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American Horror Story – saison 6 – Le bilan de mi-saison

American Horror Story – saison 6 – Le bilan de mi-saison

American Horror Story – My Roanoke Nightmare

 

American Horror Story (ou Histoire d’horreur au Québec) est le monstrueux bébé des réalisateurs Ryan Murphy (créateur de la série Nip/Tuck) et Brad Falkchuk (Nip/Tuck, Glee), diffusé sur les chaînes FX et FX Canada. La série, arrivée sur nos écrans en 2011, s’est rapidement imposée comme étant une référence dans le cercle assez restreint des séries d’horreur. Après maintenant cinq saisons plébiscitées par le public (Murder House, AsylumCoven, Freak Show et Hotel), American Horror Story revient nous faire frémir avec une nouvelle saison « My Roanoke Nightmare » diffusée depuis le 14 septembre 2016. La saison 6 en est donc maintenant désormais à la moitié, soit cinq épisodes, dont le dernier diffusé pas plus tard que ce mercredi, l’heure pour Cleek de vous dresser un bilan de ces nouvelles aventures horrifiques.

 

Une route longue et difficile vers cette saison 6

 

Après ses saisons plus ou moins bien accueillies par les spectateurs, nous pourrions tout d’abord nous demander si la recette horrifique d’American Horror Story  prend toujours aussi bien. En effet, jusqu’à présent, les thématiques les plus connues ont toutes été déjà abordées, (de la maison hantée, au meurtre, en passant par la folie, les sorcières, les monstres, les vampires), parfois avec soin et brio (notamment pour les deux premières saison, fort bien critiquées), parfois avec beaucoup de maladresse, notamment dans une saison 5 « Hotel » qui, à trop vouloir retrouver l’ambiance hypnotique et typique de la série, s’est embourbée dans une sorte de « Shining », qui mélangeait pour le coup toutes les thématiques susmentionnées. En bref, pas mal de déception, et une marque de fabrique (consistant à garder les mêmes acteurs d’une saison à l’autre pour une nouvelle intrigue) qui ne suffisait plus à porter hautes les couleurs de la licence.

C’est donc avec une certaine retenue que les spectateurs ont accueilli ce 14 septembre les nouvelles aventures d’American Horror Story , dont la promotion était restée assez mystérieuse sur les nouvelles thématiques abordées : si comme toujours, les trailers étaient réalisés avec minutie et parvenaient à nous glacer le sang, les symboliques et images employées ne suffisaient pas à nous donner un réel aperçu de ce qui nous attendait, si ce n’est ce titre qui évoque Roanoke, une colonie anglaise établie en Caroline du Nord, qui disparut subitement en laissant peu – ou pas – de trace derrière elle. C’est donc avec cette brève histoire en tête que nous entrions dans une nouvelle – et nous souhaitions savoureuse – plongée dans le cauchemar.

 

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Un nouveau format

 

À l’inverse d’une saison 5 qui semblait tout vouloir aborder dès le premier épisode, le pilote de cette nouvelle saison lui, pose des bases claires et précises d’une aventure horrifique, dans tous les bons usages du genre : deux protagonistes principaux, un couple idyllique, qui fuit vers la campagne après la mésaventure combinée d’une agression pour le monsieur, et d’une fausse couche pour la jeune femme. Arrivés à destination, une immense maison vendue aux enchères pour trois fois rien leur revient. Cette même maison ne tardera pas à montrer bientôt une toute autre facette aux deux amoureux, sans parler des mystérieux phénomènes météorologiques et paranormaux qui semblent émaner des bois juste à côté.

Sur le papier, rien de bien original donc, mais l’intrigue est posée de façon claire. Mieux encore, la saison 6 d’American Horror Story prend le risque d’évoluer vers une toute autre forme de narration, ce qui constitue en fait l’une des principales réussites de ce début. Au lieu d’une intrigue vécue en temps réel par les personnages, l’histoire de cette saison nous est relatée par les témoignages de deux protagonistes principaux, et quelques autres, à la manière de confessions face à la caméra, dans un documentaire intitulé : My Roanoke Nighmare – le titre de la saison. Sobrement mises en scènes, ces séquences nous relatent donc les témoignages directs des personnages, entrecoupés par les illustrations desdits témoignages en scènes « reconstituées » : les deux acteurs qui témoignent ne sont pas les deux mêmes acteurs que dans la reconstitution, ce qui crée, malgré une véritable ressemblance, un décalage et une ambiance tout à fait particulière.

 

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Alors oui, on pourrait ainsi se poser plusieurs questions : le fait d’entendre les protagonistes nous narrer leur histoire sous-entend directement que l’issue de l’intrigue ne sera pas fatale pour eux (ce qui n’a pas toujours été le cas dans les précédentes saisons). Cette mise en scène pourrait-elle donc gâcher une partie du suspense ? Et ensuite, à la vue du casting récurrent d’une saison à l’autre, ne risque-t-on pas d’épuiser bien vite la banque de visages qui nous sont familiers ? La réponse est non, puisqu’ici, très peu de protagonistes suffisent à rendre l’intrigue vivante, et quand on repense au scénario bâclé et tortueux de la S5, ce n’est pas plus mal ! Enfin, l’absence de la regrettée Jessica Lange (déjà supprimée du casting de la saison passée) et de l’égérie d’une saison, Lady Gaganous plongent pour la première fois dans une saison sans « tête d’affiche », les rôles principaux étant confiés à Sarah Paulson/Lily Rabe (reconstitution/témoignage). Les deux actrices, secondées par Andre Holland/Cuba Gooding Jr, Angela Bassett, Kathy Bates, Evan Peters et Wes Bentley, tiennent la tête haute cette tâche de vedettes de la saison, avec une interprétation magistrale, dans la reconstitution comme dans les témoignages face caméra.

Petit bémol cependant au niveau de la réalisation (relativement léger – ou complètement inadmissible, selon les points de vue) : My Roanoke Nightmare, à la différence des autres saisons, se contente au début de l’épisode de présenter le documentaire au travers de quelques images clés qui constituent l’intrigue du jour, appuyé par la mention « Inspiré de faits réels ». Et cela, ce sera votre générique, pour toute cette saison 6. La déception était criante de mon côté, car s’il y a bien une chose qui excelle en toute saison chez AHS, c’est la créativité morbide avec laquelle sont réalisés chacun des génériques, avec cette musique glauque à souhait. Entreprendre une saison d’AHS sans générique, c’est un peu Noël sans cadeaux, un ciné sans popcorn…bref, il manque quelque chose.

 

 

American Horror Story  : toujours horrifique ?

 

Passons néanmoins cette cuisante frustration pour nous intéresser au fond de la question, celle qui se pose en premier après ces cinq premiers épisodes déjà sortis : American Horror Story est-elle toujours effrayante ? À mon sens oui, la saison la plus effrayante et réussie depuis la seconde – Asylum – autant dire que cela remonte ! Les deux premiers épisodes de la saison posent les bases classiques d’une intrigue horrifique : petits sursauts, événements paranormaux, légendes urbaines, folie latente… Une recette qui à première vue pourrait s’épuiser, mais qui avec la narration des protagonistes et le soin apporté au malsain, demeure efficace. Qui plus est, cette nouvelle saison, pour notre plus grand bonheur, constitue une sorte d’immense hommage à la toute première d’American Horror Story , Murder House. De nombreuses références parsèment d’ores et déjà ces cinq épisodes : le thème de la maison hantée et du couple torturé qui part y habiter, après une fausse-couche, tout comme Vivianne en saison 1, l’homme-cochon, monstre emblématique de la saison, rappelle évidement la légende urbaine dans l’épisode 6 de Murder House, tandis que le mot Croatoan, évoqué en fin de première saison comme une litanie contre les forces du mal, refait son apparition ici.

 

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Et dans l’ensemble, l’hommage est bien rendu, puisque cette nouvelle saison instaure à nouveau une ambiance aussi prenante qu’aux débuts de la licence. Alors oui, on est moins effrayé, à force de connaître les petites habitudes du réalisateur, ce pourquoi cette saison 6 d’American Horror Story  tirera davantage vers le gore et le spectaculaire que sur l’horreur et l’épouvante. Un parti pris efficace, qui ne retire cependant pas au caractère hypnotique de l’ambiance : nous sommes comme happés par les narrations de ce Roanoke Nightmare, et nous espérons ainsi que pour le reste de la saison, l’intrigue se poursuivra de façon claire, sans tomber dans l’excès que nous avons déjà remarqué dans la série. Un départ effrayant donc, pour une intrigue originale, qui laisse petit à petit s’immiscer l’histoire sanglante de cette colonie mystérieusement disparue. Affaire à suivre !

 

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