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Test de Killer is Dead aka KID – Nightmare Edition

Test de Killer is Dead aka KID – Nightmare Edition

Le goût est mort, à l’instar du tueur, dans KID.

 

Profitant d’une récente promotion sur Steam, j’ai décidé de m’offrir le jeu « Killer is Dead » a.k.a KID, un Beat’em-All aux couleurs flashy développé par Grasshopper Manufacture (Killer 7, No More Heroes) et édité en Europe par Deep Silver (Risen, Anarchy Online, Saints Row ou encore Metro). Cleek vous propose donc aujourd’hui le test de ce jeu particulier, à la croisée des chemins du mauvais goût, du « WTF » le plus total et de la bonne baston !

 

Thèse : une affaire de recyclage

 

Se réclamant de la licence Devil May Cry, Killer is Dead (que nous abrégerons « KID » pour la suite de l’article) installe le joueur dans la peau de Mondo Zappa, un exécuteur fraîchement recruté par une société privée comme nous en avons déjà vu des dizaines dans les productions vidéo-ludiques des 20 dernières années. Rien de bien nouveau donc…  et les grands classiques s’accumulent dès les premières minutes de jeu : le vieux patron dont la moitié du visage est remplacée par un attirail cybernétique ne se sépare jamais de son cigare (Jet de Cowboy Bebop aurait-il mal vieilli ?), le duo féminin qui oppose l’ado exubérante et – trop – enjouée à la trentenaire bougonne qui ne pense qu’aux coffres de l’agence… pour finir avec le protagoniste, qui tire la tronche dans son costume-cravate noir, son bras gauche remplacé par une prothèse mécanique se transformant en canon tandis qu’un katana ne quitte jamais sa dextre. Vous l’avez deviné, tout le gameplay tourne autour de l’utilisation de ces deux armes. Voilà donc pour la principale référence à Devil May Cry.

 

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Toute l’équipe est là !

 

Mais KID a d’autres inspirations : très rapidement les connaisseurs devraient remarquer l’OST qui rappelle furieusement celle de Samurai Champloo (du même développeur, sans blague ?) mais aussi Gungrave (un jeu Playstation 2 suivi d’une adaptation en anime). S’alternent en effet musiques d’ascenseurs et rythmes rock/électro plus soutenus pour accompagner les différentes phases du jeu, que vous courriez dans un manoir lunaire richement décoré ou que vous tranchiez dans le lard d’une fillette transformée en monstre insectoïde immonde : le ton est justement donné et à aucun moment je n’ai eu le sentiment d’un mauvais choix concernant l’OST ou le sound-design.

 

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Le premier boss, qui quand elle n’essaye pas de vous croquer va courir sur les murs en vous lançant ses rejetons

 

La comparaison avec Gungrave pourrait aussi être poussée un peu plus loin, le look costard-cravate, les rues puantes qui s’ouvrent sur des bicoques presque baroques tant la décoration est chargée, mais aussi les monstres humanoïdes que notre héros va trancher pendant toute l’aventure ou encore « Mika », l’adolescente exubérante qui va commenter vos faits-et-gestes lorsque vous ne la croiserez pas directement en mission.

La dernière référence flagrante nous vient d’un autre jeu du développeur : Killer 7 auquel KID n’a pas emprunté qu’une partie de son titre ou du thème des tueurs à gages, mais aussi ses graphismes en aplat de couleurs tantôt vives, tantôt sombres mais toujours saturées. Une sorte de cell-shading revu et corrigé, moins cartoon et beaucoup plus « BD pour adultes » auquel il faudra habituer vos pauvres petits yeux !

 

Anti-thèse : un coup à saturer

 

Si Grasshopper Games a bien compris une chose, c’est que faire les choses à moitié n’aboutit à rien de bien. Ils ont donc décidé de pousser à fond leurs développeurs (et je les suspecte d’avoir réduit leurs rations alimentaires à des doses journalières de psychotropes) dans leur délire. Les caricatures s’enchaînent, nous sommes dans un univers déclarant son amour au genre de l’anime tout en se moquant sans relâche de ses codes : le héros frôle régulièrement le ridicule dans son attitude cliché, ne se prive pas pour briser le 4ème mur (« Après tout, nous sommes dans un jeu de baston ! », Nd Mondo Zappa) sans parler de ses animations, depuis le déplacement tête baissée / sabre en arrière aux combats superbement animés. Un autre poncif de l’anime est aussi omniprésent : aucun personnage de sexe féminin ne se verra doté de mensurations réalistes, à croire que les designers se sont fait un credo de cette phrase ! Ces derniers poussent même le mauvais goût jusqu’à proposer une catégorie secondaire de missions, les missions dites « de gigolo » dont le principe est de faire grimper une jauge en matant vos clientes à l’aide de lunettes spéciales (l’expression « déshabiller du regard » prend tout son sens dans KID) jusqu’à découvrir quel cadeau pourra le mieux les conquérir… Mention spéciale à un des premiers boss du jeu qui porte, je cite, « une tenue digne d’un empereur » : un slip en or. Exactement.

 

Un petit aperçu des missions de gigolo...

Un petit aperçu des missions de gigolo…

 

Le gameplay pousse le genre dans ses derniers retranchements aussi, et si vous ne pouvez pas sauter comme dans tous les Devil May Cry, le jeu reste très nerveux avec des combats vous faisant jongler entre une attaque de base par laquelle commencent tous les combos basiques, une attaque « brise-garde », une esquive ultra rapide (mais attention à ne pas l’utiliser trop de fois en un court laps de temps, vous seriez ensuite exposés aux coups pendant quelques secondes) et le bras gauche de Mondo qui permet des attaques à distance moyennant une dépense du sang accumulé sur les précédents ennemis. Vous pouvez ajouter à cela des coups spéciaux, déblocables au fur et à mesure de votre progression, permettant par exemple une esquive sur une plus grande distance, une compétence de soin (échangeant du sang contre des points de vie – ces derniers représentés par des diamants), ou encore des combos plus puissants et variés. Les développeurs ne se sont pas arrêtés en si bon chemin et ajoutent encore une couche au gameplay avec une insertion régulière de QTE, ces dernières étant soit scriptées, soit déclenchées presque à l’envie par le joueur, typiquement en réussissant des esquives dans le bon timing.

Pour finir d’expliquer le gameplay de KID, sachez que vous enchaînerez des missions d’exécution, parcourant des niveaux peuplés de beaucoup de monstres basiques, de quelques uns un peu plus costauds pour finir systématiquement par un combat contre le boss. Chaque mission est sanctionnée par une sorte de fiche de paie résumant vos prouesses et les récompensant en espèces sonnantes et trébuchantes, vous permettant ainsi d’aller visiter la boutique pour acheter des cadeaux pour les missions « de gigolo », qui rapporteront en cas de réussite de nouveaux items. La boucle est donc bel et bien bouclée et le tout prend comme une mayonnaise bien préparée : tant qu’à aller trop loin, autant rester cohérent.

 

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Le menu des compétences, améliorables en dépensant les cristaux jaunes dropés par les ennemis

 

Rien à foutre de ta thèse : not really for kids

 

Pour conclure, parce qu’il faut bien conclure, sachez que Killer is Dead n’est pas à mettre entre toutes les mains. Son label « 18+ » n’est pas à prendre à la légère : violence, gore, monstres plus ou moins malsains (souvent plus que moins d’ailleurs…), sans même parler du sexisme omniprésent… Sachez aussi que si vous avez déjà joué au jeu sur console, cette édition « Nightmare » ajoute quelques bonus : un niveau de difficulté supplémentaire désactivant les QTE de finish, un boss supplémentaire ou encore du fan service via des costumes pour les personnages…

L’ensemble est donc – à mon avis – à considérer au 42ème degré et à prendre pour ce qu’il est, à savoir un délire des développeurs qui ont assumé, sans bouder leur plaisir, un projet qui sort à sa manière des sentiers battus tout en faisant hommage à ses aînés !

 

 

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