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Love Hunters, quand le crime se fait en couple

Love Hunters, quand le crime se fait en couple

 

Love Hunters, tu es fou, je suis folle, ensemble nous régnons

 

Love Hunters, est un film de type thriller réalisé par Ben Young. Sorti en salle ce mercredi 12 juillet, il est interdit à un public de moins de 16 ans. Et pour cause, Love Hunters relate l’histoire du kidnapping d’une adolescente australienne. Un soir d’été en 1987, la jeune Vicky Maloney est enlevée par John et Evelyn White. Elle comprend rapidement que sa seule chance de survie est d’exploiter les failles du couple.

Un synopsis qui me paraissait déjà plutôt prometteur ! Alors après un rapide coup d’œil au trailer (malheureusement un peu trop révélateur à mes yeux) je réserve ma séance sans plus attendre.

Dès les premières images, je me sens plongée dans l’univers film. Des plans superbement intelligents et une ambiance sonore merveilleusement adaptée (que ce soit la musique des 80’s ou l’ambiance générale). Je suis vite conquise par le charme esthétique du film. Le tout étant sublimé par un très bon jeu d’acteur (Emma Boothe tu es une reine. Vraiment).

Quant au déroulement de l’histoire, je tique un peu sur le scénario, mais je crains d’être devenue difficile. J’ai été dérangée par la prédictibilité des événements et frustrée par de petites incohérences…

Je ne lui donne pourtant pas moins que 4/5. Ah oui, enfin un film qui vaut le déplacement au cinéma. Pour finir ce résumé de ma pensée globale, je dirais que Love Hunters est un très bon film ! Je vous conseille d’aller voir (évidemment, seulement si vous n’êtes pas gênés par la violence et les ambiances malsaines). Il s’est cependant révélé moins « thriller » que dans mes attentes.

 

 

Attention, spoil ! Je pars maintenant sur une analyse plus poussée, si vous comptez regarder le film (ce que je vous conseille), votre lecture s’arrête ici !

De même qu’ici démarre un avis plus personnel. Vous avez le droit de ne pas être d’accord avec mon point de vue et surtout de me faire part d’éventuels détails oubliés ou de compléments que vous auriez à apporter. Je vous invite à venir converser de manière intelligente en commentaire !

 

 

Mettons les choses bout à bout. Moins « thriller » ?

Oui, je n’ai pas ressenti réellement de stress pendant le film alors que Prisoners de Denis Villeneuve ne m’avait pas mise très à l’aise. Pas du tout. Mais ce n’est qu’un point de vue personnel, je suis plus effrayée et stressée par tout ce qui se rapproche de l’horreur plutôt que par la violence (qui prédomine dans Love Hunters).

Je suis influencée par l’absence totale de ce qui me stresse. Comme les scènes nocturnes par exemple. En effet, un seul plan se déroule la nuit : lorsque Vicky veut se rendre en douce à une soirée (voilà, il faut toujours écouter sa maman). Ce plan nocturne ne se veut pas effrayant et tout le reste du film se déroule en plein jour.

C’est aussi la prédictibilité de Love Hunters qui m’a enlevé également ce côté « thriller ». On sait très bien que Vicky va se faire enlever, on sait par qui et on sait qu’elle ne pourra pas s’échapper avant la fin du film…

Néanmoins, même si ce n’est pas un thriller stressant pour moi, c’est un concentré de violence et une ambiance pesante malsaine permanente qui peut s’avérer stressante pour d’autres.

 

Evelyn et John, le parfait couple de criminels ?

Eh bien pas vraiment, non ! Plutôt dommage, car je m’attendais à voir deux réelles personnalités psychopathes, cruelles…

Evie n’est ni normale, ni innocente, mais on s’aperçoit rapidement qu’elle est aveuglément influencée par son amour pour John. Jamais, elle n’aurait agi de la sorte sans l’influence de son compagnon. Certes, elle est folle de le suivre dans son délire, mais le malade mental, c’est lui et non eux.

Ma petite déception de ne pas voir un couple de tyrans maléfiques est vite rattrapée par un très bon développement de la relation entre les membres du couple. Le film met en scène le portrait d’un pervers narcissique (un manipulateur psychopathe, qui ne ressent pas de culpabilité) et de sa victime.

John incarne à merveille ce type de personne. Il a une emprise sur Evie grâce à ses talents de manipulateur, il est violent, pervers, cruel, il ne ressent aucune empathie ni culpabilité. Bref, un personnage à ranger dans la case détestable (et pourtant j’aime les méchants).

Même si elle participe au crime (séquestration, violence, viol) Evie n’est pas naturellement dangereuse. Elle voue une dévotion totale à John car il l’a sauvée de son ancien compagnon qui la battait. De son point de vue, il est son prince charmant, son héros. Il a probablement dû la persuader que kidnapper, violenter et tuer de jeunes filles était tout à fait normal…

Mais lorsqu’elle se rend compte du mal qu’elle fait, elle le poignarde et laisse même Vicky s’enfuir. Preuve qu’elle n’est pas naturellement psychopathe. Elle qui semblait d’une jalousie maladive, aurait pu rejeter toute la faute sur Vicky et passer sa rage sur elle. Mais Evie ne le fait pas, car ce n’était pas elle qui aimait ça. De plus, tuer Vicky lui aurait permis d’éviter bien des problèmes par la suite (on imagine que l’abruti de policier va peut-être enfin remuer son derrière), mais Evie ne le fait pas. Pas une réelle criminelle, vous dis-je.

Le film ne présente pas ce qui se passe ensuite mais je pense cependant qu’Evie va essayer de se reconstruire et retrouver ses enfants pour mener une vie « normale » (probablement après quelques années derrière les barreaux, mais je ne connais pas la justice australienne des 90’s).

 

 

Hounds of love

Le titre original de Love Hunters est Hounds of Love et ce titre me paraît plus adapté pour les raisons suivantes :

Tout d’abord, un petit cours d’anglais ! Le mot « hound » signifie chien de chasse mais également acharnement et traquer. Le mot « hunter » signifie chasseur. En prenant le mot « hunter », nous gardons donc cette idée de traque, mais perdons la notion de chien. (Oui « hunter » peut faire référence au mot chien aussi. Mais en arrière-plan, et si vous lisez le titre « Love Hunters » vous le traduisez par chasseur sans penser au chien.)

Futile dites-vous ? Nope. Non seulement cela fait perdre la notion animale de l’amour dans le film mais j’ai aussi trouvé que le chien avait une importante symbolique tout au long du film.

Ensuite, le mot « love » (ai-je besoin de le traduire ?) est placé au second plan dans la version originale du titre et au premier plan dans notre version française. Ce qui peut déjà implicitement induire en erreur sur la nature du film (honnêtement quand j’ai vu le titre, je ne m’y suis d’abord pas intéressée pensant qu’il s’agissait d’une romance classique). Personnellement Love Hunters m’évoquait plus l’histoire de personnes cherchant désespérément l’amour. Sur ce point le titre « Hounds of love » n’est pas mille fois plus explicite, mais déjà plus intéressant. Moi je me dis « Hounds ? Pourquoi hounds ? Ce film doit avoir un côté sauvage, animal, un peu effrayant… » (je mets automatiquement en lien ce mot avec la célèbre nouvelle de Conan Doyle The Hound of the Baskervilles où l’on évoque un légendaire chien démoniaque tueur.)

Maintenant que je sais pourquoi, je ne peux qu’approuver ce titre initial.

 

 

Ouaf

La figure du chien est presque omniprésente. Dès le début du film, on nous présente quelques plans sur des objets de collection représentant des chiens (ainsi qu’une imitation de la Louve Capitoline, mère de Romulus et Rémus) Le père de la jeune Vicky lui offre un jeune chiot (Gizmo). Evelyn a elle aussi un compagnon canidé, que John lui a offert. Le chiot de Vicky semble être un bichon tandis que celui d’Evie est plutôt type chien de chasse. Détail et pas détail car ces chiens leur ressemblent. Ils reflètent également leur caractère (jeune chiot enjoué et intrépide, chienne réputée plutôt dangereuse et prisonnière).

Par ailleurs, Loulou, la chienne d’Evie me paraît représenter de manière symbolique l’amour que cette dernière ressent envers son partenaire John.

  • L’animal lui a été offert par John.
  • Les objets de collection en décoration renforcent cette idée. Ce sont les seuls objets de décoration visibles.
  • La chienne empêche Vicky de s’enfuir une première fois. Or c’est parce qu’Evie est totalement dévouée à John qu’elle agit en criminelle avec lui et donc qu’elle retient Vicky.
  • Le chien est tenu en laisse ou enfermé dans le jardin, son amour n’est pas «libre». Et lorsqu’il l’est (donc lorsque Loulou est en liberté dans la maison) il dérange John. John n’aime pas la chienne. Il n’aime pas Evie, elle est aussi sa victime. Il aime qu’elle soit amoureuse de lui, mais il veut garder cet amour sous contrôle (la place du chien est dehors). Lorsque le chien fait des bêtises (déféquer à l’intérieur) John devient furieux. Cela n’arrive que deux fois dans le film mais la deuxième fois est fatale… L’amour d’Evelyn à l’égard de John l’agace lorsqu’elle dépasse les limites qu’il a fixées. Il a besoin de quelqu’un pour l’aider et exécuter le moindre de ses désirs, de ses ordres, pas d’un amour pur.
  • Lorsque John frappe Loulou, Evie veut l’en empêcher mais il la repousse violemment et continue de tabasser la chienne à mort pendant que sa compagne pleure. Symboliquement il tue aussi l’amour qu’elle avait pour lui. Evie n’est plus la même à partir de ce moment, elle n’est plus sûre de ce qu’elle fait et elle décide finalement de se retourner contre John.

 

 

Une grossière erreur de la part de Mr White

Parce que oui, s’il y a deux choses que les femmes peuvent aimer plus que leur homme, ce sont leurs enfants et leurs animaux. Priver Evelyn des uns et tuer l’autre n’était définitivement pas la bonne chose à faire. Pas la peine d’être un fin connaisseur en psychologie pour comprendre, alors comment John a-t-il pu ne pas s’en rendre compte ? Ses enfants adorés loin d’elle, Evelyn n’était que l’ombre d’elle-même. Comme le dit Vicky – pas si bête cette petite – le chien lui a été offert en remplacement, pour combler le vide de ses enfants. Et ce substitut était suffisant (c’était un équilibre précaire, mais suffisant pour qu’Evie lui reste fidèle).

Battre à mort la chienne montrait à Evie qu’il n’accordait aucune importance à ce qu’elle aimait. Qu’il serait capable de reproduire la même chose sur ses enfants. Et par la même occasion, lui faire réaliser que contrairement à ce qu’elle ressentait, John n’était pas liée à elle par amour. Alors après ça, se justifier par « C’est mieux ainsi, Loulou était un peu trop vicieuse pour des enfants » ne peut pas fonctionner à 100%. John a beau sous-entendre le retour des enfants dans leur maison, je crois qu’Evie n’est plus sûre de vouloir que cela se produise (et qu’est-ce qu’on la comprend).

Je pense que John était un peu trop confiant. Il a sous-estimé les conséquences de ses actes sur l’état psychologique d’Evelyn.

 

 

Les petits problèmes

Il y a toujours des petits problèmes. Je chipote parfois, mais là certains aspects sont vraiment trop gros. Premier petit détail : John se fait menacer par deux hommes car il leur doit de l’argent. Ces deux hommes disent revenir chercher l’argent le lendemain et qu’est-ce qu’ils tardent à venir… Ils ne se sentent pas pressés, ok, admettons.

Deuxième point, déjà un peu plus dérangeant : les voisins. Vicky hurle plusieurs fois de toute son âme dont « HELP ! » (à l’aide). C’est à ce moment que le voisin vient d’ailleurs voir le couple et les menace d’appeler la police. Et au fond, peut-être l’a-t-il fait car la police de leur ville n’a vraiment pas l’air compétente (Vicky est loin d’être la première jeune fille à disparaître mais pas de problème, c’est normal de fuguer, revenez me voir lundi). Le quartier craint, c’est sûr mais quand même. On suppose que ce n’est pas la première victime que les voisins entendent crier. Après, à part appeler la police, je conçois qu’ils ne puissent pas faire grand-chose d’autre.

Troisième point : l’instinct de survie douteux de la jeune adolescente. Vicky est arrêtée en pleine procédure de suicide forcé car sa mère la cherche dehors. Evie panique, elle lui plaque une main sur la bouche et un couteau sous la gorge pour ne pas crier. Oui il y a la peur qui peut paralyser… Mais à un moment quand on n’a plus rien à perdre, il faut se lancer. Evie était déjà fragile à ce moment-là. John venait de tuer son chien et Maggie s’époumone à quelques mètres. Elle crie et pleure le retour de sa fille (d’ailleurs on voit très clairement les réactions d’Evie, la peine qu’elle ressent également dû à l’absence de ses enfants).

Si Vicky était paralysée par la peur, pourquoi se rebeller deux secondes après (vous savez, quand c’est trop tard) ? Finalement, pourquoi ne pas dire à Evelyne, non je ne me suiciderai pas, tue-moi si tu l’oses, au lieu d’avoir pris ce risque quelques instants auparavant ? Elle prend ce risque car elle sait qu’Evie ne le fera pas car elle a bien vu ses réactions en tant que mère.

Et ne toujours pas appeler à l’aide en sachant sa mère à proximité ? Peut-être l’adolescente avait-elle peur de mettre sa mère en danger ? Ce serait sa pensée la plus probable. Mais Vicky n’est pas très proche de sa mère. Et vu l’état dans lequel elle se trouvait, je pense que l’espoir et la peur auraient dominé tout le reste et qu’en entendant la voix de sa mère, elle se serait rebellée sur le champ, aurait épuisé toutes ses dernières forces pour tenter de se sauver.

Le vrai moment incohérent et donc frustrant : Jason boyfriend aka super détective Sherlock Holmes. Mais quel homme ! Il a fallu attendre que le petit ami de Vicky soit là pour que la lettre soit décryptée. Entre la mère, le père et le policier, ne me dites pas que personne n’y avait pensé avant ? Maggie se décarcasse à chercher un signe en retournant la chambre mais elle ne cherche pas à décrypter la lettre ?

Dernier petit moment gênant sans vraiment l’être : la scène finale. Scène durant laquelle Vicky et sa mère courent l’une vers l’autre pour se prendre dans les bras. Pendant ce temps, le père et le petit ami ne bougent pas d’un centimètre. Alors appliquée à la réalité, cette scène est évidemment totalement fausse. Je pense que l’idée était de mettre en avant la relation mère-fille qui a évolué (et puis, en y pensant, les voir courir tous les trois aurait était encore plus ridicule).

 

 

Ces signes qui nous disent tout si l’on y prête attention

Ne terminons pas sur une note négative, je reviens sur la petite statue de la Louve Capitoline. Au cas où vous n’auriez pas fait Latin au collège : la légende raconte que la Louve est la mère adoptive de Romulus et Remus, Romulus étant le fondateur de Rome. Elle les aurait recueillis, adoptés et nourris comme ses propres petits.

Ce qui m’a suffi à savoir que Vicky s’en sortirait… En effet cette statue met en avant l’instinct maternel au-delà du côté animal (au lieu de dévorer Romulus et Rémus, la Louve les recueille et les allaite). Cela m’a tout de suite donné un indice sur la réelle personnalité d’Evie. Et le reste du film l’a confirmé : même si c’est une louve, un prédateur, « a hound », c’est une mère avant tout.

Lorsque Maggie, la mère de Vicky l’appelle désespérément dans la rue en disant « I want my daughter back » (je veux récupérer ma fille), Evelyn craque, car elle aussi veut retrouver son enfant. De plus son amour pour John s’était dissipé (RIP Loulou).

Alors évidemment il ne faut pas voir des signes partout, mais un gros plan sur un symbole maternel alors que tout autre statuette de chien aurait pu faire l’affaire ?

 

Le son et l’image

Assez parlé du fond, parlons de la forme. Nous avons droit à énormément de plans en slow motion et de gros plans mais pas d’overdose pour autant ! Ces plans servent le côté malsain du film, aident à le rendre encore plus pesant. La plupart de ces plans sont sur des jeunes filles, des parties de leur corps. Il y a même un plan où l’on voit deux fillettes poursuivies par leur chien, pour jouer. (Hounds of Love, le chien, la poursuite, les jeunes filles, plan subconscient mais message clair).

J’ai vraiment trouvé le cadrage excellent, surtout lorsque la caméra devient les yeux de Vicky. Ces plans nous permettent de vraiment se mettre dans la peau de l’adolescente. Ils sont très stressants car l’action se déroule souvent hors-champs, la vue de la captive étant limitée…

Lorsqu’elle regarde le reste de la maison, sa vue est basse car elle est allongée sur le lit et limitée par le cadre de la porte. Lors du plan où elle se fait violer, son regard se perd, sa vue se trouble et elle se raccroche à la vision d’un objet aléatoire… Merveilleux plan. Plan où l’on comprenait qu’elle cherchait à s’évader, ne pas le regarder, se concentrer sur n’importe quoi d’autre pour ne pas penser au viol, ne pas penser, juste ne pas penser. Et l’effet est brillamment réussi. Un plan d’ensemble ou un gros plan sur John en contre plongée n’auraient pas eu le même effet.

Passons à l’aspect sonore ! Étant assez jeune, je ne suis pas fine connaisseuse des musiques des années 80 alors je ne me risquerais pas là-dessus. En revanche, les sons ambiants pesaient sur le film et enfonçait un peu plus l’atmosphère malsaine. Les bruits de pas très accentués, les jappements du chien sous les coups qui s’éternisaient, les coups frappés à la porte et les cris saisissants de l’adolescente. Puis les silences, les silences lourds, stressants, encore pires que tout le reste.

Esthétiquement ma note serait certainement très élevée : 4.5/5 car le film frôle la perfection dans son genre.

 

 

C’est donc un très bon film que nous a proposé Ben Young. J’espère qu’il continuera dans ce sens et nous proposera d’autres réalisations dans les années à venir. Je vais suivre également la talentueuse actrice, Emma Boothe, qui a joué son rôle de la torturée amoureuse Evelyn à merveille.

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1 Commentaire

  1. woirin

    2017-07-12 at 20 h 23 min

    ce film est génial : il évoque des scènes horribles (viols) mais sans jamais les montrer ; Les scènes de sexe ne sont jamais montrées à l’écran : les portes closes sur l’horreur ajoutées à des musiques bien choisies sont trés explicites : Par contre je ne surais expliquer totalement l’assassinat du mari par sa compagne ………….Peut-être une incohérence du film et on aurait aimé un épilogue ……………….

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