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Her, pour l’amour d’une IA

Her, pour l’amour d’une IA

Présentation du film Her

 

Her est un film sorti en mars 2014, gratifié de quatre récompenses, dont l’Oscar et le Golden Globe du meilleur scénario. Habitué aux courts et moyens-métrages, Spike Jonze tourne avec Her son quatrième long-métrage. L’histoire se déroule à Los Angeles, dans un futur proche. Nous suivons la vie de Theodore Twonbly (interprété par Joaquin Phoenix), un homme simple mais exigeant sentimentalement suite au divorce avec son ex-femme. En dehors de cela, la vie de Theodore reste simple et est gérée en partie par une intelligence artificielle basique.

 

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Un beau jour, Theodore fait l’acquisition d’une nouvelle I.A. soit-disant capable d’apprendre et de s’adapter à chacun. « Samantha » (voix jouée par Scarlett Johansson) est le nom de son programme. Rapidement, Samantha et Theodore nouent une amitié de plus en plus proche. L’un ayant trouvé une personne à qui parler et l’autre curieuse d’appréhender le monde et de comprendre les gens. De fil en aiguille, l’attachement entre Samantha et Theodore va peu à peu se transformer en un amour naissant.

 

 

Her, une romance a distance

 

Avant de nous raconter l’histoire entre un homme et une machine, Her nous conte l’histoire entre une personne perdue, malheureuse, déprimée et une avide de curiosité, découvrant la vie. Et c’est ce mélange qui crée une alchimie certaine. Alors que Theodore est enfermé chez lui à jouer avec un extraterrestre insultant, Samantha veut quant à elle voir le monde. Or elle ne peut le faire qu’à travers Theodore, étant matériellement dépendante de lui. Et c’est grâce à cette dépendance que va naître l’amour entre les deux personnages.  Ce sentiment amoureux qui transporte les personnes : les rires chaleureux, le mauvais temps qui disparaît, ces moments qui pourraient continuer pendant une éternité, toutes les réactions de Samantha sont prétextes d’émerveillement pour Theodore. Et c’est par le biais de cette idylle que Samantha découvre une nouvelle façon de penser, de voir le monde aux travers des yeux amoureux de Théodore.

Et c’est là que ce film est bouleversant car le spectateur ressent et reconnaît l’Amour (avec un grand A) qu’il y a entre Samantha et Theodore. Vous savez, cet amant qui vous réveille le matin de sa petite voix, celui qui est toujours là prêt de vous, celui qui nous fait oublier que le monde existe le temps de quelques secondes. Et nos deux amoureux l’oublient bien trop vite…

 

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Il n’y a que Samantha et Theodore, le reste du monde est flou.

 

Et c’est ce lien unique mais essentiel entre les deux protagonistes qui va créer une romance extraordinaire mais aussi romance à distance. Pourquoi à distance ? Bien qu’ils l’oublient (et nous aussi en fait) de temps en temps, Samantha reste à des années lumière de Theodore. Car Samantha n’a pas et n’aura jamais de corps. C’est là que tout le charme de ce film fait effet. La première réponse que le spectateur souhaite avoir étant : mais comment vont-ils faire pour que cela continue ? Mais étrangement, sans que nous n’ayons de réponse, le film continue et nous surprend à chaque minute si bien que la précédente question se transforme en :  mais que va-t-il se passer ? Car il n’y a pas de réel élément perturbateur : Her est un drame romantique unique en son genre. C’est un film qui place l’Homme et l’Amour au centre des préoccupations, en occultant presque tout ce qu’il y a autour. Et c’est là une nouvelle métaphore de l’amour, ce sentiment qui occulte presque tous les autres.

 

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Bonne nuit Samantha !

 

Il est d’ailleurs intéressant de noter l’absence quasi totale dans le film de la couleur bleue, symbole du rêve, de la sagesse de la fraîcheur ou de la mélancolie au profit d’une large accentuation des couleurs rouges synonyme de passion amoureuse, d’ardeur, de sexualité ou de danger. De danger ? Mais quel type de danger ? Car Her, en plus de nous livrer une histoire d’amour à en rendre jaloux certains, il n’est pas moins un film engagé.

 

Her, un film engagé

 

Her nous montre un futur, qui pourrait ne pas être si lointain que cela mais tellement différent de ce que nous avons l’habitude de voir que c’en est presque perturbant. Un mélange de vintage (la moustache de Theodore) et de super technologique (le jeu vidéo de Theodore) qui s’imbrique aussi bien que papa dans maman ou qu’un smartphone dans sa coque. La problématique principale engagée dans Her est claire et nette : les intelligences artificielles peuvent-elles évoluer jusqu’à penser et avoir conscience d’elles-mêmes à tel point que nous, humains, puissions tomber amoureux d’elles ?

Her n’est que le reflet de l’évolution de notre société. Même s’il est vrai que le film nous montre plus ou moins la probable déchéance humaine « sur-connectée », le film met beaucoup l’accent quant au fait de nous décrire l’évolution de Samantha. Avec un caractère d’adulte mais une connaissance des relations humaines digne d’un enfant (du moins, pour le début du film), nous voyons Samantha évoluer vite, beaucoup trop vite.

 

«L’œil» de Samantha, celui qui voit tout...

«L’œil» de Samantha, celui qui voit tout. Celui qui ne quitte jamais Theodore.

 

Alors que le plus grand physicien de notre temps annonçait craindre la fin de l’humanité avec les intelligences artificielles, Her ne nous vend pas l’IA comme quelque chose d’absolument essentiel, mais plutôt d’irréel, comme un véritable vecteur de rêve.

Et vous, pensez-vous que l’évolution technologique et les IA seront capables de percevoir un sentiment amoureux ?

 

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