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On vous annonce Winterfall, le premier jeu vidéo corse

On vous annonce Winterfall, le premier jeu vidéo corse

On vous annonce le premier jeu vidéo (indépendant) fait par un Corse, en langue corse (et sous-titré en français et en anglais).

 

 

 

 

Fattu in Corsica

Quand on m’a parlé pour la première fois de Winterfall, j’ai haussé un sourcil : je n’étais certainement pas le seul à penser que ce n’était qu’un énième jeu vidéo se lançant sur une scène indé déjà bien engorgée. Je mentirais si je disais que j’y ai cru, peut-être parce que la Corse n’a jamais porté ce type de projets, peut-être parce que nous sommes tous devenus un peu fatalistes à une époque où créer suppose de la passion certes…et un livret A bien garni (et le PEL qui suit).

Quand Fabien Mariani se lance seul et sans avoir de formations dans le jeu vidéo, je ne suis pas certain qu’il pense à cela : il ressent l’envie de jouer à une production qui lui ressemble, au jeu auquel lui aimerait jouer. Fasciné par Zelda, Ultima et les contrées de la Terre du Milieu, il imagine son oeuvre vidéoludique. Cinq années plus tard, Winterfall est une réalité : un trailer est disponible et une campagne Kickstarter sera lancée en mai. Cinq ans, beaucoup de sueur et certainement quelques (beaucoup ?) moments où on veut juste raccrocher et reprendre une vie normale. Finalement, il faut savoir se sacrifier soi-même pour qu’un projet devienne un produit, pour transformer une idée en vérité.

 

winterfall jeu vidéo

C’est quoi Winterfall ?

Mais que nous raconte Winterfall ? Le jeu met en scène le Vieux Royaume, un monde inspiré de la Corse, dont je tairai la beauté (difficile d’être objectif quand on écrit un article avec vue sur une montagne enneigée et quelques sangliers) et une narration en langue nustrale, sous-titrée en français et en anglais. Le trailer d’annonce et les screenshots laissent présager un hommage respectueux, embellissant une île nourrie par l’histoire de ses paysages ; une forêt arcboutée à une montagne où coule une rivière.

Le pari de Winterfall est risqué : amalgamer du RPG en monde ouvert à de la stratégie et de la gestion de communauté, en y incluant un éditeur de personnages et un écosystème réagissant à vos choix et vos attitudes. Un instant, vous parcourez le territoire d’Anor, un autre vous le gérez et le protégez : vous-même et votre peuple. Habiter le lieu et ne plus simplement interagir avec lui : disons-le, c’est une promesse osée. On se confond avec le décor et on parcourt des terres que l’on doit s’approprier en choisissant initialement une des trois cultures disponibles, chacune représentée par une tribu. Enfin, chaque personnage sera animé par une personnalité, une ambition et une histoire qui se développent tout au long du jeu, dans les interactions avec l’univers et les autres protagonistes. En bâtissant ce qui sera votre Sanctuaire, vous redécouvrez l’histoire d’un lieu oublié et perdu.

 

Winterfall jeu vidéo

 

Winterfall est un jeu vidéo ambitieux et en cinq ans son auteur a parcouru un chemin assez long pour savoir que le plus dur est fait et que le plus difficile reste à venir. Finaliser un projet que vous portez est un moment crucial, cet instant où il ne vous appartient plus et où le public découvre ce que vous avez bâti de vos mains.

Faire la promotion d’un jeu vidéo corse donnera le sentiment que je suis chauvin (parce que bon je suis Corse en fait). Je le suis. Nous avons à cœur, nous Corses, de montrer que cette petite île, battue par les vents, est capable du meilleur, sa « beauté primitive », comme disait Maupassant, son bouillonnement intellectuel et artistique sont des atouts pour représenter et incarner l’industrie culturelle du 21ème siècle. Winterfall est une parabole, un hommage rendu à un futur qui se dessine sous le jeu vidéo, et qui mérite d’être soutenu. Financièrement, certes, mais aussi en en parlant, en partageant votre ressenti et en lui accordant l’intérêt qu’il mérite. Winterfall est une belle idée qui deviendra, je le crois, une belle vérité.

 

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Doctorant de 25 ans travaillant sur les jeux vidéo. Passionné par la littérature, les mythes et la culture vidéoludique. Amoureux de son île, Kallisté.

Voir commentaires (2)
2 Comments
  1. ilyon

    2018-04-12 at 19 h 42 min

    Je vais les soutenir comme jamais, des compatriotes… parce que je sais que je n’aurai jamais le temps d’y jouer.

    Un bonifacien déraciné en terre bretonne.

    • Paul-Antoine « Orla » Colombani

      2018-04-12 at 20 h 39 min

      La diaspora est une des richesses de la Corse, il faut en profiter ! Je me suis rendu en Bretagne il y a quelques mois, c’est aussi une belle région. A prestu !

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