Business

De Windows 95 à Windows 10, un historique des OS Microsoft

De Windows 95 à Windows 10, un historique des OS Microsoft

Microsoft est depuis longtemps leader des systèmes d’exploitation pour les ordinateurs grand-public, au moins depuis le milieu des années 1990. On vient justement d’apprendre que Windows 10 connaissait un certain succès et aurait dépassé son prédécesseur Windows 8 en termes de parts de marché après avoir dépassé Vista et le vénérable XP. Quelle a été la stratégie software de Microsoft depuis le milieu des années 90 ?

Système d’exploitation | Windows

Microsoft et la révolution Windows 95

Logo Windows 95

Windows 95, grand succès pour Microsoft

24 août 1995, Microsoft fait sensation avec son nouveau système d’exploitation en proposant quelque chose qui n’a plus grand chose à voir avec son illustre prédécesseur Windows 3.1 de deux ans son aîné. Menu Démarrer, Bureau, simplification tout azimut pour l’utilisateur, nouveau système de fenêtre, plug & play… Le project Chicago devenu Windows 95 renouvelle profondément l’écosystème Windows et certaines des innovations apportées existent toujours sous Windows 10. Et prépare déjà le terrain de l’irruption massive d’Internet avec la version Microsoft Plus! qui propose Internet Explorer 1.

Mais la plus grande évolution c’est la campagne marketing immense qui accompagne la sortie de cet OS. Un article du Washington Post relate cette ambiance toute particulière : Microsoft a dépensé près de 300 millions de dollars US pour une campagne marketing inédite, en achetant par exemple le droit d’utilisation de la chanson Start Me Up des Rolling Stones pour son marketing, en éclairant l’Empire State Building des couleurs de l’OS ou en déployant une immense bannière sur la CN Tower de Toronto au Canada.

Finalement, malgré les craintes initiales devant le coût de l’opération, Windows 95 propulse Microsoft à la tête des ventes de système d’exploitation et balaye totalement MacOS qui connait à cette époque là de gros bugs. D’ailleurs, Apple quitte brusquement le top 5 des constructeurs d’ordinateurs grand-public en 1997, témoignant de la victoire totale d’un Windows qui monte en puissance à partir de 1995. Windows 95 évolue progressivement en intégrant dès 1996 Internet Explorer 2 dans toutes ses éditions et en 1997 le support d’un nouveau standard qui va connaître un énorme succès : l’USB.

Attention cependant, la réputation de Windows 95 a été relativement mauvaise chez les gros utilisateurs, sa stabilité étant assez médiocre et sources de blagues très 90’s

Et enfin, Windows 95 c’est ce son de démarrage d’anthologie…

Windows 98, le même, mais en mieux

Windows 95 + 3

Windows 95 + 3

Bon tout n’est pas rose pour autant, et Microsoft améliore largement Windows 95 avec Windows 98 qui intègre nativement Internet Explorer, le tout premier Outlook Express et le plug & play. Bon, certes, le 20 avril 1998, la présentation au public de Windows 98 est l’occasion d’un magnifique BSOD lors d’un essai plug & play… Sorti en mai 1998, une version Second edition sort en avril 1999 et améliore la compatibilité de Windows 98 aux nouveaux standards internet et remplace Internet Explorer 4 par Internet Explorer 5.

Malgré tout, Windows 98 qui introduit aussi le système de fichiers FAT 32 aura aussi un certain succès, on estime que plus de 50 % des utilisateurs de Google en 2001 utilisait un système Windows 98 et encore 20 % environ en 2004. Il sera aussi l’occasion d’un procès magistral qui oppose Microsoft aux autorités de la concurrence américaines et européennes qui l’accuse d’abus de position dominante du fait de l’installation native d’Internet Explorer sur ses systèmes au détriment notamment de Netscape Navigator.

Windows ME et Windows 2000, même époque, destins différents

Logo Windows Me

Fin douloureuse pour la branche Windows 9x

Microsoft fête l’an 2000 avec deux nouveaux OS : Windows ME (pour Millennium Edition) et Windows 2000. Ces deux systèmes vont connaitre des destins radicalement différents. Il faut dire que Windows ME est le prolongement de la dynastie Windows 9x donc le prolongement des deux systèmes précédents alors que Windows 2000 est basé sur le noyau NT et est ainsi destiné aux professionnels.

Quel est le problème de Windows ME ? C’est très simple, c’est l’un des plus mauvais systèmes jamais proposé par Microsoft. Buggé, instable, lent, inefficace, énervant, les adjectifs ne manquement pas 16 ans après pour se souvenir de ce désastre commercial et marketing. Certes, Windows ME apportait une grande compatibilité avec les nouveaux standards multimédias avec notamment de nouveaux logiciels : Windows DVD Player, Windows Movie Maker… qui agrémente largement un Windows alors jugé austère, froid et professionnel alors qu’Apple commence à repositionner son OS vers le multimédia dans ce début d’années 2000. Donc l’idée à la base (plus de multimédia) est intéressante commercialement puisqu’elle cherche à ouvrir la base de clients potentiels mais la très mauvaise qualité du produit finit par tuer dans l’œuf le système lui-même qui sera un échec pour Microsoft qui lance Windows XP à peine quelques mois plus tard.

Logo Windows 2000

Un OS particulier, un certain succès

Par contre, Windows 2000 est un modèle de stabilité, une plutôt grande réussite qui survivra assez longtemps à Windows XP dans quelques entreprises. Windows 2000 couvre ainsi tout le spectre des professionnels avec 4 éditions différentes : Professional, Server, Advanced Server, et Datacenter Server. Les deux premiers ciblent les postes de travail et les serveurs de petites entreprises alors que les deux dernières ciblent les grandes entreprises. Windows 2000 est ainsi, dans l’histoire moderne de Windows, le seul OS commun aux postes de travail professionnels et aux serveurs. Dès 2003, Windows Server et Windows XP Professional séparent nettement les deux composantes.

Windows XP, la grande victoire de Microsoft

Logo de Windows XP

Windows XP : le grand succès de Microsoft dans les années 2000

XP est assurément un système d’exploitation légendaire et réussi. Quel autre que système que Windows XP peut se targer de détenir encore une part de marché non négligeable 15 ans après sa sortie ? Plus spectaculaire encore, XP détenait début-2009 encore… 75 % du marché, malgré la sortie de son triste successeur : Windows Vista.

Bref, revenons en 2001. Alors que la bulle internet commence à éclater, que Windows a connu une mauvaise passe sous Windows ME et que le marché des ordinateurs personnels recule en 2001 (cf article sur le marché du PC), Microsoft décide de remplacer assez prématurément Windows ME par le projet Whistler, qui devient XP. Comme pour Windows 95, Microsoft fait le choix d’une très solide campagne marketing dont le coût est estimé à 1 milliard de dollars. Seul petit changement par rapport à 1995, les Rolling Stones avec Start Me Up cèdent la place à Madonna avec Ray of Light.

Les publicités télévisions insistent sur les nouveautés de Windows XP : multimédia, connectivité, convivialité. Multimédia tout d’abord qui devient une priorité à mesure qu’Apple et sa suite logicielle iLife monte en puissance. Pas question pour Microsoft de laisser le multimédia à Apple qui frappe fort avec l’iPod et iTunes. Windows Media Player remanié, Windows Movie Maker et autres (dont le tout nouveau Windows Media Center) sont de la partie et Microsoft choisit aussi de mettre en avant la connectivité totale de l’OS avec Internet et les nouveaux services internet qui se profilent au début de cette décennie.

Convivialité enfin : pour la première fois depuis Windows 95, Microsoft choisit de modifier l’interface de son OS. Fini le gris austère des années 1990, place à des encadrements de fenêtres bleu, un menu Démarrer en vert à deux colonnes et une interface inédite. Le panneau de configuration est lui aussi restructuré ce qui le simplifie profondément. Il est clair, alors qu’Apple, repris en main par Steve Jobs monte en puissance, que Microsoft ne veut pas se laisser faire.

Résultat des courses : Windows XP est un immense succès sans contestation aucune. Il a gagné sur tous ses marchés : grand-public, professionnels, grandes entreprises, PME, universités, écoles, administrations publiques. Précisons aussi que, contrairement à son prédécesseur Windows ME, Windows XP est d’une stabilité importante à tel point que les très habituels BSOD sous Windows 95,98,ME ont pratiquement disparus avec XP. La fin d’une époque…

Windows Vista : Titanic version OS

BSOD Vista

Ce BSOD résume tout Windows Vista

Calamiteux, lent, buggé, inefficace, désagréable, intrusif… Les qualificatifs élogieux s’alignent pour définir ce qu’était Windows Vista. Clairement, c’est le plus mauvais produit Windows à ce jour, à tel point que certaines administrations, comme l’état du Texas, ont fait le choix… de refuser de l’utiliser. !

Soyons justes, à la base le project Longhorn était plein de bonnes idées pour améliorer Windows XP surtout sur le plan, où une marge de progression énorme existait, de la sécurité qui est le gros défaut de XP.

Bref, le projet Longhorn lancé dans la foulée d’XP implémente dont une meilleure sécurité… Corollaire de cela : les futurs utilisateurs de Vista seront assaillis continuellement de message d’alertes intempestifs et de faux positifs… Autre nouveauté attendue : une nouvelle interface qui s’appellera Aero. Certes, Windows XP avait déjà bousculé les codes et grandement modernisé l’interface Windows mais elle accuse un très sérieux coup de vieux en comparaison de la très moderne interface de l’OS concurrent d’Apple: OSX. Bref, Aero va essayer de donner un coup de jeune à Windows avec au menu des fenêtres transparentes, l’aperçu d’une fenêtre depuis la barre de menus, le Flip 3D pour basculer entre les fenêtres, etc… Mais, petit problème, Windows Vista est… en avance ! Eh oui, Microsoft a été en avance sur le hardware de l’époque du coup, à la sortie de Vista, difficile de faire tourner fluidement Aero sans disposer d’une machine de guerre…

Windows Vista Editions

Et encore, il en manque plusieurs…

Microsoft a pris un grand risque pourtant avec Vista et n’avait pas le droit à l’erreur. Rendez-vous compte de l’ampleur de l’erreur de l’entreprise : Windows Vista était arrivé 5 ans après XP donc dans un contexte de forte attente du public alors que, par exemple, Windows ME était arrivé à peine deux ans après Windows 98. Du coup, l’ampleur de l’échec est décuplée par l’attente des consommateurs qui se retrouvent face à un produit de qualité très mauvaise, à tel point que le phénomène de retour des utilisateurs de Vista sous XP était très important dans les premières années.

Faisons, à titre d’objectivité, une petite étude des nouveautés apportées par Vista, qui sont réelles, mais complètement cachées à l’époque par l’instabilité du système. On a vu Windows Aero, mais aussi un nouveau Menu Démarrer qui améliore encore celui d’XP, un meilleur système de recherche avec Windows Explorer, le remplacement de Outlook Express par Windows Mail, les widgets sur le bureau, Internet Explorer 7 qui dépoussière largement le très vieillot IE6, Windows Photo Gallery avec la suite Windows Live Essentials… Notons que le SP1 améliore un peu la fiabilité du système dont la réputation commerciale est déjà carbonisée.

Last but not least, Windows Vista complique largement son offre commerciale avec beaucoup de versions différentes dont on peut trouver les détails ici (amusez-vous bien…) :

  • Starter pour les netbooks à très faibles performances
  • Home Basic (Familiale Basique en France) un peu plus puissante que la précédente et assez discrète sur le marché français
  • Home Premium (Familiale Premium en France) édition standard et la plus courante sur le marché français
  • Business remplace Windows XP Professional, édition de référence pour les ordinateurs professionnels
  • Enterprise édition distribuée en volume non disponible sur le marché standard
  • Integral édition aux fonctionnalités de cryptage poussées

Windows 7, le retour de la force

Microsoft se rend compte de l’ampleur de l’échec Vista et met les bouchées doubles pour lancer son successeur (nom de code Vienna) au plus vite. Résultat : Windows 7 sort un peu plus de deux ans après Vista c’est à dire bien plus tôt que Vista par rapport à XP.

Finalement, ce qu’on retient de Windows 7, plus que ses nouvelles fonctionnalités par rapport à Vista qui sont, il faut l’admettre, limitées, c’est sa grande stabilité qui égale presque celle de Windows XP. Windows 7 c’est le retour aux fondamentaux : stabilité, efficacité. Les retours sont très positifs et la part de satisfait grimpe à 70 % ce qui n’était pas gagné au vu de la défiance qui s’était installé depuis Vista. Windows 7 est une grosse mise à jour de Vista avec quelques modifications. Cela a ses avantages, une rétrocompatibilité matérielle et logicielle impeccable, et ses défauts, une non-innovation.

Bref, un gros succès : l’OS qui a connu les meilleures ventes de l’histoire de Microsoft, 100 millions de copies six mois après sa sortie. Mais les dirigeants de Microsoft sont partagés : que faire après Windows 7 ? C’est le dilemme du début de la décennie 2010 : faut-il sortir un OS stable et sûr, plus ou moins une mise à jour de Windows 7 ou, au contraire, rompre totalement avec Windows 7 et sortir un produit qui propose une rupture technologique au risque de déplaire aux clients ? C’est clairement la deuxième option qui a été choisie.

Windows 8, le syndrome Vista

Deux éditions, un packaging sobre et efficace. L'une des rares réussites de Windows 8

Deux éditions, un packaging sobre et efficace. L’une des rares presque réussites de Windows 8

Malgré quelques (petites) différences, la destinée de Windows 8 et de Vista est très similaire. Résumons : un OS tout à fait nouveau, une refonte de l’interface, une modification des habitudes des consommateurs et, au final, un échec commercial et d’estime total. A une nuance près : Windows 8 est un OS tout à fait stable, peut-être encore plus que Windows 7 qui était devenu une référence.

Aujourd’hui en 2016, on se demande quelle mouche a pu piquer Microsoft à ce point pour proposer un OS aussi bizarre… Deux interfaces en concurrence (Metro / ModernUI et le Bureau), la suppression du mythique Menu Démarrer (et c’est sa disparition qui nous a montré à quel point cette idée était géniale), un verrouillage du système pour obliger les développeurs à passer par le Windows Store qui est resté vide très longtemps, des applications Metro instables et mal conçues, une perte en logiciels (avec la suppression de Windows Live Essentials notamment). Autant pour le grand public Windows 8 est assez difficile à adopter du fait de la disparition de Menu Démarrer, mais alors pour les professionels c’est juste une catastrophe à tel point que le cabinet de conseil Gartner recommande d’abandonner complètement son déploiement dans les entreprises !

Microsoft lance à nouveau une énorme campagne marketing estimée à plus de 1,5 milliards de dollars. Ce qui n’empêchera pas Windows 8 de faire un bide et de rééditer la performance de Windows Vista : ne jamais rattraper son prédécesseur en termes de parts de marché. Pire encore, Windows 8 (même en incluant la part de marché de Windows 8.1) n’a pas dépassé 19 % de parts de marchés alors que Vista avait réussi à franchir la barre des 20 %. De fait, Windows 8 et même 8.1 n’a jamais pris de part de marché à Windows 7 qui reste très stable entre 2012 et le milieu de l’année 2015. Il faut attendre Windows 10 (qui est très particulier) pour voir Windows 7 (enfin) vaciller.

Seul petit avantage de Windows 8 : une meilleure cohérence commerciale ou presque… Microsoft calme le délire des multiples éditions toutes plus identiques les mêmes que les autres (à une fonctionnalités inutile près) et restructure Windows 8 (pour le grand public) autour de deux éditions : normale et professionnelle ce qui a le mérite de la clarté. Fini les éditions Intégrale et autres Familiale Premium… Ça c’est le point positif. Mais Microsoft décide dans un petit délire de sortir Windows RT pour ses premières Surface : un espèce de Windows ultra-Light avec zéro calorie, zéro logiciels x86 compatibles et une fermeture totale de l’OS à la Apple. Donc pas un Windows puisque l’argument commercial de Windows est sa compatibilité avec tous les logiciels et matériels… Windows RT a été un magnifique succès commercial, non plus sérieusement le système a plafonné à 0,13 % de parts de marchés soit rien du tout en fait puisque même Windows Server 2003 faisait mieux (oui oui même en 2014 !).

Windows 10 = 7 + 8 ?

Windows 10 est une belle réussite : stabilité, modernité. C’est l’alliance de ce qui marchait chez Windows 7 (stabilité, facilité d’utilisation) et de Windows 8 (modernité, design, rattrapage du retard sur OSX sur certains points) en y ajoutant le retour du menu Démarrer et une meilleure cohérence entre les applis x86 et les applis Windows Store. Bref, un concentré d’efficacité.

Cerise sur le gâteau, Microsoft fait sa révolution culturelle et propose un Windows 10 gratuit pour ses anciens utilisateurs. Et là je dis chapeau car proposer une mise à jour autre fois payante et chère pour rien à ses utilisateurs, c’est une opération marketing plus efficace que n’importe quelle campagne marketing.

Résultats : Windows 10 vient de dépasser sans difficulté son prédécesseur Windows 8 et a entamé la part de marché de Windows 7 (ce qui est logique puisque la mise à jour est gratuite). Mais, petite réserve quand même : Windows 10 voit sa part de marché croître au même rythme que celle de Windows 7 entre 2009 et 2012. Seul problème : Windows 10 est (en grande partie) gratuit. Du coup, est-ce que Windows 10 aurait aussi bien réussi s’il avait été payant ?

Un bilan – un graphique (source : StatCounter)

,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,

 

 

Business
Cliquer pour ajouter un commentaire

Répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Plus Business