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Marvel’s Jessica Jones : essai transformé par Netflix

Marvel’s Jessica Jones : essai transformé par Netflix

L’anti-héroïne de Marvel marque des points

 

Après un fort tapage médiatique pour sa sortie, la série Marvel’s Jessica Jones se révèle rafraîchissante dans sa façon d’aborder sa super-héroïne : une femme à la force sur-humaine mais alcoolique, détruite et blasée, qui réapprendra au fur et à mesure de la série à faire confiance et à se laisser aider. Rappelons en passant que cette série est donc la deuxième sur les cinq signées par Netflix dans l’univers de Marvel, après un premier Daredevil encourageant. Suivront une seconde saison de Daredevil, des focus sur Luke Cage et sur Iron fist et en bouquet final un cross-over de tous ces joyeux lurons : les Defenders.

L’action prend place après la bataille de New York qui a impliqué les Avengers mais ces événements ne sont que peu cités dans la série (sauf à l’épisode 4). Marvel’s Jessica Jones reste très terre-à-terre, retraçant le quotidien de cette détective privée dans les bas-fonds de New York, bien loin de ses homologues aux couleurs chatoyantes œuvrant pour le SHIELD. Toute l’intrigue tourne autour de la relation entre Jessica et Kilgrave, un psychopathe distingué qui a le pouvoir de persuasion ultime : faire faire n’importe quoi à n’importe qui.

 

Synopsis

 

Krysten Ritter est Jessica Jones

Krysten Ritter est Jessica Jones

 

Jessica Jones est une détective privée à la force sur-humaine ayant raccroché ses collants de super-héroïne après un épisode macabre de sa vie où elle fut le jouet sans résistance de Kilgrave, un homme qui peut imposer sa volonté par la parole à n’importe qui. Vivant de petits boulots morbides, plongée dans l’alcool, elle sera amenée par la force des choses à affronter de nouveau ses démons. Dans sa quête, elle sera aidée par son amie et soeur adoptive Trish, son voisin Malcolm, Jeri une grande avocate ainsi qu’un séduisant patron de bar au passé trouble, Luke.

Un cadre très noir entoure cette fresque puisque nous nous retrouvons dans le monde inhospitalier des mauvais quartiers de New York où la jeune femme incarnée par Krysten Ritter (Le Sourire de Mona Lisa, Breaking Bad, Gilmore Girls…) vit en résolvant de sordides affaires d’adultère qui l’amèneront à croiser le chemin de son pire ennemi, Kilgrave.

 

Un casting bien senti

 

Le gros atout de cette série est sans conteste son casting. Krysten Ritter qui incarne Jessica Jones est parfaite dans son rôle d’anti-héroïne très sombre et aigrie, alternant ironie implacable et réparties cinglantes sans jamais se départir de son calme (et pour ne rien gâcher, la demoiselle est des plus charmantes). Certaines de ses actions instillent au spectateur le doute concernant sa capacité à avoir des sentiments. Carrie-Anne Moss (Matrix, Memento, No Limit), alias Jeri Hogarth, est bien plus qu’une guest star dans la série puisque son personnage de grande avocate homosexuelle véreuse et prête à tout pour divorcer de sa femme est l’un des piliers de l’histoire. La magnifique Rachael Taylor (Transformers, The darkest hour) campe, elle, le rôle de Trish Walker, la sœur adoptive de Jessica, qui est l’un des deux seuls personnages à pouvoir percer les défenses de l’héroïne, un personnage fort et fragile à la fois. Terminons par Luke Cage dont le destin le mettra sur la route de la détective et qui est interprété par Mike Colter (Million Dollar Baby). Ce dernier aura donc, comme précisé ci-dessus, les faveurs d’une prochaine série Nextflix dans l’univers Marvel Cinematic où son personnage de super-héros à la force surhumaine suite à une expérience qui a mal tourné sera plus largement abordé. La relation ambiguë et spéciale entre les deux super-héros est d’ailleurs très bien ficelée et ne fait que rajouter de bons points à la série.

Cependant, d’autres rôles passent totalement à côté de la plaque, par leur caractère fade mais récurrent, toujours à mettre des bâtons dans les roues des principaux protagonistes sans vraiment comprendre ce qui leur arrive. C’est le cas de Robyn, la voisine hystérique (Colby Minifie) et l’ami et voisin de Jessica, Malcolm (Eka Darville) dont la série aurait vraiment pu tout à fait se passer.

 

Jessica et Kilgrave

 

Mais le vrai plus de cette série est sans doute le personnage du méchant, Kilgrave, campé admirablement par David Tennant (LE 10e Docteur Who). Ce personnage complexe, sadique et égoïste, en apparence dénué de sentiment, guide vraiment le fil de cette série jusqu’à son 13e épisode que la communauté a souvent considéré comme bâclé. Kilgrave est la preuve que Marvel PEUT faire de vrais bons méchants sans tomber dans des stéréotypes stupides trop souvent usés et abusés.

 

Bilan : du bon Marvel sans en être réellement

 

Tout comme pour Daredevil, mais dans un tout autre genre, on sent la patte Netflix dans cette série au suspense et au train rondement menés. Nous sommes là bien loin des Avengers, de Captain America ou d’Iron Man dans la gestion de l’histoire car finalement, tout prend le contre-pied de cette logique « marvelique » avec Jessica Jones. Nous nous retrouvons ici avec quelqu’un qui, au départ, aurait bien voulu être une super-héroïne mais qui ne pense pas en avoir l’étoffe, quelqu’un qui fuit les responsabilités au maximum et se noie dans l’alcool ou la vie des autres pour fuir le réel. La série, tout en étant agréable pour la gente masculine grâce à son casting féminin et certaines scènes sexy, fait tout de même la part belle au public féminin de bien des manières. Les relations ambiguës entre les personnages, l’histoire d’amour de Jessica, le charisme ravageur de David Tennant ravira tout autant les geekettes. Au final, le contrat de Netflix qui voulait proposer une alternative à l’univers Marvel avec des héros sombres dans des cadres plus terre-à-terre est parfaitement rempli.

Il faut tout de même signaler pour les amateurs de sensations fortes que mis à part quelques rares scènes d’action, l’on est loin des blockbusters Marvel en ce qui concerne le côté spectaculaire de la série : peu d’effets spéciaux à se mettre sous la dent, des combats parfois à la limite du ridicule tant la différence de force entre Jessica, Luke et les autres est flagrante.

 

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Krysten Ritter et Mike Colter

 

Au final, les 13 épisodes se regardent très bien malgré quelques maladresses, comme certaines histoires secondaires qui au final n’apportent d’autre intérêt que de meubler. Nous avons tout de même hâte de retrouver la belle Krysten dans la série consacrée à Luke Cage et dans le final des Defenders dont la mini-série de 8 épisodes ne débarquera pas avant fin 2017 !

 

 

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