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AMD abandonne l’affaire des processeurs Bulldozer « huit » cœurs

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AMD abandonne l’affaire des processeurs Bulldozer « huit » cœurs

AMD met fin au débat sur les processeurs Bulldozer

 

Tout commence en octobre 2011 lors de la sortie d’un processeur AMD appartenant à l’architecture Bulldozer : le FX-8150. Cette architecture était la première à offrir jusqu’à huit cœurs. Du moins c’est ce qu’AMD présente alors dans son marketing. En effet, il n’existe pas de définition légale de ce qu’est un cœur de processeur et cela pose « problème ». Le problème est le suivant : Bulldozer est une architecture qui regroupe les cœurs par paire. Dans chacun de ces groupes, il y a bien deux cœurs, mais ces cœurs partagent un certain nombre de choses et c’est là que se trouve le problème.

Ci-dessous, vous pouvez voir le diagramme d’un bloc avec deux cœurs. Le FX-8150 contient quatre de ces modules, il a donc effectivement huit cœurs physiques. Mais les auteurs de ce recours en justice argumentent en disant qu’il ne s’agit pas de huit vrais cœurs mais de quatre !

 

diagramme d'un bloc de processeur AMD FX

 

Les intervenants expliquent que les paires de cœurs partagent trop de chose pour être véritablement considérés comme indépendants. En effet, chaque paire de cœurs partage un module de recherche (Fetch), un module d’interprétation (Decode) et du cache niveau 2 (L2). Sans rentrer dans les détails techniques, ceci signifie que ces paires de cœurs ne disposent que d’un seul accès, ce qui limite les performances. Pour illustrer, représentez-vous un barrage. Si un seul tube permet à l’eau de passer, une fois le tube plein, impossible d’augmenter le débit. En revanche, si vous avez deux tubes, vous avez un débit maximum deux fois plus élevé.

Dernier élément partagé par ces paires de cœurs, l’ordonnanceur des instructions à base de virgules flottantes (FP Scheduler). Si je le mentionne séparément c’est parce que c’est surtout sur cette unité que les intervenants sont en désaccord avec AMD. Pour les plaignants, chaque cœurs se doit d’avoir sa propre unité de calcul à virgule flottante. Ils développent même en qualifiant les processeur FX de processeur avec Hyper-Threading. Pour eux, les FX ont quatre cœurs et huit cœurs logiques. C’est d’ailleurs ce que vous montrera le gestionnaire des tâches de Windows. En revanche pour CPU-Z, il y a bien huit cœurs, la question est donc belle et bien encore en débat.

 

CPU-Z considère que les FX ont 8 coeurs quand le gestionnaire des taches parle de 4 coeurs et 8 thread

 

Mais évidemment, AMD ne veut rien entendre, pour eux il y a huit cœurs physiques, c’est donc un huit cœurs, Partage d’ordonnanceur ou non. Pour leur défense, c’est un point de vue qui tient la route. Car tous les processeurs ont des structures qui sont partagées. De ce fait, pour AMD, le partage de l’ordonnanceur n’est pas un argument valable pour qualifier le FX-8150 de quatre cœurs.

Voilà donc pour le débat, du moins jusqu’à aujourd’hui, car oui, AMD a décidé d’en finir avec ce recours en s’acquittant d’un paiement de 12,1 millions de dollars ! Si cette somme peut paraître énorme, il faut néanmoins préciser deux choses. Premièrement, de par le nombre de processeur FX vendu, cette somme équivaut à verser 35 dollars par CPU auprès de 20% des acheteurs de FX. Deuxièmement, et c’est le point le plus important, en mettant fin aux recours, AMD évite une rigidification du marché. Par-là, ce qui est sous-entendu c’est que si la justice avait tranché la question ça aurait été en fixant une définition légale de ce qu’est un cœur. Une mesure radicale qui aurait eu comme effet de brider l’innovation en forçant les ingénieurs à suivre cette définition pour ne pas se voir priver du mot « cœur ».

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