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Metal Gear Solid V : The Phantom Pain – Le test

Metal Gear Solid V : The Phantom Pain – Le test

MGS V : The Phantom Pain, le test spectateur

 

Sorti le 1er septembre sur les Playstation 3 et 4, les Xbox 360 et One et sur PC, le dernier opus Metal Gear Solid V : The Phantom Pain fait revenir sur le devant de la scène le plus célèbre soldat d’infiltration, Snake (ou Solid Snake, ou Naked Snake, ou encore Big Boss, en fonction des affinités). Outre la très longue attente dont a fait l’objet ce nouvel épisode de la saga, cette sortie en a aussi remué certains, puisqu’il s’agissait de la dernière intervention de Hideo Kojima au sein de Konami, le créateur japonais ayant été remercié.

Quelques trois semaines après sa sortie, Cleek vous donne donc son avis sur le jeu par le biais de cette review. Petite précision cependant : il s’agit, et ce de façon exceptionnelle, d’un test vu par un spectateur et non pas par un joueur. En effet, comme de nombreux autres jeux avant, c’est en tant que spectatrice et non pas actrice que j’ai découvert ce jeu, et si je n’y ai pas joué (Père Noël, offrez-moi une console et du talent !), j’ai cependant passé de nombreuses heures à suivre la progression d’un joueur dans les méandres de ce nouveau Metal Gear sur Xbox One, et c’est donc avec ce statut un peu particulier d’observateur que je me permettrai de partager cette expérience.

D’observation il est toujours question dans ce nouvel opus de la franchise Metal Gear qui ne faillit donc pas à son statut de jeu ultime d’infiltration.

 

Big Boss is watching you

 

Nous nous retrouvons donc une nouvelle fois dans les baskets du Boss de l’infiltration, et cela n’était pas gagné d’avance. En effet, le jeu commence sur le réveil du personnage, dont on apprend rapidement, par le biais d’une cinématique aux accents de tutoriel, qu’il a passé neuf ans dans le coma, suite aux événements mis en scène dans Metal Gear Solid V : Ground Zeroes. Sur un plan narratif, le nouvel opus s’inscrit donc dans la continuité du précédent opus (Ground Zeroes, donc), mais se place chronologiquement avant le tout premier Metal Gear. Une fois les bases posées, il n’y a plus qu’à embarquer (à bord de l’hélicoptère, en l’occurrence) et de se laisser porter par l’histoire qui, dans ses fondements, ne diffère guère de ce qui avait pu être établi jusque là : il est toujours question de mercenaires, de soviétiques et d’armement nucléaire.

Sur la manière, le principe reste là encore le même. Si l’infiltration lente et minutieuse reste la voie privilégiée, le joueur est tout à fait libre de se jeter à corps et balles perdus dans les camps ennemis pour mener à bien la mission. Bien sûr, le score final et la réputation en pâtiront, mais le jeu offre de très multiples options (du moins, dans la plupart des missions) afin de contenter un maximum de joueurs, même ceux qui se seraient égarés loin des champs de bataille de Battlefield, des rues exotiques de Los Santos ou des terrains apocalyptiques grouillant de zombies. À l’ouest rien de nouveau, donc.

 

 

Pourtant, le scénario se dévoile petit à petit à nos yeux ébahis, et si, dès les premiers instants, le joueur est amené à se poser des questions, l’histoire se révélera renversante de par sa fin (#nospoil) mais aussi et surtout par ses très nombreux rebondissements qui viennent ponctuer l’intrigue. Difficile de décrocher, à l’instar d’une série, lorsque l’épisode touche à sa fin. Car l’originalité de ce nouvel opus de Metal Gear touche aussi à son format. En effet, c’est sous la forme d’une série d’épisodes que les missions principales sont proposées aux joueurs, les différents personnages mais aussi designers et artistes impliqués dans la mission figurant sur les génériques de début et de fin d’épisode. Si la formule peut devenir redondante voire lourde au bout d’une journée marathon Metal Gear Solid V, à l’image des génériques des Shadoks ou des Avez-vous déjà vu ?,  la formule brille par son charme lorsqu’il s’agit de jouer de façon ponctuelle.

 

Diamond Dogs are a girl’s best friend

 

Et ce n’est pas le seul éclat qui fait briller le jeu : commençons tout d’abord par rendre hommage aux somptueux décors que le personnage et le joueur sont amenés à traverser pour mener à bien le jeu. Si le terrain de jeu se limite à l’Afghanistan et à l’Angola (sans compter les plateformes en mer), les paysages sont rendus avec une très belle justesse et un très grand réalisme. Météo et faune sauvage viennent compléter et donner vie à un environnement qui sera tour à tour une aide et un handicap dans le cadre des différentes missions. À part le mouvement parfois un peu saccadé des ombres au fil du déplacement du soleil (oui, je chipote), l’ensemble est fluide et très esthétique.

Un autre des nombreux atouts de Metal Gear Solid V : The Phantom Pain dont je tenais à parler est l’aspect humoristique du jeu. Là où l’ambiance parfois tendue et grave du contexte guerrier est parfaitement retranscrite, de multiples éléments viennent contrebalancer cela, avec plus ou moins de subtilité, et cela passe toujours par un décalage. On se doit bien évidemment de parler d’un des outils primordiaux qui accompagnent le joueur au fil des missions : le système de récupération Fulton. Bien qu’inspiré par de réelles techniques d’extraction, l’envol d’un allié ou d’un ennemi (voire d’un animal. Tout à fait.) par le biais de ce ballon reste un élément comique qui fait son effet du début à la fin du jeu. Les bruitages contribuent énormément à cette facette comique, voire parfois absurde, du jeu, et cela se voit notamment lors de l’extraction des personnages grâce au Fulton, ou de façon plus anecdotique lorsque le personnage ramasse des diamants bruts : difficile de ne pas y voir un clin d’œil à d’autres jeux vidéo, et de ne pas penser à Sonic ramassant ses anneaux d’or ou Mario ses pièces. Enfin, difficile de parler de l’humour contenu dans ce nouvel opus de Metal Gear sans parler du nouvel outil de camouflage mis à disposition du joueur : le carton. Se déplacer sous ce carton pour détourner ou échapper à la vigilance des ennemis peut sembler ridicule, surtout si le dessin sur le carton s’avère être une jolie blonde tout droit venue d’Alerte à Malibu, mais cela s’avère être redoutablement efficace.

 

Il ne faut pas extraire la peau de l’ours avant de l’avoir endormi.

 

Enfin, il faut évoquer le cas « Quiet ». Sans rentrer dans les détails pour ne pas m’aventurer sur la pente glissante du spoil,  la présence de ce personnage féminin, bien que nécessaire au déroulement de l’histoire, aurait tendance à poser la question du public visé par le jeu, de par la tenue quelque peu absente de la jeune femme, si elle ne donnait pas quasiment en même temps la réponse à la question. En effet, la sur-sexualisation de Quiet par sa tenue, sa gestuelle et les angles de vue offerts (notamment dans les cinématiques ou écrans de chargement) laisserait à penser que les développeurs souhaitaient contenter les adolescents affamés. Mais c’est sans compter l’ironie (selon moi) et la logique derrière cette sur-sexualisation qui viennent expliquer et justifier un tel choix artistique, à l’image de la sexualisation dans League of Legends. Que penser, après tout, de l’animation du mouvement de la poitrine de la jeune femme (non, sérieusement !), qui laisse parfois à désirer niveau réalisme, alors que l’équipe artistique se montrait jusque-là irréprochable ? Et sur cet surabondance de zooms sur le corps de la jeune femme ?

 

Pour le plaisir des yeux… (Source)

 

Il ne s’agit pas de simples coups de coude donnés en direction des jeunes (ou des moins jeunes, remarquez…) joueurs en manque, mais bien d’un rentre-dedans digne d’une mêlée de rugby. Mais surtout, gardez en tête que l’histoire elle-même justifie une telle tenue. Mais je vous laisserai découvrir cela par vous-même.

 

Game Over ?

 

C’est bien joli, me direz-vous, mais qu’en est-il du jeu et de sa viabilité ? Eh bien, sachez qu’entre les missions principales, les missions secondaires, les déploiements, les développements, les FOB et les attaques de FOB ennemies, vous n’allez pas chômer. À titre indicatif, en quelques 80 heures de jeu, il restait encore environ 40% du contenu à faire (les missions principales étant toutes finies). Car, outre les missions principales qui font avancer l’histoire, il faudra aussi compter sur quelques missions secondaires, mais néanmoins nécessaires à la progression narrative. De même, au fur et à mesure de l’avancement du jeu, il faudra prendre le temps de développer de nouvelles armes, ou de les améliorer, ainsi que des tenues ou d’autres accessoires, afin de faciliter votre progression dans les missions. Pour cela, il vous faudra aussi développer votre base. Vous pourrez aussi déployer des équipes en arrière-plan pour accroître vos ressources et votre réputation.

Sachez aussi que la difficulté des missions évolue. En effet, en fonction de votre style de jeu, la défense ennemie évoluera. Vous aimez endormir les ennemis de nuit en leur tirant une cartouche de tranquillisant en pleine tête ? Les ennemis porteront de plus en plus de casques, et ils seront de plus en plus nombreux à être sur le pied de guerre la nuit. Le niveau des ennemis lui-même va aussi s’accroître, tout comme celui de vos équipes. Enfin, sachez que certaines missions devront être rejouées mais dans le cadre d’autres modes, comme le mode DISCRÉTION TOTALE, SURVIE, ou encore EXTRÊME. À chaque mode ses caractéristiques et ses contraintes, mais soyez certain que le jeu ne vous facilitera pas la vie. Attention, cependant, car certaines missions en deviennent parfois excessivement compliquées, pour ne pas dire impossibles, et il faudra faire preuve de persévérance, et parfois d’un paquet de chance, pour en venir à bout.

Enfin, si vous doutiez encore de la durabilité du jeu, notez que Metal Gear Online sera disponible dès le 6 octobre sur console (pour les PC, il faudra attendre janvier 2016), vous permettant de vous affronter à l’infini en équipes et en ligne, à l’image des MGO précédents.

 

 

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@Marine_Wqr

Doctorante en Traitement Automatique des Langues, je n'ai de cesse de chercher, sur tout et rien. Je cherche encore ce que j'essaye de trouver.

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