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Marie-Antoinette était-elle une geekette ?

Marie-Antoinette était-elle une geekette ?

Connaissez-vous réellement Marie-Antoinette, reine de France ?

 

Le titre a de quoi interpeller par son caractère éventuellement iconoclaste, et réclame assurément quelques explications. Mais nous disposons de quoi le circonstancier par quelques éléments historiques. Nous voici en ce jour de Mardi-Antoinette de l’An de Grâce 2016, jour idéal pour se prendre quelque peu la tête, ou carrément la perdre. Un jour pour réfléchir sur notre place dans notre siècle. Pourquoi pas ? En effet, nous sommes, en tant que geeks, toujours en avance sur notre temps (c’est, après tout, selon l’adage, le nerd de la guerre). Nous employons et créons le futur à bon escient pour l’ancrer dans notre vie ou encore nous évader du présent.

Pourquoi ne pas instaurer, une fois n’est pas coutume, une passerelle vers le passé, en bons voyageurs spatio-temporels que nous sommes ? Quid, à ce propos, de ces grands personnages qui ont fait #l’Histoire avec un grand hashtag, et du peuple anonyme qui les défia, avec de grandes haches que l’on nomme pudiquement du mignon nom de guillotines? Où se situait leur modernité ? Et comment la mettaient-ils en application ? Vaste question !

Si je vous propose aujourd’hui de nous pencher ensemble sur le cas plus précis de Marie-Antoinette, Reine de France au destin des plus tragiques, c’est afin de mettre en relief certaines de ses astuces les plus hype et vous faire découvrir une part de son mode de vie, souvent des plus modernes pour l’époque, pour ne pas dire carrément en décalage avec son temps. 

 

Le selfie pouvait certes paraître selfish, hier comme aujourd’hui.

 

Qui est la plus belle sur la toile ?

Si Marie-Antoinette avait reçu un smartphone lors de ses « étrennes » de nouvelle année (on n’offrait pas les cadeaux le jour de Noël mais lors du Nouvel An), elle aurait certainement été adepte du selfie. Mais XVIIIème siècle oblige, elle fit appel aux talents de peintre de Madame Elisabeth Vigée Le Brun, portraitiste de renom qui devint son artiste officielle et la représenta sous des traits flatteurs de mère aimante et de femme séduisante. L’image picturale royale au féminin connut ainsi un renouvellement de ses codes, loin des anciennes icônes compassées en tenue d’apparat habituelle, arborant fleurs de lys et hermine,« so cliché ». RoseBertin.com et autres ventes très privées « Je n’ai plus rien à me mettre » pouvait dire sa majesté, que cela ne tienne, Rose Bertin se chargeait de lui inventer et proposer la mode la plus exubérante, la plus charmante et recherchée, toujours personnalisée.

 

Autrichienne de vie et règles de confidentialité

Monarque au féminin, voilà qui exige une certaine organisation. « L’Autrichienne », fut détestée parfois par ses sujets, notamment suite à la terrible Affaire du Collier. Elle se trouva alors mêlée bien malgré elle à ce complot visant à extorquer argent, diamants et sa dernière réputation au naïf cardinal de Rohan. Leur réputation sur tous les réseaux de leur époque fut une calamité pour leurs personnes respectives, des pamphlets, des chansonnettes (ancêtres du détournement sur Youtube) coururent partout, les calomniant et les ridiculisant.


Marie-Antoinette jeune

Mozart

Reconstitution hypothétique de ses goûts musicaux

Marie-Antoinette possédait certes de la thune mais point encore Itunes. Oh, elle n’était certes pas en retard sur son temps et sur son tempo puisqu’elle eut l’insigne privilège, dès son plus jeune âge, d’écouter à la cour de sa mère, l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche, le jeune prodige Mozart jouer en live, version unplugged of course et sur un clavecin tuné. Plus tard, notre princesse apprendrait à jouer de la harpe, sans le moindre tutoriel youtube, juste un professeur particulier.

 

Le carrosse de son altesse est avancé

 

Luxe, Autolib et libations

Marie-Antoinette, souveraine, disposait d’un code Uber illimité pour se déplacer gratuitement partout dans son royaume, cependant elle n’en profita pas véritablement, vivant en définitive de rares escapades en dehors de Versailles. Elle fut probablement une grande voyageuse virtuelle, dans une féerie digne d’une héroïque fantaisie, qui lui permettait de revêtir les atours d’une bergère, dans un parc et des aménagements formés selon les écrits de Rousseau : une nature entièrement fabriquée, préfigurant largement et de façon splendide les diverses versions de SimCity…

 

A-t-elle croqué la pomme avec son amoureux transi, le beau Suédois de son cœur? Aurait-elle troqué son royaume pour un Apple?  

Elle eut hélas et surtout de nombreux pépins. Ne sachant comment se mettre à jour dans l’amour de ses sujets.

 

L’oscar de la Lady la plus Gaga?

Depuis son magnifique théâtre versaillais, Marie-Antoinette jouait avec son mari et ses amis, des pièces de théâtre. Skype eut sans doute été très utile pour ses amours sincères avec son chevalier servant, le gentilhomme suédois Axel de Fersen, les deux héros transis furent si souvent séparés de corps, mais jamais d’esprit.

 

 

Lady Oscar

« Wifi Majesté? »

 

Utena

« Oui, faites! »

 

 

L’antivirus de la reine pour faire écran à la variole

La reine a postulé bravement pour combattre la pustule de la variole (varus en latin, terme pas très éloigné du mot virus!). Elle se présenta en tant que volontaire, à l’instar de Louis XVI son époux, pour qu’on lui inocule la maladie. Cette vaccination eut pour conséquence de la tenir hors de danger de cette épidémie qui avait emporté Louis XV, le grand-père et prédécesseur de son mari, mais aussi sa propre sœur.

 

Avez-vous Google Maps ou un GPS ma chère amie? 

Lors de l’angoissante et folle Fuite à Varennes, la reine, sortie de l’écrin du Palais des Tuileries aurait certainement apprécié de se déplacer à l’aide d’un bon GPS ou d’un utile Google Maps, dans le dédale infernal d’un Paris sombre et menaçant qui ne souhaitait que la reprendre après son évasion. Un vrai coupe-gorge, bientôt, un tranche-tête. 

 

Drôle d'application de réveil-matin : les comtesses, duchesses et marquises vous indiquent qu'il est l'or de se réveillor. Saluer toute la clique, éviter les cloques de la variole, on peut en avoir sa claque… Et Cleek n’existait pas encore pour distraire la reine… 😉

 

Marie-Antoinette avait du réseau (social) 

L’intéressée communiquait avec l’étranger régulièrement, faisait passer ses billets via des domestiques (les ancêtres des sms), rien ne dit que les laquais ne likaient pas. Enfin, elle chattait avec grâce dans son boudoir avec ses invités derrière un magnifique pare-feu brodé au crochet, au petit point, un ravissant smiley sur son visage de porcelaine (de Sèvres). Mieux, au cœur de la tourmente révolutionnaire et de sa captivité, elle sut, par un système de langage crypté et une encre mystérieuse des plus sympathiques, s’entretenir des détails d’une fuite, d’un soutien de la part des autres monarchies d’Europe, via le plus zélé des espions : Axel de Fersen.

 

La grotte de Marie-Antoinette à Trianon fut son ultime refuge

Grotte des jardins du Château de Versailles. Marie-Antoinette s’était réfugiée dans sa petite grotte de Trianon : lorsqu’on vint l’y trouver, ce fut pour l’amener à Paris, en ce début d’octobre 1789.

 

Histoire tragique, épisode grottesque

Toute ressemblance avec votre mère qui vous criait « à table » lorsque vous computiez fébrilement sur World of Warcraft puis venait vous tirer manu militari de votre grotte (alias votre chambre) n’est pas forcément fortuite. La foule est venue la sortir du songe dans lequel elle vivait et se réfugiait loin du tumulte du monde. On vint la cueillir, comme une fleur, dans sa grotte de Trianon pour la faire prisonnière. Pardon, comme une rose…

 

Marie-Antoinette a inventé le Cosplay et la société des loisirs

De nos jours, les cosplayeurs déchaînés affectionnent le vintage déjà délicieusement suranné des années eighties du manga japonais et se déguisent en personnages de « Versailles no bara », notre Lady Oscar d’enfance, pour les geeks les plus vieillards d’entre nous -dont je suis ^^. Ou en Utena, version modernisée et revisitée de la célèbre série animée. Il faut vous dire d’ailleurs que lors de son procès par les révolutionnaires, la reine fut accusée de trahison envers la Nation mais également, entre autres choses, d’avoir quitté les bonnes mœurs, d’avoir eu des maîtresses. La pire des calomnies lui fut assénée lorsqu’on prétendit à tort qu’elle avait fait écouter Lemon Incest à son fils, mais elle sut alors renverser l’opinion de tout le room, par une poignante adresse à toutes les mères du public!

 

Épilogue du log

Allons enfants de la batterie, (s’il vous en reste encore après ce long chapitre sur une entêtante, entêtée, étêtée, éthérée, Marie-Antoinette, jolie geekette, jamais écervelée), sur le chemin de l’App Store, pour y télécharger l’appli du château de Versailles et ses extraordinaires jardins, ou encore, réserver sa place au Japan Expo de juillet 2016. Dans le prochain épisode, nous évoquerons à quel point Louis XVI était un VRAI geek trop longtemps ignoré.

 

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