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Unlock ! : l’escape game dans votre salon

Jeux de société geek, vol.3 : Unlock !

 

Parce que de plus en plus de jeux de société adhèrent aux thématiques geek, voire s’inspirent de mécaniques de jeux vidéo (après en avoir favorisé l’émergence), et parce que plusieurs d’entre vous les pratiquez assurément avec autant de passion que nous, il semblait essentiel de vous en présenter enfin quelques-uns ! Après Sherlock Holmes, Détective conseil et Mechs vs. Minions, voici la nouvelle curiosité que nous vous invitons à découvrir, Unlock !

Parmi les jeux de société dont il était indispensable de vous proposer un aperçu, Unlock! se distinguait nettement : le succès croissant des escape game apparaît depuis quelques années comme l’un des phénomènes geek les plus originaux, et la tentative d’en transformer l’expérience en jeu de société avait de quoi attirer l’attention. Comment en effet transposer chez vous un concept dont le principe-même est l’enfermement dans une pièce dont vous ne connaissez pas l’organisation et dont vous devez déceler les secrets, et cela simplement avec un deck de cartes et une application ?

C’est donc la société Space Cowboys qui s’est lancée dans ce défi passionnant pour des développeurs de jeux de société, forte de son expérience dans le jeu d’enquêtes : Sherlock Holmes, détective conseil, dont on vous parlait dernièrement; c’était déjà eux, comme T.I.M.E. Stories qui en était une version plus gamifiée (un scénario plus rocambolesque, des règles changeantes, des cartes…).

On pourrait vous détailler les trois scénarios actuellement disponibles, vous donner les spécifications habituelles de temps et d’âge, vous expliquer longuement les règles, mais il nous a semblé plus intéressant d’interviewer directement les trois explorateurs de l’impossible que vous serez amenés à incarner !

Profil des explorateurs d’Unlock

Bonjour à tou.te.s et merci d’avoir répondu à notre invitation, à peine rentré.e.s de votre aventure, pour nous parler des épreuves que vous venez de surmonter ! Compte tenu de la diversité de vos profils, pourriez-vous vous présenter, et nous raconter comment vous vous êtes retrouvé.e.s embarqué.e.s dans ce piège diabolique ?

L’espionne : j’ai été mandatée par le Département* – ne me demandez pas quel Département, l’information est confidentielle – pour retrouver le Dr. Hoffmann* (c’est évidemment un pseudonyme, je ne suis pas autorisée à divulguer son vrai nom), un éminent chimiste travaillant pour l’État sur le projet ultra-secret dit MK-053*, que l’on pourrait officiellement comparer à un sérum de vérité. Au cours de mon enquête, j’ai vite découvert grâce à l’alliance de mes intuitions et des gadgets sophistiqués à ma disposition, que tous les indices indiquaient un repaire caché sous les rails du métro (Classifié) de New York*. Une fois descendu par la trappe, je me suis retrouvée seule, sans gadgets, sans aide et sans possibilité de revenir en arrière…

Le héros : le monde était en danger. Notre grand ennemi de toujours, le diabolique Professeur Noside, préparait quelque chose, Nous le sentions, et armés de Notre audace et de Notre courage, de Notre force et de Notre astuce légendaires, Nous retrouvâmes le quartier-général depuis lequel il s’apprêtait à détruire le monde connu. Il ne Nous fallut pas longtemps pour nous rendre compte que la maison en apparence vide recelait en fait des pièces dissimulées à la vue du commun, et Nous sautâmes volontairement et de Notre plein gré dans une trappe dont Nous savions très bien qu’elle s’ouvrirait sous Nos pieds. Nous n’avions aucune raison de craindre l’enfermement dans une pièce obscure, incapable de communiquer avec l’extérieur : pourquoi en aurions-nous eu besoin, notre héroïsme et notre certitude invincible qu’une fois encore, le Bien triompherait, suffisaient amplement à nous rassurer, même en connaissant la perfidie de l’infâme Noside et son inventivité insensée dès lors qu’il s’agissait de concocter les pièges les plus inattendus et les plus subtilement mortels…

L’exploratrice : quand l’aventure appelle, il est impossible de reculer. Et quand le milliardaire Archibald Goorse, immense collectionneur de curiosités archéologiques provenant de tous les temps et de tous les lieux, vous invite sur son île privée des Bahamas, vous ne pouvez pas refuser. Même quand le motif de l’invitation est flou, et l’île perpétuellement fermée à l’exploration par les tempêtes. Au contraire, le danger et le mystère étaient l’encouragement le plus décisif à me lancer dans l’aventure. Évidemment, le biplan nous transportant, mon équipe et moi, était vite devenu incontrôlable, et dans la panique certains sautèrent en parachute tandis que d’autres préférèrent prendre le risque de rester dans l’avion. Quand nous avons retrouvé conscience et que le temps s’est soudain calmé, comme par enchantement, nous étions divisés en deux, une partie de l’équipe s’étant retrouvée en pleine jungle tandis que l’autre s’était réveillée sur la plage. Notre équipement était inutilisable, nous ne pouvions même plus communiquer… L’expérience et la curiosité nous indiquaient cependant que la grande pyramide qui se dessinait à l’horizon serait le point de rencontre le plus logique, et nous savions que nous pouvions faire confiance à nos intuitions pour retrouver dans les objets disséminés sur notre route de quoi résoudre ce palpitant mystère.

 

À vous entendre, on se dit qu’on ne parviendrait jamais à reproduire vos exploits ! Il faut que vous narriez à nos lecteurs votre initiation ! Vous avez tou.te.s suivi la même, l’avez-vous estimée suffisante pour vous préparer à ce que vous avez ensuite affronté, ou vous a-t-elle d’emblée découragé par sa difficulté ?

 

L’espionne : le plus souvent, avant une mission top secrète*, on reçoit des pages et des pages de dossiers d’instructions*, qui n’ont même pas besoin d’être biffés et censurés pour être d’une lecture très fastidieuse…

Le héros : le genre d’affreux bouquin qui inspire l’envie de refuser l’aventure – et pourtant Nous aimons l’aventure, et Nous ne voudrions pour rien au monde renoncer à sauver le monde une fois de plus ! Mais quand il faut avant cela vous infliger un livre inutilement compliqué, qui ose parfois même Nous indiquer les stratégies les plus à même de vaincre le Mal, cela casse bien du plaisir…

L’exploratrice : …et cela dissipe une part du mystère dont la mission est heureusement enveloppée, sans que vous ayez le plaisir de le dissiper vous-même. Quel bonheur donc que de se voir proposer une petite mission d’initiation, juste assez élaborée pour que vous compreniez à quoi vous attendre, et juste assez simple pour que vous ayez le plaisir de saisir tout seul les règles, qui émergent d’elles-mêmes des éléments à votre disposition.

L’espionne : je me suis ainsi vraiment formée sur le terrain avec cette mission extrêmement courte – on vous accorde dix minutes, qui sont plus que suffisantes, pour sortir d’une pièce avec un minimum d’équipement à votre disposition, ce qui vous aide également à ne pas vous dissiper. On ne le croirait pas, mais quand vous possédez des stylos à encre et à laser, du papier ultra-coupant en fibre de carbone, un briquet-grenade (mais qui ne fait pas briquet, trop dangereux pour un espion de vraiment fumer), des boutons de manchette-sonar, des lunettes de soleil à rayons X et des chaussures avec skis déployables, bref la base de la base, on perd beaucoup de temps à se demander ce qui serait le plus utile dans une situation donnée.

Le super-héros : inutile d’être aussi intelligent et habile que Nous, un simple regard permet d’embrasser tous les problèmes à résoudre, et la personne la plus dénuée de charisme et de célébrité saisit ce qui peut être assemblé et ce qui peut constituer un code.

 

 

Une formation courte mais intense en somme. Pourtant, on a du mal à croire que vous ayez réussi seul.e.s des enquêtes et une exploration aussi périlleuses, pourriez-vous nous parler des aides que vous avez pu recevoir et de votre équipement ?

Le héros : ce lâche de Professeur Noside n’a pas daigné se montrer pour affronter directement la Force incroyable de Nos Poings de fer. Plutôt qu’un affrontement, la mission consista donc dans une coopération avec Notre fameux sidekick. Il va de soi que Nous n’en avions pas réellement besoin, et que l’aventure eût été aussi rondement menée seul ! La compagnie ajoute cependant un plaisir estimable, et offre l’honneur et la dignité ineffables d’assister à Nos exploits.

L’exploratrice : ce qui est beau dans l’aventure, c’est que toute catastrophe a son bon côté de la médaille : la division de mon équipe en deux sections nous fut extrêmement bénéfique dès lors que nous pûmes enfin communiquer les uns avec les autres. C’est pourquoi il aurait été impossible que je sois seule, cependant chaque partie de l’équipage aurait pu compter un ou plusieurs membres. J’étais personnellement accompagnée d’un inestimable confrère, et l’autre équipe était également constituée de deux membres, multipliant les perceptions et les intuitions, et favorisant grandement la fouille que nous pouvions donc partager. Même à quatre, nous n’étions pas un de trop, mais on peut penser qu’à partir de cinq ou six membres en tout, nous aurions fini par perdre plus de temps que nous n’en aurions gagné. Si cela dépend naturellement de la personnalité des membres en question, il faut prendre en compte le risque de se marcher sur les pieds, d’être empêché par ses compagnons de bien voir tous les éléments découverts, et de ne plus pouvoir faire entendre sa voix.

L’espionne : je ne pourrais être plus d’accord. Alors que j’avais fait le choix de mener ma mission en solitaire, pour limiter les éventuelles pertes et éviter le risque de court-circuitage et de trahison inhérent à tout duo, un autre point de vue aurait régulièrement pu m’aider, pour résoudre les énigmes auxquelles j’étais confrontée comme pour retrouver les objets disséminés dans les coins les plus invisibles des pièces fouillées. Quand je me sentais dans l’impossibilité de progresser, je devais donc utiliser mon smartphone* (obligatoire pour toute bonne enquête) et son application confidentielle Unlock*, dont la capacité d’analyse environnementale confine au génie : il suffit en effet de sélectionner un objet ou une énigme posant problème pour qu’elle vous mette sur le bon chemin.

L’exploratrice : l’application Unlock est donc à utiliser avec parcimonie : quel plaisir y a-t-il à découvrir des secrets, et à inspecter des sites mystérieusement vidés de toute présence humaine si en quelques secondes un appareil vous donne toutes les réponses ?

Le héros : notre humilité infinie Nous contraint d’admettre le besoin d’un smartphone, sans lequel Notre aventure aurait été moins héroïque. Nous avons alors bien dû faire attention à nous équiper d’un smartphone de technologie Android ou iOS, l’application Unlock ! n’étant pas (encore ?) compatible avec les systèmes Windows Phone ou Amazon par exemple. Des hommes aussi communs que vous devriez apprécier la possibilité que l’application analyse seule votre progression pour vous envoyer quand elle le juge nécessaire un indice pour vous aider à progresser. Les véritables Héros, plus soucieux de se mesurer à Nous et d’admirer leur puissance, seront heureux d’avoir accès à un score et au nombre d’erreurs commises !

 

 

Vous nous parlez beaucoup des énigmes que vous avez dû résoudre, pouvez-nous nous en dire plus, peut-être même nous en donner un exemple sans trahir leur mystère, et nous parler de leur difficulté ? Diriez-vous qu’un esprit logique imparable et un génie mathématique sont indispensables ?

L’espionne : pour mieux comprendre le défi que nous avons tous trois dû surmonter, vous devez comprendre qu’un délai d’une heure nous était imparti pour chaque mission, et que des bases de calcul mental peuvent être précieuses pour grapiller quelques secondes par-ci par-là, assez pour faire la différence. Si j’ai réussi avec assez peu d’indices (mais quelques indices tout de même) à remonter la piste du Dr. Hoffmann et à retrouver la formule du sérum, j’ai cru comprendre que certains de mes collègues avaient davantage peiné.

Le héros : il aurait été manifestement curieux de confier à Notre bravoure une énigme accessible aux plus misérables. Nous anticipions la fourberie de Noside, et en cela Nous n’avons pas été déçus : l’insatisfaction d’avoir déjoué ses plans en plus d’une heure et le désagrément d’avoir dû faire aider notre brillant esprit par des indices quand Nous ne comprenions simplement plus que faire des éléments à Notre disposition (particulièrement à cause d’une chose immonde qui était fort bien cachée) furent tout de même compensés par la joie finale d’une victoire éclatante des forces du Bien incarnées par leur plus ardent défenseur !

L’exploratrice : une exploration ne serait pas une partie de plaisir si la toutes les réponses nous étaient apportées sur un plateau. En l’occurrence, c’est plutôt le contraire même qui se produisit, puisque même à quatre explorateurs il nous fallut l’aide automatique, plusieurs indices, et une bonne heure et demie pour percer les secrets de l’île… et la fuir. Cela aurait pu nous rendre amers, si ces énigmes n’avaient si bien prouvé l’ingéniosité de leur artisans (sans doute des populations de migrants mayas), au point que la logique et un esprit bien réveillé laissaient comprendre les éléments qu’il fallait réunir, et la méthode permettant de décoder les nombreux codes présents. Il faut quand même avouer que le moment où les deux parties de la mission doivent s’aider sans rien se montrer était curieusement retorse et moins agréable… heureusement qu’elle n’était pas bien longue, et que ce déplaisir momentané a été compensé par l’heureuse surprise d’une mission finale additionnelle que je vous laisse découvrir ! Et j’ai aimé redécouvrir l’indispensable précaution qui distingue l’explorateur aguerri de l’aventurier téméraire (qui devient vite un aventurier mort) : à chaque fois que l’un de nous cherchait sans réfléchir à assembler ensemble deux objets n’ayant aucune relation logique, nous subissions une pénalité de temps conséquente, comme quand nous entrions un code faux. Hâtez-vous, mais lentement !

 

 

Vous paraissez tous.tes trois être ressorti.e.s de l’expérience agréablement exténué.e.s, heureux.ses de ce que vous avez réussi à accomplir avec vos méninges, et ce, malgré l’aide dont vous avez parfois eu besoin. En conséquence, estimez-vous que l’investissement en énergie et en moyens consenti pour préparer la mission en valait la peine, ou y réfléchiriez-vous à deux fois si vous deviez le décider à nouveau ?

L’exploratrice : vous devez vous rendre compte qu’on ne redécouvre pas deux fois le même fossile : une fois le mystère de l’île résolu, je ne vois pas pourquoi j’y retournerais, ou alors en attendant assez longtemps pour être sûre d’avoir bien oublié les emplacements et le fonctionnement de tous les mécanismes, si cela arrive un jour… Vu la faible refaisabilité des missions, et leur concision, on pourrait se dire que leur préparation est excessivement coûteuse

L’espionne :  vous devez cependant reconnaître que l’ensemble des trois missions, plus le tutoriel, ne revient finalement qu’au même prix qu’un escape game en salle, soit une trentaine d’euros (et pour plusieurs joueurs, contre trente euros par joueur !). Certes, l’ambiance est moins immersive à cause de la virtualité des objets, mais la tension est bien là, les énigmes variées, chaque mission est élaborée par des mains et des esprits différents et possède donc son propre cachet… Et surtout, c’est une expérience que l’on peut faire vivre à d’autres espions, en prêtant les informations de mission voire en les guidant nous-mêmes plutôt que de les laisser se fier à l’application*. Être une fois M* et Q* à la fois plutôt que sans cesse 007* ajoute une diversité agréable ! Sans compter qu’en escape room, votre mission finit en une heure, quel que soit votre avancement, alors que vous êtes libres ici de prendre plus de temps. Vous vous sentirez pénalisés par le déplaisir de continuer malgré la fin du chronomètre, et par un score stigmatisant le dépassement, mais vous aurez la satisfaction fondamentale d’être allé au bout !

Le héros : puisque c’est évidemment à Notre éminence qu’il revient de conclure cet entretien, il faut que Nous vous livrions un renseignement que la faillibilité de mes collègues leur a visiblementfait omettre : une quatrième mission, d’une demi-heure, « L’Élite », est disponible gratuitement en print’n play sur le site de l’agence inter-galactique Space Cowboys, et à cette infiltration dans un casino on peut ajouter deux extensions démo au moins, « La Cinquième Avenue » et « Le Temple de Râ », dont la première est déjà accessible, sans même parler des nouvelles boîtes de jeu au contenu inédit, donc une prochaine ne tardera pas à paraître, vous offrant la possibilité de monter à bord du Nautilus, de visiter un manoir hanté et d’explorer une crique peuplée de pirates ! Vous n’en avez pas fini de vous prouver votre intelligence et de sauver le monde !

 

(image non définitive postée sur trictrac)

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