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La Dvdthèque : Cloud Atlas

La Dvdthèque : Cloud Atlas

Bonjour à tous et bienvenue dans le second numéro de votre chronique cinéma sur Cleek, La Dvdthèque !

Un mois s’est écoulé depuis notre dernier film, un mois plutôt bien rempli où l’on a (re?) découvert Bienvenue à Gattaca, préparé un road trip aux USA, écouté avec ravissement les musiques de Final Fantasy et préparé et mangé un bon hamburger d’avant-raid ! Pfiou. Vos papilles et vos oreilles sont repues, il est maintenant temps de s’enfoncer dans un confortable canapé, car La Dvdthèque vous invite à repartir en voyage, mais pas n’importe lequel. Un voyage dans le temps.

Musique, citations, images et un contenu garanti sans spoilers sont toujours au menu de « La Dvdthèque », qui vous emmène aujourd’hui dans les nuages… Suivez le guide.

Cloud Atlas

Cloud Atlas Synopsis
Genre : Science-Fiction
Durée : 172 minutes
Titre original : Cloud Atlas
Musique : Tom Tykwer ft. Reinhold Heil & Johnny Klimek

Distribution : Tom Hanks (Forrest Gump, La Ligne Verte), Halle Berry (Meurs un autre jour, X-Men, The Call), Hugh Grant (Le Journal de Bridget Jones, Love Actually), Hugo Weaving (Matrix, Le Seigneur des Anneaux, V pour Vendetta), Ben Whishaw (Le Parfum, Bright Star, Skyfall), Donna Bae (Sympathy for Mr. Vengeance)

Réalisateurs : Andy et Lana Wachowski (Matrix), Tom Tykwer (Cours Lola, Cours, Le Parfum)

Sortie : 2012
Pays d’origine : Allemagne & États-Unis

Synopsis

En 1849, Adam Ewing est un jeune avocat qui se retrouve embarqué dans une périlleuse traversée du Pacifique. Dans les entrailles du bateau, il tombe un jour nez-à-nez avec le passager clandestin et esclave Autua. En 1936, Robert Frobisher, un aspirant compositeur ambitieux, prêt à tout pour faire éclore son talent, se rend à Édimbourg pour assister un compositeur renommé. En 1973, à San Francisco, la journaliste Luisa Rey remonte la piste d’un scandale nucléaire. À notre époque, l’éditeur Timothy Cavendish a des soucis d’argent et, en tentant désespérément d’échapper à ses créanciers, va voir sa vie prendre un tournant pour le moins inattendu. En 2144, Sonmi -451 est une clone de Neo-Séoul menant une vie ordinaire d’esclave moderne. Jusqu’au jour où elle croise une autre clone, qui rêve de liberté. Au 24e siècle et dans un futur post-apocalyptique, Zachry vit avec sa peuplade dans la terreur de la tribu cannibale Kona. Ces six histoires se suivent, s’entremêlent et vous initient à un conte original sur le désir humain de liberté.

La liberté. Cette rengaine pompeuse de notre civilisation. Il n’y a que ceux qui en sont privés qui ont la moindre notion de ce que ce mot signifie.

L’intérêt du film

Cloud Atlas est un film difficile à présenter, tant par son format inhabituel (six histoires, à six époques différentes, incarnées par six acteurs récurrents jouant différents rôles) que par la profonde émotion qu’il sait susciter lors de son visionnage. Cloud Atlas est un film profondément humaniste, qui réussit le pari un peu fou d’être à la fois une création fondamentalement atypique et éminemment essentielle.

Pour parler du film, il faut d’abord souligner que ces six histoires, en apparence séparées par les frontières de temps, de lieu, et de genre, ne forment en réalité qu’une seule et même histoire. C’est en effet le même thème musical qui hante chaque époque du film, et l’unité cohérente du tout est assurée par des glissements d’une époque à l’autre qui ne sont jamais anodins ni dépourvus de symbolique dans le changement de plan et le choix du montage. Il est même possible d’aller plus loin, car les héros de chaque époque font bien plus que de partager une simple et mystérieuse tâche de naissance en commun : Cloud Atlas raconte l’histoire de personnages qui, confrontés à l’injustice et la ségrégation, font pourtant le choix de la révolte, quitte à transformer de façon irrévocable la société qui les a vu naître.

On comprend très vite que chaque combat, loin d’être différent, est en fait le combat immémorial de l’humanité tout entière, à travers des époques et des systèmes politiques qui changent et évoluent, et ce ballet fluide des histoires rappelle celle avec un grand H. D’autant plus que si les six histoires sont d’abord montrées dans un ordre chronologique, elles finissent par s’alterner librement, effaçant les limites entre le passé, le présent et l’avenir, car tout, subitement, semble devenir concomitant. C’est là que le fond de Cloud Atlas joue avec sa forme pour s’unir dans un même propos d’effacement des frontières.

 

Cloud Atlas Histoire

 

Cloud Atlas est une ode au courage et à la différence, servie par une excellente bande-son qui fait bien plus que de sertir le film de petites tonalités dont la finalité serait d’appuyer une scène, ou de dramatiser un propos. Non, la musique de Cloud Atlas est un mode d’expression à part entière, un langage cinématographique puissant, au même titre que la mise en scène ou les dialogues. C’est elle qui donne au film sa profondeur, sa portée et son pouvoir, et il n’est d’ailleurs pas innocent qu’une époque entière du film lui soit dédiée.

Ayant le potentiel de devenir l’un des films de science-fiction les plus importants de la décennie, les réalisateurs ont su s’entourer de très bon acteurs. Si on peut taxer l’œuvre de « film à message », Cloud Atlas a le talent de faire confiance à l’interprétation de ses acteurs et au pouvoir du récit pour emporter le spectateur. Dans la toile temporelle des six histoires, chacune se révèle intéressante et nécessaire, et apporte une réflexion, un effet comique, ou fait écho aux autres par son histoire et ses personnages.

Cloud Atlas est un film amoureux de littérature, de poésie, de musique et du pouvoir des mots, et demeure une aventure du cœur et de l’esprit, tout en sensibilité et en intelligence. À la fois et tour à tour film d’aventure, film historique, politique, comédie, et film de science-fiction dans un futur proche et lointain, Cloud Atlas se présente comme un film aux mille et unes facettes, mais à un seul message : celui du courage de s’emparer de sa liberté.

Le curseur de Cleek : Film majeur dans son genre.
Film à avoir dans sa Dvdthèque ? D’urgence.

À savoir : Cloud Atlas est basé sur le roman éponyme Cartographie des Nuages, paru en 2004 et signé de la plume du britannique David Mitchell.

Et pour réellement prendre conscience du travail des acteurs qui n’ont pas hésité, à l’aide de savants maquillages, à jouer d’autres âges, sexes, ou couleurs de peau que les leurs, on vous recommande le générique de fin.

Musique

On se quitte sur le morceau « All Boundaries Are Conventions » extrait du film, et La Dvdthèque s’en va, rêveuse, sur ces notes de musique mais vous reviendra bien sûr dans un mois pour un nouvel épisode dédié au cinéma sur Cleek !

 

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