Oscars 2016 : Palmarès et commentaires (direct)

La 88ème cérémonie des Oscars (88th Academy Awards) se tient le soir du 27 février au Dolby Theatre de Los Angeles, et ce n’est donc avec le décalage horaire qu’à partir de minuit que nous pourrons en France assister aux directs, le remise des prix à proprement parler ne commençant probablement pas avant 2 heures voire 2 heures et demie du matin… Mais chez cleek, nous sommes des passionnés, c’est pourquoi non seulement nous mettrons régulièrement à jour cette page au fur et à mesure que le palmarès sera dévoilé, nous y ajouterons également nos commentaires !

Elle est présentée par Chris Rock, qui était déjà l’hôte de la cérémonie en 2005, et qui a choisi de le rester malgré le boycott afro-américain, notamment initié par Will Smith (qui de toute manière n’a pas décroché de nomination) et Spike Lee (qui vient de recevoir un oscar d’honneur). L’affaire lui donne au moins une réserve inépuisable de plaisanteries prévisibles, mais très agréablement tournées, prouvant que s’il n’a pas refuser de participer, c’était pour défendre cette cause en profitant de sa fonction.

En attendant, vous pouvez toujours réviser la liste des nominés que nous vous avions concoctée avec toutes les bandes-annonces correspondantes, et nous renvoyons les spectateurs désirant davantage de détails sur la remise des Oscars et ses problèmes à la courte vidéo (critique) de la chaîne Brand Sins : Everything Wrong with the Oscars (en anglais).

Remarques générales de Camille « Imperator Furiosa » Leguillon : Rappelons que pour l’Oscar du Meilleur film, sont attendus The Revenant et The Big Short. Grand vainqueur des Golden Globes et du Bafta Awards (British Academy Film and Television Arts Awards) du meilleur film, The Revenant, le film au budget « limité » (autant qu’un film de super-héros !), intégralement tourné en lumière naturelle dans des conditions de tournage souvent très difficiles, ont obligé les équipes du film à aller au-delà leurs limites. Alejandro Gonzalez Iñarritu, le réalisateur déjà récompensé de 4 oscars pour Birdman l’année passée, a également reçu pour son nouveau film le prix du syndicat des réalisateurs (DGA). J’avais beaucoup aimé Birdman, j’ai aimé The Revenant, et puis j’aimerais bien que Léo ait son oscar, pour qu’il nous parle des baleines et de l’effet de serre, alors j’avoue j’ai une petite préférence. The Big Short, quant à lui a été sacré meilleur film par les Producteurs tandis que Spotlight peut toujours créer la surprise. Le film a en effet été récompensé par le syndicat des acteurs dans la catégorie du meilleur film de l’année. Si The Revenant devrait, selon les sondages, l’emporter, une autre stat est à prendre en compte, puisque jamais dans l’histoire des Oscars un réalisateur n’a été récompensé deux années de suite dans la catégorie du meilleur film (même si la statuette revient dans cette catégorie au producteur). Iñarritu entrerait alors dans l’histoire si ce scénario se confirmait ce soir. Si il décroche la statuette du meilleur réalisateur, il serait également le troisième réalisateur dans l’histoire des oscars a obtenir l’Oscar du meilleur réalisateur deux années de suite, et le seul avec Ang Lee et David Lean à l’avoir reçu deux fois sans être Américain.

Remarques générales de Siegfried « Moyocoyani » Würtz : La cérémonie de cette année se caractérise par la présence écrasante de deux grands films, The Revenant (critiqué par Laurianne « Caduce » Angeon, et que j’avais choisi comme mon film le plus attendu de 2016), qui fait enfin espérer sérieusement l’oscar pour DiCaprio (nous vous avions détaillé sa longue marche vers la récompense suprême), et Mad Max : Fury Road (critiqué par Roxane « Lenvy » Saint-Anne, et dont j’avais fait mon film marquant de 2015). Elle brille cependant aussi par quelques absences, et en conséquence par quelques films que j’aurais plus aisément voués aux gémonies qu’imaginés nommés aux Oscars – nous y reviendrons pour les prix concernés. Il faut dire que l’année 2015 ne fut pas exemplairement riche pour le cinéma américain, une certains standardisation hollywoodienne empêchant pour l’instant l’émergence de productions moins standardisées. Heureusement, ce qui peut paraître autrement plus important qu’une fausse polémique sur la représentation des noirs, cette cérémonie fait aussi la part belle à ces créations plus indépendantes, justifiant plus que d’autres éditions que l’on continue d’espérer.

Meilleur film : Spotlight

L’Oscar est remis par Morgan Freeman.

Moyocoyani : L’annonce de cette dernière récompense de la soirée tombe bien, on est trop content qu’Iñarritu et DiCaprio aient remporté les autres statuettes, et trop fatigués, pour s’énerver encore contre ce qui nous paraît être une surestimation grotesque d’un film sans valeur aucune, aussi partisan dans ses prétentions qu’il n’est en fait issu que de la plus plate des bien-pensances, et si pauvrement interprété de bout en bout – sauf par Liev Schreiber, qui est le seul à se contenter d’être présent – si pauvrement filmé, qu’il devrait nous paraître déprimant après tant de belles promesses que l’Académie récompense ceux qui ont si peu fructueusement dépensé tant d’argent. Cela rappelle la 83ème cérémonie, où les Oscars techniques reçus par Inception laissaient augurer le meilleur, alors que le film fut simplement oublié pour les récompenses majeures. The Revenant a heureusement su mieux s’affirmer, même s’il était très légitime de s’attendre à mieux encore, et c’est la disparition de Mad Max, dont l’omniprésence au début du palmarès était sujette à plaisanteries, qui déçoit, alors qu’il redonnait des lettres de noblesse à un cinéma d’action (à raison) souvent méprisé, et méritait à ce titre une autre reconnaissance qu’un faux cinéma de journalisme qui n’en avait aucunement besoin.

Meilleur réalisateur : Alejandro G. Iñarritu (The Revenant)

L’Oscar est présenté par J. J. Abrams.

Moyocoyani : Deux Oscars d’affilée pour deux films remarquables, l’Académie prouvant qu’elle sait apprécier des films qui sortent du cadre des productions standardisées dites américaines, et limitant l’accusation de racisme qui pèse sur elle (rejeter les Noirs pour récompenser des Mexicains ne colle pas trop avec l’image que l’on se fait du racisme américain). On ne peut que penser aux deux Palmes d’or presque consécutives de Haneke pour trouver l’équivalent d’un réalisateur récompensé à juste titre pour avoir su livrer des films aussi puissants que différents l’un de l’autre, plutôt que de se reposer sur des recettes ayant déjà fait leurs preuves. George Miller était le seul rival sérieux, parmi les nominés du moins, et avouons que c’est sur lui que se serait porté notre choix. En regardant The Revenant, mon principal sentiment, après l’émerveillement devant les images de Lubezki, était le regret que le film n’ait pas été réalisé par Terence Malick, tant il est certain qu’il aurait su insuffler une réelle profondeur à un film qui reste finalement un pastiche assez plat de La Ligne rouge et A la merveille, incapable d’en imiter le mysticisme qui justifiait et motivait pourtant la beauté des images.

Meilleur acteur : Leonardo DiCaprio (The Revenant) !!!

L’Oscar est présenté par Julianne Moore.

Moyocoyani : Nous avons assez dit combien à notre avis DiCaprio méritait l’Oscar depuis de longues années déjà, et s’il est injuste qu’il n’en soit pas à sa troisième ou quatrième statuette, on ne peut que se réjouir qu’il ait enfin reçu sa couronne…après avoir pour la première fois fait campagne pour l’oscar, comme l’exigent pratiquement les us de l’Académie. Il ne s’agit pas pourtant de sa performance la plus habitée, entre autres parce que le scénario semble douter de ce qu’il cherche à lui faire exprimer, mais sa performance est bien assez forte pour marquer tout en faisant la différence, malgré une compétition de qualité : Michael Fassbender et Bryan Cranston auraient eu toutes leurs chances en étant nominés une autre année, et Redmayne aurait bien davantage mérité l’Oscar pour The Danish girl cette année que l’an passé pour The Theory of Everything

Meilleure actrice : Brie Larson (Room)

L’Oscar est présenté par Eddie Redmayne.

Moyocoyani : Que Brie Larson soit une actrice remarquable ne fait aucun doute. Je dois cependant avouer avoir été plus ému par son interprétation dans States of Grace que par son rôle dans Room, et que je peine à comprendre l’unanimité des critiques et des festivals pour lui décerner leurs prix d’interprétation alors qu’elle était en rivalité sérieuse avec Jennifer Lawrence, brillante dans le pourtant très mauvais Joy. Elle ne méritait malheureusement pas son Oscar dans Silver Linings Playbook (Happiness therapy), et cette surestimation d’une année ne peut que la desservir les années suivantes, mais il est malheureux que nul n’ait su l’applaudir maintenant qu’elle le méritait.

Meilleur acteur dans un second rôle : Mark Rylance (Bridge of Spies)

L’Oscar est présenté par Patricia Arquette.

Moyocoyani : Mark Rylance a apparemment été récompensé davantage pour l’amour que lui voue la sphère cinématographique américaine que pour son rôle, certes touchant, mais davantage pour sa bonne tête et l’écriture de son personnage que pour une interprétation très monolithique. Ce qui est étonnant surtout, c’est le nombre d’acteurs dignes au moins d’une nomination qui ont été oubliés : Benicio Del Toro (Sicario, Paradise Lost), Josh Brolin (Inherent Vice, Sicario), Jesse Eisenberg (Louder than Bombs – mais il n’est peut-être pas sorti encore aux Etats-Unis ?), Domnhall Gleeson, qui n’est pas encore remarquable mais qui s’impose lentement et pour les rôles duquel nous avouons globalement un faible, présent pas moins de quatre fois dans les films nominés cette année (Star Wars, Brooklyn, The Revenant, Ex Machina – pour le rôle principal), et surtout l’excellent Liev Schreiber, auquel allait toute ma préférence, non tant pour Spotlight, où pourtant il s’impose sans difficulté, que pour Pawn Sacrifice, ou Tom Hiddleston, qui n’aura laissé aucun spectateur indifférent dans Crimson Peak.

Meilleure actrice dans rôle secondaire : Alicia Vikander

L’oscar est présenté par J.K. Simmons.

Moyocoyani : Si Vikander est nominée pour the Danish Girl et pas pour Ex Machina – alors qu’une nomination pour les deux rôles aurait été possible – c’est sans doute qu’elle privilégie un jeu sobre, plus subtilement expressif dans le deuxième film, tandis qu’elle montre sa capacité à pleurer et crier un peu dans le premier. Elle a eu la finesse de tenter les deux types de jeu et deux types de cinéma la même année, il était normal que cela paye, même si elle n’était pas particulièrement meilleure cette fois que ses rivales, aucune actrice nominée cette année n’ayant de toute manière brillé vraiment par son jeu. Comme pour Jennifer Lawrence, il ne s’agissait peut-être pas tant de célébrer une interprétation qu’un parcours et une promesse, ce choix se justifiant donc tout à fait par la qualité générale d’actrice de Vikander.

 

 

Meilleur scénario original : Tom McCarthy et Josh Singer (Spotlight)

L’oscar est présenté par Emily Blunt et Charlize Theron.

Moyocoyani : Je ne saurais dire assez tout le mal que je pense de Spotlight, et malgré la faiblesse des films nominés dans cette catégorie, quelle déception c’est de ne pas voir Ex Machina récompensé. Alex Garland a tenté l’épure, en se limitant à un lieu et quatre acteurs, dont un fait pratiquement de la figuration, pour un scénario basé sur le test de Turing assez efficace, tandis que le scénario de Spotlight ne saurait être remarqué que pour l’efficacité avec laquelle les dialogues s’enchaînent – une efficacité plus « série américaine » que réaliste d’ailleurs. Entre un scénario sans aucune surprise, sans aucune tension et s’attaquant sans perspective intéressante à un problème déjà assez unanimement condamné pour que cette nouvelle pierre ne puisse plus trouver de place, il ne tient la comparaison ni face aux Hommes du président, sur lequel il lorgne au pastiche, ni par rapport au El Club de Pablo Lorrain, brûlot anti-catholique qui abordait le même sujet avec un peu plus d’originalité et une vision de réalisateur. Un autre candidat sérieux à l’Oscar eût été la surprise It follows, petit film d’horreur original jusque dans sa modestie, tranchant par l’efficacité de son écriture avec la tendance au grand-guignol d’un James Wan qui finit par lasser après avoir impressionné pendant quelques films. Mais on n’aime pas le cinéma d’horreur aux Oscars, ma foi…

Meilleur scénario adapté : Adam McKay et Charles Randolph, d’après Michael Lewis (The Big Short)

L’oscar est présenté par Ryan Gosling et Russell Crowe.

Moyocoyani : Les films nominés ne brillant pas par l’excellence de leur scénario, de sorte qu’il n’est pas très surprenant que The Big Short soit récompensé, même si la structure du film paraît assez facile – il a « l’originalité » de ne jamais occasionner de rencontre entre les protagonistes, la choralité servant à offrir des perspectives différentes sans avoir d’intérêt dramatique, et sans être donc pleinement justifiée – et que la tonalité globalement humoristique sans réelle écriture comique peinent à le faire percevoir comme une bonne comédie ou un bon drame. Récompenser The Big Short, c’est presque se moquer de J.C. Chandor, qui avec Margin Call avait livré un film autrement plus définitif, mieux écrit, mieux filmé et plus captivant sur le même sujet et dans le même environnement, sans recevoir mieux qu’une nomination, et c’est faire bien peu de cas d’une année de cinéma américain, où il n’est pas douteux que de nombreuses adaptations auraient mieux mérité la statuette que celle-là.

 

Meilleurs décors : Colin Gibson et Lisa Thompson (Mad Max : Fury Road)

L’oscar est présenté par Tina Fey et Steve Carell.

Moyocoyani : Rien à redire sur un Oscar qui paraît bien mérité, si ce n’est pour nous étonner de l’absence de Crimson Peak parmi les nominés. La platitude du film si attendu de del Toro n’empêchait pas ses décors gothiques d’être somptueux. N’aurait-il pas été assez distribué sur le territoire américain pour que l’on y songe seulement ?

Meilleure création de costumes : Jenny Beavan (Mad Max : Fury Road)

L’oscar est présenté par Cate Blanchett.

Meilleurs maquillages et coiffures : Lesley Vanderwalt, Elka Wardega et Damian Martin (Mad Max : Fury Road)

L’oscar est présenté par Margot Robbie et Jared Leto.

 

Meilleure photographie : Emmanuel Lubezki (The Revenant)

L’Oscar est présenté par Michael B. Jordan et Rachel McAdams.

Moyocoyani : Cet Oscar était nettement celui dont j’étais le plus curieux, tous les films nominés étant dignes de la statuette – même Carol, bien qu’il ne tienne pas la comparaison dans cette catégorie avec Mad max : Fury Road, The Hateful Eight, The Revenant  et Sicario (photographié par Roger Deakins, le chef op mythique des frères Coen, qui a su faire de son mieux pour Villeneuve avant de se reposer pour Hail, Caesar !). Un grand absent tout de même dans cette catégorie, Knight of cups, de toute manière photographié aussi par Lubezki, qui reçoit cette année son troisième Oscar consécutif, après  Gravity de Cuaron et  Birdman, ses compatriotes mexicains lui portant étonnamment bien plus chance que Terrence Malick, grâce aux films duquel il s’est pourtant affirmé comme l’un des meilleurs – si ce n’est le meilleur – dans sa catégorie. On pourrait s’étonner aussi de l’absence de Macbeth et Inherent Vice, la richesse exemplaire et prometteuse de cette année en matière d’ambition photographique dédouanant cependant l’Académie, tous ces choix étant excellents.

Meilleur montage : Margaret Sixel (Mad Max : Fury Road)

L’oscar est présenté par Priyanka Chopra et Liev Schreiber.

Meilleur montage de son : Mark A. Mangini et David White (Mad Max : Fury Road)

L’oscar est présenté par Chadwick Boseman et Chris Evans.

Meilleur mixage de son : Chris Jenkins, Gregg Rudloff et Ben Osmo (Mad Max : Fury Road)

L’oscar est également présenté par Chadwick Boseman et Chris Evans.

Meilleurs effets visuels : Mark Williams Ardington, Sara Bennett, Paul Norris et Andrew Whitehurst (Ex Machina)

L’oscar est présenté par Andy Serkis.

Moyocoyani : La présence même d’Ex Machina parmi les nominés est surprenante, non qu’il soit indigne d’être distingué pour ses effets visuels, loin de là, l’idée qu’il remplace In the Heart of the Sea ou Exodus : Gods and Kings, qui malgré leur médiocrité générale parvenaient à briller de manière bienvenue sur cet aspect-là, est presque révoltante. On ne se révoltera pas parce qu’on avait beaucoup aimé le film, mais il est difficile de se départir de l’impression que cet Oscar lui a été remis à défaut de pouvoir le récompenser pour son scénario.

 

Meilleure chanson originale : Jimmy Napes et Sam Smith pour Writing’s on the Wall (Spectre)

L’oscar est présenté par Common et John Legend.

 

Meilleure musique de film : Ennio Morricone (The Hateful Eight)

L’Oscar est présenté par Quincy Jones et Pharell Williams.

Meilleur film en langue étrangère : Laszlo Nemes (Le Fils de Saul)

L’oscar est présenté par Lee Byung-hun et Sofia Vergara.

Moyocoyani : Plus que pour le décevant A War de Lindholm, nous avions beaucoup d’estime pour le très beau L’Etreinte du Serpent. Le Fils de Saul reste cependant l’une des claques de l’année, dans son traitement virtuose, original et décent, enfin plus distancié que tire-larmes, des camps de concentration, et nous nous réjouissons de son heureux succès, après le grand prix de Cannes, alors même qu’il s’agit d’un premier film.

Meilleur film d’animation : Pete Docter et Jonas Rivera (Vice Versa)

L’oscar est présenté par…Woody et Buzz, qui rendent ainsi hommage à celui à qui ils doivent la vie et la célébrité.

Moyocoyani : Roxane « Lenvy » Saint-Anne avait déjà résumé la plupart des griefs que nous avions contre Inside out, et qui justifient notre large préférence cette année pour le magnifique Le Garçon et le monde, dessin animé brésilien d’Alê Abreu qui se vit comme une véritable expérience visuelle et auditive. Il faut dire cependant que Docter étant le père de Toy StoryMonstres et compagnie, Là-haut (qui lui avait déjà valu un Oscar), et surtout de l’extraordinaire Wall-E, on peut comprendre que l’émerveillement qu’il suscite comme figure tutélaire de Pixar lui vaille des prix même pour des films  résussis certes, mais plus contestables.

Meilleur film documentaire : Asif Kapadia et James Gay-Rees (Amy)

Moyocoyani : Je peine à croire que les membres du jury aient vu The Look of Silence, qui aurait pu se voir décerner l’Oscar le jour des nominations sans révolter quiconque, ou être nominé comme meilleur film étranger et rivaliser dignement avec Le Fils de Saul. Cette injustice permet du moins de recommander avec toute la vigueur possible cet exceptionnel documentaire de Joshua Oppenheimer sur les massacres de 1965 en Indonésie, qui fait suite au non moins puissant The Act of Killing, où il s’agit à nouveau d’interroger non les victimes mais les bourreaux, parfois si peu peinés de leurs exactions qu’ils proposent de rejouer leurs exécutions et n’hésitent pas à évoquer leur coutume de boire du sang de leurs victimes « pour ne pas devenir fous ». Et voir à l’écran une personne qui a vraiment bu du sang, je vous assure que cela fait quelque chose.

Meilleur court-métrage de fiction : Benjamin Cleary et Serena Armitage (Stutterer)

L’oscar est présenté par Abraham Attah et Jacob Tremblay.

Meilleur court-métrage d’animation : Pato Escala Pierart et Gabriel Osorio Vargas (Bear Story)

L’oscar est présenté par…les Minions !

Meilleur court-métrage documentaire : Sharmeen Obaid-Chinoy (A Girl in the River : The Price of forgiveness

L’oscar est présenté par Louis C. K.

Ce qu’il faut retenir, par Imperator Furiosa

LEO a eu son oscar et il a fait son discours sur la planète et le danger de la déforestation pour les générations futures.
Au passage, la présumée girlfriend de Leo, Brie Larson, a décroché son premier oscar pour sa première nomination à l’académie. De quoi rendre son chéri jaloux. On imagine qu’ils vont fêter ça !

Mad Max a tout déchiré, Super Lauréat avec 6 oscars, et j’arrive toujours pas à comprendre pourquoi Charlize Theron n’était pas nominée, autrement le compteur en afficherait probablement un de plus.

Alejandro Inarritu a obtenu l’oscar du meilleur réalisateur deux années consécutives, ce soir pour The Revenant. Son film a remporté 3 oscars. On en espérait un peu plus mais on savait que ce serait serré entre The Revenant et Mad Max, et comme j’aimais bien les deux, je ne suis pas déçue que tout le monde y trouve son compte.

Spotlight a bien créé la surprise (ça n’en est plus trop une puisque je vous l’avais annoncé en intro) en remportant l’oscar du meilleur film.

Et même The Hateful Eight a décroché son Oscar, Ennio Morricone nous a d’ailleurs beaucoup émus sur scène lorsqu’il est venu chercher sa statuette.

On a aussi vu des trucs marrants:

Chris Rock a fait vendre des chocolats pour une asso par des petites filles noires aux invités de la cérémonie. Elles ont remporté presque 50 000 dollars.

On a vu Joe Biden appeler Lady Gaga « Mon amie ». Le vice-président des Etats-Unis était sur la scène du Dolby Theater de Los Angeles, venu inviter les gens à s’engager contre les violences sexuelles. Et c’est l’ami de Lady Gaga, si si, il a bien dit « Let me introduce my friend, Lady Gaga. », puis elle a chanté sa belle chanson hommage aux victimes de violences sexuelles.

Les Minions ont présenté le meilleur court métrage d’animation, c’était curieux.
Buzz l’éclair et Woody étaient eux aussi présents pour récompenser le meilleur film d’animation, ça nous a paru moins bizarre le deuxième coup. 🙂

Olivia Wilde est venue en robe de mariée, accompagnée de Ali G pour représenter les noirs qui n’étaient pas présents, comme Dark Vador for example.

And about the ones who weren’t nominated…

Au sujet de la polémique sur la diversité, on a plongé dedans dès le début, et tout au long de la cérémonie: « Ce sont les blancs qui jugent les noirs ce soir. Heureusement qu’ils n’ont pas choisi le maitre de cérémonie, sinon ce serait Neil Patrick Harris à ma place » (Barney Stinson dans HYMYM).
Chris Rock a joué sur l’absence de comédiens noirs parmi les nominés cette année toute la soirée, il s’est bien moqué du couple Smith, à l’initiative du boycott « je comprends, c’est pas juste que juste Will soit si bon mais pas nommé, mais c’est pas juste non plus qu’il ait touché 20 millions de dollars pour Wild Wild West » et pour sa femme « Jada elle est drôle, c’est un peu comme si moi, je disais que je boycottais le lit de Rihanna alors que j’y suis pas invité ». Kevin Hart, présent, s’est aussi bien fait chambrer par l’humoriste. Tout le monde en a pris pour son grade, plusieurs sketchs dont certains parodiant des films nominés dont les personnages étaient interprétés par des comédiens noirs avaient été préparés pour l’occasion et ont été diffusés durant la cérémonie.

Pour que cette situation ne se reproduise plus, Chris Rock a suggéré quelques options à l’Académie des Oscars pour l’an prochain, comme créer une catégorie « meilleur pote noir » (celui qui meurt en premier) ou encore une catégorie « acteur noir », « puisqu’il y a bien une catégorie actrice ».

Le message est bien passé. 😉 Vivement l’année prochaine!

 

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