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Black Mirror – Critique

Black Mirror – Critique

Présentation de la série Black Mirror

 

Les séries britanniques ont toujours reçu de la part du public un accueil chaleureux, de par leur façon de mettre en exergue et de jouer avec certains codes sociétaires. Aujourd’hui, et suite à son apparition récente sur la plateforme Netflix, Cleek va vous parler de l’une d’entre elles, Black Mirror, une série au format, à l’ambiance et aux directives particulières. Diffusée depuis fin 2011, Black Mirror propose à ses spectateurs un certain nombre d’intrigues indépendantes les unes des autres, à la manière d’une saison d’American Horror Story. Sauf qu’ici, la production pousse radicalement le concept : ainsi, chaque épisode se voit doté d’un casting différent, d’une histoire propre, et d’un traitement à part, convergeant tous vers un seul point commun : le sujet (assez vaste) des dérives plus ou moins dévastatrices de la technologie sur notre société. Amateurs de dystopies et autres fictions grinçantes, soyez les bienvenus et plongez dans le cauchemar de Black Mirror.

 

Deux saisons, six épisodes, et un spécial

 

Avant d’aller plus loin dans l’analyse de ce joyau qu’est Black Mirror, voici un résumé des synopsis de chaque épisode :

 

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Saison 1

The National Anthem : Suite à l’enlèvement de la princesse royale, un premier ministre britannique se retrouve confronté à une demande de rançon particulière, mettant en jeu son intégrité physique et morale au travers d’une demande aussi atypique que révoltante.

15 Million Merits : Black Mirror dresse un sombre portrait de la quête de gloire au travers des émissions de télé-réalité.

The Entire History of You : La puce implantée derrière l’oreille de chacun permet d’y stocker nos souvenirs. Lorsqu’un mari se met à se douter de la fidélité de sa femme, c’est vers une enquête basée sur ces images qu’il se dirige.

 

Saison 2

Be Right Back : Et si la mort n’était pas la fin ? Une jeune femme endeuillée retrouve son défunt fiancé au travers d’une I.A humanoïde.

White Bear : Une jeune femme, amnésique, se retrouve pourchassée par des inconnus. Personne ne semble vouloir lui venir en aide, au contraire, puisque tout le monde la photographie et la filme pendant sa course pour la survie.

Waldow’s show : Un comédien peu talentueux, doublure d’une icône en images de synthèse, se retrouve propulsé malgré lui dans de lourds enjeux politiques.

 

Épisode spécial : Joe et Matt se retrouvent coincés dans une maison isolée à cause de fortes chutes de neige ; l’occasion pour eux d’évoquer leurs passés respectifs pour tenter de mieux se connaître.

 

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Une diversité rare et précieuse

 

Le premier point fort de la série, et probablement son meilleur atout, réside tout simplement dans son concept unique. Nous sommes loin de la série ordinaire, dont on suit la trame scénaristique avidement chaque lundi soir (ne niez pas). Ici, vous vous attacherez aux personnages uniques d’une intrigue unique, pour ensuite passer à autre chose. Les histoires se suivent et ne se ressemblent pas, tant dans leurs intentions que dans leurs genres respectifs. Ainsi, certains épisodes tels 15 Million Merits et Be Right Back sauront sans doute vous émouvoir jusqu’aux larmes, tandis que The National Anthem ou encore White Bear créeront en vous un véritable électro-choc de dégoût et de révolte. Les émotions recherchées varient donc drastiquement d’un épisode à l’autre, vous l’aurez compris, et c’est finalement cela que l’on aime : ne pas savoir, et découvrir chaque épisode de façon totalement objective. Tabula Rasa.

Les castings, bien que différents à chaque fois, sont toujours d’une grande justesse, et chaque acteur vient marquer de son empreinte une histoire incroyable. Les plans sont soignés, cadrés dans un véritable souci d’esthétisme, à l’instar de la photographie, méticuleusement organisée pour laisser transparaître les revendications de Black Mirror. En y regardant de plus près, le seul défaut que l’on pourrait trouver à cette série atypique serait que l’on n’y accorde pas le même attachement qu’à une série épisodique et suivie dans sa trame, à la manière d’un Walking Dead, pour ne citer qu’elle. Et pourtant, comme énoncé plus haut, c’est ce même argument qui fait la force de Black Mirror, et qui vient souligner l’excellent travail de dénonciation qui est fait sur notre société.

 

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Un regard glaçant et sombre sur notre devenir

 

Si Black Mirror saura vous faire passer du rire (jaune) aux larmes en l’espace de quelques secondes, il n’en reste pas moins que le vecteur commun à tous ces épisodes a de quoi faire froid dans le dos. En effet, Black Mirror explore, par des chemins très variés, les dérives sociétaires que l’on connaît d’ores et déjà, tout en poussant les intrigues vers des dystopies bien trop réalistes pour nous laisser de marbre. Nous assistons alors à notre devenir technologique, à notre déshumanisation au service du voyeurisme, d’une pseudo-vérité, d’un besoin toujours plus grand d’exister malgré la multitude. Toujours empreint d’un cynisme et d’un constat glaçant sur notre futur technologique, Black Mirror (et vous saisissez sûrement mieux tous les enjeux autour du nom de la série, désormais) nous expose une galerie de personnages dont le bonheur se retrouve parfois renforcé, parfois altéré par la technologie, sans pouvoir toutefois atteindre cette quête illusoire du « bien-être à tout prix ».

On pourrait croire à première vue qu’il est aisé de dénigrer nos vecteurs d’expressions, nos médias, ou de manière plus générale, le progrès, mais malgré cela, Black Mirror ne tombe jamais dans le piège de la condamnation, puisque l’on parvient même parfois à distinguer certains aspects salutaires à tout cela. L’ensemble n’en demeure pas moins sombre, et soulève une pléthore de questions plus qu’il n’y répond ; Que feriez-vous dans une société telle que celle-ci ? Seriez-vous conscients de la (mal)chance technologique à votre portée ?

 

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Un réel engouement

 

À la tête de deux saisons, composées chacune de trois épisodes, ainsi que d’un épisode spécial pour Noël (bientôt Sherlock… Bientôt !), Black Mirror a su conquérir une communauté de fans transportés par son message humaniste. C’est ainsi que la série s’est vue décerner de prestigieuses récompenses – Meilleure mini-série aux International Emmy Awards, meilleure série du Festival de la Rose d’Or de LucerneNetflix a par ailleurs déjà commandé une troisième saison, de douze épisodes cette fois, qui devrait sortir dans le courant de l’année 2016.

 

« The National Anthem est une étude choquante, gonflée et sombre des médias modernes. C’est une idée follement géniale. La satire est si audacieuse qu’elle m’a laissé bouche-bée et grinçant. » The Telegraph.

« Black Mirror sait appuyer là où ça fait mal. » L’Express.

 

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