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Des Cleek et des claques spécial génériques de séries

Des Cleek et des claques spécial génériques de séries

Des cleek et des claques : ces génériques de séries qui nous font rêver

 

Chez Cleek, nous sommes des passionnés, aux passions différentes. Cependant, si nous avons bien une chose en commun (parmi tant d’autres), c’est notre amour pour l’univers Geek au sens très large du terme. Jeux vidéo, films, séries, romans, comics, mangas, technologie et j’en passe. C’est avec cette passion commune que nous avons décidé il y a quelques temps maintenant de vous proposer une série d’articles un peu particulière, « Des Cleek et des claques » afin de partager avec vous nos avis sur certaines thématiques.

Pour rappel, nous avions abordé avec vous ces jeux que nous prenons plaisir à regarder #1 et #2 puis ces jeux vidéo spécial Halloween et plus récemment ces films qui nous ont fait peur. Il y a deux semaines, nous vous avions préparé un article spécial manga. Vous pouvez d’ailleurs retrouver deux autres de nos articles, avec nos personnages de jeux préférés. Voici le premier opus juste ici et le second juste là. Plus récemment, nous vous avons parlé des sorties cinéma les plus attendues de 2016meilleurs films de l’année passée mais également de nos séries préférées. Aujourd’hui, pour rester dans le thème, place aux génériques de séries !

 

Séranne « LaSkreeb » Piazzi : Jessica Jones

 

LaSkreeb

 

 

Le générique fait partie intégrante d’un épisode de série : il donne le ton, l’ambiance de ce qui va suivre et suscite l’envie de voir ce qui se cache derrière. Pari tenu pour celui de Jessica Jones (dont vous pouvez lire la critique complète si le générique vous emballe), qui respecte bien l’univers de la bande dessinée et contribue à l’atmosphère menaçante de la série.Visuellement très travaillé, le générique de Jessica Jones reprend les graphismes de BD en conservant le côté dessin de l’image. L’aspect brouillé et les couleurs sombres annoncent le milieu opaque dans lequel évolue l’héroïne, détective privée au lourd passé gagnant son pain dans les ruelles obscures de New York. Tout le générique est focalisé sur l’activité professionnelle de Jessica Jones, qui vit de l’espionnage de ses concitoyens. Le thème du regard est donc central et les plans à travers les fenêtres des appartements se multiplient. Les personnages épiés n’apparaissent que dans le contre-jour de la lumière de leur habitation miteuse. Ils ne sont qu’ombres mystérieuses, que Jessica doit mettre en lumière. La scène filmée depuis une voiture, où la caméra zoome sur la fenêtre passager, en dit long sur le degré d’intimité de la vie de chacun, qui n’est finalement qu’une illusion : chez vous ou dans la rue, vous êtes susceptible d’être suivi !

Toutes ces images finissent d’ailleurs par se fondre dans un gros plan de l’œil de Jessica, attribut principal de l’héroïne, qui la caractérise pleinement : son œil de détective de haut vol, mais aussi miroir de l’âme où se reflète tout son passé qu’elle va devoir accepter et dépasser pour que personne n’ait plus à subir les mêmes cruautés.La bande-son est tout aussi réussie. Alors qu’elle commence par des tons simples aux sonorités vieillottes, elle gagne finalement en puissance pour laisser exploser la guitare électrique qui soutient une mélodie rapide et haletante, à l’image du scénario de la série. L’histoire se complexifie au fil des épisodes, les pouvoirs du « méchant » s’étendent et les bains de sang deviennent plus rapprochés. On remarquera que le générique ne fait aucune allusion aux capacités de Jessica en tant que super-héroïne. Si l’accent n’a pas été mis sur sa force hors du commun ou ses bonds prodigieux, c’est que Jessica ne le met pas non plus en valeur dans sa vie quotidienne. Loin d’un Superman qui vole en plein jour au secours de tout un chacun, Jessica a fait plus de mal que de bien avec ses pouvoirs et mène une existence nocturne et glauque.

Un générique original donc, très cohérent avec la personnalité de l’héroïne, qui ne se contente pas de juxtaposer des séquences tirées des divers épisodes de la série, mais qui est bien une création à part entière, aussi bien graphique que musicale : prenant !

 

 

Arcadi « Skhadia » Comello : L’Attaque des Titans

 

J’ai été en proie à une sévère lutte intérieure pour faire un choix, mais finalement, c’est le premier générique de L’Attaque des Titans qui a gagné, de son petit nom Guren no Yumiya, composé et interprété par le groupe japonais Linked Horizon. C’est un de mes petits chouchous parmi les génériques de séries d’une part parce que je suis vraiment fan de celle-ci, et d’autre part parceque ce générique me donne des frissons chaque fois que je l’écoute ou que je le regarde.

Le premier mot qui me vient à l’esprit quand je pense à ce générique, c’est « épique », et en tout point de vue. La musique, combinant des instruments classiques (cuivres, violons, orgue, chœurs, …) à des instruments modernes (guitare, basse, batterie, chant, …), est un somptueux mélange de rock, voire métal, et de symphonie classique qui n’a rien à envier aux bandes originales de grands films épiques. Et les images correspondent très bien à la musique : des plans fixes et dans des tons de noirs et blanc dans les passages plus calmes par rapport à des scènes dynamiques et colorées pour les passages forts. Je tiens également à saluer la qualité de l’animation qui ne fait que rendre l’ensemble plus beau, même les quelques passages en 3D, sachant que l’animation 3D n’a rien d’évident.

Ce générique est donc pour moi une réussite complète sur tous les plans : la musique épique, les images qui retranscrivent parfaitement les thèmes de la série, une animation incroyable… Un chef-d’œuvre !

 

 

Marine « Reanoo » Wauquier : The Walking Dead

 

Reanoo

 

 

Si ma consommation de séries reste modérée, certaines m’ont bien évidemment marqué, notamment à cause de leur générique. Certains de ces génériques m’ont cassé les oreilles (pour ne pas citer les Shadoks dont je vous parlais dans le précédent volet des Cleek et des Claques), d’autres ont lié à jamais une chanson à des personnages. Enfin, il y a ces génériques que je ne me lasse pas de voir à chaque nouvel épisode. C’est notamment le cas du (enfin, des) générique(s) de The Walking Dead.

Je ne vous ferais pas l’affront de vous présenter cette série, puisque l’on vous en parle régulièrement par le biais de nombreux articles. Mais ayant moi-même réellement découvert la série très récemment, j’ai tout de suite été charmée par le générique (outre la série elle-même, bien évidemment). Enfin, par ses génériques. Comme nombre de séries, The Walking Dead se dote en effet à chaque saison d’une nouvelle version de son générique : nouveaux acteurs, nouvelles images… L’unité du générique est pourtant conservée à chaque nouvelle version, et l’on retrouve à chaque fois la même patte, qui donne à cet ensemble de génériques ce petit quelque chose qui le rapproche du jeu des sept différences. Car de jeu de méninges, il est aussi question lorsque l’on souhaite décrypter les images et les symboles associés à chaque personnage de la série : une montre pour Glenn, un badge ou une arme pour Rick, etc.

L’esthétique du générique est belle. Les plans sont beaux, les zombies (oui, pardon pour le spoil, mais il est question de zombies dans cette série) ne sont évoqués qu’avec parcimonie – une main ou un œil suffise -, les couleurs sont travaillées, et l’ambiance y est pesante, sans être sanglante ou angoissante. À l’image de la musique, à base de cordes et de percussions, qui semble à la fois mélodieuse et grinçante : on oscille entre harmonie et dissonance, entre frissons de plaisir et de malaise. Un générique un peu sinistre , voire glauque (mais jamais gore), sur les bords certes, mais beau. Il est finalement à l’image de la série, et c’est aussi pour ça que j’aime ce générique.

 

 

Roxane « Lenvy » Saint-Anne : Dexter

 

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Lorsque l’on évoque le terme de générique de série, on a tous des accords et des images devenus cultes qui viennent immédiatement à l’esprit. Pour le sérivore qui s’installe confortablement dans son fauteuil pour regarder sa série du moment, le générique est plus qu’une introduction musicale, c’est un moment de pur plaisir, entre attente impatiente et délicieuse expectative. Le générique de série participe de l’identité d’une série et de sa capacité à intriguer le spectateur aussi sûrement que la réalisation ou le jeu des acteurs. Parfois premier contact entre le nouveau spectateur et la série, le générique doit accrocher et séduire, en dévoiler un tout petit peu et en même temps jamais assez, et, bien sûr, se montrer représentatif de l’univers et de l’ambiance de la série. On sait, en général, qu’un générique de série a réussi à résister à l’épreuve du temps quand les premières notes de musique sont immédiatement identifiables par (presque) tout un chacun. C’est notamment le cas de celui-ci.

 

 

Un art à part entière, la composition d’un générique de série ? Presque. La musique joue bien sûr un rôle primordial mais on pourrait écrire tout un article sur les différents types de composition de générique qui existent : il y a les minimalistes, les génériques qui racontent une histoire, les graphiques, ceux qui changent au fur et à mesure que la série avance, ceux qui ne s’attachent à qu’à présenter les personnages, les génériques-concept et même ceux qui viennent éclairer les enjeux narratifs de la série d’une nuance interprétative qu’on ne retrouve nulle part ailleurs. Dans cette liste non-exhaustive de bonnes idées pour un générique de série réussi, on trouve le générique de Dexter.

On y retrouve l’univers musical emblématique de la série, une musique à la fois inquiétante et mutine, et pas démunie d’un certain sens de l’auto-dérision. Mais le générique a aussi pour fonction de présenter le personnage de Dexter au public, dont on ne verra complètement et nettement le visage qu’à la toute fin du générique. Pendant la majeure partie de celui-ci, son visage nous échappe, et on ne voit que des parties de son corps, comme si celui-ci était une ombre, insaisissable. Ce que l’on voit très nettement, en revanche, ce sont tous ces clins d’œil au sang et à une certaine esthétique de la mort, quand il ne s’agit pas carrément de rappeler de façon sournoise au spectateur mille et une façons de tuer. Tout cela dans une scène apparemment banale : la routine du matin d’un Américain (presque) tout ce qu’il y a de plus normal. En moins de deux minutes, le générique a déjà mis en place deux éléments centraux de la série : la capacité de la série à s’avérer ultra-inquiétante dans un cadre urbain a priori normal, et la dualité de l’identité de Dexter, citoyen respectable le jour et tueur en série la nuit. Un élément de scénario autour duquel évolue tout l’enjeu narratif de la série, qui tire principalement son suspense de la capacité parfois menacée de Dexter de mener une vie normale tout en protégeant la nature confidentielle de ses activités.

Le générique parvient ainsi à condenser l’identité et les enjeux de la série de façon remarquable, avec pour seuls outils une routine matinale ambivalente et de la musique. On finira sur l’idée géniale du « bip » final, qui rappelle la sonnerie d’un micro-onde et participe donc du thème « petit-déjeuner », tout en remplissant aussi ce rôle d’alerte du spectateur, en l’enjoignant presque à rester sur ses gardes face au visage mondain affiché par le héros. Un générique qui regorge de bonnes idées et participe activement à la richesse symbolique de l’univers de la série qu’il présente, et dont il livre une introduction très réussie : le générique de Dexter a vraiment tout bon.

 

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