Parlement, une série Made in Europe comme on les aime 

On continue notre tour des séries avec la première saison de la série germano/franco/belge Parlement qui, comme son nom l’indique, se déroule au parlement européen à Bruxelles. Réalisé par Noé Debré, Parlement est diffusé sur France TV, disponible en replay et compte actuellement une saison de 10 épisodes, d’une grosse vingtaine de minutes chacun. Avant de commencer la critique, place à la bande-annonce !

Apprends en t’amusant !

Faire rire avec des députés européens ? Quelle idée ! On était très clairement sur un pari risqué et pourtant, France Télévisions et le scénariste Noé Debré ont su relever le défi avec brio. La première saison de Parlement, qui raconte l’initiation d’un jeune assistant parlementaire, Sami, interprété par Xavier Lacaille, qui s’est d’ailleurs vu remettre le prix du meilleur acteur par l’ACS (Association française des Critiques de Séries), à travers les méandres des institutions européennes, est sortie au mois d’avril 2020.

Pourquoi est-ce que j’en parle maintenant ? Car je viens de terminer la série, que j’ai découverte en janvier 2021 seulement ! Alors si je suis passée à côté, c’est peut-être le cas de certains d’entre vous également et la série vaut tellement le coup que je me devais de vous en parler !

Parlement

Avec Parlement, vous apprendrez au passage quelques petites choses :

  1. Les lobbyistes sont VRAIMENT de la pire espèce, et partout !
  2. Parler plusieurs langues vous sauvera la mise ;
  3. Faire voter un amendement, c’est long, compliqué et certains feront TOUT pour vous en empêcher ;
  4. OUI, les fonctionnaires européens paient des impôts, l’impôt européen même, ainsi que des cotisations sociales, prélevés directement sur leur rémunération qui s’élève à 6 824, 85 NET par mois, imposable par le fisc de leur pays de résidence (mais on ne va pas les plaindre, hein) ;
  5. Comme partout, certains sont là pour faire bouger les choses et croient en leurs causes, d’autres ont le cul bordé de nouilles, ne font rien et encaissent.

 

Samy the Shark

Reprenons. Sami, c’est le petit bleu, qui ressemble étrangement à Étienne « Ysarock » Moureton, qui débarque au Parlement européen à Bruxelles, des étoiles plein les yeux, et qui se retrouve avec Michel Specklin, député français incarné par Philippe Duquesne, qui fera tout son possible pour éviter toute charge de travail. Sami va très vite rencontrer Rose Pilkington, l’assistante parlementaire anglaise de la loufoque Sharon Redlion, pro -rexit, mais aussi Torsten Muchenstrum, alias Toto, difficile à cerner tant il est bizarre, lui aussi assistant allemand mais d’Ingeborg, celle qui fait si peur à tous, enfin presque tous. On peut aussi citer Eamon, mentor spirituel de Sami qui l’aidera toujours dans l’ombre et dont le stoïcisme vous arrachera des sourires à chaque rare petite phrases.

Sami ne connaît pas grand-chose aux institutions européennes, mais espère tout de même pouvoir compter sur son député, Michel. Par maladresse, il se retrouve chargé de faire adopter un amendement sur la pêche. Toute la saison tournera autour de son amendement, puis à comment préserver les requins, animaux les moins sexy des eaux, à éviter les stratagèmes de ceux qui ne veulent pas voir voter cet amendement etc. D’où Sami the Shark.

Parlement

Il sera aidé par Toto et Rose, des petites histoires s’ajouteront, de nouveaux rebondissements aussi, avec une formule assez simple : à chaque solution apportée, un nouveau problème se crée. Bon nombre de clichés sont présents et l’humour est clairement au rendez-vous. Dans un monde qui prépare le Brexit avec des Européens divisés sur le sujet, bien avant le/la (choisis ton camp) Covid, Parlement a été pour moi une belle parenthèse rafraîchissante qui m’a apporté une belle bouffée d’air frais.

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Alors, on aime ?

Parlement m’a fait rire du début à la fin, même les passages un peu plus creux ont su se faire apprécier. Les blagues sont drôles et bien amenées, on nous peint un décor très drôle concernant ceux qui nous dirigent, passant souvent pour des clowns intéressés, des vieux députés lassés, mais des jeunes prêts à essayer, quitte à défendre une cause qui à la base, n’était pas la leur. Bref, Parlement est une série que je vous conseille chaudement et qui se visionne très facilement. La saison 2 a d’ailleurs été annoncée, bien qu’aucune date n’ait pour le moment été communiquée.

 

Le micro-avis de Siegfried « Moyocoyani » Würtz :

Comme toujours, je suis moins enthousiaste que Macky, et comme pour 3615 Monique, je me contente de quelques mots pour vous recommander Quai d’Orsay plutôt que Parlement, puisque Parlement en est un évident dérivé… en tout de même nettement moins formidable. Rappelez-vous, Quai d’Orsay était l’histoire de ce jeune et naïf (mais compétent) responsable des langues dans un gouvernement assez aisément identifiable comme celui de Villepin, ballotté en tous sens par le comportement fantasque de ceux qui nous dirigent et les querelles de couloir des petites mains.

Quai d'Orsay

Le film, bien que réalisé par Bertrand Tavernier himself, et avec un casting en or (Thierry Lhermitte, Nils Arestrup en tête), est exceptionnellement plus faible que la bande dessinée, bien plus chaleureusement recommandable, et tout de même co-scénarisée par Abel Lanzac, c’est-à-dire… Adrien Baudry, réalisateur du Chant du Loup et bien avant cela conseiller de Dominique de Villepin, donc un homme qui connaît son sujet. L’association avec Christophe Blain (GusIsaac le Pirate), l’un des tous meilleurs auteurs complets d’art séquentiel franco-belge contemporain, est une merveille d’humour, d’autant plus mordant que les délires racontés font étonnamment vrai, et qu’en se moquant de l’importance accordée à chaque détail le plus futile… les albums parviennent aussi à les héroïser, à ironiser sur cette importance tout en en faisant sentir la grandeur.

Et c’est précisément ce qui m’a gêné dans Parlement, que l’humour prenne à ce point le pas sur le fond – finalement, vous n’apprendrez pas tant que cela sur le fonctionnement de Bruxelles et les gens qui y travaillent, sinon l’image que vous vous en faisiez probablement déjà. Il faut constater tristement que l’incursion de Tatiana Ventôse au siège du parlement est autrement plus révélatrice et même tristement amusante que toute la série, de même que la poignée de pages de Quai d’Orsay où le personnage est confronté aux rouages de l’ONU sont bien plus caustiques.

Il ne s’agit aucunement de dire que Parlement serait une mauvaise série. Elle s’appuie simplement trop sur un modèle trop évident et trop évidemment supérieur, sans que cela l’empêtre d’être parfaitement regardable dans sa mise en scène loufoque des antichambres européennes. Ce que j’en ai le plus apprécié reste le personnage d’Eamon, incarné par le délicieux William Nadylam (déjà vu dans Les Crimes de Grindelwald, et grand acteur de théâtre), un rouage un peu facile – le personnage omniscient, hiératique et philosophe, crée un décalage exagéré avec le héros un peu trop inexpérimenté et inculte, y compris en lui assénant des banalités – mais qui a souvent fait moche lors de mon visionnage.

Quai d'Orsay

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