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Impressions générales en plein cœur de la beta de Battlefield V

Impressions générales en plein cœur de la beta de Battlefield V

La guerre totale de DICE

 

battlefield v beta config minimale recommandée

 

Du 4 au 11 septembre, j’ai essayé sur PC la beta ouverte du prochain Battlefield et je vous livre maintenant mes impressions (en direct du champ de bataille) sur l’enfer de la Seconde Guerre mondiale. Concernant le contenu de cette version d’essai, il n’est pas question du mode solo et des War Stories (présentes dans la version finale), uniquement du multijoueur en Grandes Opérations et Conquête sur deux cartes, Narvik et Rotterdam. En outre, les quatre classes du jeu (Assaut, Médecin, Soutien et Éclaireur) étaient jouables et quelques unes de leurs armes pouvaient être débloquées ; des véhicules « cultes » de cette période, Panzer et Spitfire notamment, étaient aussi disponibles, cinq chars et sept avions pour être exact. Enfin, je n’ai pas eu le temps de tester Sentiers de guerre et je vous renvoie à la description du site officiel du jeu pour de plus amples renseignements.

La première impression, comme souvent avec le jeu vidéo, est visuelle mais dans le cas d’un mode multijoueur il y a l’avant, le moment clé : le matchmaking et la recherche d’un serveur accessible. Le 4 septembre à 11h je tente une première connexion et c’est un échec piteux, en effet tous les serveurs sont full, 64 joueurs se déchaînent donc sans moi. À 11h30 je rejoins une partie : écran noir pendant le chargement, rebelote quelques minutes plus tard. Dès lors, je délaisse le jeu et réessaye à 14h, cette fois-ci réussite totale : je commence ma première partie en mode Grandes Opérations sur Narvik, une grande carte enneigée située en Norvège ; on perçoit là un choix important fait par le studio : nous raconter des épisodes, soit des batailles, moins connus de la Deuxième Guerre mondiale, présenter et faire combattre des joueurs sur des territoires et des environnements originaux. Effectivement, les conflits situés en Norvège ne sont pas les plus connus et cela bien que la Bataille de Narvik puisse être considérée comme une des premières victoires des alliées, dès 1940, contre l’ogre nazi.

 

battlefield v contenu guerre in game

Screenshot du jeu non issu de ma banque d’images

 

Une Grande Opération est-elle une opération de grande envergure ?

Étant une amélioration d’un (très bon) mode de Battlefield 1, les Grandes Opérations se déclinent de façon presque similaire : nous retrouvons une trame narrative générale, inspirée de faits historiques, et se déroulant sur plusieurs journées, chacune mettant en scène un objectif qui, en fonction de son accomplissement ou non, aura une répercussion sur la suite des événements. Sur Narvik voilà concrètement le résultat : les Alliées commencent dans des avions de transport et doivent débarquer sur une plage, récupérer des explosifs et détruire des installations militaires, en l’occurrence des canons d’artillerie. Inversement, si vous incarnez un soldat allemand vous devrez défendre ces positions. La réussite ou non de cette mission impactera la deuxième journée qui se joue en un classique « Percée », un mode axé sur l’attaque et la défense de secteurs clés. Personnellement, si je crois tout à fait en la légitimité et l’intérêt de ces Grandes Opérations, il me semble que cette « Chute de la Norvège » ne leur rend pas forcément hommage : en effet, à la différence d’un Battlefield 1 où les cartes se succédant proposent des environnements bien différents et demandent une acclimatation particulière, et un certain entraînement, ici il s’agit simplement d’une carte divisée en deux portions et se déroulant, pour la première, de nuit, la deuxième de jour.

En outre, je n’ai pas saisi la vraie nouveauté, disons le gain, par rapport aux déjà très bonnes Opérations de Battlefield 1. Cependant, si les objectifs peuvent paraître, de prime abord, peu intéressants ils nécessitent une vraie entraide entre les soldats, les escouades ainsi qu’une bonne répartition des rôles. Trop de snipers nous empêchaient, par exemple, d’avancer ; en effet, si la topographie de la carte fait privilégier les combats à distance, la destruction des canons d’artillerie nécessite la présence d’Assauts et de Médecins, cette dernière étant la classe la moins utilisée, pourtant ô combien indispensable. À ce titre, il me semble que les spécificités de chaque soldat s’imposent d’autant plus dans cet épisode de la série Battlefield, les développeurs ayant drastiquement réduit votre taux de pénétration aux balles, votre santé donc, et le nombre de chargeurs que vous pouvez transporter (deux de 31 balles chacun pour l’Assaut, une vingtaine de projectiles pour l’Éclaireur). Avoir dans son escouade un Soutien et un Médecin devient clairement obligatoire et le jeu en coopération un devoir tant vous paraissez faible et négligeable en jouant seul. Au rayon des nouveautés, les maps sont dorénavant agrémentées de caisses de munitions et de caisses de soins afin d’aider, un peu, les quelques combattants solitaires et, surtout, créer de nouvelles zones de conflit pour la prise et la garde de ces positions. Bref, même si la série Battlefield n’en a pas franchement besoin, DICE alimente encore plus les joueurs en moments de combats et de tensions ; il n’est pas rare d’entendre une balle sifflée quand vous vous approchez d’un ravitaillement. Même chose pour les tanks et les avions, dont les munitions ne sont plus illimitées, qui doivent rejoindre des points spécifiques afin de faire le « plein ». À ce titre, les tanks sont relativement faciles à conduire mais me paraissent peu puissants et peu résistants face à l’infanterie, useless ai-je souvent lu dans le chat ; concernant les avions, difficile de se lancer dans un combat air-terre avec un chasseur, ce qui était tout à fait possible dans Battlefield 1, en effet les troupes au sol échappent à votre regard, au contraire les dogfight sont nettement plus travaillés et bien plus intenses. Quel plaisir de se lancer dans une danse de plombs avec un Spitfire !

 

battlefield v avion

 

Rotterdam n’est pas la nouvelle Amiens (et c’est bien dommage)

L’autre mode de cette beta parlera beaucoup plus aux aficionados de la série, la « Conquête » revient et le principe reste inchangé : deux équipes de 32 joueurs s’affrontent pour le contrôle de drapeaux répartis sur les cartes, Narvik, encore elle, ou la toute récemment annoncée Rotterdam, espace urbain très coloré alternant entre immeubles investis par des snipers et close-combat sur des rails et dans un tramway accidenté. J’ai complètement adhéré à cette alternative, préférant par moment me cacher, et camper (c’est mal mais jouissif), afin de garder et protéger un drapeau (la zone C pour les connaisseurs) ou, au contraire, tenter une percée avec mon escouade près d’un pont ou dans une « Maison blanche » (le point B) imprenable. Cependant, et à la différence d’Amiens dans Battlefield 1, la ville de Rotterdam est nettement moins destructible, les bâtiments résistent bien mieux aux explosions et on perçoit moins les ravages, matériels du moins, de la guerre, ce qui paraît surprenant puisque la Seconde Guerre mondiale gomme justement les espaces civils et militaires. Petit changement notable néanmoins : plus vous vous approchez du drapeau, dressé fièrement, plus la prise du point est rapide mais plus vous risquez, donc, de tomber dans une embuscade. Au rayons des autres nouveautés, la réanimation par un Médecin ou un soldat lambda se met en scène par une petite animation qui, fait notable, vous empêche de regarder autour de vous, augmentant ainsi le risque de se faire abattre.

J’écris, j’écris, et je me rends compte que je n’ai pas encore parlé des graphismes : rien de très nouveau par rapport au Battlefield de la Première Guerre mondiale, les décors sont toujours aussi jolis même si la direction artistique me semblait moins travaillée en territoire norvégien, la faute à des décors assez simples et un sentiment de remplissage. Finalement, un sentiment de banalité se dégage face aux maps de cette beta, pas inintéressantes mais assez génériques ; on peut, néanmoins, espérer que celles-ci ne sont pas représentatives du travail accompli par DICE pour cet opus, les territoires de guerre ayant toujours été la spécialité du studio suédois. Ainsi, si l’aspect visuel n’a pas franchement évolué, le sound design est, quant à lui, assez incroyable et complètement immersif (sur les forums parcourus, les sentiments paraissaient plus mitigés). Tout y est : le bruit caractéristique, et l’écho, d’un coup de feu à l’intérieur d’un bâtiment, encore amélioré par rapport à Battlefield 1, le souffle des grenades qui explosent en milles particules, les mitrailleuses qui chauffent dans un véhicule, la puissance et le ronflement d’un Panzer IV, le bruit malfaisant, et si reconnaissable, des Stuka, le cri des soldats, aboyant des ordres ou criant à l’aide en attendant qu’un médecin les soigne. Avec un casque, le rendu est clairement bluffant. De plus, les membres d’une escouade interagissent beaucoup plus entre eux, chacun commente ce que fait l’autre (en anglais donc difficile de vous donner la teneur des échanges) et tout cela participe à renforcer l’immersion, le « réalisme » disons, de ce Battlefield V. Les seuls reproches concernent la spatialisation du son, que l’ennemi soit proche de vous ou bien plus éloigné la différence n’est pas assez notable, ainsi que le bruit de certains fusils qui mériterait d’être retravaillé, pour l’instant plus airsoft qu’armes de guerre.

Pour conclure, cette beta de Battlefield V me laisse sur une impression mi-figue mi-raisin : d’abord parce que les ressemblances avec le précédent opus s’accumulent et on risque de vite ressentir une certaine lassitude (où sont les vraies et franches nouveautés ?). D’un autre côté, si vous appréciez la licence vous serez comblés, les quelques changements vont, selon moi, dans le bon sens : privilège au teamplay, accentuation du rôle de chaque classe, difficulté revue à la hausse (moins de vie, moins de munitions), des réanimations moins automatiques. Néanmoins, j’espère que les deux cartes disponibles ne sont pas représentatives du contenu final et qu’on retrouvera, avec bonheur, la possibilité de transformer chaque terrain de jeu en un « vrai » champ de bataille, un battlefield en somme.

 

 

P.S. : pour ceux qui sont intéressés par le contenu de Battlefield 1, sachez que le Pass Premium peut être récupéré gratuitement à partir du 11 septembre jusqu’au 18, aussi bien sur PS4, Xbox One et PC. De quoi attendre patiemment les critiques de Battlefield V.

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Doctorant de 25 ans travaillant sur les jeux vidéo. Passionné par la littérature, les mythes et la culture vidéoludique. Amoureux de son île, Kallisté.

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