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Journey : un périple merveilleux

Journey : un périple merveilleux

Journey : une expérience hors du temps

Journey, c’est un ovni dans le monde du jeu vidéo, développé par le studio That game Company et édité par Sony Computer Entertainment pour la PS3. Sorti il y a maintenant un peu plus de deux ans, Journey s’est aujourd’hui trouvé une place dans le panthéon de ces jeux qu’on ne peut pas vraiment classer, ni étiqueter. Cela n’a cependant pas empêché qu’il devienne un nom plébiscité par une grande majorité de joueurs, malgré une popularité somme toute assez discrète, face aux grands enseignes actuelles. Cleek se penche donc aujourd’hui sur cette bizarrerie qu’est Journey : retour sur les ingrédients qui composent cette perle rare.

Un jeu vidéo ?

Au commencement, vous incarnez un étrange petit personnage, vêtu d’une robe et d’une écharpe, assez minimaliste, perdu dans une immensité aussi belle qu’elle est désertique. Il n’y a pas d’informations à l’écran, si ce n’est quelques conseils en surbrillance pour les déplacements. Vous êtes donc largué là, au milieu d’une multitude de dunes de sables, sans réel but. Ce n’est qu’après avoir marché quelques minutes que vous arriverez devant ce panorama magnifique, avec en face de vous cette montagne auréolée de lumière. « Journey » apparaît à l’écran… Pourquoi ? Comment ? Vous n’en savez rien pour l’instant, mais c’est vraisemblablement par là qu’il faut se diriger…

Rapidement, le joueur se demande où il est tombé. Le sentiment de solitude est assez marqué, et finalement, on se demande assez vite si l’on est réellement dans un jeu vidéo. Le gameplay est simplifié à l’extrême, et le seul objectif qui s’impose rapidement est de collecter de petits éléments qui viennent allonger votre écharpe. Un concept assez simple donc, car plus votre écharpe sera grande, plus vous pourrez voler de manière durable. Côté difficulté, il n’y en a pour ainsi dire pas : il vous sera impossible (ou presque) de mourir dans ce jeu, malgré quelques éléments menaçants et dangereux qui viendront troubler votre route. Le jeu se résume donc pour l’instant à une simple exploration mêlée de collecte.

Ce minimalisme est en fait tout à fait volontaire, et les concepteurs de Journey se sont à plusieurs reprises exprimés sur le sujet. Fumeto Ueda, déjà connu pour ses différents travaux artistiques et vidéo-ludiques (Ico, Shadow of the Colossus…) a mené la direction artistique du jeu, et souhaitait avant tout faire primer les graphismes, l’émotion et l’histoire sur le gameplay, la difficulté ou la durée de vie du jeu. À ce propos d’ailleurs, il ne vous faudra que quelques heures pour venir à bout de l’extraordinaire aventure qu’est Journey. Une durée cependant aléatoire, car les chemins que vous emprunterez tout au long de l’aventure pourront parfois prolonger la durée de votre aventure, ou au contraire, la réduire significativement. Mais finalement, c’est un des points où le jeu excelle : chaque aventure sera différente et unique, malgré une trame de fond omniprésente.

 

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Un conte initiatique

Il suffit juste de lâcher prise et de se laisser porter de chapitre en chapitre. Une histoire se dessinera peu à peu, même si tardivement, et en attendant, quelques moments de pure beauté viendront distiller un peu de mystère et de joie tout au long de votre expérience. Les différents tableaux du jeu ont tous une empreinte bien spécifique, une atmosphère et un caractère différent. Les graphismes sont tout simplement magnifiques, et la bande originale du jeu est une invitation au voyage, avec de superbes thèmes que vous ne vous lasserez sûrement jamais d’écouter (mention spéciale à Nascence, Apotheosis, et I was born for this).

Vous aurez peut-être la chance, au cours du jeu, de rencontrer quelques compagnons d’aventure, car le vaste désert de Journey est en fait instancié, et que vous pourrez donc croiser quelques petits explorateurs qui arpenteraient les mêmes chemins que vous (pour avoir fait le jeu en long et en large, c’est le plus souvent en nocturne que l’on rencontre le plus de gens). Néanmoins, le gameplay se veut, là aussi, volontairement minimaliste et vous ne pourrez que très peu interagir avec vos semblables. La seule possibilité sera d’émettre un « chant » plus ou moins soutenu selon la pression du bouton. Ce bref appel est cependant très bien pensé, car vous remarquerez très vite un attachement certain avec vos quelques compagnons d’aventure, qui plus est lorsque par malheur, vous vous sentirez désemparé de l’avoir perdu. Vous pourrez toutefois, lors de vos voyages communs, vous alimenter mutuellement en énergie et ainsi, voler côte à côte plus longtemps.

Le souci du détail

Malgré ce minimalisme évident et souhaité, Journey fait aussi la part belle à quelques détails judicieux qui viennent enrichir votre expérience. Il vous sera possible par exemple de recommencer le jeu plusieurs fois, et grâce aux trophées collectés, d’obtenir une robe différente pour chaque nouvelle aventure (bien plus belle que la précédente à chaque fois). Ce léger détail graphique vous permettra donc également de juger de l’ancienneté d’un compagnon que vous croiseriez en chemin. Par ailleurs, les pseudos de vos mates vous seront indiqués dans les crédits, ainsi que le petit symbole propre à chacun qui s’affichait lors de vos interactions « chantées » Un autre de ces détails réside dans la conception artistique : Journey demeure un jeu vidéo bien particulier, plus proche finalement d’un film téléguidé. Vous pourrez donc remarquer parfois que votre personnage ne répond plus à vos directives mais qu’une cinématique a bel et bien commencé, sans que vous ne le remarquiez. Enfin, la musique à été composée de manière à ce que la partition se déroule sur des images et un timing bien précis. Le tout est magnifiquement réalisé, une véritable perle rare, orchestrée avec soin.

 

Un bain de soleil, une course enivrante dans le sable

 

Si vous ne voulez pas vous faire spoil, nous vous déconseillons fortement de lire ce paragraphe.

 

Une métaphore

Vous avez donc vu cette montagne entourée d’un halo de lumière, et vous vous en approchez, de plus en plus. Elle est encore bien loin cependant, et au fil des tableau, le but de l’aventure devient de plus en plus flou. Mais la magie de Journey, c’est qu’à la fin de l’histoire, vous comprendrez toute votre expérience passée, comme les images que l’on pourrait voir défiler avant de mourir. Une mise en abyme subtilement orchestrée, puisque l’exploration menée dans Journey n’est en fait qu’une simple métaphore de la vie. Vous naissez, vous vous émerveillez aux plus belles choses, vous affrontez vos premiers démons, vous déclinez pour ensuite mourir péniblement. C’est pourtant simple et tellement évident, et le jeu vous suggère ce scénario bien des fois (que ce soit sous forme de fresques, ou par les mystérieux messages des Anciens vêtus de blanc). Vous remarquerez par ailleurs que la mort arrivera avant que vous n’atteigniez la fameuse montagne. Cette finalité sera réservée au dernier tableau du jeu : une sorte de paradis, fait de neige et d’un ciel bleu magnifique, où vous pouvez volez éternellement (sans la contrainte de l’écharpe). Ces dernières minutes précédents les crédits seront par ailleurs portées par une musique sublime, épique et mélancolique à souhait, représentant parfaitement l’univers du jeu. D’ailleurs, pour les passionnés de cette bande originale, une OST complète, agrémentée de visuels exclusifs et de commentaires du compositeur Austin Wintory a été rapidement mise en ligne, à la demande insistante des fans.

Journey est donc un bijou vidéo-ludique à découvrir et à redécouvrir sans modération !

 

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