Top des meilleurs films depuis 2000 par la BBC : notre avis

Top des 102 meilleurs films depuis 2000 : les avis de toute la Cleek !

 

Faut-il des tops des meilleurs films de tous les temps ? Par Moyocoyani

 

Lucile « Macky » Herman nous partageait, dans une brève récente, la liste des 100 meilleurs films depuis l’an 2000, érigée par la BBC qui compulsait ainsi les avis de 177 critiques et universitaires du cinéma. On passera sur le caractère très vague de ces désignations, et donc du jury sollicité, pour nous interroger sur l’intérêt d’une telle liste, à une époque où chaque institution et chaque personne a son « top » et les moyens de le partager massivement. Une époque également où la demande pour ces tops est très grande, et où les classements des meilleurs films de tous les temps sur allociné ou IMDb par exemple sont extrêmement consultés par des gens aussi avares de parachever leur culture que de simplement en connaître les titres.

Ces deux agrégateurs ont la particularité – comme senscritique, rottentomatoes, metacritic… – de proposer des tops automatiques, c’est-à-dire que les films y sont listés en fonction de leur note, qui est la moyenne de toutes les notes attribuées par leurs lecteurs. Le top automatique contourne les plaisirs coupables ou les oublis, les barrières qu’aurait posé un choix conscient et public, tout spectateur n’ayant pas nécessairement à l’esprit tous les films marquants vus dans sa vie et pouvant même oublier les plus marquants (essayez de faire un top 10 de vos films préférés, vous verrez qu’il vous faudra plus de cinq minutes !). Impossible également d’occulter telle comédie, tel film blockbuster très populaire devant lequel on aurait passé un excellent moment tout en admettant qu’il n’était pas si fin ni subtil.

Mais de la même manière, le top automatique peut ne pas être représentatif d’un véritable avis, d’une véritable préférence : un critique qui aurait été heurté des maladresses d’Interstellar mais aurait passé un bon moment sans accroches devant Fast and Furious 7 pourrait donner une meilleure note à ce deuxième film, et dans son top des meilleurs films ne mentionner que le premier. Est-ce de la mauvaise foi, ou le fait que l’appréciation d’un film ne passe pas que par une vague impression globale synthétisée en une courte note, voire que comparer les notes n’a pas toujours grand sens et n’est pas toujours aussi révélateur des goûts d’une personne qu’on le penserait a priori ?

Le choix conscient n’est pourtant pas parfait, pour les raisons mentionnées. Il a ses avantages et ses inconvénients, en plus, s’il est public, d’un certain snobisme pour ne pas aller dans le courant de la masse, s’il est anonyme d’être fait un peu à la va-vite, sans réel souci de se souvenir de tous les films vus dans une longue vie…

Et on peut toujours se demander si les critiques ayant collaboré volontairement à une liste peuvent revenir sur leur choix en voyant la liste finale, qui peut leur rappeler un titre qu’ils auraient oublié et qu’ils voudraient valoriser, ou leur donner envie de soutenir un autre film qui ne serait pas assez bien placé. Sans doute pas, et pourtant, qui pourrait dire s’il s’agirait d’un recul bénéfique à la liste ou du mouvement subjectif et spontané qu’il faudrait justement éviter ?

Impossible, donc, de dire quelles listes sont mauvaises ou bonnes : au moins celles des personnalités et critiques qu’on apprécie ont-elles la curiosité de nous aider à comprendre leur parcours, et d’être subjectivement cohérentes, là où l’amalgame de millions d’avis publics, et même d’une centaine d’avis critiques, automatique ou conscient, peut autant être perçu comme un enrichissement que comme un appauvrissement.

Pas meilleure qu’une autre, pas pire qu’une autre, la liste proposée ici par la BBC a du moins l’intérêt de se focaliser sur les films des seize dernières années. Cela lui permet d’éviter les éternelles questions des places du Parrain, de Citizen Kane et des Evadés, les oublis de films trop anciens, ou que les critiques jugeraient trop obscurs pour estimer nécessaires de les choisir plutôt que d’autres, et la présence de trop nombreux films méconnus du grand public, qui lui éviteraient tout intérêt pour la liste.

Elle doit donc être prise pour ce qu’elle est, comme tout top : le reflet imparfait, mais pas dénué de sens, d’une qualité subjective reconnue par une collectivité de « connaisseurs ».

Ce top des meilleurs films des seize dernières années sera enrichi par l’avis de quelques rédacteurs de Cleek, libres d’y apposer une marque (♥ pour un gros coup de cœur, si original, ??? pour un film dont nous ne comprenons pas trop la présence dans un top, mais pourquoi pas, tous les goûts sont dans la nature, ⇓ pour un film dont nous désapprouvons férocement la présence et l’existence) voire d’exprimer un rapide avis. Aucun n’a vu tous les 102 films listés ici (il m’en manque personnellement dix-huit si j’ai bien compté), et en conformité avec ce qui était dit dans l’article définissant la position du critique, aucun ne prétend à une quelconque vérité  « absolue ». Tous cependant nous espérons que cette addition subjective donnera du relief à cette liste et la rendra plus intéressante à consulter.

 

Classement et avis

 

100. Toni Erdmann (Maren Ade, 2016) ⇓ Moyocoyani : Sorti quelques jours à peine avant l’établissement du top, Toni Erdmann y fut intégré in extremis suite à l’excitation universelle qu’il produisit, non seulement sa diffusion dans nos salles obscures, mais déjà à Cannes. Si le film est indéniablement de bonne facture et réussit le pari rare de ne pas ennuyer pendant deux heures 40, cette durée exponentielle ne me paraît pas justifiée pour un film à thèse, bâti entièrement autour d’une morale estimable certes,  de « vieux con » quand même : pauvre génération qui ne s’épanouit pas en allant travailler aux quatre coins du monde pour faire fructifier l’argent des autres, pourquoi ne pas tout plaquer, retrouver tes racines et réapprendre à rire et à aimer ? Mon sentiment fut exactement le même devant le film que devant une personne qui m’aurait posé la question en face : plus d’embarras pour celui qui a proféré cette parole naïve et mièvre que d’intérêt ou surtout d’émotion.
100. Requiem for a Dream (Darren Aronofsky, 2000)⇓ Lenvy : Requiem for a Dream est un film techniquement bien réalisé mais qui, une fois dépouillé de tous ses artifices et de son excellente bande originale, demeure un petit film plutôt surfait qui cherche plus à choquer les esprits plutôt que de proposer une vraie vision de cinéma sur un sujet pourtant propice aux idées de mise en scène

♥ Caduce : Requiem for a Dream, c’est un peu la découverte choc quand on est adolescent. Sans aller jusqu’à dire que le film est exceptionnel, il demeure une bonne piqûre de rappel pour se souvenir des risques liés aux addictions diverses, avec en prime, une musique cultissime.
100. Carlos (Olivier Assayas, 2010)
99. Les glaneurs et la glaneuse (Agnès Varda, 2000)
98. Ten (Abbas Kiarostami, 2002)
97. White Material (Claire Denis, 2009)
96. Le Monde de Nemo (Andrew Stanton, 2003)  ♥ Macky
95. Moonrise Kingdom (Wes Anderson, 2012)
94. Let the Right One In – Mørse (Tomas Alfredson, 2008) ♥ Moyocoyani ♥ Caduce
93. Ratatouille (Brad Bird, 2007)
92. The Assassination of Jesse James by the Coward Robert Ford (Andrew Dominik, 2007)
91. Dans ses yeux (Juan José Campanella, 2009) ♥ Moyocoyani
90. Le Pianiste (Roman Polanski, 2002)
89. La Femme sans tête (Lucrecia Martel, 2008)
88. Spotlight (Tom McCarthy, 2015) ⇓ Moyocoyani
87. Le fabuleux destin d’Amélie Poulain (Jean-Pierre Jeunet, 2001) ♥ Macky
86. Loin du Paradis (Todd Haynes, 2002)
85. Un Prophète (Jacques Audiard, 2009)
84. Her (Spike Jonze, 2013) ♥ Caduce
83. A.I. Intelligence artificielle (Steven Spielberg, 2001) ⇓ Moyocoyani
82. A Serious Man (Joel and Ethan Coen, 2009)
81. Shame (Steve McQueen, 2011 ♥ Caduce : Bon ok, traîter du souci de l’addiction sexuelle en mettant à l’affiche un Michael Fassbender aussi élégant que sexy n’était sans doute pas la meilleure manière de nous dépeindre le côté le plus glauque de la situation. Néanmoins et malgré quelques niaiseries, le film laisse transpirer ce malaise latent, cette vie omnubilée par le sexe, destructive et malheureuse. Beaucoup de nuances pour un film plutôt réussi.
80. Le Retour (Andrey Zvyagintsev, 2003) ♥ Moyocoyani ♥♥ Lenvy
79. Presque Célèbre (Cameron Crowe, 2000)
78. Le Loup de Wall Street (Martin Scorsese, 2013) ♥♥ Macky   Je lâche un petit cœur, parce que la réalisation et l’histoire des personnages est top. Malgré cela, et c’est finalement le signe d’un film qui marque, je n’ai rarement été aussi mal à l’aise devant un film, tant l’opulence et la bêtise y sont retranscris de façon malsaine.
77. Le Scaphandre et le Papillon (Julian Schnabel, 2007) ♥ Lenvy
76. Dogville (Lars von Trier, 2003) ♥♥ Caduce
75. Inherent Vice (Paul Thomas Anderson, 2014) ?? Moyocoyani
74. Spring Breakers (Harmony Korine, 2012)
73. Before Sunset (Richard Linklater, 2004) ?? Moyocoyani
72. Only Lovers Left Alive (Jim Jarmusch, 2013) Il y a longtemps que je souhaite écrire un article sur les films de vampire « différents », catégorie dans laquelle j’inclus autant le superbe Let the right one in (Morse en France, également présent dans la liste) qu’Only Lovers left alive. S’il s’est immédiatement imposé comme l’un de mes films préférés, c’est par son intelligence dans un genre qui ne nous avait pas habitué à l’originalité, son casting extraordinaire (le génial Tom Hiddleston, Tilda Swinton, Mia Wasikowska) si bien mis en valeur, son ambiance, son esprit, son romantisme, sa musique… Irrésistible.
71. Tabou (Miguel Gomes, 2012)
70. Stories We Tell (Sarah Polley, 2012) ♥ Moyocoyani
69. Carol (Todd Haynes, 2015) ?? Moyocoyani
68. La Famille Tenenbaum (Wes Anderson, 2001)
67. Démineurs (Kathryn Bigelow, 2008)
66. Printemps, été, automne, hiver… et printemps (Kim Ki-duk, 2003)
65. Fish Tank (Andrea Arnold, 2009)
64. La grande bellezza (Paolo Sorrentino, 2013) Le festival de Cannes 2013 fut à mon avis la meilleure année du festival depuis et pour longtemps, en même temps que son édition la plus décevante : en plus d’être conquis par Ma Vie avec Liberace, Only God Forgives, Jimmy P., j’y découvris quelques-uns de mes films préférés, Only Lovers left alive, également dans la liste, La Vénus à la fourrure, et La grande bellezza…dont aucun ne figura au palmarès ! Le film de Sorrentino n’est pas qu’une ode à Rome, c’est le plus beau film sur l’existence à avoir jamais été réalisé, une célébration de la beauté profitant d’une profondeur inédite dans son traitement aussi cynique qu’émerveillé de l’art, de la religion, de l’âge… Une expérience esthétique qui n’a pas besoin de sacrifier sa narration, bref, un film total comme je n’en ai jamais vu d’autre. 
63. Le Cheval de Turin (Béla Tarr and Ágnes Hranitzky, 2011)
62. Inglourious Basterds (Quentin Tarantino, 2009) Qu’un seul Tarantino soit cité parmi les 102 meilleurs films depuis 2000 passe encore. Son cinéma n’est pas consensuel et peut être méprisé comme populaire, surtout après les audaces de Reservoir Dogs et Pulp Fiction. Mais si un seul doit être retenu, je penserais bien plus spontanément à Django Unchained qu’à Inglorious Basterds, qui ressemble à un raté dans la production de Tarantino tant il avait le potentiel pour devenir son film le plus emblématique, avant de se perdre en maladresses de rythme, digressions narratives presque ennuyeuses, interprétations anecdotiques… C’est le fait qu’après Inglorious Tarantino ait réalisé Django qui rappelle son génie en montrant sa capacité à retrouver l’énergie qu’on lui croyait perdue, dans un film à la linéarité et la force remarquables. ♥♥ Niks ♥♥ Lenvy ♥ Caduce
61. Under the Skin (Jonathan Glazer, 2013)
60. Syndromes and a Century (Apichatpong Weerasethakul, 2006)
59. A History of Violence (David Cronenberg, 2005) ♥ Moyocoyani
58. Moolaadé (Ousmane Sembène, 2004)
57. Zero Dark Thirty (Kathryn Bigelow, 2012) Film qui m’a ennuyé à un point assez incroyable, je comprends qu’il puisse être encensé par la critique mais méfiance néanmoins, le film est assez particulier avec un rythme assez inégal. Zero Dark Thirty est un film ultra documenté sur la traque de Ben Laden, et passionnant dans sa restitution fidèle d’un processus de recoupements de renseignements qui s’est étalé sur plusieurs années. On a beau connaître l’issue du film d’avance, on ne peut s’empêcher d’avoir le cœur qui bat face à un récit doté d’une tension palpable.
56. Les Harmonies Werckmeister (Béla Tarr, réalisateur ; Ágnes Hranitzky, co-réalisateur, 2000)
55. Ida (Paweł Pawlikowski, 2013)
54. Il était une fois en Anatolie (Nuri Bilge Ceylan, 2011)
53. Moulin Rouge ! (Baz Luhrmann, 2001) ♥ Macky ?? Moyocoyani  Un des rares films d’amour, avec Love Actually, que j’ai pu apprécier. Beaux décors et somptueuses musiques pour une histoire vue et revue… mais, ça marche pour moi ! Roooooooxane… 
52. Tropical Malady (Apichatpong Weerasethakul, 2004)
51. Inception (Christopher Nolan, 2010) ♥ Moyocoyani ♥ Macky ♥ Caduce
50. The Assassin (Hou Hsiao-hsien, 2015)
49. Adieu au langage (Jean-Luc Godard, 2014) ♥ Moyocoyani
48. Brooklyn (John Crowley, 2015) ⇓ Moyocoyani
47. Leviathan (Andrey Zvyagintsev, 2014) ♥ Moyocoyani
46. Copie conforme (Abbas Kiarostami, 2010)
45. La Vie d’Adèle (Abdellatif Kechiche, 2013) ⇓ Moyocoyani 
44. 12 Years a Slave (Steve McQueen, 2013) ⇓ Moyocoyani ⇓ Niks ♥ Lenvy
43. Melancholia (Lars von Trier, 2011) ♥ Caduce
42. Amour (Michael Haneke, 2012) Un film dont on ne ressort pas indemne.
41. Vice versa (Pete Docter, 2015) ⇓ Moyocoyani ⇓ Niks ⇓ Lenvy ⇓ Caduce
40. Brokeback Mountain (Ang Lee, 2005) ♥ Moyocoyani ♥ Macky
39. Le Nouveau Monde (Terrence Malick, 2005)
38. La Cité de Dieu (Fernando Meirelles and Kátia Lund, 2002) ♥ Moyocoyani
37. Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures (Apichatpong Weerasethakul, 2010) ?? Moyocoyani
36. Timbuktu (Abderrahmane Sissako, 2014) ⇓ Moyocoyani
35. Tigre et Dragon (Ang Lee, 2000)
34. Le Fils de Saul (László Nemes, 2015) ♥ Moyocoyani
33. The Dark Knight (Christopher Nolan, 2008) ♥ Moyocoyani ♥ Macky ♥ Niks  ♥ Lenvy ♥♥ Caduce
32. La Vie des Autres (Florian Henckel von Donnersmarck, 2006) ♥ Moyocoyani ♥ Macky ♥♥ Niks ♥♥ Lenvy
31. Margaret (Kenneth Lonergan, 2011)
30. Oldboy (Park Chan-wook, 2003) ♥ Macky ♥ Lenvy ♥♥ Caduce 
29. WALL-E (Andrew Stanton, 2008) ♥ Moyocoyani Rassuré de voir Wall-E à la plus haute marche du classement des Dinsey/Pixar. Par contre, je suis assez dubitatif de la présence de Némo ou encore Ratatouille ainsi que Vice Versa que je trouve seulement passables.
28. Parle avec elle (Pedro Almodóvar, 2002)
27. The Social Network (David Fincher, 2010) ♥ Macky ♥ Niks ⇓ Lenvy ⇓ Caduce
26. La 25ème heure (Spike Lee, 2002)
25. Memento (Christopher Nolan, 2000) ♥ Moyocoyani ♥ Macky ♥ Caduce
24. The Master (Paul Thomas Anderson, 2012) ?? Moyocoyani
23. Caché (Michael Haneke, 2005) ⇓ Lenvy
22. Lost in Translation (Sofia Coppola, 2003) ⇓ Lenvy
21. The Grand Budapest Hotel (Wes Anderson, 2014)
20. Synecdoche, New York (Charlie Kaufman, 2008)
19. Mad Max: Fury Road (George Miller, 2015) ♥ Moyocoyani ⇓ Macky ♥ Niks ♥♥ Lenvy ♥ Caduce
18. Le Ruban blanc (Michael Haneke, 2009) ♥ Moyocoyani
17. Le Labyrinthe de Pan (Guillermo del Toro, 2006) ♥ Moyocoyani ♥♥ Lenvy Caduce
16. Holy Motors (Leos Carax, 2012) ♥ Moyocoyani
15. 4 mois, 3 semaines, 2 jours (Cristian Mungiu, 2007)
14. The Act of Killing (Joshua Oppenheimer, 2012) Le top de la BBC pourrait n’être remarquable que pour cette sélection : enfin un documentaire dans un top cinématographique, et quel documentaire ! Bien loin du stéréotype du documentaire avec la narration en voix-off d’un vieux jetant un regard nostalgique sur ses congénères et sa planète sur une musique tire-larmes, le réalisateur va ici interviewer les bourreaux des massacres de 1965 en Indonésie, dans l’ensemble très bien intégrés encore à la société et ne manifestant aucun regret des exécutions sanguinaires qu’ils ont personnellement perpétrées par dizaines et n’hésitent pas à rejouer devant nos yeux aussi horrifiés que stupéfaits qu’un documentaire puisse avoir une telle puissance. A regarder avec son complément et sa suite, l’indispensable Look of silence.
13. Les fils de l’homme (Alfonso Cuarón, 2006) S’il y a bien un film qui m’a marqué dans ce top, c’est bien celui-ci. Aussi bien par l’originalité de son scénario que de part sa réalisation, Les films de l’homme est un film à voir absolument.  ?? Moyocoyani ♥♥ Caduce
12. Zodiac (David Fincher, 2007) ♥♥ Lenvy
11. Inside Llewyn Davis (Joel et Ethan Coen, 2013)
10. No Country for Old Men (Joel et Ethan Coen, 2007) ♥ Moyocoyani ♥ Niks
9. Une Séparation (Asghar Farhadi, 2011)
8. Yi Yi (Edward Yang, 2000)
7. The Tree of Life (Terrence Malick, 2011) ♥ Caduce
6. Eternal Sunshine of the Spotless Mind (Michel Gondry, 2004)
5. Boyhood (Richard Linklater, 2014)
4. Le Voyage de Chihiro (Hayao Miyazaki, 2001) ♥ Macky On pourrait s’étonner de l’absence de Princesse Mononoké dans cette liste, mais la nécessité d’une sélection explique que Miyazaki ne soit représenté que par son autre chef-d’œuvre, le premier dessin animé à recevoir une récompense importante que l’on croyait réservée aux films « sérieux » (l’Ours d’or en 2002). Le Voyage de Chihiro brille non seulement par l’étoffement de son univers, où les personnages les plus absurdes a priori  sont acceptés par le spectateur sans effort aucun,  ainsi que son dessin, mais aussi par son histoire complexe, extraordinairement accessible aux grands et aux petits, et admirable par les uns comme par les autres. L’aboutissement de tout ce que Miyazaki a toujours essayé de faire en matière de graphisme et d’écriture.

C’est tout de même insensé de ne voir qu’un seul Miyazaki dans ce top 100 surtout avec autant d’autres films d’animation qui paraissent médiocres à côté. Belle quatrième place tout de même.

3. There Will Be Blood (Paul Thomas Anderson, 2007) ♥♥ Lenvy
2. In the Mood for Love (Wong Kar-wai, 2000) ♥ Moyocoyani
1. Mulholland Drive (David Lynch, 2001) Moyocoyani Lynch est l’un des réalisateurs les plus importants et les plus influents des vingt dernières années, parce que peu ont avant lui et depuis lui tant mis de génie à troubler le spectateur, tant dans leur mise en scène que dans leurs histoires. Au risque bien entendu de l’hermétisme, auquel Lynch n’a pas coupé, puisque sa fanbase si conséquente n’a pas su pour autant apprécier son Inland Empire. Mais cet hermétisme pesait déjà à mon avis sur Mulholland Drive, dont on ne comprend pas grand chose si on ne dispose pas des quelques clefs de lecture rendant le film intelligible et donc réellement appréciable, par delà sa réalisation prenante. Je recommanderais donc davantage Lost Highway (1997), qui m’apparaît comme le chef-d’oeuvre de Lynch parce qu’il a su y trouver le parfait équilibre entre mystère, trouble, inquiétude, et satisfaction narrative du spectateur.

♥♥ CaduceÀ l’inverse de Moyocoyani, je suis ravie que Mullholland Drive figure en tête de ce classement, plus qu’un Lost Highway, où décidément j’ai apprécié l’ambiance, mais moins l’intrigue sans queue ni tête, volontairement. Si vous ne connaissez pas Mullholland Drive, il faut savoir que plusieurs visionnages du film vous seront nécessaires pour tirer les ficelles de cette histoire simple dans son contenu, mais ô combien complexe dans son traitement. L’ambiance, le duo d’actrices ainsi que la musique en font un film réussi et bouleversant, avec quelques scènes cultes qui me hantent encore.

Légende :

♥ : Gros coup de coeur du rédacteur – le film fait partie aussi de notre top

?? :  Il en faut pour tous les goûts, d’accord, mais bon, on aurait pu s’abstenir quand même, il y avait tant de titres plus intéressants !

⇓ : C’est un scandale, les critiques ont forcément été payés pour intégrer un truc pareil à ce top

 

Siegfried « Moyocoyani » Würtz – Les grands absents

 

Le principe même d’un top est d’opérer un tri qui aboutit nécessairement à l’exclusion de réalisateurs talentueux, mais dont on doit pouvoir concevoir, avec beaucoup d’efforts parfois, qu’ils ne pouvaient sérieusement rivaliser (Gus van Sant, Amenabar, Gregg Araki, Desplechin, Dupieux, Dumont, Kurosawa, Bellocchio, Matthew Vaughn, Zwick…) ou que leurs productions après 2000 reflétaient moins leur importance que leur travail antérieur (Zemeckis, Tim Burton, Paul Verhoeven – malgré son formidable Elle, Oliver Stone, Michael Mann, Ken Loach…). Je me réjouis d’ailleurs que, malgré sa longueur, cette liste n’ait pas permis à quelques réalisateurs habituellement très estimés (et à notre avis surestimés) de réaffirmer leur omniprésence (Jeff Nichols, Woody Allen, Clint Eastwood, Moretti, les Dardenne) – tout en comprenant que d’autres puissent en être outragés.

De nombreuses absences me paraissent cependant très inquiétantes, certaines à titre sans doute très personnel, tandis que d’autres devraient vous étonner tout autant : il faut se rendre compte qu’aucun des 102 films listés ici n’a été réalisé par Hirokazu Kore-Eda (Notre petite soeurStill Life), J. C. Chandor (Margin Call, A Most Violent Year), Nicolas Winding Refn (DriveOnly God forgives), Ben Wheatley (A Field in EnglandHigh Rise), Sam Mendes (JarheadLes Noces rebellesSkyfall), Iñarritu (Amours chiennes, Birdman, The Revenant), Denis Villeneuve (IncendiesEnemy, Sicario), Soderbergh (Effets secondairesMa Vie avec Liberace, Traffic, Solaris), Ridley Scott (Gladiator), Danny Boyle (La Plage, Sunshine, Slumdog Millionaire), Bong Joon-ho (le bien-aimé Memories of murder, Mother), Xavier Dolan (MommyLaurence Anyways), Gaspar Noé (Love), Shyamalan (Incassable)… Alors que de nombreux réalisateurs sont cités plusieurs fois, y compris Weerasethakul et P.T. Anderson (trois fois, comme Nolan, les Coen, Anderson ou Haneke, dont je comprends un peu mieux la présence multiple), Kiarostami et les si surestimés Todd Haynes et Steve McQueen (deux fois)… Et que certains films ne devraient à mon avis jamais apparaître sur un top, que je les aie trouvés gentiment insignifiants (Brooklyn) ou carrément horribles (Spotlight)…

En dehors des réalisateurs dont je viens de mentionner l’absence et des titres « oubliés » que j’évoque déjà dans les commentaires des films, je suis surpris de constater que les critiques n’ont pas toujours préféré le film que j’estimais le plus extraordinaire de certains très grands réalisateurs   (Almodovar est cité pour Parle avec elle plutôt que La Piel que habito, Polanski pour le tire-larmes Le Pianiste plutôt que le brillant La Vénus à la fourrure, Linklater pour l’anecdotique Before Sunset plutôt que sa suite tellement plus mûre Before midnight), parfois comme pour les récompenser de films de peu antérieurs à 2000, et donc cités malgré tout pour des films inférieurs ou que j’aime moins (Baz Luhrmann pour Moulin rouge plutôt que Roméo + Juliette – 1996, Malick pour The Tree of life et Le Nouveau Monde plutôt que La Ligne rouge – 1998, P.T. Anderson pour tout sauf les superbes Boogie Nights – 1997 et Magnolia – 1999, Lynch pour Mulholland Drive et pas Lost Highway – 1997). Mais surtout, je suis déçu, si ce n’est frappé, de ne pas voir apparaître des œuvres aussi importantes pour le nouveau millénaire que Night Call, Le Garçon et le monde, The Raid 2, César doit mourir… 

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