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Hype Review #4 – Miss Peregrine et les Enfants particuliers (Tim Burton)

Hype Review #4 – Miss Peregrine et les Enfants particuliers (Tim Burton)

Hype Review #4 – Miss Peregrine et les Enfants particuliers, de Tim Burton

 

Bonjour et bienvenue dans Hype Review, la publication irrégulière de Cleek dans laquelle il s’agit de commenter un film… avant sa sortie. Bandes-annonces, casting, filmographie de l’équipe technique, influences, tout y passera, afin de juger du degré légitime de hype suscité par le long-métrage en question, en essayant de pré-juger de sa qualité, mais toujours dans l’espoir qu’il finisse malgré tout par nous surprendre et surpasser toutes nos attentes !

Cependant, de même que la DVDthèque garantit l’absence de tout spoiler, on ne tiendra pas compte dans cette chronique des photos de tournage ou d’éléments de scénario leakés, dont nous estimons qu’ils risquent de détruire notre étonnement et donc notre plaisir face au film. Nous considérons au contraire que les données analysées étant officialisées par l’équipe du film et les studios eux-mêmes, elles appartiennent à une politique de marketing qui les diffuse pour créer un plaisir d’attente et accroître le plaisir de visionnage (et l’argent récolté). Et s’ils sont assez bêtes pour dévoiler un twist final dans des images promotionnelles, c’est leur problème, pas vrai ?

Enfin, n’hésitez pas à suggérer vous-même des titres de films dont la sortie est prochaine et sur lesquels vous souhaiteriez lire une analyse similaire !

Cette semaine, nous allons nous intéresser au projet assez particulier de Tim Burton, Miss Peregrine et les Enfants particuliers.

Alors qu’on attendait de Tim Burton la suite des aventures d’Alice au Pays des Merveilles, le voilà qui en confie la réalisation à James Bobin pour entreprendre plutôt celle de Miss Peregrine’s Home for peculiar children, l’adaptation d’un roman de fantasy pour enfants, pour des raisons qui ne sont pas claires. Avait-il l’impression de ne pouvoir rien apporter de réellement neuf en terme d’univers dans une suite, et donc prévu dès l’origine de ne pas continuer (il n’a après tout réalisé qu’une suite dans sa vie, celle de Batman, avec une liberté graphique plus grande) ? Ou un différend avec Disney l’aurait-il conduit à préférer un travail pour la Fox, malgré la version live de Dumbo qu’il ne devrait pas tarder à diriger ?

Toujours est-il qu’un film de Tim Burton est toujours un événement, qu’il reste fidèle à ses démons (les arbres tordus, Johnny Depp, Helena Bonham Carter et Danny Elfman) ou explore de nouvelles voies, et c’est pourquoi nous vous proposons aujourd’hui d’analyser la hype engendrée par son nouveau projet, Miss Peregrine et les enfants particuliers, dont la sortie est prévue le 5 octobre en France, une semaine après la sortie américaine.

 

 

Au commencement, un livre pour enfants… ou pas ?

 

Miss Peregrine’s Home for peculiar children est un roman de Ransom Riggs qui a pour première curiosité d’avoir été publié en 2011 par Quirk Books, une maison d’édition atypique, déjà connue pour avoir publié Pride and prejudice and Zombies, Sense and Sensibility and Sea Monsters, puis William Shakespeare’s Star Wars, tous de très grands succès. Et Miss Peregrine n’échappa pas à la règle, puisqu’il apparut durant soixante-trois semaines sur la liste des best-sellers du New York Times, atteignant même la première place pendant un certain temps.

Contrairement aux autres succès de la maison d’édition, il ne s’agissait pourtant aucunement d’une parodie fantasque, mais d’un roman catégorisé « pour enfants » en raison de sa trame et de ses protagonistes, bien que très noir par moments.

Il est question dans le livre comme dans le film à venir d’un adolescent assez ordinaire nommé Jacob, à qui son grand-père Abraham (non, la métaphore de la transmission n’est pas très subtile) conte souvent l’histoire merveilleuse des « enfants particuliers », des enfants aux pouvoirs extraordinaires qui, dans l’école de Miss Peregrine, se cachent aussi bien du monde « réel », auxquels ils ne sont pas adaptés, que des créatures dangereuses qui les menacent, les « Wights ». Présentées comme des histoires à dormir debout, Jacob soupçonnera leur réalité quand son grand-père mourra devant ses yeux dans des circonstances peu banales. Jacob partira par la suite sur une île galloise pour enquêter sur le passé de son grand-père. Il découvre effectivement un orphelinat en ruines, avant qu’une jeune fille nommée Emma ne lui permette de se rendre dans une boucle temporelle où l’orphelinat, encore en état, est toujours sous la protection de Miss Peregrine.

 

(la bande-annonce du livre, réalisée par l’auteur lui-même)

 

La bande-annonce, assez peu loquace sur l’intrigue, nous donne tout de même les principaux éléments de la suite du récit : ayant rencontré les autres enfants particuliers, Jacob découvre qu’il possède lui aussi des capacités qui font de lui un élément-clef pour protéger l’orphelinat.

Miss Peregrine possède un statut un peu à part dans la production des « livres pour enfants » (en fait pour ados) des dernières années, d’abord parce que son intrigue fantaisiste le rapproche davantage de l’époque des Harry Potter, Le Livre des étoiles, À la croisée des mondes (bientôt la série !) que de la vague des romans d’héroïc-fantasy, puis d’univers dystopiques qui nous sont plus contemporains, et il suit une structure similaire au roman d’apprentissage.

Son autre particularité, plus rare, est celle d’être un roman très photographique, puisqu’un grand nombre d’illustrations trafiquées présentent les photos d’un album que Jacob est supposé avoir découvert, et représentant les pouvoirs des enfants particuliers. Présentées comme de vieilles photographies sépia ou en noir et blanc, de mauvaise qualité et usées, elles sont finalement plus inquiétantes que rassurantes, perturbantes dans leur mélange de réel et d’imaginaire, comme une reconstitution parfois macabre. Certaines capacités sont également peu guillerettes, et si la bande-annonce ne donne que l’aperçu de la petite fille possédant une bouche derrière la tête, il nous faut aussi mentionner le garçon gardant des abeilles dans son estomac ou celui qui peut ramener des êtres morts à la vie pendant un laps de temps, et tous trois sont conservés tels quels dans le film.

 

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Parce que, bien entendu, qui dit adaptation dit trahison, et si la fidélité semble avoir été de mise (Ransom Rigg va jusqu’à écrire : « Bien qu’il y ait des différences entre le film et le livre, Tim a tout fait pour rester fidèle à l’âme et au ton du livre »), quelques petits changements ne paraissent pas avoir été si anodins aux fans du livre, qui trouvent étrange que le Dr. Golan, psychiatre de Jacob amené à jouer un plus grand rôle par la suite soit devenue une femme, et surtout qu’Emma, la jeune enfant particulière qui sert de love interest au héros, ait échangé ses pouvoirs (contrôler le feu) avec Olive (qui maîtrise l’air et flotte quand elle n’est pas attachée), en plus de se voir ajouter celui (visuellement impressionnant sans doute, mais un peu ridicule au fond) d’aspirer l’eau, comme on le voit dans la bande-annonce. Ne pas respecter le pouvoir de l’un des personnages principaux est étonnamment limite…

Faut-il croire que la Fox ait estimé que le pouvoir de jeter des boules de feu ait rappelé trop explicitement les super-héros, tandis que celui de maîtriser l’air semblait mieux se rattacher au merveilleux ? Il faut dire que la société de production possède déjà les droits d’adaptation des X-Men (notre critique du dernier film ici), qui ont évidemment eu une large influence sur l’écriture du roman (des enfants et adolescents aux pouvoirs extraordinaires, dont ceux de contrôler le feu, d’être invisible, de flotter dans les airs… vivant à l’écart du monde des hommes ordinaires dans une école-manoir), et que cela ne suffira sans doute pas à éviter certains reproches de manque d’originalité, 20th Century Fox donnant assez l’impression de vouloir jouer sur le double-tableau du film de super-héros et du film pour pré-adolescents. Espérons que cela ne nuira pas à l’homogénéité de Miss Peregrine.

Le pari n’en est pas moins risqué : entre À la croisée des mondes, Sublimes créatures, Eragon, La Stratégie Ender, Le Passeur, de nombreuses adaptations de sagas pour jeunes n’ont pas dépassé le premier film malgré le succès phénoménal des livres, sans parler d’un Labyrinthe dont on se demande comment il se maintient à flot, de Percy Jackson et des centaines de projets similaires qui n’ont jamais dépassé le stade de la pré-production. Difficile également de dire si la fin de Hunger Games et celle de Divergente ont été un soulagement ou une frustration, et si le public est prêt à accepter une saga revenant à une intrigue plus merveilleuse, et moins orientée vers l’action et les explosions. Surtout si l’histoire d’amour est moins centrale que dans la plupart de ces cycles, et plus enfantine (les protagonistes font moins rêver, surtout physiquement, ce dont les producteurs ont évidemment conscience). Ce qui est davantage une bonne chose pour le public un peu exigeant, satisfait que l’on sorte du stéréotype du couples héroïque de sex-symbols pour des corps plus ordinaires, que pour le box-office dirait-on…

Il n’y a cependant pas que l’histoire qui ait distingué les productions à succès des flops, les qualités techniques et créatives et la distribution ont toujours été des éléments de réussite forts, et nous allons donc voir s’ils jouent en faveur de Miss Peregrine.

 

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Une team pour les rêves ?

 

Pour adapter cette trilogie, la Fox a porté son choix sur Tim Burton. Le triomphe commercial d’Alice au pays des merveilles, avec son milliard de dollars engrangés, avait rappelé à quel point le réalisateur était bankable, et donc un choix judicieux pour lancer une saga merveilleuse (faisons confiance au studio pour confier la suite à des tâcherons si le premier film fonctionne). Le défi reste de taille pour Burton, qui doit éviter les redites fantaisistes, mais son nom apparaît comme une évidence quand on se rappelle son amour pour les marginaux extraordinaires, qui caractérise pratiquement tous ses films, et pour le mélange entre imaginaire gothique et féerique, qui caractérisait largement Alice, mais aussi Beetlejuice, Edward aux mains d’argent, Big Fish, Frankenweenie… Que Miss Peregrine ait des aspérités, des aspects un peu plus noirs et crus, n’était donc que pour lui plaire, et il se retrouve assurément mieux loti avec des freaks qu’avec des super-héros, les « particularités » étant vécues davantage comme des stigmates que comme des dons. Si les couleurs rappellent ici James et la pêche géante (dont il était producteur en plus de participer à l’animation et aux effets visuels, pour son ami Henry Selick), Charlie et la chocolaterie ou Big Fish que ses films gothiques, gageons que c’est parce que la bande-annonce s’attache à nous émerveiller et à poser un cadre sans trop nous montrer les ambiances plus sombres, qui seront le lot des bandes-annonces suivantes. Il faut dire que l’image de la petite fille toute mignonne mangeant sa cuisse de poulet avec la bouche monstrueuse qu’elle a à l’arrière du crâne est tellement burtonienne !

 

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La vision du Slender Man évoquant immanquablement le chef-d’œuvre de Guillermo del Toro, Le Labyrinthe de Pan, peut cependant conduire à se demander si le réalisateur mexicain n’aurait pas été un choix judicieux, déjà parce que cela nous aurait épargné sa participation à un Pacific Rim 2, et ensuite parce que Tim Burton vient de prouver une inattendue capacité à se renouveler en réussissant Big Eyes, une histoire vraie, avec des acteurs inédits dans sa filmographique, et assez intéressante, qui laissait espérer une suite dans cette veine plutôt qu’un retour si tôt à la fantaisie pour enfants que constitue ce Miss Peregrine

 

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Toutes ses musiques de film, aux seules exceptions de Sweeney Todd et Ed Wood, avaient été composées par Danny Elfman, y compris La Planète des singes ou Big Eyes Il est d’autant plus étonnant de constater son absence sur un film où sa capacité à développer l’onirisme semblait idéale. Il sera remplacé  par Matthew Margeson et Mike Higham, deux inconnus pas si inconnus : si Higham n’a jamais composé de bande originale à lui seul, il avait contribué à celle de Sweeney Todd pour des pistes additionnelles, et avait été monteur son sur la plupart des films de Burton, tandis que Margeson avait composé les B.O. de Eddie the Eagle et The Scouts Guide to the Zombie Apocalypse, très correctes, après avoir été un très régulier assistant et collaborateur du talentueux Henry Jackman sur des grosses productions (Kick-Ass 2, Kingsman : The Secret Service, Captain America 2 : The Winter Soldier), en plus de collaborer avec Hans Zimmer sur Pirates des Caraïbes 4 et d’être arrangeur sur Into the woods et Pan, bref une seconde main qui ne peut que susciter la curiosité pour son premier travail d’envergure, surtout si Higham modère et redirige ses talents plutôt orientés action/épique.

Il est amusant de constater qu’à l’instar de Higham et Margeson, l’équipe technique de Burton se divise en deux catégories : les techniciens de Burton et les techniciens de la Fox, qui se sont notamment illustrés par leur travail pour Matthew Vaughn.

Dans la première catégorie, on retrouverait Chris Lebenzon, le talentueux monteur d’un grand nombre de films de Tony Scott (mais aussi d’Eragon et de films de Michael Bay, nul n’est parfait), et de TOUS les films de Burton depuis Batman, le défi (1992), y compris Les Noces funèbres, mais à l’exception, cepndant, de Big Eyes. Et surtout une gloire française, le très bon chef-op nancéen Bruno Delbonnel, qui s’est vite lancé dans une carrière internationale après s’être illustré sur Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain et Un Long Dimanche de fiançailles, puisque, s’il avait travaillé dans le film à sketches Paris, je t’aime, c’était… pour les Frères Coen. Au point de repiquer, en remplaçant Roger Deakins, dans Inside Llewyn Davis, ne négligeant pas plus le blockuster (Harry Potter 6) que le film très auteurisant et exigeant (Faust et Francofonia pour le brillant Alexandre Sokourov), et que Burton connaissait pour avoir travaillé deux fois avec lui, sur Dark Shadows et Big Eyes. Où étonnamment il avait su se montrer moins maniéré qu’à ses débuts, manifestant sa capacité à varier les styles pour mieux coller au film. Une qualité dont on attend forcément beaucoup dans un projet comme Miss Peregrine.

Ce qui étonne bien sûr agréablement, c’est la tendance qu’a Burton à rassembler dans la mesure du possible une équipe similaire malgré la différence de ses projets, cette fidélisation ne pouvant que bénéficier à la collaboration.

La contribution de la Fox est assez conséquente, à commencer par la production, en partie assurée par Peter Chernin (les préquelles à La Planète des singes, Exodus : Gods and Kings, Oblivion, The Drop), en plus des décors, gérés par Gavin Bocquet, qui s’était réellement illustré sur la prélogie Star Wars, à laquelle on peut faire beaucoup de reproches, mais pas visuels, Stardust, Jack le chasseur de géants et Warcraft : Le Commencement. Et surtout par l’une des femmes scénaristes connues à Hollywood, Jane Goldman (principale scénariste de Kick-Ass, X-Men : Le Commencement et Days of future past, Kingsman). Ce nom est celui qui frappe le plus, tant il est curieusement explicite de confier un film ayant tant de points communs avec les X-Men à la co-scénariste de trois des films de super-héros les plus rentables des dernières années. Il faut dire que, « heureusement », son nom apparaîtra bien petit dans le bloc de texte au bas de l’affiche, cette profession étant rarement mise en valeur… Enfin, ces films ne brillaient pas tant par leur écriture que par leurs qualités graphiques, plus imputables à Matthew Vaughn, le style punchline-esque ne semblant pas forcément en accord avec le scénario de Miss Peregrine

 

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On sent donc une équipe chevronnée, et peut-être tiraillée par des ambitions contraires, entre le film d’ambiance et le blockbuster. La distribution saura-t-elle nous éclairer sur l’homogénéité du projet ?

Le film sera essentiellement porté par l’un de ces enfants prodiges du cinéma, Asa Butterfield, connu de la profession depuis ses onze ans et son rôle notable dans l’intéressant Garçon au pyjama rayéet du public cinéphile du monde entier avec l’assez plat Hugo Cabret de Scorsese. Avant de porter deux films calibrés pour les festivals de cinéma indépendant, Le Monde de Nathan (A Beautiful young mind ou X+Y en langue anglaise) et Ten Thousand Saints, il s’était surtout illustré en 2013 dans  Ender’s Game, cas rare de saga avortée malgré un premier film d’une remarquable qualité (auquel j’espère consacrer un article prochainement), où son interprétation intense à la hauteur de la complexité de son personnage devrait faire taire tous ses détracteurs. Son rôle paraît malheureusement plus plat ici, et il rappelle évidemment Mia Wasikowska interprétant Alice en jouant un garçon ordinaire, pâlot, malingre, se découvrant une importance capitale dans un monde extraordinaire. Comme Wasikowska, on craint que ce rôle trop simple ne soit pas à la mesure de son talent, l’éventail de jeu semblant plus réduit et prévisible, mais l’acteur est très capable de surprendre.

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Il est entouré d’enfants dont les rares ayant déjà joué n’ont jamais porté de film, et sur lesquels nous ne reviendrons pas, et d’un certain nombre de second rôles de prestige, à commencer par Eva Green. L’actrice française, rappelons-le, fille de l’importante Marlène Jobert, semble trouver un rôle parfaitement fidèle à ses tendances, trop fidèle, tant on aimerait qu’elle ait conscience que sa présence et son magnétisme pourraient servir d’autres personnages que les femmes dangereuses et sexy stéréotypées, Penny Dreadful seul ayant donné à ce rôle un peu de complexité, comme si l’actrice avait oublié avoir joué un jour dans The Dreamers de Bertolucci. Enfin, elle sera très bien en Miss Peregrine, plus jeune et inquiétante que dans les livres, probablement assez captivante naturellement pour que l’on voie le monde des enfants particuliers tourner autour d’elle.

Si on peut s’épargner de citer Rupert Everett, que l’on n’a aimé qu’en Charmant dans les Shrek (et à la rigueur dans Stage Beauty), le casting brillera aussi de la présence, sans doute trop rare à l’écran, de Terence Stamp (le mythique Zod des films de Lester), Judi Dench (notamment M dans les derniers James Bond, jusqu’à la fin de Skyfall) et du génial Samuel L. Jackson, connu pour son charisme si débordant qu’il sait impressionner même quand il ne fait que cabotiner, et magnétise quand il se donne à fond, chez Tarantino notamment, dont le rôle de Barron, l’un des Wights qui poursuit les enfants particuliers, et dont on soupçonne qu’il sera l’antagoniste principal et redoutable de ce premier opus.

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La Fox et Burton semblent donc s’être associés pour mettre toute la hype de leur côté, sans prendre de véritables risques ni dans l’intrigue, assez convenue dans sa structure, ni dans son équipe technique, ni dans sa distribution, le défilé de très grands acteurs dans les seconds rôles étant lui-même devenu une habitude assez lassante, parce que les personnages qu’ils interprètent sont rarement les plus fins, et donc les plus dignes d’une telle ampleur de jeu. Il reste heureusement quelques inconnues, notamment du fait que l’on ne dispose que d’une bande-annonce pour l’instant, sur la noirceur du scénario, que l’on espère découvrir plus adulte, la création de l’univers, l’absence d’éléments réellement significatifs nous teasant sur la patte que le réalisateur pourrait poser sur le film (même si la paresse qu’il a parfois manifestée ne rassure pas nécessairement), et l’interprétation des acteurs, en particulier Butterfield et les autres enfants. Bref, il faudra aller voir Miss Peregrine avec précaution, mais il faudra aller le voir.

 

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Doctorant en Littérature comparée, je prépare une thèse sur les enjeux principalement politiques, moraux et religieux du comics super-héroïque - et un livre sur Batman, en projet. Certaines de mes interventions dans des colloques sont disponibles sur mon LinkedIn. Par ailleurs cinéphile et sériephile affirmé, j'essaie au mieux de partager ces passions (et les détestations qui en découlent) sur VonGuru après l'avoir fait sur Cleek, persuadé que c'est dans cette activité de partage et de discussion que la culture trouve son sel.

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