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Stranger Things : la review de la série Netflix

Stranger Things : la review de la série Netflix

Stranger Things : la critique à huit mains

 

Vous avez très probablement entendu parler de Stranger Things, cette série originale signée Netflix qui, délaissant un peu l’univers des super-héros Marvel (Jessica Jones, Daredevil…) à tenté une première expédition dans des contrées paranormales et fantastiques. Plutôt plébiscitée par la critique, notamment pour son hommage rendu aux années 80 et aux Maîtres du paranormal, Strangers Things essuie pourtant quelques critiques plus mitigées, qui viennent quelque peu ternir une réputation pourtant prometteuse. Après visionnage, et pour rester dans les choses étranges, Cleek vous propose une critique à huit mains afin de partager avec vous notre ressenti, finalement assez mitigé au sujet de Stranger Things. Nous avions déjà publié cet article, mais un débat a fait rage un samedi après midi chez Cleek. C’est pour cela qu’un dernier avis s’est ajouté afin de rétablir l’équilibre !

 

 

L’avis de Siegfried « Moyocoyani » Würtz : Plus de Goonies que de Carpenter

 

Elle est loin l’époque où Netflix n’était connue que pour les locations de DVD puis la diffusion en flux continu de films et séries sur tous les supports, du téléviseur au smartphone en passant par la console de jeu et l’ordinateur. Ce sont surtout ses séries originales de qualité qui font désormais sa renommée, dans l’animation (Bojack Horseman), les super-héros (grâce à l’exceptionnelle collaboration avec Marvel sur Daredevil, l’excellente Jessica Jones, les Defenders), la fiction politique (House of Cards, Narcos), la comédie (Unbreakable Kimmy Schmidt), la comédie dramatique (Orange is the New Black), la sitcom (Arrested Development), et même le drame historique (Marco Polo) et bientôt l’anticipation technologique (avec la saison 3 de Black Mirror), pour ne citer que les titres les plus connus d’une chaîne qui en développe des dizaines, constamment à la recherche de nouvelles productions un peu détonantes. Il n’était donc pas étonnant qu’ils s’intéressent à la science-fiction avec Stranger Things, ni que la hype générée par cette série soit si importante.

Bien loin des vaisseaux spatiaux voguant dans l’espace inter-galactique, Stranger Things est une série-hommage aux années 80, dans lesquelles l’intrigue se déroule et à la pop culture desquelles de très nombreuses références sont faites, plus ou moins subtiles, les personnages n’hésitant pas à comparer les événements qu’ils vivent à du Stephen King, tandis que l’influence de Carpenter est avouée par la présence assez forte d’une affiche du mythique The Thing (principale influence aussi des Huit salopards) et que le style-même du titre est une allusion évidente au travail de Richard Greenberg sur les titres de nombreux films cultes. Mais c’est surtout à Spielberg (celui des Goonies, d’E.T., de Hook) et à ses partenaires et continuateurs (Chris Colombus, George Lucas, J.J. Abrams, Brad Bird) que l’on songe dans cette histoire d’un groupe d’enfants en quête d’aventures, confrontés à l’intégration à leur groupe d’un personnage surnaturel. Stranger Things est donc une série « années 80 » dans son intrigue, son iconographie comme dans ses éléments structurants, en particulier la division entre le monde des enfants et celui des adultes, fermés à leur imaginaire et n’écoutant qu’une impitoyable raison.

 

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Le problème, quand on brasse autant d’hommages, c’est qu’il faut leur faire honneur pour ne pas donner simplement l’impression d’une liste sans but, qui peut en devenir grotesque à la centième image recyclée. Or, Stranger Things manque cruellement d’enjeux. Le choix de nous frustrer en livrant peu d’indices sur la cause des événements surnaturels ne peut paraître astucieuse que si la part fantastique de l’intrigue nous embarque complètement, et ce n’est pas le cas ici, la série étant très loin du niveau de King ou Carpenter, en terme de mystère, ou du Lynch de Twin Peaks pour l’intérêt psychologique des habitants de la petite ville de Hawkins, Indiana, décevant même en trichant sur les points de vue pour maintenir un mystère dont les flash-backs très explicites nous dévoilent presque tout…

 

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Ce n’est cependant pas dire qu’elle est mauvaise : au contraire, elle brille par son académisme, tout étant fait pour fonctionner, dans le cadrage, la colorimétrie, les jeux de lumière, le rythme de l’action et des séquences alternées, et il serait mensonger de dire qu’elle n’est pas prenante. On en ressort cependant avec l’impression de ne pas avoir vu grand-chose, et d’avoir passé un agréable moment devant des images assez oubliables, la faute en particulier à l’absence de surprises pour rehausser un synopsis globalement creux, y compris dans les images les plus stylisées, ce qui n’a pas été vu mille fois ayant déjà été révélé dans la bande-annonce…

 

Stranger Things

 

L’essence même d’une série dramatique est la surprise : il faut que les personnages dévoilent de nouveaux aspects de leur personnalité, qu’ils sortent de leurs stéréotypes, qu’ils s’étoffent au fur et à mesure de ce long format, renversant les rapports de force. Huit épisodes de quarante minutes n’autorisent pas la rigidité psychologique à laquelle on assiste, qui n’empêche pas que les acteurs jouent extrêmement bien, surtout les enfants, remarquables, et à la seule exception d’une Winona Ryder confinée à son hystérie. Mais enfin, l’impression d’un empilage de clichés se fait toujours plus durement ressentir.

Les frères Duffer (auteurs sur la série Wayward Pines) avaient sans doute d’abord envisagé un long-métrage et, devant l’impression qu’il passerait complètement inaperçu, ont compris que leur histoire pouvait devenir une mini-série de prestige. La bonne idée de suivre plusieurs groupes d’âges et d’intérêts d’abord divers (les enfants, les adolescents, les parents, les « méchants ») n’aboutissant pas à leur donner du relief semble relever du remplissage (n’auraient-ils pas seulement élargi la base héroïque pour favoriser l’identification de groupes de spectateurs plus divers ?). Comme le générique, qui se résume à une mise en scène du titre (Netflix nous avait habitués à mieux). Comme toute la série Stranger Things, prenante, mais sans inventivité, jolie, mais sans qualités profondes, un filler plaisant entre deux séries plus passionnantes.

 

Histoire et écriture : 5,5/10 Interprétation et personnages : 7/10 Ambiance : 4,5/10 Hommage années 80 : 6,5/10 Mise en scène : 6/10.

 

 

L’avis de Marine « Reanoo » Wauquier : Peut mieux faire

 

Pour une série dont on m’avait vanté les mérites et plus encore, je dois reconnaître que j’ai été quelque peu déçue. Oui, je l’ai regardée jusqu’au bout car je désirais connaître le fin mot de l’histoire, et voir cette dernière se dénouer devant mes yeux, mais je n’ai pas réussi à voir ce génie dont étaient censés regorger ces 8 épisodes de concentré de références. Oui, l’univers cinématographique des années 80 est bien là, et les références sont là, mais elles sont trop là, et à force de nous mettre le nez dedans pour être certain que l’on a bien compris, ça en devient écœurant. Entre les personnages clichés au possible et le trio amoureux dont on se serait bien passé, je n’ai pas réussi à accrocher à un seul personnage. Scénario prévisible à souhait, dans ses dialogues (au mot près, pour certains échanges) comme dans certains ressorts de son intrigue, seul le désir de voir comment serait mis en scène le dénouement m’a incité à regarder chaque nouvel épisode.

De façon générale, le format de la série n’est tout simplement pas adapté : peut-être un peu trop dense pour ne faire qu’un film, mais loin de l’être suffisamment pour faire un peu moins d’une dizaine d’épisodes, l’histoire semble par endroit étirée plus que de raison, et par endroit comprimée afin de ne pas dépasser les huit épisodes. Le scénario est donc travaillé pour rentrer dans ce moule de format hybride à coup d’omissions, de facilités, de faux raccords, de lourdeurs et d’incohérences notables tout au long de la série, qui font d’une part qu’il est difficile de prendre certaines choses au sérieux (comment nous faire croire à l’extraordinaire quand même l’ordinaire n’est pas crédible) et d’autre part que l’histoire semble bancale. La série aurait en effet pu s’arrêter au bout de trois épisodes si certaines incohérences (que l’on voit en tant que spectateurs comme des faux raccords) n’étaient pas là pour allonger une sauce qui a bien du mal à prendre. Quant aux portes que la série laisse de façon un peu trop évidente ouvertes dans l’éventualité d’une seconde saison, je suis curieuse de la tournure que cette nouvelle saison pourrait prendre.

Cependant, il faut reconnaître que la série se regarde très bien. L’histoire est intéressante, les acteurs sont bons, et l’image n’est pas déplaisante. Mais l’écrin dans lequel elle est présentée est loin d’être aussi brillant que ce que la publicité le laissait entendre. À voir, mais sans plus.

 

Histoire et écriture : 4/10 Interprétation et personnages : 6,5/10 Ambiance : 6,5/10 Hommage années 80 : 7/10 Mise en scène : 6,5/10.

 

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L’avis de Laurianne « Caduce » Angeon : un intermède divertissant

 

Vous l’aurez donc compris aux dires de Reanoo et Moyocoyani, Strangers Things est divertissant à souhait, sans plus. Si l’on devait en fait comparer la série à quelque chose, ce serait éventuellement à un vieux jean : cela ne nous va plus si bien, et pourtant c’est du tout confort.

Stranger Things partait pourtant très bien, avec un pilote plus que convaincant : on retrouve une situation initiale intrigante, une Winona Ryder que beaucoup attendaient avec impatience dans ce rôle, et à vrai dire, au départ et durant les quelques premiers épisodes, l’ensemble fonctionne vraiment. Les acteurs semblent bons, leur jeu est juste, la photographie de qualité, et l’intrigue, sans présager d’un scénario captivant, nous propose de nous complaire dans un style plutôt que dans un histoire. On apprécie les références multiples aux années 80, ainsi qu’aux Maîtres du genre (qu’à aucun moment la série ne parviendra cependant à égaler), mais bref, on se prend au jeu, et on enchaîne les épisodes. On pourrait du coup croire que le pari est réussi, et que Stranger Things joue à merveille la carte de la série de divertissement.

Seulement voilà, l’ensemble pèche dans la longueur, et ce qui nous plaisait au départ aura tôt fait de nous agacer au plus haut point : Winona Ryder que l’on trouvait convaincante dans le rôle de la mère éplorée devient insupportable et larmoyante à outrance, le trio/quatuor d’enfants aux personnalités bien retranscrites au demeurant, n’évolue à aucun moment, jusqu’à s’enliser dans un code redondant à l’image du trio amoureux adolescent, insipide et monotone. L’évolution de l’intrigue tente maladroitement de nous faire croire à quelques rebondissements pour fourvoyer notre opinion, en vain. L’issue semble implacable, et sera bientôt confirmée, plombée par un happy end et un twist plus maladroit que réussi.

 

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Si saison 2 il y a, verra-t-on la suite de l’intrigue initiale se poursuivre (ce qui serait à mon sens, une grossière erreur : nous avons fait le tour), ou alors, le retour des acteurs au casting signera-t-il un pari différent, avec une nouvelle intrigue à la mode American Horror Story/True Detective ? Les mois prochains nous le diront sûrement, et en attendant ce moment, et si vous avez quelques heures à « perdre » pour une œuvre tout de même louable dans l’effort qu’elle entreprend, posez-vous devant Stranger Things en attendant de cette série la seule chose qu’elle puisse vous apporter : un divertissement simple, efficace mais sans surprise.

 

Histoire et écriture : 5/10 Interprétation et personnages : 6/10 Ambiance : 7.5/10 (mention spéciale à « l’upside down » très réussi) Hommage années 80 : 6/10 Mise en scène : 6/10.

 

L’avis de Lucile « Macky » Herman : divertissant et prenant

 

Si l’article a été update aujourd’hui, c’est tout simplement car je suis assez en désaccord avec les autres rédacteurs et rédactrices. Il m’a fallu plus de temps pour me mettre à Stranger Things, trop de séries en cours, que voulez-vous… Mais une fois dedans, impossible de décrocher. L’ambiance et la réalisation étaient très bien menés, les jeunes acteurs sont très prometteurs et Winona Ryder m’a vraiment vendu du rêve. Si certains l’ont vue comme, je cite « une mère éplorée devenant insupportable et larmoyante à outrance », ce n’est pas mon cas. J’y ai vu une mère prête à tout, même à croire à l’impossible, ne cédant pas à la folie, juste pour sauver son fils. Alors oui, l’originalité n’est pas forcément au rendez-vous. On pense à Silent Hill, on pense à Alien, aux films et jeux vidéo du genre, voire à certains livres. Ils n’ont pas inventé l’eau, c’est sûr. Mais l’histoire est prenante, et on veut connaître la fin.

Je m’accorde avec les autres concernant la fin prévisible depuis le tout début et un twist mal amené. Pour ceux qui ne le savaient pas encore,  Stranger Things aura bel et bien une deuxième saison,  que je regarderai dès sa sortie, et pas avec des semaines de retard, cette fois-ci. Je ne me suis pas ennuyée devant cette série, je n’y ai pas trouvé de longueur à l’instar de Sense 8 où je me suis souvent demandée si je n’allais pas faire avance rapide. Pour revenir à l’ambiance, on est totalement dedans dès la présentation de « l’upside down » extrêmement bien réalisé. Si, comme moi, on aime un peu toutes ces théories scientifiques comme la théorie des cordes par exemple, on ne peut qu’accrocher à cette série. Si vous n’avez toujours pas jeté un oeil à Stranger Things, n’hésitez plus et forgez-vous votre propre avis.

 

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Histoire et écriture : 7/10 Interprétation et personnages : 8/10 Ambiance : 8.5/10  Hommage années 80 : 7/10 Mise en scène : 8/10.

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