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Il faut aller voir Grave

Il faut aller voir Grave

Il faut aller voir Grave… si vous avez le cœur bien accroché !

Quand un film parvient à mêler les influences évidentes de La Crème de la crème et Gregg Araki à du Neon Princess et du Rob Zombie ou du Romero, quand on accepte de produire et de distribuer le projet d’une femme de réaliser des images comme on n’en voit pas, et quand cette oeuvre connaît le succès le plus inespéré, on peut reprendre confiance dans le cinéma de genre, dans le public, dans le cinéma français et dans le cinéma tout court !

Ce film impressionnant, vous en avez sans doute entendu beaucoup parler depuis sa sortie il y a deux semaines, mais lui avez-vous pour autant laissé sa chance de vous conquérir ? Évidemment, il est interdit aux moins de seize ans, ce qui signifie que son visionnage peut être exigeant et éprouvant, surtout quand on se situe dans le film de genre et pas dans un cinéma sexualisé : le « film de genre » désigne par essence un cinéma « bizarre », ne se souciant jamais de donner au spectateur ce qu’il veut et attend, et ignorant sciemment toutes les règles du bon goût supposées garantir un cinéma digeste, normé, divertissant. Qu’on introduise un tube dans la gueule d’un cheval sédaté, qu’un personnage se gratte pendant plusieurs longues minutes, qu’une musique énergique et positive (un thème d’épiphanie personnelle) accompagne la dégustation d’un doigt humain, il faut savoir avant d’entrer dans la salle qu’on ne vous brossera pas dans le sens du poil, et que c’est justement cela qui est beau, la garantie d’images que vous ne connaissez pas, de moments comme vous en avez trop peu vus dans votre vie.

Grave est un film qu’il faut plébisciter, qu’il faut faire connaître, parce qu’il appartient à ces films cruciaux pour les cinéphiles qui rappellent la possible originalité du septième art à une époque où, thématiquement et formellement, on peut avoir l’impression de la victoire du standardisé.

Résumé de Grave, de Julia Ducourneau (source Allociné) : dans la famille de Justine tout le monde est vétérinaire et végétarien. À 16 ans, elle est une adolescente surdouée sur le point d’intégrer l’école véto où sa sœur ainée est également élève. Mais, à peine installés, le bizutage commence pour les premières années. On force Justine à manger de la viande crue. C’est la première fois de sa vie. Les conséquences ne se font pas attendre. Justine découvre sa vraie nature.

présentation de Grave par Victor Bonnefoy (chaîne InThePanda) à partir de 1’52 :

(l’« inconnu total » Jim Williams a été compositeur de trois films du formidable Ben Wheatley, en particulier Touristes et A Field in England, excusez du peu)
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Doctorant en Littérature comparée, je prépare une thèse sur les enjeux principalement politiques, moraux et religieux du comics super-héroïque - et un livre sur Batman, en projet. Certaines de mes interventions dans des colloques sont disponibles sur mon LinkedIn. Par ailleurs cinéphile et sériephile affirmé, j'essaie au mieux de partager ces passions (et les détestations qui en découlent) sur VonGuru après l'avoir fait sur Cleek, persuadé que c'est dans cette activité de partage et de discussion que la culture trouve son sel.

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