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Better Call Saul : le début d’un spin-off

Better Call Saul : le début d’un spin-off

Better Call Saul : digne successeur de Breaking Bad ?

Le spin-off dérivé de l’univers de Breaking Bad est enfin sorti au début de ce mois, diffusé sur la chaîne AMC, ainsi que sur Netflix en ce qui concerne la France, la Belgique et la Suisse, arborant comme nom le célèbre slogan que nous avions déjà très largement entendu dans la série, à savoir « Better Call Saul ». Le réalisateur Vince Gilligan a donc mis fin au deuil de toute une communauté, qui se languissait depuis 2013 de ne plus avoir d’épisode à se mettre sous la dent. La nouvelle série est donc, comme le titre l’indique, centrée autour du personnage de Saul Goodman, l’avocat véreux de Walter White. On le retrouve ici quelques années avant leur rencontre, et après le succès retentissant de Breaking Bad, les fans étaient aussi impatients que mitigés quant à la qualité de cette nouvelle série. Alors, pari réussi pour Vince Gilligan ?

Un second souffle ?

Revenons tout d’abord un peu en arrière pour reparler de Breaking Bad. La série, pourtant culte, avait démarré assez lentement, et à la fin de sa première saison, beaucoup de fans décrivaient la série comme étant un portrait de société cynique, violent, mais toutefois comique. Pourtant, même si l’on se souvient des quelques sourires que l’on a pu avoir sur les premiers épisodes, force est de constater que la suite de la série s’oriente résolument vers une violence beaucoup plus assumée, et un univers impitoyable, sombre, et triste. Et finalement, c’était là tout le talent de Vince Gilligan : savoir faire naître le rire autant que la peur, la joie autant que la frustration.

Breaking Bad fait également partie de ces séries qui ont su s’arrêter au bon moment (hum hum… Lost). Cinq saisons en tout, qui ont su garder le téléspectateur en alerte, sans lassitude ni perte d’intérêt. Puis ce fut la fin de la série, et une grande frustration pour les fans qui ont néanmoins échappé à x saisons supplémentaires qui auraient pu finir par desservir l’ensemble. Vince Gilligan avait donc pris le pari de mettre un terme à Breaking Bad au sommet de sa gloire. Pourtant, face à la demande croissante de la communauté, le réalisateur se lance dans ce nouveau projet un peu fou qu’est Better Call Saul.

 

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Au départ, les fans de Breaking Bad ont émis quelques réserves quant à l’annonce d’un spin-off mettant en scène le personnage de Saul Goodman. En effet, très attachés au binôme Walter White/Jesse Pinkman, la communauté ne s’attendait pas à ce revirement de situation, et beaucoup sont donc restés sur un avis mitigé, attendant impatiemment, mais non sans une certaine réticence le nouveau bébé de Gilligan. Qu’en est-il donc de Better Call Saul. Le succès initial de Breaking Bad aura-t-il droit à un second souffle ?

Better Call Saul a pour l’instant été diffusé sur trois épisodes, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on ne retrouve pas cette lenteur qu’il y avait au début des aventures de Walter White. On rentre très vite dans le vif du sujet, et le ton est donné. Pour les anciens fans de Breaking Bad, vous retrouverez l’ambiance que vous aimiez tant, et pour ceux qui n’auraient pas suivi la première série, pas de panique puisqu’il s’agit là d’un prequel. Le mélange des genres et des émotions que nous évoquions tout au long des cinq saisons de Breaking Bad est déjà bel et bien présent pendant ces trois premiers épisodes : des situations cocasses, des gags parodiques, des clins d’œil directs à Breaking Bad, des dialogues piquants, une tension palpable, du sordide et des crises de violence… rien ne manque à l’appel, et pour l’instant, force est de constater que Better Call Saul démarre fort, très fort.

 

It’s Showtime !

… Et non, ce n’est pas une pub pour la chaîne de télévision concurrente. Il s’agit en fait d’une phrase que vous n’aurez pas fini d’entendre dans le début de ce spin-off. Saul Goodman n’existe pas pour l’instant en tant que tel, et on le retrouve sous sa véritable identité, Jimmy McGill (un peu moins tape à l’œil pour le coup !) bien avant sa rencontre déterminante avec Walter White et Jesse Pinkman. Jimmy est donc avocat (pour les connaisseurs de BB, je ne vous apprends rien), mais il peine à gagner sa vie, flânant entre deux procès où il intervient en tant qu’avocat commis d’office, et amassant de menus salaires qui le laissent dans un état assez miséreux, tant socialement que psychologiquement. Jimmy McGill est en quelque sorte au bout du rouleau, fatigué de défendre ses affaires sordides qui ne lui ramènent aucune réelle clientèle. Mais en tant qu’avocat, il connait les frontières délimitées par la loi, et suite à une première rencontre aussi sordide qu’improbable, le futur Saul Goodman se lance alors dans sa toute première escroquerie, qui ne manquera pas de tourner au vinaigre. Un portrait plutôt cynique d’un homme pathétique et usé, conscient de ses faiblesses mais surtout des forces qu’il n’arrive pas à exploiter : voici la situation initiale de Better Call Saul.

 

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Du casting et de l’audience

Vous l’aurez deviné, le rôle titre de la série est bel et bien joué par le même acteur qui interprétait Saul dans Breaking Bad, Bob Odenkirk. Mais le casting ne s’arrête pas là : vous aurez l’occasion de retrouver, entre autres, le personnage de Mike Ehrmantraut (Jonathan Bank) et Tuco Salamanca (Raymond Cruz). Vince Gilligan a par ailleurs assuré que les fans croiseront à nouveau leurs chouchous Walter White (Bryan Cranston) et Jesse Pinkman (Aaron Paul) puisque la série Better Call Saul qui se situe pour l’instant avant l’histoire de Breaking Bad pourrait évoluer en présentant des actions et des intrigues parallèles à Breaking Bad, ainsi qu’après les événements de fin de la première série. De quoi se réjouir donc pour les amoureux de « Heisenberg ».

On notera par ailleurs la présence très charismatique d’un méchant que l’on connait bien du côté des jeux vidéos puisque l’on retrouve dans Better Call Saul l’acteur Michael Mando, qui avait participé aux violents courts-métrages effectués en parallèle au jeu Far Cry 3, où il incarnait le déjanté Vaas Montenegro.

 

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Enfin, du côté de l’audience, le premier épisode de Better Call Saul constitue à lui seul un record en tant que diffusion d’un premier épisode de série, avec 6,9 millions de téléspectateurs, avides de mieux connaître ce nouvel opus. Alors entre Breaking Bad et Better Call Saul, votre cœur balance ?

 

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