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Les antihéros #3 : Léon

Les antihéros #3 : Léon

Pour ce troisième article consacré aux antihéros, nous allons aborder un film sorti en 1994 : « Léon ». C’est un des grands film de Luc Besson qui fait plus ou moins suite à « Nikita ». Besson nous emmène dans le New York des années 90. Ce thriller policier d’action et drame fut le premier film de la magnifique, resplendissante et sublime Natalie Portman… rien que ça ! Jouant à ses côtés, le très célèbre acteur français Jean Reno et l’inimitable Gary Oldman.

Merci Luc !

 

L’histoire

 

Bon alors, pas de chichi, je vous mets directement le synopsis d’AlloCiné. Certains vont dire que je suis flemmard et que je copie/colle et je leur répondrai de lire et de se taire.

 

Un tueur à gages répondant au nom de Léon prend sous son aile Mathilda, une petite fille de douze ans, seule rescapée du massacre de sa famille. Bientôt, Léon va faire de Mathilda une « nettoyeuse », comme lui. Et Mathilda pourra venger son petit frère…

 

 

Alors «Léon», c’est un tueur, un vrai, celui qui vient te souffler à l’oreille que tu es déjà mort, un pro. Il vit dans les quartiers de New York, enchaînant les contrats, défendant les intérêt de Toni. Toni c’est ce qu’on pourrait appeler un Parrain : il est là, dans son petit restaurant Italien, et il surveille son coin. Surveiller et protéger. Et pour ça, il fait appel au meilleur d’entre tous.

Un jour, une fusillade éclate dans l’appartement à côté de celui de notre cher tueur. Une pétarade d’hommes plus armés les uns que les autres et cherchant de la drogue qu’un passeur aurait dissimulé investissent les lieux et descendent tout le monde sauf Mathilda. Mathilda, c’est une petite fille de 12 ans qui va, par un heureux hasard, survivre à la tuerie. Elle se réfugie chez Léon qui l’accepte tant bien que mal.

 

Gary Oldman dans la peau d'un méchant qui fait froid dans le dos.

Gary Oldman dans la peau d’un méchant qui fait froid dans le dos.

 

Mathilda ne rêve que de vengeance et va se servir de Léon. Il sera son maître, son tuteur, celui par qui elle va elle aussi apprendre à nettoyer. Comme vous pourrez vous en douter, il va naître entre ces deux personnages une forte dépendance, presque de l’amour : celui d’un père à son enfant. Du côté de Mathilda qui n’a pas eu de réel père, comme de celui de Léon qui n’a jamais eu de famille.

 

Léon, l’antihéros au cœur lacté

 

Dans le film, Léon est présenté comme un immigré, arrivé adolescent aux États-Unis presque par hasard. Recueilli par Toni, ce dernier va tout lui apprendre et diriger sa vie. Oui, Léon est complétement manipulé par Toni, comme pourrait l’illustrer une phrase de ce dernier s’adressant à son poulain : « Attention Léon, le changement c’est dangereux… ». Et c’est tout ce que les spectateurs connaitront du passé de ce personnage. Il faut souligner ce point, car un héros a une histoire, généralement grande qu’il connaît ou qu’il découvre. Ici non, nous avons affaire à un type ordinaire, presque marginal, qui essaye tant bien que mal de vivre. Sa vie est ennuyante à mourir et il ne s’occupe que de deux choses : sa plante (qui est « sa meilleure amie ») et de son cochon Piggy qui n’est en fait qu’un gant de cuisine rose avec deux yeux et une bouche de cochon. Quand il ne travaille pas, il passe ses journées chez lui ou au cinéma à regarder des films plus ou moins intéressants.

 

Portman, le début d'une gigantesque carrière.

Portman dans Léon, le début d’une gigantesque carrière.
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Mais c’est quand Mathilda se réfugie chez lui que le spectateur comprend encore un peu plus la misère de cet homme. Analphabète grave, il ne parvient pas à déchiffrer trois mots et c’est grâce (ou à cause) de ce handicap que Mathilda sera autorisée à rester chez lui : en échange de leçons et de travaux ménagers, la jeune fille apprendra à nettoyer. Mais dit comme ça, cela semble être une idée de Léon… Que nenni ! C’est Mathilda qui va pousser l’homme de 40 ans à la garder. C’est grâce à un subtil chantage qu’elle va décrocher le jackpot. Nous sommes là encore en face d’un Léon qui est complétement soumis : soumis face à quelque chose qu’il ne connaît pas. Un exemple pour vous illustrer cela est cette scène : il demande explicitement à Mathilda d’arrêter de dire « OK » et celle-ci ne répond qu’avec ce mot, mot qu’elle dira tout au long du film, du début à la fin.

 

 

Autre chose frappante, c’est la simplicité de l’homme. Léon est encore un enfant, et son comportement me donne raison : il ne cherche pas à dominer son « père » (Toni) et il boit énormément de lait (deux litres par jour). Comportement typique d’un enfant de moins de 10 ans, j’ai envie de dire. À côté de lui se tient Mathilda, une gamine de 12 ans qui ne va pas hésiter à simuler de la prostitution, s’aventurer face au danger de manière presque irréfléchie. Il y a dans ce film une inversion quasi-totale des rôles avec un Léon dominé et une Mathilda dominante.

De plus, en y réfléchissant bien, la morale de Léon est plus que douteuse. Ce dernier va héberger une petite fille et lui apprendre son métier : la mort et l’assassinat. Alors même si ses principes sont plus que nobles, cela n’en reste pas moins un métier à la morale bancale.

Tous ces éléments ne peuvent pas faire de Léon un véritable héros…

 

Conclusion

 

Cinématographiquement parlant, Luc Besson a réussi son coup, vraiment ! Il y a tout au long du film une sorte d’atmosphère qui pèse, tant sur le méchant de l’histoire que sur les deux protagonistes principaux.

Luc Besson parvient avec des moyens très simples à nous faire comprendre rapidement les rapports qu’entretiennent les personnages entres eux : les scènes entre Léon et Toni sont filmés de près, très près, illustrant la complicité des hommes, alors que pendant les premières scènes entre Léon et Mathilda il y a un plan large lorsque la caméra regarde Léon et un plan rapproché sur Mathilda, comme si cette dernière voyait déjà un père en lui alors qu’il est complétement ignorant et effrayé face à cette jeune fille. Le jeu de caméra va évoluer tout au long du film, rapprochant doucement les personnages les uns des autres.

Au niveau musical, ce film est aussi très complet. On notera la touche d’accordéon dans la bande originale qui vient nous rappeler que Luc Besson tient à sa France.

Un film culte qui n’est plus à présenter mais à regarder encore et encore !

 

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