[Test] Remothered – Tormented Fathers

par Laurianne « Caduce » Angeon

[Test] Remothered – Tormented Fathers

[Test] Remothered – Tormented Fathers

Laurianne « Caduce » Angeon

C’est précisément le jour d’Halloween qu’est arrivé sur la plateforme de jeux Steam le nouveau jeu développé par les studios Stormind Games et Darril Arts, Remothered – Tormented Fathers. Directement ancré dans la culture horrifique du cinéma, et grandement inspiré de quelques œuvres cultes vidéoludiques, Remothered s’est vu greenlighté sur Steam pour proposer au joueur un Early Access de quelques mois, avant sa sortie définitive sur PC le 30 janvier prochain. Les dates de sortie pour PlayStation 4 et Xbox One sont pour l’instant encore inconnues mais devraient être communiquées en début d’année prochaine.

La bêta actuelle proposant environ les 2/3 du jeu final, VonGuru s’est proposé de visiter les recoins obscurs du manoir Felton, et de vous livrer aujourd’hui un avis sur l’accès anticipé de ce survival-horror prometteur.

 

 

Extrêmement réaliste, sanglant, oppressant… Autant de mots pour décrire les ambitions vidéoludiques des développeurs en charge de la production de Remothered – Tormented Fathers. Directement inspiré – tant dans le visuel que dans l’ambiance – des univers horrifiques du cinéma et du jeu vidéo, Remothered se propose comme un jeu de type survival-horror où la particularité de la survie ne tiendra pas dans l’affrontement mais dans la fuite. Si c’était déjà une option dans bon nombre d’opus d’horreur (les premiers Resident Evil, Silent Hill), Remothered en fait ici une religion en vous opposant à des adversaires invulnérables. Si vous aviez encore un doute, il vous faudra simplement regarder votre inventaire pour prendre conscience de son côté futile d’un point de vue défense : il vous est donc possible de vous emparer de divers objets (ciseaux, lames somme toute très superficielles) ou encore d’objets de « diversion » (une bouteille, une tasse…) qui vous permettront bien sûr de détourner l’attention de votre agresseur dans une course-poursuite folle. Bien sûr, et par pur instinct, il vous arrivera sans doute de jeter une petite tasse au visage de votre bourreau, armé quant à lui d’une faucille : inutile donc, mais toujours amusant de constater dans quels retranchements vous poussera le jeu.

 

Car Remothered joue parfaitement avec les émotions du joueur.

Les débuts du jeu, à première vue sans grande surprise, vous plongent dans la peau de Rosemary Reed, 35 ans (Clarice Starling/Jodie Foster, is that you ?) soi-disant envoyée par un institut médical pour aider le Dr. Felton au manoir qui lui sert de domicile, dans sa convalescence d’une mystérieuse maladie. Vous êtes accueillie sur les lieux par Gloria, l’infirmière chargée de veiller sur Mr. Felton lorsque son épouse – manifestement recluse dans l’une des chambres du manoir – n’est pas en mesure de s’occuper de lui. Elle vous guide vers Mr. Felton et rapidement, vous perdez votre couverture. Dans le même temps où vous interrogez le maître de maison sur la disparition mystérieuse de sa fille, Céleste, le bonhomme se braque, et Gloria vous démasque en annonçant que vous n’êtes pas envoyée par l’hôpital. Vous voilà mise dehors sans ménagement. Mais en attendant patiemment le départ de l’infirmière, Rosemary Reed s’empare de ses clés, et vous voilà à nouveau dans le manoir, à la tombée de la nuit (avec orage à l’appui, évidemment), perdue dans le gigantesque manoir Felton, à la recherche de précieux indices concernant la petite disparue. S’ensuivra une intrigue et un synopsis profond et complexe, aux allures de Rule of Rose, Clock Tower ou de Gone Home, en passant par Silent Hill et autres classiques du genre : disparitions, meurtres, fanatisme et beaucoup de sombres mystères auréolent ce nouvel opus d’horreur qui trouvera sans nul doute son public, tant sa réalisation s’avère soignée et sans concession d’un point du vue horreur et violence.

 

 

 

Dès lors, l’immersion dans l’univers horrifique se fait totale, et elle demeure franchement réussie, en contraste avec des débuts un peu routiniers et maladroits. Remothered vous propose une interface simple, dénudée de tout HUD, afin de vous proposer l’image brute, sans se soucier d’indications qui viendraient polluer l’ambiance malsaine du jeu. Dans l’immense décorum, de petits points blancs pour vous cibler les zones d’intérêt (tiroirs, tables, objets, miroirs, meubles…) où vous pourrez collecter de précieux indices pour votre enquête (si ces petits points blancs « gâchent » à première vue le suspense, force est de constater, vu l’ampleur du décor fourni et chargé, qu’ils vous seront bien utiles pour vous y retrouver un peu). De petits pictogrammes à l’approche des objets vous permettent de les saisir, ou d’interagir avec (se cacher dedans, en-dessous, attraper…). Dans une autre interface, la possibilité de revoir les indices collectés, tout comme les événements narratifs du jeu jusqu’à l’endroit où vous êtes, ou encore votre inventaire des quêtes et objectifs à atteindre. Tout est donc fait pour que Remothered ne soit qu’horreur, sans vous soucier d’artifices qui pourraient amoindrir la sensation de peur, d’oppression et d’immersion que le jeu propose. Et pour servir cela, le jeu dispose d’une bande-son extra : les bruitages, les respirations, ce manoir qui semble grincer et presque vous trahir à chaque pas que vous faites… sans oublier les effets de jump-scare, les dialogues crus… Même les vieilles chansons diffusées sur un tourne-disque évoquent un climat glauque et précurseur du pire à venir.

 

Pour vous sauver des griffes du monstre donc, beaucoup de self-control sera requis : rien ne sert de courir trop vite au risque d’alerter par le bruit de vos talons (quelle idée aussi !), de tenter de combattre Felton, ou de vous ruer vers une sortie que vous peinerez de toute façon à trouver : le manoir est un véritable labyrinthe, où chaque recoin pourrait aussi bien aboutir sur une impasse que sur une sortie potentielle. Qui plus est – et cela demeure assez agaçant au début de l’aventure – lorsque l’on se rend compte que Rosemary se déplace très (très ! Les talons, vous dis-je) lentement, là où votre vieux – mais bien en forme – bourreau vous poursuivra de façon agile, et sans relâche. Encore un aspect qui agrémentera votre aventure d’une sensation de peur latente.

 

 

Et la bêta dans tout ça ?

 

Car nous n’oublions pas que le jeu Remothered est encore actuellement à l’état d’early access, la véritable date de sortie étant prévue pour le 30 janvier 2018.

Cette bêta propose un contenu tout à fait acceptable pour un accès anticipé (plus de deux-tiers du contenu final) avec finalement assez peu de bugs. Un certain souci de maniabilité/fluidité avec les objets serait davantage à mettre au premier rang des soucis, avec une période de didacticiel sans doute trop absente pour décrire brièvement les quelques mécaniques du jeu. Rien de grave cependant, puisqu’il vous suffira d’un coup d’œil sur les différentes fonctions de controlers pour vous donner une idée de l’étendue des actions possibles. À ce sujet d’ailleurs, et pour revenir sur le sujet des contrôles, Remothered n’est pour l’instant jouable qu’en qwerty : difficile de paramétrer les fichiers de configuration du jeu pour y remédier, et il vous faudra donc, pour un confort de jeu optimal, switcher votre azerty en qwerty.

Au niveau des ajouts prévus dans la version finale, des langues supplémentaires pour les sous-titres, mais également pour la voix off et les dialogues du jeu, pour l’instant disponibles uniquement en anglais. Ceux qui auront donc acheté le jeu en early access à 12.99 euros disposeront de la mise à jour gratuite pour la version finale, commercialisée quant à elle au prix de 14.99 euros. Si le cœur – qu’il vous faudra bien accroché – vous en dit, n’hésitez pas à plonger dans le cauchemar de Remothered – Tormented Fathers qui pourrait bien devenir LA sortie horrifique en matière de jeux vidéo à ne pas manquer pour 2018.

 

 

Site officiel de Remothered – Tormented Fathers

 

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