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Crimson Peak – La critique

Crimson Peak – La critique

Critique du film Crimson Peak

 

C’est le 14 octobre que sortait dans les salles obscures le nouveau bébé horrifique du talentueux Guillermo Del Toro, Crimson Peak. Après avoir été salué par la critique pour son film fantastique « Le Labyrinthe de Pan », Guillermo Del Toro revient aujourd’hui sur les terres du mystère et de l’épouvante avec un nouveau drame aux allures victoriennes et gothiques, une sombre romance portée par un trio d’acteurs prometteurs, des graphismes somptueux et une ambiance aussi sombre que romantique. Quelques semaines après la sortie de Crimson Peak, Cleek vous livre sa critique du film, d’ores et déjà accueilli de manière assez positive par le public. Prenez garde à Crimson Peak !

 

Le Film

 

Titre : Crimson Peak
Durée : 1h59
Genres : Fantastique, Romance, Drame, Horreur
Musique : Fernando Velazquez

Casting : Mia Wasikowska (Tracks, Stoker, Jane Eyre…), Jessica Chastain (Interstellar, Seul sur Mars, Zero Dark Thirty…), Tom Hiddleston (Thor, Avengers…).
Réalisation : Guillermo Del Toro (Hellboy, Le Labyrinthe de Pan…)

 

Synopsis : Edith Crushing, une jeune romancière, se marie après la récente mort de son père au séduisant Thomas Sharpe. La jeune femme, dotée d’un don de communication avec les défunts, et ce depuis son enfance et la mort prématurée de sa mère, déménage alors dans la demeure familiale de son époux et de la sœur de ce dernier, Lucile. Elle découvre alors Crimson Peak, un manoir immense et délabré, dont les murs semblent renfermer de sombres secrets.

 

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Une romance sombre et gothique

 

Étant particulièrement fan d’ambiances sombres et gothiques, ainsi qu’une inconditionnelle de décors victoriens, j’ai d’emblée été attirée par la mystérieuse bande-annonce de Crimson Peak, qui plus est lorsque le nom de Guillermo Del Toro s’est joint au poste de réalisateur. Profondément marquée par Le Labyrinthe de Pan, j’ai donc couru voir Crimson Peak dès que le temps me l’a permis, impatiente de découvrir cette nouvelle fable gothique, sur fond de fantômes et de romance. Deux heures après le début du film, c’était donc la fin de Crimson Peak et je vous en livre mes impressions aujourd’hui, 24 heures après son visionnage.

Crimson Peak n’est pas un mauvais film. Mais il n’est pas non plus le chef-d’œuvre que l’on aurait été en droit d’attendre face aux promesses de la bande-annonce, et du prestige de son réalisateur. Prenons tout d’abord les forces et les atouts majeurs qui constituent l’intérêt du film : du gothique et du victorien, il y en a, et sur ce point, la bande-annonce de Crimson Peak ne ment pas. Les deux heures de film se passent dans un défilé d’images et de décors plus somptueux les uns que les autres. Les plans et la photographie sont des plus soignés, et rien n’est vraiment laissé au hasard. Les costumes sont époustouflants, à l’image des graphismes du film et de l’aura gothique qui s’en dégage. La musique quant à elle, contribue à sublimer l’ambiance du film, par des thèmes de valses parfois un peu clichées, mais parfois aussi très intimistes et mélancoliques. De ce point de vue, la réussite est indéniable, et pour cela, l’immersion que provoque Crimson Peak vaut le coup d’être vécue au cinéma.

 

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Ensuite, et pour évoquer un point plus mitigé (sans pour autant être négatif, au contraire), Crimson Peak semblait vendre dans sa bande-annonce une histoire fantastique, relative à une romance et à une multitude de fantômes. Ne vous attendez pas à voir pour autant un véritable film d’horreur, car Crimson Peak jongle et oscille entre les genres cinématographiques. Parfois empreint de romance, d’épouvante, de violence ou encore de poésie, le film de Guillermo Del Toro ne s’engage cependant pas à tête baissée dans l’un des genres susmentionnés. Difficile donc de catégoriser Crimson Peak et d’y voir une œuvre véritable d’épouvante ou d’horreur, car en dehors de quelques sursauts et passages horrifiques, le long-métrage se veut davantage sombre plus qu’il n’est effrayant.

Côté scénario, rien de bien innovant finalement, comme vous aurez pu le lire dans le synopsis en début d’article, et malgré un trio d’acteurs attachants (Mia Wasikowska, Jessica Chastain et Tom Hiddleston) et une ligne narrative assez prévisible, dans son déroulement comme sur son dénouement, les deux heures se font tout de même ressentir. Pour ma part, il n’y a pas eu de réel cliffhanger, puisque l’hypothèse qui se dessinait peu à peu dans mon esprit s’est avérée juste – et assez prévisible il me semble (mention spéciale à ma voisine du rang du dessus qui murmura d’ailleurs assez bruyamment cette même hypothèse : nous étions au moins deux à avoir « trouvé »). Pour autant, la longueur du film n’est pas un obstacle si grand pour un film tel que Crimson Peak, et plus particulièrement pour les inconditionnels d’ambiance gothique qui sauront apprécier son empreinte à juste titre. On notera toutefois la très belle prestation du trio de tête, et plus particulièrement celle de Jessica Chastain dans le rôle de la belle et terrible Lucile (coïncidence avec notre rédac’chef ? Je ne crois pas…)

 

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Entre Burton et Silent Hill

 

En visionnant Crimson Peak, vous voguerez quelque part entre les Noces Funèbres de Burton, son Sweeney Todd, et l’ambiance éthérée et oppressante de Silent Hill. L’histoire est triste, mélancolique à souhait, et comme nous le disions plus tôt, malgré une intrigue et des rebondissements attendus, certains détails graphiques et scénaristiques viennent sauver le film d’un ennui convenu. Ainsi, vous retrouverez dans Crimson Peak les grands codes de l’univers gothique – les aspects nobles et scintillants de décors se heurtent au morbide, au sanglant, et à la saleté. On retrouve également de nombreux éléments chers au genre – un manoir, des valses au piano, des écrins, des clefs mystérieuses, des fantômes, des plaintes et des pleurs, une vision désolée de la vie après la mort – et tout cela cohabite au gré des scènes du film dans cet immense manoir aussi classieux qu’il est délabré. Ce même manoir constitue en fait un des immenses points forts du film, lui apportant d’ailleurs son titre. L’habitation est isolée de toutes parts, dans des terres où l’argile teinte de rouge la neige qui s’y dépose, et laisse passer à travers sa structure disloquée des flocons de neige, à moins que cela ne soit de la poussière, des cendres ? (Hello Silent Hill). Certaines pièces (la salle de bain) répugnent par leur caractère austère, et leur insalubrité, alors que les chambres quant à elles, regorgent de dorures et de matériaux précieux. Crimson Peak, à la manière d’une Poppy Z. Brite, fait donc cohabiter sans cesse le noble avec l’immonde et c’est cela qui reste efficace et qui constitue son charme. Le manoir est par ailleurs décrit de manière très poétique, à la manière d’un personnage à part entière, dont les fantômes (davantage utilisés comme prétexte scénaristique que comme réel outil de narration) contribuent à faire vivre ce palais qui vit, respire, saigne et surtout, se souvient, à l’image de la phrase énigmatique que l’on entendra dès le début du film : Prends garde à Crimson Peak…

En définitif, Crimson Peak reste un bon divertissement, dont la splendeur graphique vaut que l’on puisse l’admirer sur grand écran. Rien d’inoubliable pour autant, mais la mélancolie et les plaintes fantomatique sauront sans nul doute vous habiter le temps du film, à l’instar de ses quelques notes de piano.

 

 

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