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Legacy : le KS du plus immersif des jeux d’enquête coopératifs ?

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Legacy : le KS du plus immersif des jeux d’enquête coopératifs ?

Legacy : le KS du plus immersif des jeux d’enquête coopératifs ?

Il y a un an et demi, on vous présentait sur VonGuru l’une des plus étonnantes et immersives tentatives d’émuler quelques sensation d’un escape game, les Pocket Investigations d’Argyx Games (Johanna Pernot et Mathias Daval). Il s’agissait en l’occurrence… de recevoir chez soi les lettres d’un tueur en série et les objets qu’il nous envoie pour nous narguer, afin de déduire de l’ensemble son identité, en résolvant des énigmes, en établissant des connexions logiques, et même en allant sur internet, sur facebook, sur sa boite mail… Avouez que cela intrigue !

Quand l’éditeur m’a proposé le prototype de Hellas 2019, qui avec Paris 1889 est l’une des deux enquêtes composant Legacy, son nouveau KickStarter, je ne pouvais donc qu’accepter, curieux de réitérer l’expérience voire de la renouveler.

La campagne durera jusqu’au 2 août 2020, et proposera Legacy (donc les deux scénarios et les Stretch Goals) pour 49 euros ; Legacy, une énigme exclusive en jeu point-and-click peut-être mâtinée d’éléments physiques (selon le succès du KS), pour faire suite directement à Hellas, et une Pocket Investigation inédite pour 73 euros ; le tout, plus deux Pocket Investigations au choix dans le catalogue, plus un an d’accès aux énigmes en ligne d’Argyx, plus notre nom dans le journal fictif du jeu, pour 104 euros.

Livré vers février 2021Legacy s’adresse à 1 à 5 enquêteurs (idéalement 2 à 4, pour partager nos idées et découvertes sans être laissé en arrière) de 12/14 ans et plus, pour une durée annoncée de 240 minutes en tout.

Il ne sera naturellement question ici que de ce que j’ai pu en tester, donc une large portion de Hellas 2019, la plus facile des deux enquêtes de Legacy, auquel manque une énigme conclusive avec de nouveaux objets qui y seraient associés, et dont le matériel est amené à être amélioré. Je ne rentrerai pas dans le détail des énigmes et de leur résolution afin de ne pas spoiler, mais il va de soi qu’il me faudra un peu divulguer de quelle manière elles se résolvent et à partir de quels objets… afin d’avoir quelque chose à dire, et peut-être de vous convaincre autant que j’ai été convaincu !

 

Hellas 2019, tout est donné et pourtant tout est à découvrir

Ce qui impressionne en premier lieu dans cette deuxième partie de Legacy, c’est l’absence de manuel de règles ou de consignes extradiégétiques. On reçoit en effet d’emblée tout le matériel du jeu, que l’on peut parcourir librement, sans enveloppe à ouvrir seulement quand on nous le demandera, etc.

L’expérience n’en est bien sûr que plus immersive : parmi les éléments, on découvre vite la lettre d’un notaire nous expliquant que c’est lui qui nous envoie le tout à la demande de feu Samuel Beaufort notre père, et qui nous donne ce qui ressemble le plus à des règles à peu près thématisées. C’est que son héritage se présente sous la forme d’une enquête, supposée mener à un trésor.

On nous y donne le lien vers un site, supposément conçu par notre père et désormais géré par le notaire. Ce qui devrait normalement nous sortir de l’immersion (une interface destinée à valider certaines énigmes et à constituer des paliers dans notre progression) est ainsi judicieusement intégré à l’histoire, en plus d’ajouter une petite ambiance musicale.

Dans les documents joints, une lettre de notre père, qui nous indique à quelles questions répondre et dans quel ordre : localiser l’île ou le trésor est enterré, rechercher le nom de notre cousin grec, puis muni de ces deux informations entrer en contact avec ce dernier qui nous donnera de nouvelles instructions, nous menant à un cadenas, puis au coffre lui-même. À côté de chaque étape, un symbole, que l’on retrouve sur certains éléments, et permettant d’aider à déterminer quoi connecter avec quoi, évitant d’être submergé par trop de possibilités.

Parmi ces éléments, une page extraite de L’Île au trésor de Stevenson, des lunettes 3D, un encart de la fédération nautique grecque, des photographies touristiques, le dépliant plus vrai que nature d’une agence de voyage pour les îles Égéennes, une carte au trésor, deux porte-clefs, l’un en forme d’ancre et l’autre en forme de pelle, et un message dans une bouteille.

 

 

Ce soin apporté à l’authenticité et à la diversité inattendue des pièces utilisées par les joueurs, entre escape game de société souvent limité aux cartes (Unlock!, Deckscape) et véritable escape room, ne peut manquer d’impressionner, autant que l’utilisation assez inventive d’internet.

Pas « inventive » parce que l’on recourrait lourdement à un « faux site » (Detective) ou que le digital serait prétexte à des mini-jeux certes surprenants mais fort moyens (Unlock! Exotic Adventures), « inventive » au contraire par sa légèreté, parce qu’on parvient à y croire, au point que lorsqu’on nous demande d’envoyer un mail, que l’on suppose bien la réponse automatique, on ne peut s’empêcher malgré tout d’être « poli », d’écrire un peu plus que nécessaire.

 

 

Face à un jeu d’enquêtes, je m’interroge toujours sur la capacité des auteurs à concevoir les éventuelles difficultés auxquelles les joueurs pourraient faire face, et donc à proposer des indices adaptés. Or le lien internet auquel le notaire nous donne accès comporte bien une liste des liens utiles (qu’il faut éviter de consulter si l’on ne veut pas être spoilé), ainsi que des indices pour chaque énigme, n’apparaissant heureusement qu’en cliquant, de sorte qu’il est impossible d’en lire involontairement. On en trouvera plusieurs à chaque fois avant la solution, assez progressives pour ne pas être frustré de découvrir quelque chose que l’on aurait aimé comprendre par soi-même plus tard.

Évidemment, si un bon système d’indices dénote une certaine qualité, la capacité à nous stimuler sans y avoir recours est plus fondamentale encore. Dans Hellas, j’ai fait appel à trois indices, dont deux sur la même énigme photographique… et je m’en suis voulu d’être passé à côté de l’évidence, parce que j’avais simplement sous-estimé les concepteurs en imaginant une résolution bien plus plate !

 

 

Si vous êtes également intrigué par ces enquêtes, retrouvez la campagne de financement participatif de Legacy ici, et jetez-y un oeil de temps à autre pour voir quelles nouveautés ont pu être débloquées.

Retrouvez également quelques photos sur notre instagram là !

Et s’il vous reste des questions, n’hésitez pas à les poser en commentaires !

 

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