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L’ascension d’Hozier

L’ascension d’Hozier

Hozier : un succès mondial

Andrew Hozier-Byrne, ou Hozier est un musicien et chanteur irlandais, tout nouveau, tout beau, propulsé en l’espace d’une année sur les devants des scènes internationales. Du haut de ses 24 ans, Hozier rencontre désormais un succès à l’ampleur considérable, tant et si bien que la plupart de ses concerts affichent désormais sold out, et ce, partout à travers le monde.  Cleek se penche aujourd’hui sur ce phénomène musical, ses plus et ses moins, afin d’examiner un peu plus en profondeur la recette de la gloire.

Cette année-là

Commençons par présenter un peu le bonhomme. Une fois passé sur le jeu de mots assez facile du panier d’Hozier (ne mentez pas, on l’a tous fait ! ), ce qu’il faut savoir, c’est que depuis ses 15 ans, Hozier enchaîne les formations et les études liées à la musique. Toutefois, le jeune homme se lance rapidement dans l’enregistrement d’une démo, dans le but de percer au travers d’une carrière solo. En 2013, il dépose alors sur Bandcamp deux de ses titres, From Eden et Take me to church. Le succès ne tarde pas à frapper à sa porte car à peine deux mois après la mise en ligne de ses titres, Take me to church fera l’objet d’un tournage pour le premier clip d’Hozier. Un clip à connotation revendicative, où l’image de l’artiste n’intervient à aucun moment, qui suffira à le propulser sur le devant de la scène.

En effet, le clip propose un court-métrage, exclusivement en noir et blanc, mettant en scène deux amants homosexuels qui se voient déchirés par des attaques homophobes des plus violentes. La chanson devient alors un tube, et sera alors l’hymne d’Hozier, celui que tout le monde connaîtra. Par ailleurs, de par son caractère critique envers l’église et l’homophobie, Take me to church se verra décernée deux récompenses en 2014 : meilleure chanson de l’année aux Grammy Awards ainsi que celle de « meilleure chanson avec un message » aux MTV Europe Music Awards. Un an après le tournage de son clip, le musicien sort alors, en septembre 2014, son premier album intitulé « Hozier » (on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même, comme on dit… ). Depuis lors, chaque titre a connu son moment de gloire auprès d’une communauté de fans grandissante. C’est donc tout naturellement en réponse à ce succès fulgurant qu’Hozier entame alors une tournée mondiale, qu’il poursuit actuellement.

 

 

Take me to Glory

Alors finalement, en dehors du buzz engendré par le titre Take me to church, qu’est-ce qui plaît chez le jeune irlandais ? Qu’est-ce qui le différencie à ce point des autres ?

Force est de constater, à l’écoute de son album, qu’Hozier propose une playlist aussi diversifiée qu’elle est qualitative.

Même si les influences du musicien s’orientent clairement vers le rock, on retrouve chez Hozier beaucoup d’accents de musique blues, gospel voire country dans certains morceaux. Ainsi, même si certains titres possèdent cette même empreinte qui qualifie l’artiste (Take me to church, Sedated, Foreigner’s god proposent par exemple toutes ce côté mélancolique avec une présence très forte du piano ainsi que des refrains accrocheurs), certaines chansons divergent cependant du style caractéristique de l’artiste et dès lors, il y en a pour tous les goûts (ou presque). Les fans de musique plus country seront alors plus sensibles à des titres tels que To be alone ou In the woods somewhere, tandis que les plus optimistes craqueront pour les refrains entraînants de chansons comme From Eden ou encore Someone new (dont les couplets pourraient presque faire penser à du Norah Jones).

Cette variété des styles présente donc un point fort dans l’identité musicale du musicien, même si cette force peut, au demeurant, constituer une certaine faiblesse également. En effet, certains seront peut-être quelque peu perdus dans ce manque « d’étiquetage » des genres et cette musique qui part parfois tous azimuts.

 

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Un autre petit hic que l’on pourrait noter chez Hozier, c’est que côté textes, même si l’ensemble reste très plaisant et bien réalisé, cela ne vaut pas ce qu’il propose en musique. Les thématiques se recroisent souvent (religion, mort, sexe, drogues… du rock quoi ! ) et en dehors de la très cynique Take me to church et des métaphores d’Angel of the small death and codeine scene, le texte ne transcende pas la musique. Il n’en demeure pas moins que le tout se marie très bien, et pour les curieux, Hozier propose sur sa page Youtube de petites interviews, piste par piste, des chansons de son album.

Toutefois, d’un point de vue plus technique, Hozier propose une prestation de musicien d’une qualité rare. Le jeune homme s’accompagne lui-même à la guitare (comme tant d’autres me direz-vous), mais il dispose surtout d’un panel vocal varié et irréprochable. Aussi à l’aise dans les graves que dans la voix de tête la plus obstinée (cf : To be alone), Hozier présente une technique vocale impressionnante, ainsi qu’un timbre de voix puissant et assez original dans le registre actuel de chant au masculin. Certains se sont alors réfugiés derrière l’excuse d’un enregistrement studio retouché à outrance, chose que l’artiste ne tardera pas à démentir dès son entrée sur les premières scènes.

 

La recette du succès ? De beaux cheveux !

La recette du succès ? De beaux cheveux !

 

Un homme de scène

Avant même d’avoir proposé ses titres sur Bandcamp, Hozier avait tout d’abord expérimenté de nombreuses petites scènes dans le but de parfaire ses prestations… et les efforts ont payé ! Aujourd’hui, Hozier propose à son public des live d’une justesse peu commune, et si vous prenez la peine de vous attarder sur ces versions live plutôt que sur les versions studios de ses chansons, vous pourrez constater qu’il est difficile de trouver une faille sur les prestations scéniques du jeune musicien. Tout y est : maîtrise vocale, présence (quoique jugée parfois trop « froide ») et une équipe de musiciens toujours aussi bons d’un live à l’autre (c’est d’ailleurs leurs qualités de choristes qui insufflent souvent ce côté gospel dans le répertoire proposé).

Si vous avez donc manqué le passage d’Hozier en Europe fin 2014/début 2015, vous aurez peut-être encore la chance de réserver les quelques places restantes pour l’Olympia de Paris le 2 juillet 2015, et en attendant, retrouvez-le sur ses pages Facebook ou Twitter.

 

 

 

Et vous, avez-vous été touchés par le phénomène « Hozier » ?

 

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