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3 % – Critique de la série Netflix

3 % – Critique de la série Netflix

3 % – Retour sur la série événement Netflix

 

Le 25 novembre 2016, une nouvelle série faisait son apparition sur le catalogue de vidéos à la demande, Netflix. Une entrée toute en discrétion sur la plateforme, qui plus est lorsque l’on sait que cette série – appelée sobrement 3% – était l’un des premiers essais du catalogue pour promouvoir des productions locales, bien loin des autres blockbusters Marvel et autres productions à gros budget. 3%, réalisée donc à partir d’un casting brésilien, succède à d’autres essais d’envergure national (comme Marseille pour la France, ou encore The Crown pour l’Angleterre). Mettant en avant une ambiance aseptisée et minimaliste au service d’une intrigue dystopique, 3 % mise sur l’efficacité avant toute chose, en nous proposant une première saison relativement courte – 8 épisodes – pour faire ses preuves. Cleek vous propose son retour sur cette production Netflix.

 

 

3% nous plonge dans une société dystopique divisée en deux : d’un côté les riches (3% de la population) et de l’autre les pauvres. Pour pouvoir accéder à la plus haute strate, les participants n’auront le droit qu’à une seule chance et se départageront autour d’épreuves. Mais seulement 3% d’entre eux arrivera au bout…

 

C’est sur cette accroche de quelques lignes que mon attention s’est portée, m’incitant à cliquer sur « Play » sans plus attendre. Avec le secret espoir que 3% innove et ne retombe pas dans les travers des Hunger Games et autres Divergente, je misais sur le côté « production locale » à petit budget pour faire ressortir de ce récit dystopique de réelles émotions, et une réflexion plus poussée que le manichéisme que l’on rencontre souvent en pareil cas – même si, à ce sujet, l’opposition riches/pauvres ne laissait présager rien de bon. De plus, avec la contrainte de huit épisodes – de 45 minutes environ, pour une moyenne – 3% se devait de marquer des points, très fort et très vite, sans pour autant se limiter à un récit survolé, pour une intrigue aussi alléchante. Alors finalement, convaincue plutôt à 97 ou 3 % ?

Le pilote de la série saura sans nul doute vous donner la volonté de poursuivre le reste de la série. On ne traîne pas sur des débuts lents et ennuyeux, pour tout de suite nous plonger dans le vif du sujet, avec la procession des jeunes pauvres de 20 ans, sélectionnés de par leur âge à passer le Processus : une série d’épreuves, dont on ne sait pour l’instant que 3% seulement en ressortiront afin de passer de l’Autre Côté, sur l’Autre Rive, sorte de terre promise pour l’élite, bien loin de la misère et de la violence des bidonvilles. Nous rencontrons donc ainsi les visages qui nous accompagneront tout au long de la série : Michele (Bianca Comparato), Fernando (Michel Gomes), Rafael (Rodolfo Valente), Joana (Vaneza Oliveira), les jeunes recrues, soumises à l’autorité du Processus et de son dirigeant en titre, Ezequiel (Joao Miguel).

Première surprise agréable, le choix de représenter visuellement et géographiquement cette dystopie : les bidonvilles se trouvent dans un immense cratère, et pour accéder à lieu du Processus, les jeunes doivent gravir une longue série de sentiers sinueux pour accéder au sommet. Si la métaphore n’a rien de subtil, on apprécie néanmoins que les deux opposés se situent à portée de regard l’une de l’autre. Pour ce qui est de l’Autre Rive en revanche, nous n’en savons guère plus, et espérons, au moment du pilote, qu’il ne s’agira pas d’un « The Island » bis.

Quelques minutes suffisent donc à placer le décor et l’on se retrouve bien vite dans le bain des épreuves. Sans retracer ici tout le parcours du Processus, et pour bien sûr vous laisser la surprise de la découverte, sachez que chaque épisode sera en fait constitué d’une épreuve, au terme de laquelle seront chaque fois éliminés quelques candidats. Vous suivrez donc le groupe de personnages sus-mentionnés et entre les épreuves, des intrigues secondaires sur les protagonistes principaux de l’élite permettront de se faire une autre idée de ce monde « idéal ». Enfin, que serait un récit d’une dystopie sans dissidence, incarnée dans 3% par l’entité de La Cause, un groupuscule terroriste qui se bat contre le phénomène du Processus, afin de rétablir une équité et une meilleure chance pour tous dans le monde : car oui, en étant éliminé du processus, vous redescendrez inexorablement sur le Continent, et n’aurez plus jamais une autre chance de vous présenter aux épreuves pour atteindre l’Autre Côté.

 

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Une réussite encore trop peu connue

 

Les huit épisodes de 3% passent tout seul, et vous arriverez au terme de la série sans même vous en rendre compte. La recette de ce succès réside dans de nombreux points forts, comme la structure des épisodes incluant chaque fois une épreuve spécifique, ce qui permet de garder à son top la curiosité du spectateur, mais aussi dans les différents portraits psychologiques dressés. Si au départ, nos recrues semblent répondre à des archétypes assez simplistes (l’héroïne gentille et lisse, la rebelle, le menteur, le candidat infirme, le suiveur, le privilégié), les épreuves du Processus ne tarderont pas à venir briser petit à petit ces carapaces bien sous tout rapport pour complexifier l’histoire de nos héros, dont on connaîtra quelques fragments de leurs passés respectifs par le biais de petits flash-backs. Il en est de même pour Ezequiel, le grand Maître de cérémonie, impitoyable et énigmatique, dont on apprendra bien vite à mesure notre respect ou notre mépris à son égard. Et c’est là la force de 3% : bien loin d’un manichéisme évident et complaisant, la série se plait à nous présenter petit à petit deux univers (les riches et les pauvres) avec chacun leur part de sacrifices et de dilemmes. On apprécie donc que l’Autre Rive ne soit pas QUE auréolée de prestige, et que le Continent, selon les individus puissent présenter quelques maigres avantages, au demeurant primordiaux pour certains. Le final offrira également son lot de surprises (sans non plus vous laisser complètement bouche bée) mais suffira à résumer toutes ces nuances qui font de 3% un récit bien plus intelligent que certains prédécesseurs : minimaliste, sobre, et froide, l’ambiance de la série, couplée au jeu convaincant des acteurs vous fera passer un excellent moment de divertissement en ces temps hivernaux.

Enfin, pour ceux qui ont apprécié ce petit bijou de Cesar Charlone (Man on Fire, Blindness…) et Pedro Aguilera (La Influencia…), sachez qu’une seconde saison est d’ores et déjà prévue pour 3%. Assisterons-nous à un nouveau processus, ou pourrons-nous poursuivre le récit de nos héros de la saison 1 ? Affaire à suivre…

 

 

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