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La Dvdthèque : Trance

La Dvdthèque : Trance

Bonjour à tous et bienvenue dans ce troisième épisode de La Dvdthèque, votre chronique cinéma sur Cleek !

Un mois s’est écoulé depuis notre dernière rubrique, rubrique placée, tout comme la précédente, sous le signe de la science-fiction. Nous allons délaisser quelques peu ces terres de l’imaginaire pour nous intéresser aujourd’hui à un autre genre cinématographique : le thriller.

Le film d’aujourd’hui sera donc un thriller, mais pas n’importe lequel. Ce genre artistique visité et revisité au fil des années comporte de nombreuses « sous-catégories », et la nôtre sera celle du thriller policier, et plus particulièrement du film de casse. Les codes du film de casse sont particulièrement connus et attendus, tout tourne en effet autour du moment fatidique d’un cambriolage à main armée, que le film développe la préparation qui y mène (Ocean’s Eleven) ou la suite du braquage qui a mal tourné (Reservoir Dogs).

Notre film du jour appartient à la seconde catégorie. Musique, citation, images et un contenu garanti sans spoilers sont toujours au menu de « La Dvdthèque », qui vous emmène aujourd’hui dans les profondeurs insondables de l’esprit… Suivez le guide.

Trance

Trance Affiche
Genre : Thriller
Durée : 101 minutes
Titre original : Trance
Musique : Rick Smith

Distribution : James McAvoy (X-Men : Le Commencement, Reviens-moi, Le Dernier Roi d’Écosse), Rosario Dawson (Sin City, Boulevard de la mort), Vincent Cassel (La Haine, Les Rivières Pourpres, Ocean’s Twelve)
Réalisateur : Danny Boyle (Trainspotting, Slumdog Millionaire)

Sortie : 2013
Pays d’origine : Royaume-Uni

Synopsis

Film Review Trance

Simon est commissaire-priseur lorsqu’un braquage éclate en pleine vente aux enchères. Suivant scrupuleusement le protocole de sécurité, il emporte le tableau de Francisco de Goya, Le Vol des Sorcières, pour le mettre à l’abri, lorsqu’il croise le chef des braqueurs. Dérogeant au protocole pour tenter de lui résister, Simon est frappé à la tête et laissé inconscient. À sa sortie de l’hôpital, Simon est partiellement amnésique et a tout perdu de sa mémoire proche.

On comprend alors qu’il était de mèche avec les voleurs, dont le chef, Franck, retrouve bientôt sa trace : la mallette, dérobée à Simon et dont Franck pensait qu’elle contenait le précieux tableau, s’est révélée être vide. Franck, persuadé que Simon les a doublés, torture ce dernier pour lui faire avouer où il a caché le tableau, mais Simon ne se rappelle rien. En désespoir de cause, Franck décide de faire appel à une hypnothérapeute afin de retrouver le tableau.

Veux-tu te souvenir, ou veux-tu oublier ? ”

L’intérêt du film

Trance est un film relativement hybride, à la croisée des chemins entre film de casse et thriller psychologique. Le réel sujet du film n’est pas le braquage, mais la mémoire, et les séances d’hypnose donnent lieu à de très belles scènes, à la fois oniriques et symboliques où, comme dans un rêve, chaque élément du songe éveillé cache une vérité plus sombre et inquiétante. Le spectateur est plongé dans l’esprit de Simon, à la recherche du tableau perdu, tout en ayant l’impression de jouer à cache-cache avec la mémoire de ce dernier. Simon souhaite-il réellement retrouver le tableau ? S’agit-il d’un accident ou a-t-il réellement tenté de doubler ses complices ? Comment expliquer que le tableau reste introuvable quand il ne s’est écoulé que quelques minutes à peine entre le début du braquage et son coup à la tête ?

Still from the trailer for Danny Boyle's Trance

Les questions qui agitent le spectateur pendant le film sont nombreuses, et le fait que nous en sachions aussi peu que les protagonistes participe au suspense. Là où Trance réussit à jouer avec les codes du film de braquage, c’est sur l’atmosphère de violence patente qui anime le film et sur l’incapacité du spectateur à identifier le rôle des protagonistes. On a du mal à dissocier le personnage vulnérable du personnage manipulateur, et surtout à déterminer lequel représente une réelle menace. Le film se déroule avec, en toile de fond, une impression de danger permanent et de violence cachée, prête à exploser à tout moment.

Les scènes les plus réussies du film sont sans conteste les séances d’hypnose destinées à retrouver la trace du tableau. Le sentiment que l’esprit de Simon renferme la réponse sans le savoir fait tout le sel de ce thriller psychologique aux frontières de la conscience. On est avec Simon dans ses « songes éveillés », et les réponses à nos questions y figurent, cachées, sous le vernis transformateur du symbolisme qui ne laisse rien au hasard. La question n’est plus ici de savoir si le casse réussira ou bien tournera tragiquement mal, car l’enjeu du film se situe sur le plan du film policier, et, tel un Pierre de Lune des temps modernes, retrouver le tableau est l’enjeu-clé, à la fois base de la trame narrative et finalité du film, permettant de faire sens de l’ensemble des 101 minutes constituant le récit.

Trance réussit le pari de nous garder en haleine tout au long du film sans jamais trahir la révélation finale. Nerveux, prenant, et bien écrit, ce film joue avec les codes du genre pour emmener le classique du film de casse et de gangsters au niveau supérieur du jeu du chat et de la souris psychologique. À voir pour le suspense, l’écriture, et la mise en scène des séances d’hypnose.

Le curseur de Cleek : Film intéressant dans son genre.
Film à avoir dans sa Dvdthèque ? Si vous avez Reservoir Dogs, Le Limier, Se7en ou même Usual Suspects, ce film saura trouver sa place sur vos étagères cinéphiles.

Musique

On se quitte sur le morceau « Here It Comes » extrait du film et interprété par Emeli Sandé. Rendez-vous dans un mois pour un nouvel épisode de La Dvdthèque qui vous fera découvrir un nouveau film à adopter dans sa collection de long-métrages ! Bon festival de Cannes et bon cinéma à tous !

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