est plus une gêne qu’autre chose. Mais avant toute chose revenons sur l’utilisation de la 3D par Peter Jackson. Ce dernier nous avait habitué avec les deux premiers films à nous montrer des paysages magnifiques où la 3D prenait tout son sens. Dans cet opus malheureusement il y en a moins que dans les précédents, et dès lors l’utilisation de la 3D est moins convaincante. Ainsi nous pouvons certes admirer Lacville, Erebor ou bien les montagnes environnantes de la plus belles des façons, mais cela ne dure que trop peu.

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Si par ailleurs les gens peuvent être dérangés pas ce premier point, il s’en soulève un deuxième, l’utilisation abusive de profondeur de champ lors de dialogue avec des personnages en premier plan. En effet, à de multiples reprises nous voyons soit Bilbon discuter avec un nain, soit l’un des nains discuter avec un humain ou un elfe, et dès lors, à cause de la différence de taille, il y a une mise en abîme qui induit ce flou de personnage. Il ne faut pas oublier que la 3D nous force à regarder des détails en particulier et nous en occulte certains autres, ainsi pour tout ce qui est scène de bataille, combat irréalistes, actions impressionnantes, ce qui n’est pas au centre de l’attention en devient moins précis et le spectateur perd une grande partie de la richesse des décors. Alors certes la 3D est une révolution au cinéma, mais dans ce volet du Hobbit, avec le peu de paysages, elle n’est que factuelle. Si vous n’avez pas encore vu le film, je vous conseille de ne pas le regarder en 3D.

 

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