Ronchonchon, le jeu idéal pour ma classe ?

Dans le cadre de ma seconde vie, et oui, je ne me contente pas de faire des articles pour Vonguru ou Overclocking.com, je suis enseignant dans l’enseignement spécialisé en Belgique. Je travaille, cette année, principalement avec des enfants âgés entre 8 et 10 ans et ayant quelques troubles du comportement. Cela peut notamment se manifester par la difficulté de jouer en groupe, de perdre, de se mettre en colère et donc de devoir exprimer, poser une émotion sur son ressenti. La proposition de tester le jeu de société Ronchonchon était donc une excellente idée puisque le principe mis en avant par l’éditeur Zazimut est justement : « Un jeu de plateau pour sensibiliser à la communication bienveillante ».

De plus, c’est un jeu que l’on appelle « coopératif ou jeu de coopération », le principe est simple, tous les joueurs participent au même objectif et gagnent ou perdent ensembles. Ce qui peut sembler parfois plus simple ne l’est pas nécessairement puisque la difficulté pour les enfants est d’opter pour un objectif commun et pas pour son propre intérêt, qui ne servira pas le but du jeu. L’avantage est que la plupart de mes élèves ont l’habitude de ce style de jeu, ce qui gomme déjà cette difficulté, qui peut être un obstacle non négligeable.

Zazimut, c’est quoi et comment est né Ronchonchon ?

Portée par la conviction que le jeu est vecteur de changement et de mieux vivre ensemble, Zazimut s’est lancée dans l’aventure de l’édition en 2016, à la suite d’une rencontre entre l’artiste Zaz, fondatrice de l’association Zazimut et Isabelle Peloux, professeure à l’école élémentaire du Colibri et chercheuse en pédagogie (source)

Publiée par Zazimut sur Vendredi 19 février 2021

 

Ronchonchon est né à la Roche-sur-Grâne, au sein de l’École du Colibri au Amanins. L’objectif était de créer un outil permettant aux enfants de comprendre les principes de la communication bienveillante en s’amusant. La création de Ronchonchon s’est intégrée dans le cadre du cursus scolaire des élèves et a permis à l’école de se fédérer autour d’un projet d’établissement créatif et ludique. Afin d’accompagner les enfants dans le développement du jeu, Zazimut a sollicité Boris Courtot, Julien Prothière et Corentin Lebrat, auteurs professionnels de jeu de plateau. Toutes ces rencontres ont permis à Ronchonchon de se présenter aujourd’hui comme un jeu amusant, qui peut s’utiliser aussi bien dans le cadre éducatif que familial.

 

Présentation du jeu

Ronchonchon est un jeu qui peut se jouer de 2 à 6 joueurs et pour avoir testé à moins de 6 joueurs, il nous semble vraiment intéressant d’être un maximum afin de profiter d’une bonne partie. Les joueurs doivent être âgé au minium de 6 ans et les parties auront une durée de plus ou moins 25 minutes. Les différents joueurs vont incarner les habitants d’une collocation avec chacun leurs personnalités, leurs différences et leurs caractères improbables. C’est d’ailleurs l’un de ces six joueurs qui sera Ronchonchon en fonction du scénario joué. Les scénarios sont déjà pré-écrits et au nombre de 24.

Le but du jeu, et donc des cinq autres joueurs va être de comprendre ce qui ne va pas pour le joueur Ronchonchon et de pouvoir l’aider à aller mieux. Un autre personnage et non des moindres est le « Spleen ». Ce personnage terrifiant se trouve à l’extérieur de la maison et progressera au fil du jeu vers la porte d’entrée à chaque fois que les joueurs ne parviendront pas à rassurer ou à aider Ronchonchon. Si le Spleen parvient à rentrer dans la maison, la partie est alors terminée.

Pour faire une synthèse du but du jeu : « Les joueurs doivent se déplacer dans la maison pour retrouver des paires de jetons Scénario au fur et à mesure de l’histoire et avant que la figurine du Spleen ne passe la porte d’entrée ».

Unboxing de Ronchonchon

Déformation semi-professionnel, l’unboxing va signifier la présentation des éléments disponible au sein de la boite de jeu. Alors, que trouve-t-on au sein de cette boite carrée, de 190 mm de côté et 35 mm de hauteur ? Tout d’abord une superbe illustration sur le dessus de la boite ainsi que sur la face arrière. Les illustrations sont l’œuvre de Jérémie Chiavelli et apporte un réel plus au jeu !

On découvre ensuite le livret scénarios qui contient 4 scénarios par personnage, pour un total de 24. L’idée étant de les faire dans l’ordre selon le personnage qui sera Ronchonchon.

Nous tombons ensuite sur une série de cartes et de jetons ainsi que les six personnages et le Spleen. Le Spleen étant l’incarnation des idées noires, un gros méchant, qui rôde autour de la maison. Les six autres personnages sont Linotte, Tracasse, Gaffe, Courroux, Pagaille et Timoré. Les neuf autres cartes reprennent les quatre émotions (tristesse, peur, colère et honte), les quatre besoins (sécurité, écoute, justice et respect) et enfin le bâton de la parole sur lequel nous reviendrons par la suite.

On retrouve ensuite les jetons de base qui ont des fonctions différentes :

  • Les jetons scénarios : ce sont les jetons à révéler par paire pour faire avancer le scénario.
  • Les jetons Spleen : attention, ces jetons ont comme effet de faire avancer le Spleen jusqu’à la prochaine case Spleen.
  • Les jetons pouvoir : deux jetons qui vous donne un coup de main pour résoudre le problème de la colocation (le chat mignon et la paire de rollers).
  • Les jetons péripétie : ces six jetons seront à intégrer au jeu en fonction du scénario choisi.

Enfin, le fascicule reprenant les règles du jeu de Ronchonchon. Celui-ci est très bien fait, facile à lire et permet une prise en main du jeu très aisée.

Avant de débuter

L’idée en classe avant de lancer la première partie a été de remettre des mots sur chaque émotion et sur les besoins afin de vérifier qu’ils sont bien compris et assimilés par les enfants. C’est d’ailleurs assez surprenant de voir à quoi font référence les enfants lorsque leur demande de s’exprimer par exemple sur la peur. Elle ne représente pas du tout la même chose chez tous les enfants et c’est très intéressant d’entendre la version de chacun. Cela permet d’ailleurs parfois de comprendre beaucoup de choses, mais ce n’est pas le sujet du jour.

Les émotions utilisées dans le jeu sont : la honte, la tristesse, la colère et la peur. Des émotions vécues au quotidien par mes petits bouts. Un point très intéressant est insertion à la fin du fascicule contenant les règles du jeu d’un glossaire sur les émotions et les besoins. Il s’agit là d’un excellent point de départ si le jeu est utilisé au sein d’une classe ou d’un groupe d’enfant.

Vous devriez regarder aussi ça :
L'arrivée de la Ring Video Doorbell 4 pour le 5 mai

Les besoins ont été un peu plus compliqué à ré-expliquer aux enfants afin qu’ils les assimilent à leur propre personne. Par exemple, la sécurité. Les enfants l’expliquent en disant, il faut mettre sa ceinture dans la voiture, il faut marcher sur le trottoir, … mais à aucun moment il ne l’associe à leur sécurité personnelle. Je dois me sentir en sécurité, ne pas me faire harceler, avoir un endroit où je ne risque rien, …
Les quatre besoins au sein du jeu sont la sécurité, l’écoute, la justice et le respect.

Mise en place du jeu

Nous débutons l’installation du jeu par la mise en place du plateau de jeu qui fait 365 sur 365 mm. Celui-ci représente l’intérieur de la colocation avec les différentes pièces. On retrouve une cuisine, un salon, une chambre, un bureau, une salle de jeux, une salle de bains, des toilettes et un jardin. Les différentes pièces communiquent entre elles par des portes.

Une fois celui-ci mis en place, vous devrez venir placer le Spleen au début du chemin extérieur qui se trouve autour de la maison. Selon le scénario choisi, placez le nombre de jetons recherche par pièce de la maison, face retournée. Le scénario vous indique aussi où placer les différentes personnages au sein de la maison.
Maintenant, la partie peut débuter !

Déroulement de notre partie

Les enfants se positionnent autour du plateau de jeu et tire au sort le personnage qu’ils vont incarner durant cette partie. En fonction su scénario choisi, celui-ci précisera qui est le personnage Ronchonchon et donc par la même occasion, celui qui va lire les différentes étapes du scénario. Personnellement, au vue des difficultés de lecture de mes élèves, j’ai pris en charge le rôle de lecteur du scénario, cela permet aussi de mettre un peu plus d’intensité et rendre l’histoire encore plus prenante.

L’autre élément et qui se montre être indispensable au sein de ma classe est la carte « Ceci est un bâton de la parole ». Comme vous vous en doutez, il ne permettra qu’au joueur qui le détient de prendre la parole. Cela va surtout éviter aux autres joueurs de prendre la parole pour répondre ou déplacer un pion durant la partie à la place du joueur désigné. Il est le seul à pouvoir interagir avec le plateau de jeu et en cas de non respect par un autre joueur, il faut faire avancer le Spleen d’une case.

Les enfants (joueurs) vont se déplacer d’une pièce à l’autre afin de trouver les paires de jetons recherche demandés par le scénario choisi et ainsi avancer dans la partie. Ils ne peuvent retourner des jetons que dans les pièces où se trouvent l’un des personnages. Il est alors essentiel que les enfants comprennent l’intérêt de se répartir dans la maison et pas d’aller dans la même pièce que son copain (ça, c’est pas évident). Pour se déplacer, il faut obligatoirement qu’il y ai une porte pour entrer dans l’une des pièces adjacentes.

Le décor intérieur de chaque pièce n’est pas là juste pour faire joli. L’idée est de permettre aux enfants de placer à un endroit précis un jeton afin de s’en souvenir par la suite. Par exemple, en cas d’erreur, si les deux jetons retournés ne forment pas une paire, en les replaçant à l’envers, je peux spécifier : « j’ai placé le jeton ampoule sur le bureau car il y a une lampe sur mon bureau ». L’idée est de permettre par la suite de retrouver plus rapidement des paires identiques et ainsi poursuivre l’aventure.

Si mes deux jetons ne sont pas identiques, le Spleen avance d’une case, de même que si l’un des jetons représente le Spleen.

En suivant le scenario, une fois la paire demandée trouvée, l’histoire se poursuit et une nouvelle paire de jetons doit être trouvée. L’idée est d’arriver, étape par étape, à la fin du scénario sans avoir laissé le Spleen entré dans la maison. En fonction du scénario, vous allez au cours de celui-ci devoir identifier l’émotion ressentie par le personnage Ronchonchon ainsi que le besoin qui lui est nécessaire. Si vous y parvenez, cela vous permettra de faire reculer le Spleen.

 

Le mot de la fin

En plus d’être un jeu de coopération, Ronchonchon est un excellent jeu qui va faire appel à la mémoire des joueurs mais aussi à leur inventivité pour replacer les jetons à des endroits spécifiques afin de permettre aux autres joueurs de les retrouver facilement. L’autre aspect est bien entendu d’identifier l’émotion et le besoin du joueur Ronchonchon au cours de la partie.

C’est un jeu, en tant qu’instituteur, qui m’a directement emballé quand on sait l’importance que prennent les émotions et les besoins au sein de la vie scolaire des enfants, surtout dans l’enseignement spécialisé. Les parties durent une trentaine de minutes ce qui permet de conserver l’attention de chacun des joueurs jusqu’au terme de la partie. On sent que ce jeu a été réfléchi et conçu par des acteurs de terrains. Pour nous, moi, c’est un immense oui et je ne peux que vous conseiller d’ajouter ce jeu à la ludothèque de votre école ! Enfin sachez que le jeu est disponible actuellement à partir de 22.50 euros.

Ailleurs sur le web

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.