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Just One – parfait jeu de mots, jeu d’ambiance et jeu pour les fêtes ?

Just One – parfait jeu de mots, jeu d’ambiance et jeu pour les fêtes ?

Just One – parfait jeu de mots, jeu d’ambiance et jeu pour les fêtes ?

 

Les fêtes posent deux problèmes touchant aux jeux de société. Lesquels offrir ? Lesquels prendre avec soi ? Nous avons tenté de répondre à la première dans le team VG récemment consacré aux cadeaux de Noël. Pour la deuxième, si cela dépend naturellement des circonstances dans lesquelles vous vivrez les fêtes, certains critères seront toujours appréciés : idéalement, la boîte devrait en être assez petite, transportable malgré le volume des bagages, même si l’on ne parle pas non plus de partir trois semaines en haute montagne avec un sac à dos ; les règles devraient en être très simples, le matériel rapide à installer, le thème à peu près universel, afin de s’adapter aisément à tous les publics, aux personnes avec lesquelles on a des affinités et à celles qu’on ne connaît pas encore bien, parfois une génération au-dessus ou au-dessous de la nôtre, donc à des gens qui dans l’ensemble ne sont probablement pas expertes du jeu de société, et pas prêtes à se lancer dans Betrayal Legacy ou Noria ; les parties pourraient en être courtes, afin de passer facilement la main aux joueurs qui attendent ou de faire une pause quand il faut aller cacher un cadeau, finir un plat, et parce qu’il vaut mieux un jeu de vingt minutes que l’on refait encore et encore qu’un jeu d’une heure que le moindre joueur peu motivé peut rendre interminable ; enfin et par voie de conséquence, ce jeu doit savoir créer une bonne ambiance, du plaisir et des rires.

Cela ne m’empêchera pas de prendre DiciumWhen I Dream et Imaginarium, parce que, pour une fois, j’aurai de la place. Un ou deux party games devraient aussi être du voyage, pourquoi pas Fruit Ninja ou The Big Idea… Et pourquoi pas Just One, réédition de We are the Word produite par une véritable dream team, puisque les auteurs en sont Bruno Sautter et Ludovic Roudy, soit les concepteurs du Septième Continent, et l’éditeur Repos Production, c’est-à-dire celui qui a permis deux de mes jeux préférés, 7 Wonders Duel et City of Horror, ainsi que le formidable When I DreamConcept et… Time’s Up. Ah oui, quand même…

Conçu pour trois à sept joueurs de huit ans et plus pour des parties de quinze à vingt minutes, disponible pour 17 euros 90Just One est-il un « classique » du jeu d’ambiance ?

 

Just One titre

Just One, un jeu sémantique coopératif et soustractif

Au lieu d’un joueur faisant deviner un mot aux autres (comme la plupart des autres jeux du genre, les ConceptTime’s up, même Dixit…), tous les joueurs sauf un coopèrent dans Just One pour faire deviner un mot au « joueur actif ». Ils ont tous sincèrement à cœur de faire deviner ce mot, dans une curieuse mécanique de coopération. Et plus curieusement encore, le jeu n’est finalement ni coopératif ni compétitif !

Chaque joueur prend un chevalet et un feutre, puis on pioche 13 des 110 cartes et on désigne un « joueur actif ».

 

Just One carte

 

Ce joueur actif pioche la première carte et la pose sur son chevalet de manière à ce que seuls les autres puissent la voir, pas lui. Puis il donne un chiffre entre 1 et 5, se rapportant donc à l’un des cinq mots présents sur la carte.

L’objectif est de lui faire deviner le mot qu’il a choisi sans le connaître. Pour cela, on inscrit un seul et unique mot directement sur son chevalet. Comme dans tous les jeux sémantiques, on n’a pas le droit aux homophones au mot mystère, au même mot dans une autre langue, dans une orthographe fantaisiste, ni aux néologismes ou aux mots de la même famille. Pas de vair, glass, vereu, matériausolideettranslucide, verroterie pour « verre ».

C’est là qu’intervient l’astuce de Just One : quand tous les joueurs ont inscrit un mot, ils les comparent, et cachent tous les mots identiques, donc choisis par au moins deux joueurs, sachant que les mots de la même famille et les variantes grammaticales comptent comme des mots identiques. Autrement dit, si tous les joueurs ont inscrit « vitre » pour faire deviner « verre »… ils devront tous cacher leur mot !

 

Just One matériel

 

Il faudra donc trouver des mots originaux, mais désignant tout de même clairement le mot mystère, afin que le joueur actif ne se trompe pas au moment où les mots valides lui sont montrés et où il donne son unique réponse… C’est là que peut aussi intervenir une part de stratégie, en essayant de deviner à quoi les autres joueurs pourraient penser pour faire deviner le même mot, et c’est aussi là qu’intervient l’amusement, quand on compare les propositions fantaisistes des joueurs et découvre avec stupeur que telle trouvaille invraisemblable et originale n’était en fait pas si originale…

À trois joueurs, chacun prend deux chevalets et inscrit donc deux mots, une idée toute bête qui marche formidablement et rend la partie à trois joueurs tout aussi amusante – même si c’est à sept que l’ambiance est naturellement la meilleure.

Si le joueur actif trouve le mot mystère, on place la carte face visible à côté de la pioche, s’il se trompe, on la range avec la première carte du deck dans la boîte. Il peut enfin ne pas répondre, auquel cas seule cette carte est rangée dans la boîte.

Quand la pioche est vide, on regarde combien de mots ont été trouvés, et on compare le résultat à l’échelle de score proposée dans les règles. Comme on s’en doute, un score parfait de 13 sur 13 mérite un peu de fierté, un résultat inférieur à sept  devrait inciter à retenter sa chance.

Conçoit-on plus simple que les règles de ce Just One ? Cela s’explique en une minute, peut être joué même en-dessous de huit ans et à tous les âges, et ce qu’il y a de plus admirable, c’est sa bienveillance générale. Certes, on ne se concerte jamais, on ne peut donc pas parler de coopération, mais on partage juste le résultat dans la bonne humeur, sans aucune possibilité évidemment de faire du mal aux autres, de mentir ou de bluffer – d’ailleurs on peut très bien imaginer une variante compétitive où l’on essaierait justement de trouver le mot des autres pour annuler les résultats et pénaliser le joueur actif. Mais on se rend bien compte que ce serait bien moins satisfaisant en termes de mécaniques, de plaisir et d’ambiance.

Et exactement comme le Time’s Up, vous pouvez très bien en faire un jeu parfaitement transportable en n’emportant en voyage que les cartes, des bouts de papier et des stylos pouvant suffire pour noter les mots et les comparer. On y gagnera en volume dans les bagages ce que l’on perdra en plaisir matériel, mais il faut parfois ce qu’il faut… et nul doute que vous souhaiterez le transporter, Just One se prête si bien au divertissement itinérant comme au jeu d’ambiance tranquille à la table de son salon !

 

Just One partie

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Doctorant en Littérature comparée, je prépare une thèse sur les enjeux principalement politiques, moraux et religieux du comics super-héroïque - et un livre sur Batman, en projet. Certaines de mes interventions dans des colloques sont disponibles sur mon LinkedIn. Par ailleurs cinéphile et sériephile affirmé, j'essaie au mieux de partager ces passions (et les détestations qui en découlent) sur VonGuru après l'avoir fait sur Cleek, persuadé que c'est dans cette activité de partage et de discussion que la culture trouve son sel.

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