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Interview – Angélique Filleau nous présente Streamy Kids

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Streamy Kids

Interview – Streamy Kids : la fondatrice Angélique Filleau nous présente son baladeur audio pensé pour les enfants

À l’heure où les smartphones s’invitent de plus en plus tôt dans le quotidien des enfants, trouver une alternative adaptée n’est pas toujours évident. Entre les boîtes à histoires, qui finissent par montrer leurs limites en grandissant, et les téléphones offrant un accès bien trop large à Internet, les solutions intermédiaires sont rares.

C’est justement sur ce créneau que souhaite se positionner Streamy Kids, un baladeur audio développé par ApilyTech. Compatible avec Spotify, Deezer, Amazon Music, Audible et d’autres services de streaming, il permet aux enfants d’écouter musique, histoires, podcasts et livres audio dans un environnement pensé pour eux, sans réseaux sociaux, sans notifications et sans accès libre au Web.

Pensé comme une passerelle entre la boîte à histoires et le premier smartphone, l’appareil a déjà séduit plusieurs centaines de familles lors de sa campagne Ulule et sera commercialisé à Noël 2026. Pour en savoir davantage sur la philosophie du produit, son développement et les ambitions de Streamy Kids, nous avons échangé avec sa fondatrice, Angélique Filleau.

Streamy Kids

 

Vous expliquez que Streamy Kids est né d’un besoin personnel. À quel moment vous êtes-vous dit que ce problème concernait en réalité de nombreuses familles, et qu’il méritait la création d’un produit ?

Angélique Filleau :

Le déclic, c’est ma fille. Elle découvrait des musiques à l’école et voulait les réécouter à la maison sauf que ces titres n’étaient pas sur sa boîte à histoires. Au début, je faisais le DJ pour elle. Puis elle a compris comment appuyer pour choisir ses morceaux, ensuite comment naviguer dans Spotify… et de fil en aiguille, l’air de rien, elle se retrouvait à manipuler mon téléphone, jusqu’à prendre des photos. Ça ne me plaisait pas du tout et si ça arrivait déjà à cet âge, je n’imaginais même pas la suite.

J’ai donc cherché un appareil pensé pour elle, et je suis tombée sur des forums de parents qui cherchaient la même chose que moi. C’est là que j’ai compris qu’on était nombreux dans ce cas : il n’existe plus de solution adaptée pour ces enfants, alors que nous, à leur âge, on avait notre Walkman. Aujourd’hui, on est coincés entre la boîte à histoires et le smartphone, sans rien entre les deux.

J’étais alors entre deux missions de freelance, avec les grandes vacances qui approchaient une période peu propice pour décrocher une mission. J’en ai profité pour faire une vraie étude de marché : le besoin était réel, et il n’y avait pas de réponse sur le marché.

 

Aujourd’hui, les enfants ont le choix entre les boîtes à histoires et les smartphones. Où situez-vous précisément Streamy Kids entre ces deux univers, et pourquoi pensez-vous qu’il y avait une place à prendre ?

Angélique Filleau :

Je le situe très précisément comme une passerelle. La boîte à histoires, c’est génial jusqu’à 6-7 ans. Mais après, les enfants s’en lassent : ils entrent à l’école, ils découvrent de nouvelles musiques, de nouvelles histoires, des podcasts qui ne sont pas dans le catalogue fermé de la boîte. Ces contenus, eux, sont sur Spotify, Deezer, Audible…

À partir de là, il n’y a plus rien de dédié pour eux : soit vous restez le DJ de votre enfant, soit il finit par manipuler votre smartphone ou utiliser une enceinte connectée. Et la boîte à histoires a ses limites au quotidien, dans les transports, par exemple, trimballer une grosse boîte n’a rien de pratique. Streamy Kids occupe précisément cet espace : un objet dédié à l’enfant, simple et pratique à utiliser aussi bien pour lui que pour ses parents.

 

Le produit est compatible avec Spotify, Deezer, Amazon Music et Audible. Pourquoi avoir fait le choix de s’appuyer sur les plateformes existantes plutôt que de proposer votre propre catalogue de contenus ?

Angélique Filleau :

Parce que ce n’est pas mon métier. Je viens du numérique, j’ai été développeuse, chef de projet, puis product owner. Mon travail, c’est de répondre à un besoin utilisateur, pas de produire du contenu. Spotify, Deezer, Audible, Amazon Music proposent déjà des catalogues immenses, avec énormément de contenus jeunesse : musique, histoires, podcasts, livres audio. On y retrouve d’ailleurs une grande partie des histoires que les enfants écoutaient déjà sur leur boîte, ce qui lève un vrai frein pour les parents. Vouloir recréer tout ça de mon côté n’aurait aucun sens.

Mon rôle, c’est d’être l’outil qui permet d’utiliser ces applications, que les enfants ne peuvent aujourd’hui écouter que sur une enceinte connectée ou un smartphone. Et je vais continuer à enrichir la liste des plateformes compatibles pour élargir encore le choix. Je préfère m’appuyer sur ce qui existe déjà et qui est excellent, plutôt que d’imposer un catalogue maison forcément plus pauvre.

 

Les parents sont de plus en plus attentifs à la gestion du temps d’écran. Comment avez-vous conçu l’interface pour qu’elle reste un simple outil de navigation sans créer les mécanismes de captation d’attention que l’on retrouve notamment sur les smartphones ?

Angélique Filleau :

Je ne suis pas contre les écrans, je milite pour un usage raisonné. Sur Streamy Kids, l’écran n’est qu’un outil de navigation : il sert à choisir un titre, une histoire, un podcast, et c’est tout. Une fois la sélection lancée, l’écran s’éteint. Il n’y a rien qui tourne, rien qui clignote pour rappeler l’enfant.

J’ai passé beaucoup de temps à étudier les applications pour enfants justement pour éliminer leurs biais : pas de scroll infini, pas de gamification, aucun mécanisme de captation. On a même volontairement limité la personnalisation, l’enfant choisit une mascotte et une couleur, et c’est fini. Pas de jeux, pas de récompenses, pas de badges. L’idée, c’est que l’objet reste au service de l’écoute, et jamais l’inverse.

 

Vous évoquez un environnement sécurisé. Au-delà de l’absence de réseaux sociaux et de navigateur Internet, quels sont les outils de contrôle laissés aux parents ? Peuvent-ils, par exemple, limiter le temps d’écoute, gérer les horaires d’utilisation ou sélectionner précisément les contenus accessibles ?

Angélique Filleau :

Le premier outil de contrôle, c’est le Wi-Fi désactivé par défaut. L’enfant n’accède qu’aux contenus téléchargés en amont. Les parents peuvent choisir d’activer le Wi-Fi pour une application donnée s’ils le souhaitent, par exemple avec un compte Spotify gratuit, mais on les encourage à ne l’activer que lorsque c’est nécessaire. Côté contenus, ce sont donc les parents qui décident de ce qui est disponible : ils sélectionnent, ils téléchargent, ils maîtrisent la bibliothèque de l’enfant.

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En revanche, et c’est un choix assumé, je n’ai pas voulu de minuteur ni de plages horaires imposées. Ma conviction, c’est qu’on est là pour accompagner un apprentissage progressif d’un numérique sain, pas pour transformer les parents en police du temps d’écran. Quand on interdit, on donne surtout envie d’aller contre l’interdiction. Je préfère un cadre sain et une vraie discussion parent-enfant à une contrainte technique qui frustre tout le monde. On est plus proche de l’esprit du Walkman : l’appareil reste dans le salon, un enfant ne va pas écouter des histoires jusqu’à 3 heures du matin.

 

Streamy Kids peut-il être utilisé par plusieurs enfants ? Y a-t-il plusieurs profils possibles ?

Angélique Filleau :

Aujourd’hui, Streamy Kids est pensé comme un objet personnel, pas comme un appareil multi-profils. C’est d’ailleurs un signal intéressant de la campagne Ulule : plusieurs parents ont acheté deux ou trois appareils, un par enfant, plutôt qu’un seul à partager. Ça correspond bien à la logique d’un objet qui appartient à l’enfant.

La gestion de plusieurs profils sur un même appareil fait partie des évolutions possibles, si la demande se confirme. Mais ce n’est pas la priorité de la première version : je préfère faire une chose simple et bien la faire.

 

La campagne Ulule a largement dépassé son objectif. Qu’est-ce qui vous a le plus surprise dans les retours des premiers contributeurs ? Ont-ils fait émerger des usages auxquels vous n’aviez pas pensé au départ ?

Angélique Filleau :

Ce qui m’a le plus marquée, c’est l’intensité du besoin. On a largement dépassé l’objectif, sur une période pourtant compliquée, fin d’année scolaire, kermesses, vacances, budgets serrés et avec un prix qui n’est pas un achat d’impulsion. Voir des parents en acheter deux ou trois d’un coup, ça m’a vraiment scotchée. Ça veut dire qu’ils attendaient cette solution depuis longtemps.

L’autre surprise, ce sont les demandes de plateformes. J’étais partie sur les applications les plus utilisées, et les contributeurs m’ont fait remonter des services auxquels je n’avais pas du tout pensé. Ça a directement nourri ma feuille de route : le catalogue va s’enrichir en fonction de ces retours. C’est exactement l’état d’esprit que je voulais, Streamy Kids se construit avec sa communauté, et c’est elle qui oriente une partie des priorités.

 

Développer un produit physique est un défi bien différent de celui d’un service numérique. Quelle a été la plus grande difficulté rencontrée depuis le début du projet, qu’elle soit technique, industrielle ou financière ?

Angélique Filleau :

Le plus gros défi est financier, sans hésiter. Développer un produit physique, ça demande d’investir massivement très en amont, bien avant la première vente. J’ai déjà mis énormément dans le projet, il reste des investissements à faire, et des demandes de financement sont en cours.

Il y a eu aussi un défi de crédibilité au démarrage. Je voulais au départ nouer un partenariat avec une plateforme de streaming pour proposer une interface vraiment taillée pour l’enfant. Mais ces acteurs ne travaillent qu’avec de gros comptes, je n’étais pas crédible à leurs yeux.

Ça m’a poussée à pivoter, et finalement pour le mieux : je propose aujourd’hui un catalogue plus large, en restant évidemment dans un cadre parfaitement légal.

Sur la partie industrielle, je suis très bien accompagnée par un bureau d’études habitué à faire travailler des petites startups avec des industriels, ils ont notamment collaboré avec des marques reconnues du secteur comme Lunii. C’est un vrai atout. Le nerf de la guerre reste donc l’argent, et particulièrement le marketing : le produit convainc facilement les parents dès qu’ils le découvrent, parce que c’est exactement ce qu’ils attendaient mais si personne ne me connaît, je ne vends pas. La visibilité coûte cher, et c’est là que se joue une grande partie de la bataille.

 

Streamy Kids sera lancé à Noël 2026. Avez-vous déjà une feuille de route pour les années suivantes ? Peut-on imaginer de nouvelles fonctionnalités, de nouveaux services ou même une évolution de la gamme ?

Angélique Filleau :

Oui, on a une feuille de route. La priorité des prochains mois, c’est d’enrichir le catalogue de plateformes et de garder l’appareil simple et sûr. On veut aussi continuer à simplifier la vie des parents, parce que c’est un point important pour nous : on prévoit pour l’année prochaine une application compagnon, qui leur permettra de gérer Streamy Kids directement depuis leur propre téléphone. L’enfant, lui, garde un objet volontairement simple et sans distraction, pendant que le parent pilote tout en quelques secondes de son côté.

Ensuite, oui, on imagine de nouveaux services et une évolution de la gamme. Des besoins ont émergé récemment qui débordent même le cadre strictement enfant, ce qui ouvre des perspectives assez enthousiasmantes. Mais je reste fidèle à ma ligne : chaque nouveauté devra servir un vrai usage, pas remplir une fiche produit. Pour Noël 2026, l’objectif reste clair, un produit simple, qui fait parfaitement ce pour quoi il est fait.

Streamy Kids

On remercie beaucoup et très chaleureusement Angélique Filleau pour ses réponses et on a hâte de vous parler plus en détails de Streamy Kids lors de nos sélections de Noël ! Il sera par ailleurs disponible à Noël 2026 au prix public conseillé de 149 €, avec une offre de lancement à 119 € pendant la campagne Ulule, prolongée jusqu’au 3 juillet 2026.

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