Chroniques

Des Cleek et des Claques – Tim Burton : pour le meilleur et pour le pire

Des Cleek et des Claques – Tim Burton : pour le meilleur et pour le pire

Que pense la rédaction des films de Tim Burton ?

 

Chez Cleek, nous sommes des passionnés, aux passions différentes. Cependant, si nous avons bien une chose en commun (parmi tant d’autres), c’est notre amour pour l’univers Geek au sens très large du terme. Jeux vidéo, films, séries, romans, comics, mangas, technologie et j’en passe. C’est avec cette passion commune que nous avons décidé il y a quelques temps maintenant de vous proposer une série d’articles un peu particulière, « Des Cleek et des claques », afin de partager avec vous nos avis sur certaines thématiques.

Pour rappel, nous avions abordé avec vous ces jeux que nous prenons plaisir à regarder (#1 et #2) puis ces jeux vidéo spécial Halloween et plus récemment ces films qui nous ont fait peur. Il y a quelques semaines, nous vous avions préparé un article spécial manga. Vous pouvez d’ailleurs retrouver deux autres de nos articles, avec nos personnages de jeux préférés : voici le premier opus juste ici et le second juste là. Plus récemment encore, nous vous avions parlé des sorties cinéma les plus attendues de 2016, des meilleurs films de l’année passée, de nos séries préférées sans oublier leurs génériques qui nous ont parfois fait rêver. Nous vous avons également parlé de ces musiques que l’on écoute en jouant ainsi que des sorties jeux vidéo les plus attendues de l’année 2016.  Enfin, nous avons abordé avec vous ces réalisateurs qui nous marquent.

Plus récemment, nous vous parlions de ces jeux vidéo dits violents auxquels nous avons plaisir à jouer. ainsi que de nos théories sur la prochaine saison de Game of Thrones. Aujourd’hui, nous vous détaillerons nos avis concernant les films réalisés par Tim Burton, et plus précisément du préféré et du moins-aimé de chaque rédacteur.

 

Laurianne « Caduce » Angeon

cleek_images_caduce

 

 

Tim Burton, pour le meilleur et pour le pire. En voilà un sujet qui inspire, qui plus est dans cette semaine ciné où sort son nouveau long-métrage Miss Peregrine et les Enfants Particuliers ! Pour ce qui est du pire (on va commencer par les mauvaises nouvelles), je ne vais malheureusement pas être très originale, puisque c’est Dark Shadows qui remporte mon vote négatif. Un film aux allures de Burton, certes, mais dont le peu de saveur nous fait bien vite oublier les intrigues et les personnages clés de l’histoire. Vu au cinéma lors de sa sortie, il ne me reste de Dark Shadows que l’image d’un Johnny Deep qui surjoue, et d’une Eva Green qui ne se mouille pas trop dans le rôle stéréotypé qu’elle interprète. Ah si, il y avait eu quelques blagues qui m’avaient fait sourire au cinéma. Mais c’est tout : aussitôt vu, aussitôt oublié. Espérons donc que le nouveau film de Burton nous fasse oublier ce mauvais souvenir…

Pour ce qui est du meilleur, il est bien plus difficile ici d’y mettre un nom clair et précis. Ayant une préférence assez tranchée pour ses films à tendance « « « thriller » » » par rapport à ses films d’animation (bon, ok, à part les Noces Funèbres, son lyrisme, et son super morceau à quatre mains au piano), mon choix s’est vite tourné vers deux autres films du réalisateur : Sleepy Hollow, dont le twist final m’avait, à l’époque, assez surprise (bon, j’étais jeune jeune jeune, et quelque peu impressionnable il faut l’avouer), et pour le plus récent Sweeney Todd : Le Diabolique Barbier de Fleet Street.

 

cleek_images_cineseries-sweeneytodd

 

Ce dernier film, vu là encore au cinéma (deux ou trois fois, même) a été un véritable régal à mon sens. Bien qu’assez controversé pour le simple parti-pris d’avoir opté pour un film musical, Sweeney Todd n’a pas tardé à se frayer un chemin dans ce qui me restait de l’adolescente gothique (chut.). Adapté de la comédie musicale de Stephen Sondheim, Sweeney Todd nous conte une sombre histoire d’amour, de mort et de vengeance, des thèmes classiques mais efficaces, sublimés par une Londres victorienne magnifique, ainsi que des musiques entraînantes aux leitmotivs géniaux. Le binôme Johnny Depp/Helena Bonham Carter fonctionne parfaitement, avec un certain côté théâtral et un second degré évident, et si vous ne commettez pas l’hérésie de regarder le film en VF, vous pourrez admirer les voix originales des acteurs dans les chansons du film, et vraiment, ils ne s’en sortent pas si mal. Complètement happée par le personnage tourmenté de Sweeney Todd, le caractère romantique de Mrs. Lovett, et le je-ne-sais-quoi d’Alan Rickman dans le rôle du grand méchant, Sweeney Todd décroche haut la main la place du meilleur Burton. Un choix plutôt contesté par certains de la rédaction, qui n’auraient pas hésité à le brûler sur la place du « Pire Film » de Burton, mais qui, par pitié ou par empathie, m’ont laissé encore rêver à ce film quelques mois/années de plus.

 

 

Marine « Reanoo » Wauquier

Reanoo

 

Lorsque l’on m’a demandé ce qu’était pour moi Tim Burton, pour le meilleur comme pour le pire, cela m’a paru évident. Et pourtant, je suis tombée assez tardivement dans la soupe burtonienne. Et cela a commencé par un film que j’ai longtemps redouté avant de l’adorer à jamais : L’Étrange Noël de Monsieur Jack (ou The Nightmare Before Christmas pour les puristes).

Alors oui, il ne s’agit pas autant que d’autres films d’un Burton à proprement parler, puisque la réalisation n’est pas signée Timmy. N’empêche que ce film, dont quelques images aperçues au détour d’obscures circonstances dans un esprit enfantin peu prompt à enregistrer convenablement quelques souvenirs précis, m’a laissé une marque indélébile. Jusqu’à mes 16 ans, une marque teintée de crainte (tardivement, je vous dis), puis de l’admiration et une certaine obsession. Peut-être est-ce la musique, l’univers, l’animation, les personnages… Quoi qu’il en soit, j’ai tout de suite accroché au film, et c’est sans doute le film que j’ai le plus visionné de ma vie.

Quant au pire, je dois reconnaître que le sort se fait bien ironique puisque c’est aussi sans doute le dernier Tim Burton que j’ai visionné (une corrélation est peut-être à établir ici) : il s’agit de Dark Shadows. Pour être honnête, je ne saurais réellement bien vous parler de ce film puisqu’il ne m’a guère marqué, lui. Au point que je ne me souvienne que très vaguement de l’intrigue, des enjeux, des personnages, et de la résolution. Je sais simplement que le visage de Johnny Depp m’a paru un peu trop familier (et un peu trop fariné), et que le scénario et les images ne m’ont pas convaincue, ni moi, ni ma mémoire. Je n’en garde que l’arrière-goût de la déception, avec quelques relents d’ennui. De quoi conclure aussi tristement mon histoire cinématographique burtonienne qu’elle avait commencé.

 

 

Siegfried « Moyocoyani » Würtz

cleek_images_moyocoyani

 

Tim Burton est un réalisateur qui me paraît plus grand par son esprit, par la personnalité qu’il insuffle généralement à son oeuvre, que par l’un de ses films en particulier. Presque tous en effet participent d’une même tonalité surréaliste, d’une même imagerie gothique que l’on a vite qualifiée de « burtonienne », sans qu’aucun ne me paraisse pouvoir être élevé au rang de chef-d’oeuvre. Même s’il ne l’a pas réalisé, la quintessence de cet esprit se trouve indiscutablement dans The Nightmare before Christmas, à laquelle il a pleinement participé, aussi bien pour le scénario que pour le design de l’univers et des personnages. Sans négliger la patte Selick (tout de même réalisateur de Coraline), The Nightmare…  est de surcroît burtonien par la contribution de son collaborateur de toujours, Danny Elfman, qui y livre avec sa bande-son la plus exceptionnelle son implication la plus personnelle, puisqu’il participe en personne aux chants, s’accordant même le rôle de la voix chantée de Jack. Mais The Nightmare before Christmas n’est pas seulement parfaitement emblématique du travail de Tim Burton, il est grandiose parce que dans aucune oeuvre il n’aboutira à une telle fusion entre enfantillage et horreur, bien qu’il l’ait recherchée dans l’essentiel de ses autres films, ni même à la création d’une galerie de personnages aussi caractérisés et forts, et à une histoire aussi curieuse mais sérieuse et prenante.

 

cleek_images_cineseries_nightmarebeforechristmasburtonselick

 

S’il fallait cependant opter dans sa filmographie pour des œuvres qu’il a personnellement réalisées sans contestation possible, c’est sans doute sur Frankenweenie que mon choix se porterait dans sa production récente, parce qu’il y retrouve quelques-uns des éléments qui faisaient la grandeur de The Nightmare… tout en développant une histoire originale (l’auto-adaptation de son court-métrage de jeunesse). Sleepy Hollow est assurément l’un de ses films forts, mais ses pauvretés d’écriture m’empêchent de le préférer à ses Batman, et même à Pee Wee Big Adventure, son amusant premier long-métrage… Si Frankenweenie tient alors le haut du pavé en matière de film burtoniens « dans l’esprit de Burton », avant l’agréablement graphique Sweeney Todd, ma préférence parmi les quelques films réalisés dans un esprit différent va sans doute à Mars Attacks ! et à sa liberté de ton absolue, signe d’une grande créativité dont on ne retrouve pas toujours la trace dans les productions postérieures, tandis que Big Eyes m’a paru tout à fait réussi, bien que l’on sente Burton peu habitué à une mise en scène relativement « normale ».

 

cleek_images_cineseries_aliceinwonderlandentrance

 

Étonnamment peut-être, je n’ai rien contre Dark Shadows : Burton n’y est pas en grande forme, mais je reste persuadé qu’on le lui aurait volontiers pardonné s’il l’avait réalisé en début de carrière, et que les passions qu’il a déchaînées sont liées à l’impression que Burton est trop grand aujourd’hui pour des films si peu extraordinaires. Même La Planète des singes, que je suis pourtant loin d’avoir davantage apprécié, trouve davantage grâce à mes yeux qu’Alice au Pays des Merveilles. Pourtant, le monde de Carroll se prêtait si évidemment à un traitement burtonien que l’on ne peut manquer de se demander pourquoi il n’y a pas songé plus tôt, et il faut admettre que le réalisateur fait des propositions en terme d’ambiance et d’imagerie qui ne manquent pas d’abord d’intérêt. Et c’est là justement qu’est le crime, Burton aurait dû, avant d’accepter cette commande de Disney, se rendre compte qu’il ne devrait pas se contenter d’imaginer le Pays des merveilles. Et en effet, entre un monde réel aussi pâlichon que ses personnages, la platitude des dialogues, des interprétations dans l’ensemble peu éclatantes et le scénario catastrophique, qui vient introduire du sens dans un monde qui brillait par son absurdité, et qui plus est en y important les pires clichés des fictions d’héroïc-fantasy, sans aucun lien avec le monde de Carroll et inacceptables même dans Le Seigneur des anneaux, le tout ne peut plus apparaître que comme un immense gâchis, moins bassement moralisateur que sa suite, mais tout de même, quand tous les astres étaient si favorables pour un chef-d’oeuvre burtonien…

J’irai naturellement voir Miss Peregrine comme tous les précédents films de Burton, sans en attendre beaucoup de grandeur et tout en escomptant une agréable surprise, mais c’est quand j’ai appris que Burton s’apprêtait à réaliser le remake live de Dumbo que j’ai été frappé : voilà un film que je suis prêt à attendre comme la preuve définitive, malheureusement nécessaire, de son génie.

Andrew Tarusov (fan art)

Andrew Tarusov (fan art)

Chroniques
Cliquer pour ajouter un commentaire

Répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Plus Chroniques