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La boîte à musique : LoL fait son tour du monde musical

La boîte à musique : LoL fait son tour du monde musical

La Boîte à Musique : League of Legends et la musique folklorique

 

Bonjour à tous et bienvenue dans le sixième numéro de votre chronique musicale sur Cleek. Vous l’aurez compris, il sera question ici de musique, et plus particulièrement des musiques qui ont bercé et qui continuent de bercer l’univers geek, qu’il s’agisse de jeux vidéo, de films ou d’animés. Le format de cette chronique pourra varier d’un numéro à l’autre selon les musiques qui vous seront proposées. Présentations, analyses, extraits de partitions seront autant d’éléments que vous pourrez retrouver dans la boîte à musique de Cleek. Et puisque nous parlons ici de musique, je vous propose de découvrir à la fin de chaque numéro de cette chronique une petite cover « fait maison » d’un thème emblématique de l’univers geek.

Je vous propose de plonger aujourd’hui dans une présentation analytique d’un type de musique en particulier : la musique folklorique. Qu’il s’agisse de jeux vidéo ou de cinéma, ce registre de musique est bien évidemment omniprésent à l’heure actuelle, et fait partie de ces œuvres qui marquent l’auditeur, renforçant ainsi l’identité du jeu/film qui la diffuse. Pour l’heure, il serait difficile de citer toutes les œuvres qui regroupent de la musique « folk » et cette chronique se construira donc autour du MOBA League of Legends, qui, tout au long de ses musiques de login a exploré de nombreux thèmes populaires et folkloriques. Accrochez donc votre ceinture, et en route pour un tour du monde musical façon League of Legends.

 

La musique folklorique, pourquoi ?

 

Nous parlions la semaine passée de la musique épique, et de l’engouement qu’elle parvenait à créer chez l’auditeur. En fait, il en va de même pour la musique folklorique, qui de par son caractère particulier arrive à capter l’attention de l’auditeur. Tout cela n’est pas anodin, et en fait, si on se concentre un peu sur le sujet, on peut noter deux points communs à beaucoup de musiques folks, qui arrivent à mettre tout le monde d’accord :

– la musique folklorique est intuitive : parce qu’elle est d’abord conçue pour accompagner les fêtes et événements de la vie humaine. Pour cela, et pour mieux correspondre à la situation qu’elle illustre, la musique folklorique est souvent marquée au niveau de sa pulsation. Cela nous parle d’emblée, car nous connaissons également une pulsation immuable (du moins, je l’espère pour vous) et stable, celle de notre cœur. C’est d’ailleurs relativement à cette dernière que nous percevons une musique comme lente, ou rapide, puisque la métrique de mesure de vitesse, tout comme celle du cœur, se compte en battements par minute (BPM).

– la musique folklorique est exotique : parce qu’elle illustre les caractéristiques principales d’un lieu, d’une culture. Ainsi, selon les instruments utilisés, la vitesse du morceau et les variations de la mélodie, vous reconnaissez d’entrée de jeu qu’il s’agit d’une musique de tel ou tel endroit. Pour l’exemple, les violons évoquent plutôt la musique celtique, tandis que les guitares illustrent principalement le folklore hispanique. Perçue comme un élément du patrimoine culturel à part entière, la musique folklorique sert donc à renforcer l’identité d’un lieu, ou même d’un personnage ; et cela, Riot Games l’a parfaitement compris. Ne disposant que de peu de moyens pour diffuser l’identité d’un personnage, Riot dispose donc de vidéos promotionnelles, d’un bref lore, ainsi que de cette fameuse musique d’introduction, accompagnant l’artwork du personnage. C’est donc à ce vecteur identitaire que nous nous intéresserons aujourd’hui.

 

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C’est le Nord

 

Nous commençons ce petit tour du monde avec un des thèmes folkloriques les plus emblématiques de LoL (et aussi parce qu’il s’agit de mon chouchou ): Braum. Vous noterez d’entrée de jeu l’aspect marqué de la pulsation dont nous parlions tout à l’heure. En plus de cela, la musique de Braum nous présente une mélodie faite de flûtes et de cornemuses, références directes à des pays nordiques/celtiques. D’un point de vue plus technique, et cela vaut pour beaucoup d’exemples, la musique folk est écrite selon des modes et non des tonalités, comme la plupart des musiques actuelles. Cette variante de la gamme, assez particulière, est en fait l’empreinte caractéristique de la musique populaire et folklorique, puisque les musiques anciennes s’écrivaient selon ce procédé.

 

Mode : À la différence de la gamme qui se base sur la succession de notes par rapport à une note donnée (par exemple : la gamme de do donne : Do-ré-mi-fa-sol-la-si-do), le mode, se concentre lui sur l’écart qu’il y a entre chaque note, peu importe la note de départ. C’est une forme de théorie musicale très ancienne, qui fut employée principalement par les grecs durant l’antiquité, bien avant l’apparition de nos gammes majeures et mineures.

 

 

Une musique qui balance

 

Il s’agit d’une des dernières musique de login du jeu, celle qui rendait hommage à Bilgewater et à des personnages tels que Gangplank et Miss Fortune. Ici, la mélodie, mettant en avant des guitares, des violons type « médiéval » et des percussions, évoque les chants de marins, ou ici, de pirates, renforcés par les voix d’hommes qui entonnent le refrain du thème. Là encore, les percussions marquent la cadence de la musique qui demeure, là encore, modale. Si vous êtes fans de Disney, ce thème de login pourrait bien vous rappeler certains thèmes des anglais dans le long-métrage Pocahontas.

 

 

Le petit dernier

 

La musique de Tahm Kech fait écho, elle aussi, à des thèmes folkloriques, plus proche cette fois d’une ambiance « western ». Les caractéristiques de la musique ? une guitare solo, avec beaucoup d’effets de glissés entre les notes, ainsi qu’une voix qui fredonne la mélodie principale, nous renvoyant directement dans l’univers cow-boys/indiens. Pour l’anecdote, les musiques de Bilgewater et de Tahm Kench ont écrites selon les mêmes modes.

 

 

Dans la jungle, terrible jungle…

 

Trois personnages de League of Legends, bien que très différents, regroupent la caractéristique commune d’avoir des musiques de login toutes trois orientées autour de l’univers de la jungle et de ses dangers. Ainsi, vous vous souvenez sans doute du thème de Rengar, constitué  presque uniquement de percussions très rapides, mettant en perspective l’aspect course et chasse du prédateur. Gnar évoquait aussi la même ambiance dans sa musique, oscillant entre des parties assez espiègles et exotiques, évoquant le mini-Gnar, et des parties plus marquées, menaçantes et guerrières, symbolisant le méga-Gnar. Ici, le thème musical fait clairement écho aux musiques tribales et aux rythmiques africaines, accompagnées de sons éoliens de flûtes (sons produits sans souffler réellement), et de percussions type xylophone ou marimba.

C’est ce dernier instrument que nous retrouvons dans le thème musical de Zyra qui, tout en étant fait de mélodies orchestrales, souligne le côté végétal par ce choix d’instrumentation qui évoque la nature, et plus spécialement la jungle. Enfin, bien que plus légèrement, le thème de Bard s’articulait lui aussi autour de sons éoliens (la voix de Bard, le bruit du vent dans les feuilles…) et s’est ainsi que l’identité du personnage se vit renforcée et parfois comparée à certains protagonistes de Miyazaki, et à ses forêts mystérieuses.

 

 

Un détour par l’Asie

 

League of Legends regorge également de thèmes propres à l’Asie, et cela n’est pas un hasard. En effet, le lore de LoL met en scène un monde, Runeterra, composé de différentes régions. L’une d’elles, Ionia, est en fait un endroit qui, bien que fictif, porte toutes les caractéristiques des paysages asiatiques. Ainsi, des personnages tels que Yasuo, Udyr, Syndra ou encore Karma sont tous ancrés dans un aspect « japonisant » de leur identité, chose que l’on retrouve à de nombreuses reprises dans les thèmes musicaux du jeu.

Yasuo propose donc un thème musique à la flûte asiatique, le shakuhachi, basé en fait sur une pure improvisation instrumentale, renforçant ainsi l’aspect fugitif, exilé, ainsi que la solitude du personnage. Le skin légendaire d’Udyr, Gardien des Esprits mettait lui aussi en scène une mélodie orchestrale, tirant sur certaines caractéristiques asiatiques, à la manière de l’OST du film « Le Dernier Samuraï ». Enfin, n’oublions pas les deux thèmes musicaux composés en l’honneur du calendrier chinois, regroupant quant à eux des instruments tels que le koto ou le shakuhachi, instruments asiatiques par excellence.

 

 

Une comptine

 

Enfin, soulignons qu’une musique folklorique ne doit pas forcément évoquer des contrées lointaines pour être qualifiée de musique populaire. C’est donc dans des caractéristiques musicales très proches de notre Occident que nous retrouvons pour finir le thème de Thresh. L’idée de Riot était en fait de dépeindre ici l’aspect monstrueux et démoniaque du personnage au travers d’une comptine murmurée et fredonnée par des enfants. À la manière d’une légende urbaine, Thresh apparaît donc dans l’univers de League of Legends, en confirmant cet aspect là : « Le monstre sous le lit, c’est moi… » Pari réussi ? Il faut croire que oui puisque le thème de Thresh demeure actuellement l’un des préférés de la communauté.

 

 

Cover

 

Nous finissons cette chronique avec l’habituel cover de la Boîte à Musique. Je vous le disais, Braum est un des mes chouchous sur LoL, et c’est donc tout naturellement que le cover de ce mois-ci lui est consacré, dans une version violon et piano. C’est sur ces quelques notes de musique que je vous quitte : à bientôt dans la Boîte à Musique de Cleek !

 

 

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