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Critique – Birds of Prey

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Critique – Birds of Prey

Harley Quinn & compagnie : Birds of Prey vaut-il le détour ?

 

Encore un film dans l’univers DC, consacré pour la première fois à un rôle habituellement secondaire mais qui a su marquer les esprits à chacune de ses apparitions (et notamment dans le très critiqué Suicide Squad) : la fantabuleuse Harley Quinn.

Écrit par Christina Hodson (Bumblebee), réalisé par l’inconnue Cathy Yan (un seul long métrage à son actif, Dead Pig en 2018) et interprété et produit par Margot Robbie, Birds of Prey remet le girl power au goût du jour dans un univers DC souvent réservé aux hommes (excepté Wonder Woman), et le fait plutôt bien.

 

Folie douce et pop colorée

Fantasque Harley Quinn ? Oh que oui, et les créatrices ont fait le choix d’embrasser cette folie d’entrée de jeu dans tous les aspects de leur film. L’introduction animée est une réussite (mais trop courte, on aurait aimé en voir plus) et les dix premières minutes commencent sur les chapeaux de roue, nous mettant directement dans le bain (d’acide), sur la base d’une narration déstructurée car racontée par Harley elle-même. C’est elle la maîtresse de cérémonie, et bienvenue dans sa vie ! Pop, échevelée et électrisante, l’introduction annonce la (multi)couleur : ça va aller vite, ça va être bordélique mais vous n’allez pas vous ennuyer !

La suite continue sur la lancée et arrive à garder la même énergie, en utilisant notamment des procédés de comic book pour dynamiser le récit et asseoir sa singularité dans un univers DC habituellement si sombre. L’attaque du commissariat en est un bel exemple, visuellement abouti et très « quinnien ».

À l’image de son personnage principal, le film prend vite la forme d’un objet cool et irrévérencieux qui ne demande de comptes à personne et qui, avec une moue boudeuse et les yeux pétillants, enverrait loin à coups de batte de baseball tout reproche qu’on pourrait lui adresser, avec en prime un petit rire narquois pour bien marquer le coup.

 

Le « Margot Robbie Show »

La fantabuleuse Harley ne serait rien sans sa fantastique interprète. Margot Robbie prend visiblement son pied à incarner ce personnage à nouveau, et nous à la regarder faire. Que ce soit dans l’action, l’humour ou l’émotion, elle est toujours impeccable et se glisse dans le rôle avec une facilité déconcertante. On en viendrait presque à regretter que le récit s’éloigne de Quinn pour se concentrer sur les autres personnages féminins, sympathiques mais forcément moins intéressants.

L’intrigue est aussi desservie par des personnages masculins un peu caricaturaux et de ce fait bien moins exploités que le reste du casting, avec notamment un méchant… hummm, pas vraiment inquiétant. Si on sent qu’Ewan McGregor s’est bien amusé à incarner Black Mask, il frôle parfois le cabotinage, pas aidé par des motivations pour le moins classiques et manquant de saveur. Idem pour son compère Zsasz, sous exploité, jamais mis en action et étrange dans son comportement (les deux ne seraient-ils d’ailleurs pas amants ?). Dommage que les personnages forts féminins n’aient donc pas trop de répondant en face, cela aurait pourtant apporté plus de saveur à leurs prises de position.

 

Un dernier tiers qui perd en originalité

Comme cela arrive souvent, le film connaît un petit coup de mou et perd en souffle et en singularité passé les 60 premières minutes. La réalisation et le récit se font plus sages, le rythme redescend un peu et le spectateur est moins surpris. Birds of Prey loupe aussi le coche sur la rencontre et l’alliance des héroïnes qui lui donne son titre, moment qui aurait dû être charnière mais qui est malheureusement trop vite expédié et pas assez épique. Dommage de ne pas s’être attardé plus longuement sur ce qui aurait pu donner lieu à une scène plus iconique et fondatrice pour le reste de la franchise.

Car oui, il semblerait (mais ça n’étonnera plus personne) que le film soit le premier d’une nouvelle saga consacrée à Harley Quinn et ses compères, si le succès est au rendez-vous. Plutôt hermétique dans ses connexions avec l’univers DC habituel dans ce premier volet, nul doute que la suite risque de s’ouvrir vers un monde plus étendu où on pourra peut-être croiser une chauve souris musclée ou l’ex de Quinn…

 

En résumé

Birds of Prey impose son féminisme à tous les étages mais sans jamais en faire trop, et en ayant l’intelligence de ne jamais le surligner. Ajouté à la folie douce de son personnage principal qui décide de s’émanciper des hommes et de prendre son indépendance, comme un pied de nez à tout ce qui a été fait jusqu’à présent, Birds of Prey y trouve sa propre identité, juste amoindrie par une dernière partie plus balisée et un vilain un peu ringard.

N’en reste pas moins un film franc, bien fait, rythmé et éminemment sympathique. Un bonbon acidulé qui fait du bien dans un sac de friandises DC Comics parfois un peu lourd à digérer.

 

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