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Stardew Valley : on récolte ce que l’on sème

Stardew Valley : on récolte ce que l’on sème

 

Stardew Valley : le test

 

Parlons aujourd’hui d’une petite perle pêchée au hasard de mes errances Steamiennes : Stardew Valley. Développé par un seul bonhomme que nous ne remercierons jamais assez, Monsieur Éric Barone, et édité par Chucklefish Games, Stardew Valley nous propose de gérer notre propre fermette dans un petit RPG à l’ambiance bucolique. Analyse du « pourquoi-qu’on-s’amuse » dans cette petite pépite encore fort méconnue.

 

Un air mignon…

 

Votre aventure commence par un écran de création de personnage simpliste mais sympathique : peu d’éléments sont modifiables mais l’on dispose pour chacun d’une palette de choix variés : couleur des cheveux, couleur de peau, type de vêtements en haut et en bas… Ajoutez un pseudo pour votre créature, sélectionnez un type de monde – ce qui semble définir le style et la difficulté de votre partie – et le tour est joué !

Les choses s’enchaînent ensuite assez naturellement au cours d’une petite cinématique présentant votre héros devant son grand-père alité – ça commence bien dites donc. Ce dernier vous confie une lettre à n’ouvrir que quand les joies de la vie urbaine n’en seront plus vraiment… Après une petite ellipse, nous retrouvons le protagoniste (baptisons-le « Plonplon » pour la suite de l’article) à son travail, prostré derrière son bureau au beau milieu de ce qui ressemble à un open-space (en vue 2D de côté ce n’est pas évident, il faut laisser parler l’imagination). Plonplon semble d’humeur maussade, voire mélancolique pour ne pas dire un peu dépressive. Il triture l’enveloppe de Papi, surement mort depuis – décidément ce jeu n’est pas très joyeux – jusqu’à se décider à quitter ce job pourri pour la prometteuse campagne ! Nouvelle ellipse qui nous amène à la descente du bus, et nous voilà accueilli par un bien gentil monsieur, Lewis, le maire de « Pelican Town ». Le jeu ne commence qu’après que ce dernier nous a conduit à une bicoque un peu bancale au milieu d’une friche : votre nouveau palais, avec comme job implicite associé d’en faire un « vrai » palais (pas d’palais…).

 

 

Doté d’une belle bouille en gros pixels, Stardew Valley n’a pas à rougir de ses graphismes (d’autant plus si l’on prend en compte la solitude héroïque de son unique développeur/concepteur et surement graphiste). Plutôt mignon, observée depuis une vue 2D légèrement surélevée, Pelican Town m’a rappelé certaines versions GBA de Pokémon, ou encore du monde de Zelda sur la même console. Des couleurs vives et nombreuses, des PNJ se différenciant aisément (les portraits qui accompagnent chacun de leurs dialogues sont vraiment attachants), mais aussi une carte très bien agencée, entre le village central abritant des habitations variées, votre base excentrée à l’ouest, le port & la plage au sud, une rivière qui borde Pelican Town, ainsi qu’une mine : vous allez prendre plaisir à explorer et vous approprier ce petit bout de terre ! Mention spéciale à la musique, discrète mais néanmoins omniprésente, qui vous trottera dans la tête des heures après avoir éteint votre PC !

Vous voilà donc propulsé au cœur du jeu, ivre de cette liberté nouvelle et pourtant complètement perdu ! Et vous avez des dizaines de raisons de vous sentir paumé : les possibilités offertes par Stardew Valley sont bien plus nombreuses que son apparence ne le laisse présager.

 

Et pourtant pas si con…

 

Pour commencer, sachez que vous disposez de trois compteurs de ressources : l’énergie de Plonplon, qui se vide au fur et à mesure de vos actions pour se remplir avec une bonne nuit de sommeil, sa réserve d’or (à l’utilité plutôt flagrante) et la santé (on regarde dans les yeux quand on trinque !). Ces trois ressources vont bien évidemment fluctuer et servir divers aspects du jeu. L’énergie concerne toutes les tâches manuelles, à l’exception du combat ou seule la santé est impactée, tandis que votre or va aller et venir à chacun de vos achats/ventes de ressources. Sachez qu’une journée dans Stardew Valley dure une bonne douzaine de minutes et que vous devez faire dormir votre protagoniste avant qu’il ne soit épuisé – ou qu’il soit 2 heures du matin me confie le wiki du jeu, bien que je n’aie pas encore fait l’expérience d’une journée s’étalant au delà de 23 heures.

 

 

 

Pour gagner des sous, le nerf de la ferme (la vie urbaine tant évitée n’est finalement pas si loin), vos choix seront en fait variés, et passé le premier semis, vous pourrez ignorer régulièrement l’option « Plonplon sème, Plonplon arrose, Plonplon récolte, Plonplon se fait de l’oseille ». Vous pouvez taper du monstre en visitant la mine (une épée vous est offerte à l’entrée de celle-ci) et revendre vos loots (n’oubliez pas votre pioche, les minerais sont nombreux – sans blague – dans la mine). Vous pouvez aussi pêcher dans un mini-jeu assez corsé au début, mais plutôt fun quand on s’y habitue. Enfin, n’hésitez pas à vous balader dans Pelican Town et ses environs pour ramasser (des coquillages) et cueillir (des oignons sauvages) et refourguer tout ça pour de l’or.

Ou alors, plutôt que d’amasser des fortunes, on fait des cadeaux aux PNJ pour qu’ils nous aiment. Car c’est bien connu, les cadeaux achètent l’amour. Et dans les cas des habitants de Pelican Town, cela peut même aller jusqu’au mariage !

 

 

Ajoutez à ces quelques fonctionnalités les nombreuses quêtes que les habitants ou le panneau des quêtes – Obé ? – vous confient. Le système de crafting quant à lui, est simple et efficace : vous avez les ressources et la recette, cliquez et le tour est joué. Sachez toutefois que les recettes s’apprennent entre autres en faisant progresser vos aptitudes ! Les possibilités d’améliorations de chaque outil, les éléments à ajouter à votre maison pour l’agrandir et l’aménager… Vous n’avez pas fini de trouver les journées courtes à Pelican Town !

Il y a cependant une ombre au tableau : le JojaMart.

 

Comme une critique sous-jacinthe

 

JojaMart, le supermarché du coin, est en fait un magasin franchisé appartenant à la Joja Corporation, l’entreprise pour laquelle Plonplon déprimait contre de l’argent. Si Stardew Valley est gentillet en apparence, tout semble fait pour amener le joueur à réfléchir – au moins un peu avant de retourner farmer, bande de psychopathes ! – à la société décrite par Stardew Valley. Cynique dans sa manière de rendre omniprésente la pieuvre Joja Corporation jusqu’à la discrète Pelican Town, le jeu va jusqu’à vous faire faire un choix moral qui changera l’histoire même du village, par le simple fait de prendre la « JojaMart Membership »…

 

 

Mais je n’en dis pas plus et vous laisse faire vos expériences dans Stardew Valley. Ce petit jeu (pas si petit tout compte fait) se savoure à l’image d’un Don’t Starve mignon et gentil : faites un nouveau monde, entamez votre aventure en vous fixant un style de jeu, et rien ne vous empêche de recréer une partie plus tard pour essayer d’autres choses… Comptez environ 70 heures en prenant votre temps pour explorer la majeure partie du jeu et de ses possibilités, et dites vous que pour ce prix là (une dizaine d’euros, voire moins si vous attendez les soldes Steam), le voyage est vraiment recommandé !

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