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Les antihéros #1 : Hancock

Les antihéros #1 : Hancock

Dans cette chronique, nous allons nous intéresser à cette catégorie de héros qui pourrait être classée dans la case antihéros. Un antihéros n’est pas l’opposant d’un héros « normal », mais plutôt en général le personnage principal qui n’a pas les caractéristiques habituelles d’un héros. Hancock en est un dans le film éponyme. Cette comédie fantastique en fera rire plus d’un !

 

Le héros, de l’antiquité à la modernité

 

Le terme « Héros » vient du Grec « herôs » : demi-dieu. En effet, il faut savoir que l’origine de ce mot est antique et seules certaines personnes pouvaient prétendre au titre de héros. En effet, il fallait être de lignée divine (avoir un de ses parents siégeant au Panthéon, le domaine des dieux), soit être frappé de la grâce de l’un d’eux. À leur mort, les héros sont accueillis dans les Champs-Élysées.

Un exemple simple : Hercule, fils de Zeus.

Mais au fil des années, le mot « héros » va doucement évoluer et inclure aussi des gens qui, par leurs actions et les hauts-faits accomplis, entrent dans la légende. Un des exemples les plus parlants est Ulysse (bon certes, il a aussi été aidé par les dieux, mais on ne va pas chipoter). En général, cette catégorie d’Homme se démarque par une aptitude humaine extrêmement développée : la ruse pour Ulysse par exemple.

Cette dernière définition ne va quasiment pas bouger au fil des siècles. Outre le fait qu’il faille faire de grands exploits, être un héros impliquera progressivement le fait d’avoir un certain courage mais aussi de défendre une vertu, des idées et des valeurs exceptionnelles.

 

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Hercule terrassant le lion de Némée
 © musée du Louvre département des Arts graphiques, © Direction des Musées de France, 1994 © Réunion des musées nationaux

 

De nos jours, le mot « héros » a plus un caractère éphémère. Récompensé de médailles et de reconnaissance, le héros de la société moderne se démarque de ses concitoyens par une action réalisée qui se démarque des autres. La surmédiatisation de notre société n’offre pas la possibilité d’être sur le devant de la scène aussi longtemps qu’il le faudrait pour marquer les esprits et permettre à ces « héros » de s’immortaliser dans l’histoire.

 

Et l’antihéros

 

Quésaco antihéros ? La définition la plus simple est la suivante : C’est un personnage (en général le personnage principal) qui n’a aucun trait le définissant comme un héros ordinaire. Il n’aspire pas à le devenir non plus. Il va néanmoins faire face à des situations et accomplir des actes héroïques.

En plus court, c’est un héros qui n’a pas de morale et qui fait un peu ce qu’il veut.

 

Hancock, l’anti-super-héros

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Qui n’a jamais rêvé de voler ?

 

Sorti le 8 Juillet 2008, Hancock est l’histoire d’une rencontre entre un super-héros haï et un spécialiste des relations publiques. Après avoir encore une fois saccagé la ville pour mettre derrière les barreaux quelques malfrats, Hancock est accusé et est prié d’aller purger une peine de prison pour « Destruction de biens publiques ».

Le super-héros invincible hors des rails, la criminalité ne va cesser d’augmenter et ce dernier va être appelé afin de gérer les conflits. Dans son habit flambant neuf, il va lentement redorer son image, grâce à Ray Embrey (le spécialiste en communication) et sa femme Mary, qui semble en savoir plus que ce qu’il n’y parait…

 

 

Avec 3 millions d’entrées en France, le film s’est révélé être une réelle surprise pour la plupart des spectateurs. Bien entendu, la prestation de Will Smith y est pour quelque chose. L’acteur parvient à la perfection à faire passer son personnage, pourtant divin, pour un raté de la société.

Ce personnage illustre parfaitement la définition de l’antihéros et est naturellement placé dans ce premier article d’introduction à la chronique. Mais qu’est-ce qui le définit ainsi ?

Presque tout, en fait. Il est assez difficile de faire la liste des défauts qu’a le personnage tellement il en a. Alcoolique, irascible, mal poli et inconscient. Ce ne serait qu’une petite batterie d’adjectifs le définissant. À l’inverse des citoyens normaux, Hancock ne comprend pas les être humains « normaux » et ne cherche pas à les comprendre. Il n’essaye pas non plus de s’intégrer. Vivant à l’écart de la ville dans une vieille roulotte en haut d’une montagne, le spectateur comprend rapidement que sa vraie maison est la rue, comme en témoigne les 5 premières minutes du film. Hancock, ivre mort sur un banc ne veut pas bouger et c’est un enfant qui va l’y obliger.

 

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Boire, manger et picoler, voila la vie d’Hancock

 

 

Ce personnage nous montre rapidement qu’il est las de sa vie et qu’il ne sait pas quoi faire, ni comment le faire. Il va donc naturellement foncer et surtout tout défoncer.

 

Hancock est un film particulier puisqu’il n’y a pas de « Super-Vilain ». Le vilain de l’histoire, c’est le héros, une antithèse sympathique et qui tient le spectateur en haleine toute la première moitié du film.

 

Conclusion

Hancock est vraiment un film sympathique, drôle et illustrant à merveille ce dont nous allons parler lors des prochaines chroniques. Le personnage principal ne fait pas rêver et probablement personne ne veut être à sa place. Il est presque répugnant en fait. Mais la tâche qu’il a à accomplir est digne d’un héros et ses supers-pouvoirs sont quasiment divins.

 

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