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Homeland – un bilan de la mi-saison

Homeland – un bilan de la mi-saison

Saison 5 de Homeland – le bilan

 

C’est depuis le mois d’octobre 2011 que nous suivons les aventures de Carrie Matthison (Claire Danes) et Saul Berenson (Mandy Patakin) au sein de la série Homeland,créée par Howard Gordon et produite par Showtime. Les saisons se suivent, mais ne se ressemblent pas, et nous assistons en ce moment au déploiement de l’intrigue de la cinquième saison, dont la diffusion a commencé le 4 octobre 2015. Aujourd’hui à l’épisode 8 (sur douze), Cleek vous propose de dresser un bilan sur les forces et faiblesses de Homeland. Malgré son nombre conséquent d’épisodes et des thématiques récurrentes, Homeland est-il toujours dans le ton et les bonnes grâces des téléspectateurs ?

 

Paragraphe à ne pas lire si vous n’êtes pas encore arrivé à la saison 4 de la série

 

Évolution

 

« Huit ans après la disparition de deux soldats américains lors de l’invasion de Bagdad, l’un d’entre eux réapparaît, seul survivant alors que tout le monde le pensait mort depuis longtemps. Rapatrié aux États-Unis, il est accueilli chaleureusement par sa famille, ses amis et le gouvernement. Seule contre tous, l’agent de la CIA Carrie Mathison, qui a passé plusieurs années en Afghanistan, est persuadée que le héros est en réalité devenu un espion à la solde de l’ennemi, préparant la prochaine attaque terroriste sur le sol américain. Sans réelle preuve et montrée du doigt suite à un incident diplomatique qu’elle a déclenché quelques mois plus tôt, Carrie va devoir se battre pour prouver que ce qu’elle avance est la réalité… »

 

Ces quelques mots retracent en fait les débuts de Homeland, l’histoire qui se prolonge sur les deux premières saisons de la série.  Homeland a bien évolué depuis, et avait même, à la grande surprise des téléspectateurs, fait le choix de tuer en fin de saison trois l’un de ses héros principaux, Nicholas Brody (Damian Lewis), pilier de l’intrigue et atout majeur de la série (comme quoi, même après Ned, nous ne sommes pas habitués…). La fin de saison avait laissé un goût amer, sur fond d’images difficiles et nombre d’entre nous se rappellent sans doute de cette scène avec une émotion certaine. Mais au delà du revirement scénaristique, qu’allait-il advenir de Homeland sans son héros masculin ? C’était LA grande question que soulevait à l’époque la saison 4 de la série, et contre toute attente, cette dernière a pourtant été saluée majoritairement par le public, et signait alors un nouveau départ pour Homeland.

À bien y réfléchir, et malgré l’attachement que l’on pouvait peut-être ressentir pour Nicholas Brody, ce dernier n’apportait finalement plus grand chose à la série. La relation Carrie/Brody s’épuisait dans un constant jeu du chat et de la souris, et la situation du soldat, tiraillé entre deux camps, avait déjà été exploitée jusqu’à la corde. Qui plus est, plus de famille ni de drama autour du personnage de Brody pour distraire le téléspectateur de l’intrigue principale, et cela, ce fut la nouvelle signature de Homeland, qui s’orienta alors vers une toute nouvelle ambiance, basée strictement sur la géopolitique et ses enjeux stratégiques. Plus (ou presque) de sentiments, Homeland adopte désormais un ton réaliste et grave.

Cette volonté se poursuit donc dans la saison 5 : nous retrouvons Carrie, deux ans et demi après les excellents rebondissements de la saison 4. Désormais sortie de la CIA, et au compte d’une fondation luttant en faveur des réfugiés de la guerre contre Daech. Épanouie dans une vie familiale, et entourée de sa fille et d’un nouveau compagnon, Carrie devra pourtant bientôt reprendre du service : un dossier de la CIA est hacké, et une attaque terroriste semble vouloir la prendre pour cible. Rien ne va plus pour Carrie qui devra à nouveau fuir, et combattre.

 

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Nouvelle saison, nouvelle intrigue (et fin des spoilers)

 

Pour l’instant, et pour dresser le bilan de cette mi-saison, nous pouvons dire que Homeland reste fidèle à ses habitudes. La saison démarre lentement, déployant dans ses premiers épisodes les ficelles d’une intrigue toujours aussi riche et complexe. Cette dernière nous amènera donc vers de lourds rebondissements dans les semaines à venir, et la variété des sujets proposés ici (le hacking, les complots politiques, les trahisons internes, la relation Quinn/Carrie, le terrorisme) promet une fin de saison, comme à l’ordinaire, assez mouvementée et exaltante. C’est désormais une habitude pour Homeland qui évolue lentement, mais sûrement, dans chaque nouvelle intrigue de saison : c’est un reproche sans en être un, puisque la complexité des péripéties nécessite ce recul, ce temps d’adaptation, et cette présentation des différents éléments. Pour l’anecdote, on notera que l’un des épisodes de cette saison, le cinquième, s’intitule « Better Call Saul », clin d’œil au personnage de Berenson, et du spin-off réalisé par Vince Gilligan.

Homeland signe donc, avec ces derniers épisodes, une saison assez proche du réalisme de la quatrième. Si la série présentait à ses débuts des héros fictifs, il n’en est plus rien maintenant, puisque la saison 4 relatait certaines facettes de la vie de Djalâlouddine Haqqani – appelé dans la série Haissam Haqqani (et interprété avec brio par Numan Acar) et de son réseau terroriste, et que cette cinquième saison évoque directement l’État Islamique, ou encore certaines personnalités politiques, comme Bachar El-Hassad par exemple. Ce parti-pris, malgré quelques égarements scénaristiques (pour Haqqani notamment), demeure finalement très intéressant pour Homeland, car si le terrorisme reste le sujet phare de la série, l’insertion de problématiques réelles (et malheureusement actuelles) contribue à renforcer notre immersion dans l’intrigue suggérée, et de mieux comprendre parfois certains enjeux géo-politiques inhérents à cette thématique, ô combien complexe.

Au vu des récents événements, regarder une série comme Homeland provoque toutefois certains malaises et le simple générique de la nouvelle saison, mentionnant explicitement Daech contribue à renforcer le malaise sociétaire que l’on connaît actuellement. Après les attentats de Paris, Showtime avait d’ailleurs choisi de maintenir la diffusion de son épisode hebdomadaire, en le faisant précéder de l’intitulé ci-dessous :

 

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Polémiques et controverses

 

Homeland a toujours été une série décriée sur les propos qu’elle tenait, notamment au sujet des pays du Moyen-Orient. La première saison prenait tout de même le temps de dessiner avec soin deux versions de l’histoire, côté US et côté Moyen-Orient. Nicholas Brody était alors devenu un pion, ballotté entre son pays natal, ses valeurs, et ses nouvelles convictions radicales. Il était alors devenu la victime principale de cette triste histoire, preuve vivante qu’en temps de guerre, aucun camp n’est réellement blanc ou noir, et que les pertes restent à pleurer des deux côtés.

La saison 4 a ensuite été critiquée pour la vision biaisée qu’elle dessinait du peuple Pakistanais, exposé comme étant corrompu, violent, et rebelle. Cette saison-ci ne manquera donc probablement pas de soulever le même genre de polémiques, qui plus est lorsque des entités comme Daech sont évoquées.

D’ailleurs, le décor du camp de réfugiés au Liban (au début de la saison 5) avait été d’ailleurs la source d’une vive polémique incluant Showtime, qui, pour renforcer le réalisme de l’immersion, avait demandé à des artistes de rue de taguer les murs du camp. Ces derniers avaient alors décoré les murs de tags signifiant en arabe :  « Homeland est raciste » ou encore « Homeland n’est pas une série ». La production n’avait visiblement pas pris le temps de vérifier les tags par la suite, et signa alors avec cette anecdote la première polémique de sa nouvelle intrigue. Il avait même été dit, peu avant le début de la cinquième saison, qu’un épisode aborderait les tragiques événements de Charlie Hebdo. Si le but à l’époque avait été de rendre hommage à un événement réel, force est de constater que les fictions de Homeland rejoignent peu à peu notre réalité.

Si vous disposez cependant du recul nécessaire pour apprécier les nouvelles aventures de Carrie, prenez le temps de découvrir cette nouvelle saison, qui, à l’image de la précédente, promet une intrigue riche et complexe, d’autant plus intéressante qu’elle se révèle cruellement d’actualité.

 

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