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La boîte à musique : Worlds Collide

La boîte à musique : Worlds Collide

La Boîte à Musique : Worlds Collide

Bonjour à tous et bienvenue dans le septième numéro de votre chronique musicale sur Cleek. Vous l’aurez compris, il sera question ici de musique, et plus particulièrement des musiques qui ont bercé et qui continuent de bercer l’univers geek, qu’il s’agisse de jeux vidéo, de films ou d’animés. Le format de cette chronique pourra varier d’un numéro à l’autre selon les musiques qui vous seront proposées. Présentations, analyses, extraits de partitions seront autant d’éléments que vous pourrez retrouver dans la boîte à musique de Cleek. Et puisque nous parlons ici de musique, je vous propose de découvrir à la fin de chaque numéro de cette chronique une petite cover « fait maison » d’un thème emblématique de l’univers geek.

Vous l’avez sûrement remarqué tout au long de ces derniers jours : Cleek suit avec vous les championnats de monde de League of Legends, et vous pouvez retrouver chaque jour de nombreux tweets, ainsi que l’actu et les analyses relatives aux équipes et aux matchs. Aujourd’hui, nous allons aborder ces Worlds sous un jour plus musical, en  nous penchant sur une analyse de Worlds Collide, l’hymne de ces mondiaux 2015. Laissez-vous séduire par la voix de Nicki Taylor, et poursuivez l’expérience des Worlds de League of Legends !

 

Présentation

 

Worlds Collide succède donc au célèbre « Warriors » qu’avait composé Riot, en étroite collaboration avec Imagine Dragons, co-auteurs et interprètes de la chanson.

C’est désormais une sorte de tradition très attendue pour les championnats du monde de LoL : une musique, accompagnant une vidéo, signe le grand retour de la compétition, et puisque Warriors avait reçu un accueil très enthousiaste de la communauté, Worlds Collide était attendu cette année avec une impatience non feinte. L’information, avant d’être révélée publiquement, avait été aperçue sur le Spotify League of Legends, et ce n’est que quelques heures plus tard qu’arrivait sur nos launchers une nouvelle musique d’accueil, cette dernière présentant « Worlds Collide » en version purement instrumentale. Une autre version fut ensuite dévoilée sur Internet, accompagnée cette fois de la voix de Nicki Taylor qui, rappelons-le, avait déjà travaillé avec Riot quelques fois, notamment pour les musiques de promotions « Here Comes Vi » et « Get Jinxed ». Le timbre rauque et rock de sa voix était donc déjà dans toutes les oreilles, et c’est à l’occasion du thème musical de ces Worlds que nous la retrouvons aujourd’hui.

Le morceau, comme à l’ordinaire chez Riot, présente un univers résolument orchestral, ponctué de touches électro (là où Warriors avait fait la part belle aux guitares et à un registre plus rock). Worlds Collide a été écrit dans un système binaire à trois temps (trois temps par mesure, divisibles par deux chacun) et dans la tonalité de sol mineur, épique et solennelle. La métrique reste assez surprenante puisque le ternaire favorise en général quelque chose de plus doux et un certain balancement ; vous remarquerez cependant, si ce n’est pas déjà fait, que Worlds Collide ne manque pas d’énergie et d’une certaine grandeur.

 

Cleek-images-NickiTaylor

 

Première partie

 

La première partie s’étend du début jusqu’à 1’06.

Worlds Collide répond au schéma traditionnel de la « chanson » de variété, à savoir :

 

Introduction / Couplet 1 / Refrain / Couplet 2 / Refrain / Pont / Refrain.

 

L’introduction nous présente différents éléments musicaux, qui seront présents tout au long du morceau. Un tapis de cordes dans un registre graves et rapides (en doubles-croches) pour illustrer l’attente latente (ahah), le suspens à venir, le calme avant la tempête, en somme. Là-dessus viennent se greffer quelques éléments d’électro, dynamisant la musique et l’incluant dans un mélange des genres un peu à part. La voix de Nicki Taylor se dessine sur un court motif, aigu et cristallin, en rupture avec ce que nous avons l’habitude d’entendre d’elle. Ces quelques notes sont en fait les quatre premières du refrain, fredonnée en introduction, comme un présage de la grande mélodie à venir.

Le couplet commence alors, avec une mélodie assez grave, jouée sur une alternance de notes conjointes (ré/do). Les cordes rapides sont toujours présentes derrière, rapides et implacables. Les paroles quant à elle s’orientent vers une multitude de question, faisant écho au doute et à la remise en question qui doivent souvent tarauder nos joueurs pros, se concluant sur les désormais célèbres phrases :

 

« Can we bring to fall the giants ?

Can we make the final call ? »

 

Voici la partition de ce premier couplet :

 

couplet1

 

Une mesure de pause/transition précède alors le refrain, là encore, électro à l’appui, et Worlds Collide entame alors sa grande mélodie. Le refrain s’articule sur des valeurs syncopées (croche/noire/croche) ainsi que sur des notes plus longues, marquant alors les points d’impact et les notions fortes du texte : Ones, Skies, Defy, rise up high, all fight, last light.

Nous ne sommes plus dans le doute, et à l’image de Warriors qui affirmait « Here we are, don’t turn away now / We are the warriors that build this town », Nicki Taylor laisse alors les doutes de côté pour présenter ici de grandes affirmations, dont la grandeur fait bien évidemment écho à la hype des Worlds, au prestige de la compétition, de ses joueurs, et des moments de légende qu’ils feront vivre au travers de leurs games. On y retrouve l’affirmative « We are the one » qui semble vouloir défier le monde, évoquant alors la symbolique du règne. La fin du refrain se clôture néanmoins sur une belle métaphore, évoquant l’union, le combat à venir, et ce jusqu’à la fin de la compétition :

 

« And we all fight at the last light »

 

Côté musique, le refrain présente une grille d’accords assez classique : Sol mineur / Mi bémol Majeur, Si bémol Majeur, Do.

L’accord de do, ici assez inhabituel dans la tonalité de sol mineur, fait écho au système modal, et anticipe un accord de Fa, qui aurait été plus attendu à l’oreille. La voix rauque de Nicki Taylor reste dans un registre relativement médium, étant une chanteuse plutôt rauque au registre d’alto. L’orchestre quant à lui, est au complet, et renforce le côté épique et glorieux du passage musical.

 

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Deuxième partie

 

Elle s’étend de 1’07 à 2’06.

Nous retrouvons donc ici une nouvelle alternance couplet/refrain, où, cette fois, le couplet se verra légèrement modifié sur deux première phrases. Pour rendre le texte plus intelligible, le rythme des croches laisse ici parfois place à des valeurs plus longues, et l’accompagnement orchestral est ici quasiment absent, laissant une basse ponctuer les temps forts des mesures. On retrouve ensuite le même motif musical que précédemment, à partir du texte : «Stars arising, countless worlds colliding, only one will take it all », qui est enchaîné par le second refrain, sans mesure de transition cette fois-ci.

Voici la partition de ce second couplet, le refrain restant, quant à lui, exactement le même.

 

couplet2

 

 

 

Troisième partie

 

Cette troisième partie débute à 2’07 et se poursuit jusqu’à la fin.

Worlds Collide entame le pont de sa chanson, évitant le très attendu solo traditionnel (qui avait été marquant dans Warriors). On y retrouve simplement l’orchestre exposant les mêmes motifs, et la voix de Nicki Tailor ponctuant régulièrement la musique par la citation : « Can we bring to fall the giants ».

Le dernier refrain est alors exposé, laissant sa première mesure a capella, afin de renforcer sa venue. L’orchestre repart alors de plus belle pour entonner une ultime fois l’air de Worlds Collide.

En résumé, si Worlds Collide arbore un univers plus sobre que son prédécesseur, Warriors, la mélodie n’en reste pas moins épique et marquante, qui plus est lorsque l’on prend le temps de lire les paroles de la chanson, là encore, très symboliques, et faisant écho aux émotions les plus nobles de la compétition, sans nier le doute, la peur (comme l’avait fait Imagine Dragons avec la notion de défaite). Une nouvelle promotion réussie de la part de Riot, beaucoup plus discrète, cela étant, à l’image de la vidéo de promotion des Worlds.

Voici donc les extraits audio de cette troisième partie, ainsi que la chanson dans son intégralité.

 

 

Cover

J’ai, pour ma part, été très marquée par Worlds Collide, mais encore plus par Warriors, la chanson d’Imagine Dragons. C’est donc cette dernière que je vous propose aujourd’hui de retrouver, enregistrée sous FL Studio, Audacity et Sonar, au violon, piano et batterie. Je vous dis à bientôt dans la Boîte à Musique de Cleek, et en attendant, je m’en vais supporter les Origen pour leur grosse journée, tandis qu’à l’heure où vous lirez ces lignes, vous serez plutôt d’humeur à trembler pour Fnatic… Bonne compétition à tous !

 

 

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