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La Dvdthèque : Christopher Nolan

La Dvdthèque : Christopher Nolan

La Dvdthèque : Christopher Nolan

 

Bonjour à tous et bienvenue dans votre premier numéro de l’année 2016 de votre chronique cinéma sur Cleek, La Dvdthèque. L’année 2015 s’est achevée il y a une poignée d’heures à peine et l’heure est désormais au bilan et aux bonnes résolutions. Chez Cleek, point d’atermoiements, mais bien une volonté de toujours vous offrir le meilleur, et cela vaut tout particulièrement pour la nouvelle année. C’est pour ça que votre chronique La Dvdthèque organise une refonte de son format, pour plus d’interactivité avec vous, cher lecteur, mais aussi pour une nouvelle façon d’aborder les films qui seront traités ici.

Comme toujours, nous allons vous présenter un film déjà sorti au cinéma et dont vous pouvez faire l’acquisition en DVD ou Blu-Ray pour compléter votre Dvdthèque geek. Cependant, désormais, nous ne procèderons pas par cycle thématique – comme cela a pu être le cas par le passé, à l’occasion des cycles des genres de science-fiction ou de film d’espionnage, par exemple – mais par réalisateur. Chaque nouveau numéro de La Dvdthèque sera l’occasion d’aborder l’œuvre d’un réalisateur différent, au sein de laquelle nous sélectionnerons un film, à nos yeux emblématique du travail de son réalisateur. Au fil de cette version 2.0 de La Dvdthèque, vous pourrez retrouver un portrait du réalisateur et en fin d’article, un sondage vous interrogeant sur la pertinence de notre choix. Vous auriez, personnellement, choisi un autre film pour représenter ce réalisateur ? Vous pourrez l’exprimer à la fin de votre lecture.

 

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Vous l’aurez compris, nous inaugurons notre premier numéro de l’année 2016 avec un réalisateur majeur de ces quinze dernières années. Le nom de Christopher Nolan a ceci de particulier que sa prééminence a tendance à s’effacer devant la renommée de son œuvre. Au contraire des Martin Scorsese, Luc Besson et autre Steven Spielberg de ce monde, la filmographie de Nolan est plus évocatrice, aux yeux du grand public, que le nom de Nolan lui-même. Inception, la trilogie The Dark Knight, Le Prestige, Memento… Ces films ont su se faire une place de choix dans le panthéon des meilleurs films de ces dernières années. Installez-vous confortablement dans votre fauteuil et partez avec nous à la découverte d’un réalisateur pas comme les autres.

 

Christopher Nolan

 

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Christopher Jonathan James Nolan est né le 30 juillet 1970 à Londres, d’un père britannique et d’une mère américaine. Son enfance se partage entre Londres et Chicago. Son père est dans la pub et sa mère travaille comme hôtesse de l’air puis professeure d’anglais. Il a un grand frère, Matthew, mais aussi un petit frère devenu scénariste, Jonathan Nolan, avec lequel il collabore dans nombre de ses films. Dès l’âge de 7 ans, Christopher Nolan réalise son court-métrage à l’aide de la caméra en Super-8 de son père et ses figurines d’enfant. Fan de Star Wars, il réalise un second film l’année d’après, Space Wars, en animation image par image, à l’aide d’images notamment envoyées par son oncle qui travaille à la NASA sur le projet Apollo. À onze ans, le jeune Christopher Nolan prend conscience de son désir de devenir réalisateur. Il étudie plus tard la littérature anglaise à l’University College de Londres, qu’il a notamment choisie pour son équipement cinématographique accessible aux étudiants. Il y rencontre sa petite amie et future compagne et productrice Emma Thomas et y tournera une scène de son film Inception, sorti en 2010.

Marqué par le visionnage de 2001 : Odyssée de l’espace à l’âge de 7 ans et de son premier film IMAX à 15 ans, le jeune Christopher Nolan souhaite retrouver cette expérience du grand écran, en présence d’un large public. Célèbre et célébré pour ses scenarii intelligents et complexes, il est frappant de constater que Christopher Nolan veut avant tout faire des blockbusters, ces films qui lui permettent de reconstruire cette expérience du cinéma à très grande échelle. Dans ses interviews, le principal intéressé raconte le plaisir qu’il a eu à constater que des films tels que l’avant-dernier James Bond, Skyfall, et le Gravity d’Alfonso Cuarón, commençaient à opérer la réconciliation du public avec des productions à grand spectacle qui ne soient pas une orgie d’effets spéciaux en 3D sans queue ni tête. Mais ce changement, n’y a-t-il pas lui-même directement contribué, avec le succès de sa trilogie The Dark Knight ?

Pour comprendre cette apparente contradiction entre les ambitions scénaristiques de Nolan et la conception actuelle, encore extrêmement prévalente, du blockbuster, peut-être faut-il se pencher sur cette citation du cinéaste.

 

J’ai une chance que peu de réalisateurs ont, celle de faire quelque chose d’aussi personnel que je le souhaite, à très grande échelle, que je peux contrôler de A à Z. Donc j’ai une grosse responsabilité, celle d’en profiter le plus possible. Parce qu’il y a plein de réalisateurs exceptionnels ici bas qui n’auront jamais la chance de faire quelque chose à la mesure de leur talent.

 

Interstellar

 

Pour ce premier « nouveau » numéro de La Dvdthèque consacré à Christopher Nolan, c’est tout naturellement que notre choix s’est porté sur le film Interstellar. Jonathan Nolan commence à travailler sur ce projet en tant que scénariste bien avant que son frère n’entre en scène en 2012, le long-métrage étant à l’origine prévu pour Steven Spielberg. Peu porté sur l’utilisation des fameux « fonds verts » permettant l’incrustation d’effets spéciaux propres à la technologie digitale, Christopher Nolan tourne notamment au Canada, en Islande et à Los Angeles. Neuvième et dernier long-métrage du réalisateur en date avant la sortie en 2017 de Dunkirk, Interstellar porte en lui tout le sel de la « patte » Nolan.

 

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Synopsis : Dans un futur proche, alors que la Terre se meurt, un ancien pilote de la NASA, Cooper, se retrouve enrôlé dans le projet spatial de la dernière chance d’une NASA moribonde. Alors que la population lutte pour survivre en misant sur la formation d’élèves d’élite en science de l’agriculture, la NASA lance la seconde phase de la mission « Lazarus ». Après avoir envoyé 12 pilotes sur 12 exoplanètes différentes en quête d’une planète viable pour y déménager l’humanité, le professeur John Brand souhaite profiter de la présence d’un trou de ver à proximité de Saturne pour envoyer Cooper et trois autres astronautes visiter les planètes qui semblent prometteuses. Cooper doit quitter son fils et sa fille pour une mission qui pourrait bien décider du sort de l’humanité.

Là où Memento traitait de la mémoire, Inception du rêve et Le Prestige de la manipulation narrative, Interstellar a pour sujet central le temps. Le temps qui passe, le temps des enfants qui grandissent, le temps de la théorie de la relativité, le temps compté d’une humanité qui se meurt. Si on peut avoir l’impression que Christopher Nolan explore un tout nouveau sujet, on retrouve pourtant dans ce long-métrage de science-fiction les enjeux dramatiques propres à son univers. Interstellar traite, en effet, autant d’exploration spatiale que de la relation père-fille entre Cooper et sa fille, Murphy. Comme dans toutes les cellules familiales des films de Nolan, la mère est absente et, d’une façon ou d’une autre, la vie familiale du héros va se retrouver méchamment contrecarrée par le fil des événements. À l’instar du héros d’Inception, Cooper souhaite retrouver ses enfants, et c’est cet enjeu, couplé à l’avenir de l’humanité qui se joue sur le fil du rasoir, qui va venir dramatiser tous les retournements narratifs du film.

 

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La dimension sacrificielle du héros telle qu’elle est mise en exergue tout au long de la trilogie The Dark Knight et Le Prestige est là encore bien présente, tout comme on pourrait dresser un parallèle entre les séquences d’exploration spatiale d’Interstellar et les séquences d’exploration onirique d’Inception, teintées du même sentiment de danger permanent et d’épopée aux confins du réel. Quant à certains thèmes et idées, ils sont récurrents : le sentiment de trahison ressenti par un personnage à un tournant du récit ou encore la justification d’un mensonge – dans Interstellar celui effectué par omission par Cooper envers sa fille, à laquelle il n’a pas dit que le monde se mourait lorsqu’elle était encore une enfant – que l’on retrouve dans Le Prestige ou la trilogie Batman.

Mais l’unité de corps de la filmographie de Christopher Nolan déborde du fond vers la forme, comme en témoignent les scènes d’ouvertures de ses films, qui sont souvent des flashbacks de scènes destinées à apparaître au milieu ou même à la fin du film, et Interstellar ne déroge pas à la règle. On pourrait également mentionner la construction du climax du film, le tournant narratif et dramatique majeur, où Christopher Nolan opère parfois en montrant différentes scènes se déroulant en parallèle. Ce procédé, appelé crosscutting, consiste à créer un montage où alternent plusieurs séquences mises en parallèle, ce qui permet de créer un sentiment de tension. Un célèbre crosscutting est par exemple la scène finale du film Requiem For A Dream, et on retrouve ce procédé dans la scène-pivot d’Interstellar mais aussi d’Inception et de deux opus de la trilogie Batman.

 

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Si notre choix s’est porté sur Interstellar, c’est que le film semble rassembler toute la substance fondamentale de l’univers de Christopher Nolan, tout en sublimant celle-ci pour la porter vers des hauteurs inégalées. Interstellar est, à nos yeux, peut-être un des meilleurs films de science-fiction qui existent, à la hauteur de 2001 : Odyssée de l’espace. La musique n’est pas étrangère à la dimension extraordinaire du film, des titres comme Mountains contribuant à faire de certaines scènes de purs moments de cinéma. Nous avons passé sous silence l’unité visuelle des films de Christopher Nolan, car celui-ci, daltonien, ne distingue pas le rouge ni le vert, ce qui peut être à même d’influencer la démarche photographique du réalisateur.

 

 

Et vous, sur quel film votre choix se serait-il porté si vous aviez dû choisir un seul film de Christopher Nolan entre tous ? Vous pouvez voter dans la section suivante. Nous attendons vos avis avec impatience, et nous vous disons à bientôt pour un nouveau numéro de La Dvdthèque sur Cleek !

 

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